Église de Quelaines-Saint-Gault : Reynald Secher se porte acquéreur pour sa sauvegarde
Qu’adviendra-t-il de l’église de Quelaines-Saint-Gault (Mayenne) ? BV vous a informés des menaces qui pèsent sur cet édifice millénaire. Début février, les cloches ont sonné une dernière fois avant la destruction programmée par la mairie. Mais ! Mais leur chant, ou plutôt leur appel, n’a pas été inutile. Le tribunal administratif de Nantes a suspendu les travaux de démolition, suite à un recours déposé par Urgences Patrimoine. L’association a demandé que l’église soit classée monument historique.
"Ce matin, c'est le glas de 1 000 ans d'histoire qui résonne."
Urgences Patrimoine alerte sur la destruction imminente de l’église de Quelaines-Saint-Gault, qui date du XIe siècle.
Pour signer la pétition https://t.co/LpFS476270 pic.twitter.com/ZWab25v77N
— Boulevard Voltaire (@BVoltaire) February 3, 2026
Avec un euro et de l'imagination…
Dans le même temps, une proposition de rachat de l’église a été faite, pour un euro symbolique. Elle émane de Reynald Secher, historien spécialiste de l’Histoire vendéenne, bien connu de nos lecteurs. « Je suis allé sur place, raconte-t-il à BV, et il m’a semblé que l’édifice n’est pas en péril. Il y a des volontés contradictoires, celle du maire qui veut le démolir coûte que coûte et celle des habitants qui veulent le sauver. » Son rachat épargnerait à la commune les frais de destruction et les frais d’aménagement du laid et absurde projet que nous décrivions.
La proposition de Reynald Secher ne s’arrête pas là. Expérimenté dans le domaine du sauvetage d’églises et de patrimoine religieux — La Chapelle-Basse-Mer (Loire-Atlantique) en est l'exemple le plus célèbre —, il envisage une restauration par des bénévoles. Il a des pistes pour la nouvelle vie de cette église qui a été désacralisée. Ne sommes-nous pas, à Quelaines-Saint-Gault, sur la terre de chouans comme Louis d’Andigné ou Jambe d’Argent ? Transformer l’église en musée local est une piste. « Après le Covid et le confinement, nous explique-t-il, la mode des camping-cars s’est développée. Les Français sillonnent leur pays et aspirent à des vacances plus culturelles, historiques. Cela révèle un besoin de racines. » L’église de Quelaines-Saint-Gault pourrait devenir un lieu emblématique, ne serait-ce que parce qu’elle aura été sauvée, et être un élément dynamique du territoire.
Une église de Moissac réouverte aux fidèles
En attendant la réponse du maire à la proposition de Reynald Secher, chacun peut, si ce n’est déjà fait, signer la pétition d’Urgences Patrimoine, qui atteint les 33.000 signatures. La mobilisation citoyenne est payante. Pour des maires souvent désemparés par un patrimoine lourd à gérer, une initiative populaire peut être le coup de pouce qui leur montre qu’ils ne sont pas isolés et qu’il y a une volonté de sauver l’église, la chapelle, l’oratoire.
À 600 kilomètres de Quelaines, plein sud, la ville de Moissac en est un exemple, où l’église de Saint-Amans était fermée depuis dix-huit ans pour des raisons de sécurité. Il n’aurait pas fallu que cela s’éternisât : comme l’avait rappelé à BV Alexandra Sobczak-Romanski, présidente d’Urgences Patrimoine, « une église fermée est une église condamnée ». La mobilisation des Amis de Saint-Amans, sur une décennie, a fini par payer. Travaux faits, le 31 janvier, une messe a été célébrée devant 130 personnes heureuses de retrouver leur église.
« Le bonheur et le soulagement se sont exprimés sur les visages de toutes les générations dans une église comble », a déclaré à cette occasion le maire de Moissac, Romain Lopez, qui a salué « la pugnacité » de l’association des Amis de Saint-Amans. Car il en faut, de la pugnacité, face au fatalisme qui laisse s’abîmer des édifices millénaires et prétexte d’une toiture abîmée pour raser un édifice entier.
Rappelons également la réouverture, pour Noël, de cette église à Chartres (Eure-et-Loir) qui était fermée depuis plus de trente ans. Ou le sauvetage in extremis à Notre-Dame-de-la-Mer (Yvelines). « Quand les clochers seront effondrés et les statues saintes exilées auprès des Dianes et des Mercures gallo-romains dans les salles poussiéreuses de nos musées départementaux, une génération surgira, qui voudra relever les temples de l’âme dans nos villages français », écrivait Maurice Barrès, dans La Grande Pitié des églises de France. C’était il y a un siècle. Il n’est que temps que se lève cette génération. Aidons dans leurs combats des associations comme SOS Calvaires et Urgences Patrimoine. Parlant de l’église de Quelaines-Saint-Gault, Reynald Secher nous confie, non sans émotion : « C’est un beau bâtiment. C’est l’âme d’un village. On ne tue pas son âme. Ce serait un mémoricide majeur. »
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18 commentaires
Vous avez tous raison. Merci à R.Seycher et aux associations.
Le son de cette cloche, c’est celui de notre âme millénaire, comme le tocsin dans nos campagnes devant le péril.
Merci aux personnes et à ce monsieur d’avoir préservé cette église Que le Seigneur les bénisse et que nos prières portent des fruits pour qu’elle se remplisse de chrétiens. Avec toutes les catastrophes nous nous tournons vers le ciel pour nous sauver.
C’est bien beau de pleurer car « on » détruit nos églises, mais qui va à la messe tous les dimanches ?
Si les églises étaient pleines, « on » ne les détruirait.
Merci au concile Vatican II de les avoir vidées et merci au « pape » de continuer la chasse aux catholiques qui restent fidèles à la Tradition bimillénaire.
Le 31 février?….
La nature ayant horreur du vide, si nos églises tombent ce seront des minarets qui s’érigeront chez nous. A moins que tout cela fasse parti d’un projet assumé de grand remplacement souhaité maladivement par LFI !
Bien souvent une petite fuite du recouvrement qui coule sur des murs en pierres souvent sellés par le la terre font détruire petit a petits des monuments debout depuis des siècles sous l’œil bien veillant de certains maires, peut être qu’une infime minorités d’entre eux verraient mieux une mosquée en lieu et place.
OUI sauf que « une infime minorité » n’est plus approprié de nos jours. Infime est déjà largement de trop.
Merci et bravo à ce monsieur, oui les églises sont notre patrimoine, l’âme du village, ce qu’on voit avant d’arriver dans un village c’est le clocher de l’église
et mrs Boloré , Arnaud , ils ont piscine ? C’est moins prestigieux et moins vendable que Notre Dame .
Que les chrétiens se mobilisent davantage est une urgence
Surtout le 31 février!!!
Peut-être que si les églises étaient un peu plus fréquentées par ceux qui se disent catholiques, on n’en serait pas là…
Loin d’être un argument ce constat est malheureux d’actualité mais nous devons voir plus loin et ne pas perdre l’espoir Bravo à Reynald Secher et à toutes ces associations qui œuvrent pour permettre à ce patrimoine religieux de revivre
Vous avez parfaitement raison
Bravo.
L’état lui préfère balancer le pognon de Nicolas en Afrique. Via l’afd .
15 millions en 2019 pour la rénovation des digues de saint Louis du Sénégal.
Et en 2025 Le Palais national est l’ancien palais de l’empereur Hailé Selassié en éthiopie . Cout 20 000 000 encore pour Nicolas.
On aurait préféré ce pognon pour nos églises et châteaux en ruine .
Et une piste de skateboard qui a couté des millions je ne sais où en afrique, et devenu décharge en deux mois, au lieu de balancer notre argent, sans notre accord pour tout et n’importe quoi et surtout ailleurs que chez nous, il y a des églises, des chapelles, des châteaux à sauver
Une lueur d’espoir, ça fait du bien de lire ce genre de nouvelles. Merci à tous pour vos efforts de préservation de notre culture.