Emmanuel Macron et le Mercosur : l’inconséquence de la girouette
Depuis le début de sa présidence, au sujet de l’accord entre l’Union européenne et les pays du Mercosur, Emmanuel Macron n’a fait que souffler le chaud et le froid. Ses prises de position publiques ont évolué au gré de ses interlocuteurs et de la conjoncture. Des convictions malmenées tel un ballot sur une mer agitée.
En janvier 2018, le président de la République s’exprime favorablement vis-à-vis d’un accord « important ». « Nous devons trouver des solutions ensemble », déclare-t-il, optimiste. « Est-ce que vous pensez que les difficultés de la filière bœuf, depuis des années, sont liées à l’accord Mercosur qui n’est même pas signé ? », interroge, en février 2018, Emmanuel Macron, qui dénonce une « hypocrisie » et s’enthousiasme d’un projet de traité commercial « bon pour de nombreuses filières agricoles » et « pour l’économie française ». Fraîchement élu, le nouveau locataire de l’Élysée sermonne le monde agricole avec un ton dont les Français ont, depuis, pris l’habitude. Gesticulant et tapant d’un poing volontaire sur son pupitre, il l’assure : « On va se retrousser les manches ensemble et je vous promets que j’y prendrai ma part. » Huit années plus tard, le fiasco est à la mesure de l’ambition présidentielle affichée.
Oui-Non
Six mois plus tard, premier revirement. « On ne peut pas demander aux agriculteurs et travailleurs français de changer leurs habitudes de production pour mener la transition écologique, puis signer des accords commerciaux avec des pays qui ne font pas de même », déclare le président de la République, à l’automne, assurant désirer « des accords équilibrés ».
En juin 2019, nouvel enthousiasme lorsqu’il évoque un accord Mercosur « bon à ce stade », mettant en garde contre les réflexes « néoprotectionnistes ». Un optimisme rapidement douché, deux mois plus tard, sur fond d’opposition au dirigeant brésilien, Jair Bolsonaro. Le chef d’État français se dresse soudainement contre un accord « pas acceptable dans sa forme actuelle ». La crise des incendies qui font rage en forêt amazonienne met en lumière les différends qui l’opposent à son homologue conservateur brésilien.
Au fil des ans, le Mercosur avance à pas feutrés, dans le dos de tous. Mais la crise agricole qui éclate en janvier 2024 vient secouer le processus enclenché. Les convois de tracteurs bloquent la France, rallient Paris et assiègent Rungis. Dans ce climat de haute tension, Emmanuel Macron joue l'apaisement au Salon de l’agriculture et hausse le ton contre le Mercosur. « C'est un mauvais texte, tel qu'il a été signé, et donc on fera tout pour qu'il ne suive pas son chemin, pour protéger cette souveraineté alimentaire française et européenne. » Six mois plus tard, le président de la République réitère son opposition : « Nous ne renoncerons pas à notre souveraineté alimentaire, déclare-t-il, en novembre, en Argentine. La France ne soutiendra pas l’accord UE-Mercosur dans sa version actuelle. »
Non-Oui
Un an plus tard, jeudi 6 novembre 2025, en marge de la COP30 se déroulant au Brésil, Emmanuel Macron se dit « plutôt positif » quant à la possibilité de parvenir à un accord commercial avec le Mercosur, estimant que le contenu du traité a évolué dans le bon sens, tout en restant « vigilant ». « Je défends aussi les intérêts de la France », déclare le chef de l’État, qui recule quelques jours plus tard, face aux levées de boucliers. La FNSEA dénonce, en effet, un « reniement total » et « une rupture avec l’agriculture française ».
« Le Président a été extrêmement clair », rapporte, le 12 novembre, le ministre de l’Agriculture français, Annie Genevard, après une réunion. « La France ne peut approuver, à ce stade, le projet d’accord avec les pays du Mercosur car ce projet d’accord ne protège pas les intérêts des agriculteurs. »
En cette fin d'année, la gestion de la dermatose nodulaire et les abattages de troupeaux ont mis le feu aux poudres. Le monde agricole se soulève à nouveau. Acculé, Emmanuel Macron s’est exprimé à travers son entourage. « Les exigences françaises n’ont pas été remplies. Aussi, en relais de la position du gouvernement, il a demandé à la présidente de la Commission un report de l’examen de l’accord », a affirmé, dimanche 14 décembre, l’état-major du président de la République. L’urgence est en effet absolue, puisque le 20 décembre est prévu un sommet du Mercosur où l’accord doit être signé. Voilà, désormais, que la France demande le report de ces échéances.
Une opposition désespérée, confuse et incohérente qui ressemble à un mauvais feu de paille, humide de surcroît. Un comportement et une inaction dénoncés par toute la classe politique. Ce lundi 15 décembre, Bruno Retailleau appelle Emmanuel Macron à « sortir de l’ambiguïté ». Marion Maréchal exige « le gel de la contribution française au budget de l’UE en cas de passage en force au Conseil ». Gilles Pennelle, député RN au Parlement européen, confiait, il y a quelques jours, sa colère vis-à-vis d’un chef de l’État qu'il accuse de n'avoir jamais pris aucun moyen pour s’opposer véritablement au Mercosur. « Monsieur Macron, dans la réalité, veut le Mercosur, affirmait-il, un tel accord de libre-échange est dans son ADN. »
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88 commentaires
Confusion, incohérences, le costume est bien trop grand, voilà 8 ans que le constat est fait. La seule chose qu’il sache faire, ce sont des discours longs, ennuyeux, et vide de sens. Il est plus que temps de fermer la parenthèses, et de passer à une véritable gouvernance avec des personnels compétents qui défendent les intérêts de la France.
Nous allons les payer très chers les « caprices » de ce « gosse » trop gâté !!
Macron commence à sentir le roussi avec les agriculteurs, alors comme à l’habitude, la girouette tourne dans les sens et le mercosur va être signé. Et nos agriculteurs vont crever. Sortons de cette Europe dirigée par von der leyen.
Je ne suis pas un spécialiste des accords commerciaux mais je m’étonne que notre président découvre aujourd’hui les défauts d’un accord qui est négocié depuis 20 ans.
Quels que soient les problèmes, ce pouvoir n’est toujours que dans la réaction et n’anticipe jamais rien. La dermatose en est la parfaite illustration, il était hors de question de vacciner la semaine dernière et nous allons maintenant vacciner à grande échelle. Une seule explication : l’incompétence !
Incompétence certes, et je dirais même plus malveillance.
Et dans le même temps, le en même temps. Pour tenir le cap c’est un concept original de stratégie.
L’évidence même est dans un Président élu par deux fois, par défaut. Président n’ayant comme objectifs que la main mise de Bruxelles sur toutes les maillons essentiels. Mondialiste, ne portant que des mots pour leurrer. Phrasés étant, le lendemain, contraires à ceux émis la veille. Le pire des Présidents de la Cinquième.
Le plus grand menteur et pervers du monde s’appelle Macron.
J’aime beaucoup le « je défends aussi les intérêts de la France » déjà, dit par un Président de la République ça aurait dinc quelque chose de rare et de remarquable?
Et ça montre que l’UE ne se préoccupe guère des intérêts de la France, mais alors, qu’y fait on?
Macron, un vrai chef de guerre. Guerre contre la scission droite gauche, les gilets jaunes et le COVID pendant son premier mandat, guerre contre la guerre en Ukraine au téléphone avec Poutine, pour augmenter l’àge de la retraite, contre les réseaux sociaux, contre le narcotraffic, pour la guerre avec la Russie, pour la libération de Boualem Sensal et maintenant contre la dermatose nodulaire et, mollement, contre les accords du Mercosur. Et toujours des défaites humiliantes qui ne semblent pas entamer son hubris. Mais il y a une différence entre crier au loup et résoudre les problèmes, deux mandats n’ont pas été suffisants pour qu’il s’en rende compte.
La marque des pervers c’est de souffler alternativement le chaud et le froid …on y est …
Le roi Midas avait un problème : tout ce qu’il touchait se transformait en or… Macron est comme lui., sauf que tout ce qu’il touche se transforme en m…
On a la confirmation de Donald Trump.
C’est un sale gosse pervers qui aime tout casser jusqu’à la maison elle-même
A croire qu il a été programmé pour cela. Le pays va avoir du mal à s en remettre. Le sénat n a même pas le pouvoir de stopper cela. Nous touchons le fond !
Bien plus que de simples « atermoiements » : de graves inconséquences qui signent un trouble de la personnalité, l’incompétence, et surtout l’absence totale de dévouement au bien commun des Français. Ce qui devrait conduire à la destitution
je suis de votre avis sur tous les points que vous avez écrits.
En fait il adore (pas moi) s’entendre parler.
Qui l’écoute encore ?
Et Brigitte est filmé en permanence
La com !
D’ailleurs, même en le lisant on l’entends encore parler ! Au secours !
Ces tergiversations soulignent, s’il le fallait encore, le fait que la politique qui s’impose au pays a échappé à son gouvernement. E. Macron, tout en souhaitant donner l’image d’un chef soucieux de l’état, croit en l’avenir des institutions supra nationales et peut être, même, espère y mener carrière. Deux attitudes antagonistes.