Essonne : une école privée donne Che Guevara en modèle à ses élèves

Le professeur s'est plus attardé sur la naissance du mythe que sur la face moins reluisante du Che...
@Marie Vallette
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Du lundi 19 au vendredi 23 mai 2025 dans l’Essonne, les élèves du collège et lycée Notre-Dame-de-Sion d’Évry-Courcouronnes ont présenté un projet pédagogique étrange, puisqu’il fait la part belle au révolutionnaire Che Guevara. L’exposition s’est déroulée dans le cadre de la douzième édition des semaines de l’Amérique latine et des Caraïbes. L’importance du projet réside dans « la valeur de la mémoire historique pour les nouvelles générations », d’après le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères.

L’Ambassade de Cuba a « tout de suite trouvé l’idée géniale et a donné son appui dans toutes les démarches du projet », selon le professeur d’espagnol à l’origine de ce projet que nous avons questionné sur place. Le deuxième secrétaire de l’ambassade de Cuba, Leyanis Perojo, a également « souligné l’importance de la mémoire historique comme outil pour comprendre le présent et construire un avenir plus juste et équitable », déclare l’ambassade de Cuba en France, sur X. Ce dernier a assisté au vernissage de l’exposition, accompagné du premier adjoint au maire de Courcouronnes. Le projet devrait inviter les visiteurs « à remettre en question et à analyser de manière critique les symboles et les récits historiques ».

Le vrai visage du Che

Mais les organisateurs de cette exposition ont-ils eux-mêmes analysé de manière critique la vie de Che Guevara ? Souvent considéré comme un héros révolutionnaire luttant contre les inégalités sociales, celui dont on expose aujourd’hui le portrait avec fierté avait aussi écrit à sa tante Beatriz : « Je suis ici, dans le maquis cubain, vivant et assoiffé de sang. » L'exilé cubain Jacobo Machover écrit, dans son livre La Face cachée du Che (Buchet Chastel) : « Che Guevara et Fidel Castro sont les deux faces d'une même monnaie : celle d'une sanglante utopie. » La figure emblématique de Che Guevara a en effet clamé devant l'Assemblée des Nations unies, en 1964 : « Nous avons fusillé, nous fusillons et nous continuerons de fusiller tant qu'il le faudra. » Ferrán Núñez, écrivain et officier cubain, expliquait également, il y a quelques années, à BV : « C’est un assassin avéré et un bourreau. Cela ne représente pas du tout ce qu’est la France et les valeurs que l’on défend ici. » Le Che n’est donc pas uniquement le jeune idéaliste tant admiré parcourant le monde à moto…

L’Histoire transmise partiellement

Après avoir vanté les mérites de l’image mythique de Che Guevara, le professeur cité précédemment reconnaît auprès de nous : « Il y a aussi la face cachée du Che, mais je n’ai pas trop abordé cette partie car pour moi, la plus importante, c’est la naissance d’un mythe. » Il assure que l’exposition ne rend pas directement hommage au Che mais simplement à une photo, prise par Korda, qui est devenue un symbole. Faut-il en conclure que faire mémoire de l’Histoire revient à dénuer de sens les images et leur donner plutôt la signification qui arrange ?

Cette question de mémoire historique se retranscrit juridiquement avec la loi d’amnistie, qui efface les conséquences pénales de certains actes. Même si cette loi peut engendrer un sentiment d’injustice, elle a tout de même pour but une société pacifiée en évitant les déchirures d’après guerre. En revanche, quand un fait est volontairement oublié pour conforter ses propres convictions, il n’y a aucun bénéfice à une telle amnistie, au contraire. La société actuelle, notamment le système éducatif, semble donc vouloir oublier une partie de l’Histoire en la fondant uniquement sur des sentiments et préférences.

L’école Notre-Dame-de-Sion d’Évry-Courcouronnes propose différentes activités qui ne concordent absolument pas entre elles. Entre un pèlerinage à Lourdes et la messe de Pâques, les élèves de cet établissement ont travaillé plus de deux mois sur l’exposition d’un révolutionnaire marxiste. Ces contradictions soulignent un manque de cohérence dans les choix pédagogiques de l’établissement qui laisse perplexe quant aux valeurs transmises.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 03/06/2025 à 8:13.

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Marie Vallette
Etudiante en philosophie, stagiaire à la rédaction

Vos commentaires

79 commentaires

  1. Le petit boucher de la Cabaña devient un exemple à suivre pour la jeunesse … on croit rêver . Lors d’un voyage à la Havane j’ai visiter ce lieu tragique où le Che a pu exprimer toute sa violence marxiste-léniniste en assassinant des centaines d’opposants .

  2. C’est bien que ce professeur parle de Che Guevara , l’histoire du Monde décrit des « bons » et des « mauvais moments » tous ont leur place dans l’Histoire ! seul compte le discernement et parler de tout ! l’enseignement oui , le militantisme , non !

  3. Même si Che Guevara n’est que la photographie cubaine du cambodgien Pol Pot, il est certain que nos enfants qui ont malheureusement fournis les gros bataillons de la soit-disante « révolution » de 1968 n’avait que cette image gauchiste dans la tête et sur les lèvres jusqu’à en adopter le béret et pour certains la gouaille révolutionnaire. Or quel age ont ce professeur d’espagnol, le proviseur de ce lycée-collège et même peut-être le maire d ‘Evry-Coucouronnes ?

    • Il ne fallait certes pas ignorer cette figure emblématique des tortionnaires d’Amérique mais les jeunes cervelles ont du traduire les images évoquées en gloire pour le Gauchisme internationnal .

  4. Curieux de la part de ce genre d’établissement. J’espère que question mythes l’année prochaine ce sera le tour de Trotski puis de Staline puis de Pol Pot…

    • Quel exemple donné à nos enfants et petits enfants, qui plus est de la part d’une école privée.
      Etablir un projet pédagogique sur le nom d’un révolutionnaire sanguinaire assoiffé de sang.
      Les parents d’élèves ont-ils été consulté?

  5. une école privée catholique de notre dame fait l’ apologie du révolutionnaire CHE GUEVARA qui était un terroriste bref on marche sur la tète

  6. Où l’on peut observer que certain « romantisme » et ses effets commerciaux (cheveux longs, béret à étoile et gueule « christique », voyage à l’image de ceux qui, à l’époque, partaient pour Katmandou, mort quasi sacrificielle, etc…etc…) qui nous ont inondés durant des décennies s’accompagnaient de bains de sang…

    • Je suis de cette époque…c’est vrai que la gueule du Che était romantique…nous avions tous le poster dans notre chambre..nous ignorons à ce moment là qu’il était un tortionnaire ..à 15 ans on est de gauche..on est révolutionnaire..et puis un jour on comprend qu’on s’est trompé.

  7. Il doit s’agir d’une école sous contrat, où les professeurs ne peuvent pas être choisis pour leur conviction catholique. Il y a bien d’autres figures chrétiennes à mettre en avant.

  8. Bien sure on peut toujours trouver un bon côté des choses mais il y avait mieux a trouver, quant on vois que la gauche vénère Robespierre et les communistes la Russie de Staline on a toutes raisons de s’étonner.

  9. Il avait fait des études de médecine pour sauver des vies même le temps de son voyage à moto.

  10. En France* se sont surtout les gauchistes qui ont élevé le Che au rang de martyr à leur cause.
    Ils foulèrent ainsi du pied les milliers de victimes, hommes, femmes, et enfants de celui qui ne fût qu’un criminel, un bourreau de la pire espèce.
    * ceci s’applique à de nombreux autres pays, y compris les USA.

  11. Lamentable ! J’espère que son groupie Pierre Richard a été invité à l’inauguration de l’exposition !

  12. C’est vraiment très mal connaitre quel individu et son histoire était le  » Ché Guévara » … Il était très très loin d’être un parangon de vertu . Il en était même a dix mille lieues .

  13. Che Guevara, un criminel surnommé le Boucher de la Cabana. La raison serait elle devenue une denrée rare.

  14. J’ai honte qu’il existe un parti communiste français. Il représente la pire dictature de la planète, telle que celle de Kim Jong Un en Corée du nord.

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