Exemple à suivre : Dassault Aviation réindustrialise et défie l’Allemagne
Dassault Aviation aurait-il enfin sonné la révolte contre le spectre d’une inéluctable désindustrialisation de notre pays ? Il serait temps, car la situation française en ce domaine est devenue plus que préoccupante.
Désindustrialisation : le désastre
On ne compte plus, en effet, en France le nombre de sites industriels fermés, d’usines délocalisées, d’entreprises industrielles en faillite ou rachetées par des intérêts étrangers, sur les dernières années. Pour la seule année 2023 (mais le phénomène s’est poursuivi depuis), un rapport du Trésor, sur le contrôle des investissements étrangers en France faisait état de 131 autorisations par Bercy (sur 325 demandes) de rachats de sociétés considérées comme stratégiques, la plupart par des investisseurs extra-européens. La même année, une cartographie dressait la liste des entreprises stratégiques françaises vendues à des étrangers depuis 2008 dans laquelle se bousculent des noms illustres de maisons mères et de filiales, entre autres Alstom, EDF, Latécoère, ou encore Exxelia (fabricant de pièces pour le Rafale). Pour celles passant sous pavillon américain, il faut signaler qu’elles obéissent désormais à la réglementation américaine « ITAR » (International Traffic in Arms Regulations), qui soumet l’exportation de leurs composants à un accord du département d’État américain. Au-delà du manque à gagner pour la France en termes d’emplois ou de fiscalité, c’est donc chaque fois un morceau de notre souveraineté qui disparaît dans des domaines cruciaux comme le nucléaire, le spatial, l’aéronautique, le militaire, etc.
Une usine Rafale à Cergy
Autant dire que l’annonce de l’ouverture d’un nouveau site, par Dassault Aviation, à Cergy (Val-d’Oise), le premier depuis les années 70, est une nouvelle d’importance. Lors de l’inauguration du site le 23 septembre, le PDG de l’entreprise, Éric Trappier, a d’ailleurs tenu à préciser que « l’usine de Cergy est plus qu’un bâtiment. C’est un signal : celui de la confiance dans l’avenir industriel de notre pays. »
« L’usine de CERGY est plus qu’un bâtiment.
C’est un signal : celui de la confiance dans l’avenir industriel de notre pays. » E.Trappier, PDG de #DassaultAviation pic.twitter.com/TBLe0VOOOL— Dassault Aviation (@Dassault_OnAir) September 23, 2025
Un signal positif, donc, « pour la filière aéronautique et pour l’industrie en général », qui se veut aussi un encouragement à ses confrères industriels autant qu’aux politiques, car « la France possède des compétences rares qu’il faut absolument maintenir et développer sur le territoire national ». Pour Éric Trappier, c’est « une question de souveraineté, particulièrement cruciale dans la période actuelle », mais aussi « économique et sociale, avec l’enjeu de réindustrialiser notre pays et de créer des emplois ». Un pied de nez, aussi, à tous ceux qui, depuis des années, bradent notre industrie de pointe par appartements, quand ce n’ést pas par immeubles entiers.

© Dassault Aviation - C. Cosmao

© Dassault Aviation - C. Cosmao
Sur 39.700 m2, plus de 600 personnes vont permettre à Dassault Aviation d’assurer la fabrication d’avions d’affaires Falcon, mais surtout d’augmenter la capacité de production du Rafale, dont le succès commercial, après des débuts difficiles dans les années 80, est désormais impressionnant.
Un défi à Berlin
Confiant en la nouvelle dynamique qui porte aujourd’hui l’entreprise, mais aussi plus largement le marché de la commande militaire, Dassault Aviation ne semble pas vouloir faire profil bas, devant les ambitions affichées dans ce domaine par une industrie allemande restée quasi dormante depuis 1945. Ainsi l’entreprise française compte-t-elle bien conserver sa prééminence au sein du projet Airbus de futur avion de combat européen (SCAF), qui devrait remplacer le Rafale et l'Eurofighter Typhoon d'ici 2040. En visite à Madrid à la mi-septembre, le chancelier allemand Friedrich Merz dévoilait publiquement son animosité envers son voisin français. « Nous n'avançons pas dans ce projet », disait-il, ajoutant « essayer d'arriver à une solution d'ici fin 2025 ». Allemands et Espagnols ont même laissé entendre qu’ils envisagent, sinon, de trouver un autre partenaire qui pourrait être la Suède ou de poursuivre le projet en duo. « Il y aura un avion de combat, avec ou sans la France », avertissait Friedrich Merz.
« On peut le faire tout seul de A à Z » : la réponse cinglante de Dassault à la pression allemande sur l'avion de chasse du futur https://t.co/wC26BngQ1A
— Les Echos (@LesEchos) September 23, 2025
« On sait faire de A jusqu'à Z. On l'a démontré depuis plus de 70 ans », a rappelé Éric Trappier aux Allemands ainsi qu’aux Espagnols, partenaires du projet, lors de l’inauguration du site de Cergy. Peu impressionné par la manœuvre hispano-germanique, le patron de Dassault Aviation a laissé ouverte la porte des négociations : « On est tout à fait ouverts à la coopération, y compris avec les Allemands. » Mais il a ajouté, non sans humour : « Je veux bien que les Allemands grondent. Ici, on sait faire. S'ils veulent faire tout seuls, qu'ils fassent tout seuls. ». Le remplaçant du Rafale pourrait donc bien être 100 % français. Réponse d’ici la fin de l’année.
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46 commentaires
Pour bien connaitre la relation franco-allemande ( près de 7 ans de direction de la filiale d’un groupe français outre Rhin) je résumerais celle-ci de la manière suivante; coté français on leur donne tout ( il est vrai que
pendant l’occupation 40/45 l’économie français a beaucoup collaboré avec les occupants !) Coté allemand le principe est » tout ce qui est à nous est à nous , tout ce qui est à vous est négociable! » Et on se couche ( sauf quelque exception dont Dassault !)
Ayant des ancêtres Franco-Germano-Russe, j’en ai entendu de choses!…Les Allemands n’ont jamais été les « Amis » de personne. Ils nous ont toujours pris pour des rigolos dont ils ont bien profité…Ils vont encore nous piétiner…et bien contents de notre rupture avec la Russie…Cette alliance leur faisait peur…J’arrête là…Ma famille a vécu des choses que beaucoup ignorent…
Le titre de cet article n’est pas juste, Dassault a simplement fermé don site d Argenteuil et déplacé ses activités sur un nouveau site a Cergy.
Faire croire que la France ce réindustrialise est une blague, depuis Maastricht nous avons fait le choix d une économie basée sur la consommation appuyé sur des importations z pas cher pour toujours plus de marges!
Nos va t’en guerre démontrent tous les jours leur incompétence. Ils voulaient détruire les fleurons industriels français mais avec leur politique de réarmement permettent enfin aux industriels français de reprendre leur autonomie. Chapeau les artistes et un grand bravo à Dassault d’avoir fait preuve de volonté.
D’assaut doit tracer sa route et ignorer les injonctions des schpoutzs..c’etait déjà la ligne de M.Dassault qui est » malencontreusement décédé » dans un accident d’hélicoptère juste apres avoir signifie d’importants désaccords avec » l’Europe »…déjà au sujet du chasseur » commun »
C’est très bien d’avoir, avec le Rafale (800 kmh en vitesse de croisière), un avion de génération 4.5; mais le Sukhoi 57, un chasseur de génération 5, depuis migré en génération 5.5, voire 6: supersonique, furtif, équipé de tuyères vectorielles, portant en soutes ventrales deux missiles hypersoniques (Mach 6), doté de nombreux radars dans de multiples gammes de fréquences, communiquant avec son environnement, etc … Et que dire de la MHD (magnéto-hydro-dynamique), à l’origine une invention française: de Mach 6 à Mach 27 ?
Marre de ces dirigeants allemands qui pillent nos technologies françaises, ça a commencé avec Airbus alors que l’Allemagne n’avait pas d’industrie aéronautique (à part les Stuka et les messerschmidt), puis les moteurs d’Ariane qui sont maintenant assemblés en Alllemagne et ça a failli avec la fusion Alstom-Siemens. Ils ont aussi profité de leurs Grünen pour saborder notre industrie nucléaire. Le moteur Franco allemand n’a jamais existé, juste un lubie des mondialistes pour faire passer la pilule UE.
Il est temps d’arrêter de se soumettre aux b…hes , ils ont tenté avec quand même la collaboration de nos élites de détruire notre nucléaire , ils dirigent l’UE par celle qui est aux commandes et qui a la France en ligne de mire , ça suffit .
Bravo à Dassault le jeu allemand n’est pas claire et deviens même de plus en plus sombre envers la France et bien sûr Macron va mettre son grain de sel ce qui aura pour effet de perdre du temps ‘en même temps’.
Foncer messieurs de Dassault de tout avec vous.
Allez, une petite taxe Zucman, et de ce succès on mettra bon ordre.
Bravo ! bravissimo !
Je ne souhaite pas gâcher le plaisir. Oui, il faut se réjouir dans la mesure où toute la filière industrielle qui participe à la construction de l’avion se situe sur notre sol. Il suffit qu’une seule pièce stratégique produite à l’étranger vienne à nous manquer pour nous paralyser totalement.
Cette fuite de nos industrIes stratégiques vers l’étranger est symptomatique de la pauvreté de l’Etat français, de son incompétence et de la faiblesse de sa réflexion. Un système politique qui s’effondre par défaut de culture. L’efficience de Bayrou dans la fonction qui l’occupait avant celle de Premier ministre est représentative de ce monde politique. Il n’a rien apporté au dévelppement de notre industrie.
Tout à fait d’accord pour conserver intra-frontières une industrie aéronautique indépendante, l’une des rares que nos politiques n’auront pas encore détruite et dispersée en Europe…
Mais la question à se poser : l’avion de chasse est-il encore un produit d’avenir en temps de guerre ?
La guerre en Ukraine n’est-elle pas en train de faire la démonstration magistrale que l’arme actuelle est le drone ou le missile d’une rare précision, de plus en plus puissant et surtout qui ne met pas en jeu la vie d’un pilote et qui coute 10 à 100 fois moins cher !
Un rafale coute de l’ordre de 100 millions l’unité (met la vie d’un pilote en jeu) et revient à 15000 €/l’heure de vol.
Je n’ai aucune prétention d’expert en ce domaine, mais s’il est clair que si les deux ne sont pas totalement substituables, il me semble qu’une grande partie du travail peut-être avantageusement et économiquement effectuée par les drones et missiles…
Bref ne sommes-nous pas encore avec un avion de retard en le privilégiant à une industrie de drones ou de missiles dont nos ingénieurs seraient probablement capables d’assurer la production industrielle intégrale en France ?
Bis repetita, ce sera comme avec le Rafale et l’Eurofighter dans les années 80, heureusement Dassault ne s’en laisse pas compter. On ferait bien de faire de même avec le char du futur, mais les allemands ont déjà pris pied dans Nexter avec KNDS.
Dassault. Une entreprise Française florissante créatrice de biens, de valeur et d’emplois. Trop bien pour les gauchos qui veut taxer l’industriel sur la valeur de son entreprise. Lui piquer son fric plutôt que de l’aider à se développer, créer de la richesse et des emplois. Ah le beau programme du « super économiste » Zuckmann. Depuis 50,ans nos gouvernants ont laissé délocaliser, fermer des entreprises, vendu d’autres, ont inventé les 35 heures, les RTT, la retraite à 60 ans, on a 6 millions de chômeurs qui ne trouvent pas d’emplois et monsieur Bayrou découvre qu’on ne ne travaille pas assez en France, et la gauche qui exige de travailler moins mais de gagner plus met la pagaille partout en décidant de bloquer l’économie de pays… les shaddocks sont à l’œuvre.
Je crois que le RN s’est abstenu lors du vote de la taxe Zucman … Donc oui, la gauche ne souhaite que la destruction de l’économie et donc de la France. Mais où se situe le RN ?…