Finances publiques : Moscovici vise les départements mais omet certaines choses
Marc Baudriller revenait, hier, sur l'incroyable fiasco de la dette française qu'Emmanuel Macron, en tant que ministre de l'Économie de Hollande (2014-2016) puis Président, avait fait exploser.
Pierre Moscovici, du Bercy qui creuse la dette à la Cour des comptes...
S'il devrait occuper le premier rang dans le procès de la faillite financière française, il serait néanmoins entouré d'un certain nombre de complices, ces hôtes de Bercy, qui, tout fiers d'ajouter ce reluisant trophée à leur carrière politique, n'en contribuèrent pas moins à creuser dette et déficits. À côté d'un Attal, d'un Darmanin, d'un Le Maire, il faudrait aussi remonter à un certain Pierre Moscovici, ministre de l'Économie de Hollande de 2012 à 2014. Or, dans ce formidable pays qu'est la France, un responsable politique peut devenir magiquement, en quelques années voire quelques mois, le principal dénonciateur des politiques qu'il a menées. La palme revient, bien sûr, en ce moment, à l'ancien Premier ministre Édouard Philippe, qui vient de publier Le Prix de nos mensonges. Pierre Moscovici, en passant de Bercy à la Cour des comptes, dont il est depuis 2020 le Premier président, a donc découvert les vertus de la rigueur financière, dont il est désormais le plus zélé apôtre.
Les départements victimes de « l’effet de ciseaux »
Vendredi, Pierre Moscovici a présenté le premier volet d'un rapport sur les finances des collectivités locales, en les appelant à contribuer à l'effort de redressement. Le titre du document de synthèse est édifiant : « Une forte contribution de la situation financière des collectivités à la hausse du déficit public, malgré leur part limitée dans ce dernier ». Mais le rapport constate (p. 14) « des divergences de situations accrues entre collectivités » : si, écrivent les magistrats, « le "bloc communal", qui représente près de 60 % des charges de fonctionnement et les deux tiers des dépenses d’investissement des collectivités, continue à bénéficier d’une situation financière favorable », il n'en va pas de même pour les régions et, surtout, pour les départements qui « connaissent une situation financière défavorable ». Selon la Cour des comptes, cette dégradation financière provient de « l’effet de ciseaux » lié à la chute du produit des taxes sur les achats immobilier (les fameux droits de mutation à titre onéreux (DMTO) ou « frais de notaire ») due au retournement du marché et à une forte augmentation des dépenses sociales dont les départements ont la charge (APA pour les personnages âgées et RSA). Les départements sont en fait un vaste guichet social. D'où « une nouvelle chute de l’épargne, après celle de 2023 ». Une épargne divisée par quatre ! Ainsi, « les départements ont autofinancé moins de la moitié de leurs dépenses d’investissement en 2024 (43,3 %, contre 86,9 % en 2022) ». La Cour estime que « la composition des recettes des départements est inadaptée à celle de leurs dépenses ». Selon la Cour, « il est peu rationnel que des recettes aussi cycliques et volatiles » que les DMTO « contribuent au financement de dépenses aussi rigides et évolutives que les dépenses sociales ». Certes. Et, donc ?
Le Top 14 des départements les plus fragilisés
La Cour des comptes estime « d’un sur huit à un sur trois » le nombre de départements connaissant « une situation défavorable, sinon de grande fragilité ». Soit entre 15 et 35. Des noms ! La Gironde est le département le plus fragilisé, suivie par le Pas-de-Calais, l’Aisne, le Nord, la Loire-Atlantique, l’Hérault, le Gard, l’Yonne, le Cher, l’Ille-et-Vilaine, la Dordogne et la Loire. Mais trois autres (et non des moindres) connaissent aussi des difficultés : la Haute-Garonne, les Hauts-de-Seine (!) et les Bouches-du-Rhône. On constate que ce sont, pour la majorité d'entre eux, les départements des grandes métropoles (Bordeaux, Toulouse, Nantes, Marseille, Montpellier, Lille) ayant bénéficié à fond de l'emballement immobilier de ces dernières années et, désormais, plombés par des charges sociales écrasantes et croissantes.
Les solutions que la Cour... ne préconise pas
La Cour des comptes émet des vœux pieux mais se garde bien d'entrer dans le dur des solutions, se contentant de pointer la hausse des charges de fonctionnement (recrutements, revalorisations). Cette situation interroge tout de même sur la gestion des départements. En outre, l'effet de ciseaux ne se combattra pas en levant un nouvel impôt pour les départements mais en attaquant enfin les tabous des allocations sociales (RSA) et de l'immigration. En effet, parmi les non-dits de la Cour des comptes, il y a la charge de l'ASE (aide sociale à l'enfance) qui prend en charge les MNA (mineurs non accompagnés) dont le nombre a quintuplé en dix ans ! Et on touche là un autre effet de ciseaux que Moscovici se garde bien d'évoquer : en face de cette nouvelle charge des MNA, les départements comme les communes ont vu les dotations de l'État se réduire drastiquement, ces dernières années. C'était tout le sens de la question de Géraldine Grangier, députée (RN) de la 4e circonscription du Doubs, en novembre dernier, quand le projet de budget Barnier prévoyait de nouvelles coupes massives dans ces dotations : « En effet, entre 2013 et 2017, les dotations de l'État ont déjà baissé de 33 % et, pour 2025, le gouvernement annonce 5 milliards d'euros d'économies supplémentaires. » Et la députée RN n'avait pas omis, contrairement à M. Moscovici, de pointer la charge que constitue une ASE plombée par la prise en charge des MNA : « Comment demander aux départements de protéger les enfants français si, en parallèle, on leur impose d'assumer l'accueil et l'accompagnement de milliers de MNA ? »
Alors, encore un effort, Monsieur Moscovici !
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42 commentaires
Les départements se sont eux qui dépensent le plus pour le social ,il suffit de regarder le camembert de la répartition du fric distribué et leurs missions.
L’exemple de Lyon et de son étendage place Bellecour est excellent . Il illustre en public le gaspillage mais on peut aussi évoquer le projet délirant de construire une sorte de silo au flanc de l’Assemblée nationale . Voir la pétition lancée contre ce délire hideux … et couteux !
1.600.000 euros, souriez vous avez payé pour « ça »
Pour avoir reçu récemment les diverses brochures, il est certain que des économies pourraient être réalisées. Ça fait un moment que je n’ai pas vu la « feuille » de la région et je ne sais plus comment elle se présentait. Le journal du département est imprimé sur papier journal épais en quadrichromie. Celui de la commune (trimestriel il me semble) est imprimé en quadrichromie, sur papier glacé, épais! Enfin, grâce aux lois « intelligentes » est apparu le périodique de l’intercommunalité: même genre que la commune. Certes, ces gens-là sont bien obligés de nous montrer tout ce qu’ils font pour notre bien, mais quand même! D’autre part, nous avions des routes nationales, dont il me semble que l’entretien en revenait à l’état. Elle n’ont pas été refilées, en douce, à un autre échelon?
Et quand on ne pourra plus taxer les français, parce que une fois que c’est poncé, c’est poncé !
Comment on va faire, facile, on vole l’épargne, 6000 milliards, et après, on fait quoi, parce que ça peut aller très vite, deux ou trois ans.
Lui aussi a trouvé la planque. Comme cela c’est facile de critiquer !
c’est cocasse ! il voit le résultat de la politique qu’il a participé à mettre en place !
en fait, il critique le côté financier de la gauche à laquelle il a toujours appartenu.
il prouve lui-même que la gauche a mis en oeuvre leurs belles idées depuis le mitteux sans analyses financières aucune de l’avenir
et bine on y est : il n’y a plus les sous pour continuer. depuis le mitteux, ça met en évidence qu’ils ont cramer toutes les caisses du pays
Et si certains départements et mairies arrêtaient de faire n’importe quoi, donner de l’argent aux assocs immigrationnistes, aux bateaux qui nous amènent toujours plus de migrants, à subventionner des spectacles ou pseudos oeuvres woke, quand on voit à Lyon ce qu’ils ont fait pour la chaleur, des bandes de tissus pas vraiment esthétiques qui ont couté très cher et la liste est longue, et en plus ce qu’ils font est systématiquement LAID, alors ils devraient faire un audit de voir comment NOTRE ARGENT est utilisé
Je viens de voir le cout des bandes de tissus sensées abriter et en plus laissent largement passer le soleil, tenez vous bien, 1.600.000 euros et non je n’ai pas mis trop de « zéro », à ce niveau là que dire ..
Et rappelons que CHACUN de ces MNA coûte la modique somme de 5000€ par MOIS. Sans compter certains « frais annexes » que je n’ai pas le droit de préciser n’est-ce-pas ?
Fallait-il s’attendre à autre chose , dans un pays où régne un omnipotent socialisme administratif , financier , sociétal ?
Tous ces donneurs de leçons qui excellent dans leur médiocrité ont commencé leur travail de saccage en 2013.
Curieux que des gens de gauche .
Ca a commencé en 1981
Exactement, merci, j’allais « reprendre » la date annoncée par Yves Heulnot-Poh.
Moscovici un recasé de plus à 14 500 € mensuel non comprit ses retraites, en voilà des économies à faire comme dirait le regretté Coluche
Non , avec ses retraites cumulées , ce zèbre émarge à plus de 30 mille par mois.
Surtout que comme beaucoup, il n’a pas de …fortune personnelle!…
…il n’avait pas…depuis sa naissance au sein du parti socialiste mais depuis le décoré de la francisque sa situation a bien évolué et continue à prospérer comme pour les donneurs de leçons du même tonneau…des danaïdes.
visible…