France Inter : le militantisme politique sous couvert d’humour

Jusqu’à quand l’Arcom continuera-t-elle à ignorer la politisation évidente des humoristes de service public ?
Capture d'écran France Inter
Capture d'écran France Inter

La scène était d’une violence symbolique inouïe. Vendredi 30 janvier, l’émission de France Inter Zoom Zoom Zen, animée par Matthieu Noël, a élu résidence dans l’auditorium de la chapelle Corneille à Rouen. C’est dans ce cadre très catholique qu’un humoriste à la barbe fournie nommé Merwane Benlazar a livré un discours aux intonations résolument identitaires. « J'aime imaginer Pascal Praud tomber sur cette image, tomber sur moi à la place du prêtre dans une cathédrale !, débuta-t-il, hilare et conquérant. J'ai rêvé de ça toute ma vie, les gars, faire le prêche dans une église ! Après, on m'a dit qu'elle était désacralisée. Je sais même pas ce que c'est… J'ai peur que la réponse ce soit : en laissant Merwane Benlazar y faire une chronique ! »

Si l’Arcom verra sans doute dans cette séquence une banale pastille humoristique, d’autres y ont vu une scène lourde de sens. « "J'ai rêvé toute ma vie de ça, les gars, faire un prêche dans une église". Cet humoriste pas drôle devrait être pris au sérieux », a ainsi alerté l’anthropologue Florence Bergeaud-Blackler. Rappelons, en effet, que deux semaines à peine plus tôt, le même « humoriste » avait tenu un discours très politique sur la même antenne, appelant les médias à ne plus donner la parole aux représentants de « l’extrême droite ». Le président de la commission d’enquête sur la neutralité de l’audiovisuel public, Jérémie Patrier-Leitus, avait alors réagi et qualifié de « grave et inacceptable » cet appel à la censure, mais la direction de Radio France n’avait pas émis la moindre réserve.

Faux humour, vrai militantisme

Le même jour, dans le même lieu, une autre « humoriste » de service public s’est distinguée par un sketch dans lequel elle envisageait avec joie la mort de Jordan Bardella et Marion Maréchal. « Balançons des poux pleins de typhus au siège du RN et voyons ce qui reste ! », proposa-t-elle, déclenchant les rires de l’assistance. Et la dénommée Camille Lorente de conclure sa chronique par un appel à l’exécution de la nièce de Marine Le Pen : « Si tu veux, on l’achève ! » Ces propos ont ensuite été signalés à l’Arcom par des auditeurs.

Qu’on ne s’y trompe pas. M. Benlazar et Mme Lorente ne surgissent pas de nulle part. Ils s’inscrivent dans une longue tradition d’« humour » de gauche à France Inter, où le rire sert de cache-sexe à l’engagement militant. Avant eux, il y avait eu la délicieuse Marie de Brauer et ses sketchs récurrents contre Pascal Praud et « la propagande d’extrême droite » qui serait véhiculée sur CNews, Swann Périssé qui dit assumer publiquement ses « idées de gauche », Mahaut Drama qui participe à des débats organisés par Mediapart contre « l'extrême droite » ou encore Guillaume Meurice, finalement dégagé de Radio France et refourgué à Radio Nova après une énième blague jugée antisémite.

Mention spéciale, enfin, à l’ineffable Charline Vanhoenacker qui, entre deux chroniques aussi paresseuses qu’engagées, n’hésite plus à demander la mise en place d’un cordon sanitaire médiatique contre l’extrême droite, comme c’est déjà le cas chez elle, en Belgique. « C'est quelque chose qui m'a profondément choquée quand je suis arrivée en France. Je disais : "Mais vous donnez la parole à l’extrême droite, comme ça, en direct matin, midi et soir ?" », confiait-elle, en décembre 2025. « En plus de Marine Le Pen, ils invitent un révisionniste comme Patrick Buisson », s’indignait-elle encore, le mois suivant, invitant l’audiovisuel public français à encore davantage de sectarisme.

De Merwane Benlazar à Charline Vanhoenacker en passant par Marie de Brauer, l’« humour » à France Inter n’est plus qu’un cache-misère idéologique : une succession de chroniques où l’on feint la satire pour mieux pilonner, toujours dans le même sens, les figures du camp d’en face. Ces amuseurs subventionnés transforment ainsi le service public en scène de meeting permanent — le cachet en plus, le courage en moins. Car pour eux, « l’humour est de gauche », forcément de gauche, comme l’affirme Alex Vizorek, autre Belge qui a longtemps sévi à Radio France. Et tant pis pour ces millions de Français de droite, moqués à longueur de journée, mais priés de passer à la caisse en fin de sketchs.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

49 commentaires

  1. La guerre larvée mais bel et bien présente, se confirme de jour en jour. Insidieusement, elle nourrit ses combattants…d’abord idéologiquement mais le moment venu…une Saint Barthélémy se représentera. Je ne le souhaite pas mais le redoute. Avez vous noté également qu’il porte une casquette ? Dans ce genre de lieu, c’est une offense supplémentaire. Il ne peut ignorer que – par le passé – on s’y découvrait la tête. D’autres lieux de culte, obligent bien à se déchausser. Et on s’étonne de ne plus vouloir faire d’enfants ? Quand on voit la déliquescence rapide de notre Pays. On a guère envie de fournir de futurs dhimmis…

  2. L’ARCOM service politisé ,à supprimer !!Le public est assez grand pour faire sa propre censure ,si cela plait on regarde sinon on passe sur une autre station !C’est simple économique et efficace

    • Certes mais nous payons « quand-même ». Si je ne vais pas assister à un spectacle, je ne paye généralement pas. Là, je suis racketté !

      • Comme des millions, c’est la vente forcée, on paye pour un truc qu’on n’utilise pas, ce n’est pas légal normalement mais là ça passe

  3. L’ARCOM ne va quand même pas scier la branche sur laquelle ses membres éminents sont assis et grassement payés par nous !
    Donc ces pseudo humoristes vont continuer à déverser leur fiel et leurs grossièretés en toute impunité d’autant qu’ils ont encore un trop nombreux public complice : et c’est bien là le problème.
    Quant à CNEWS, la solidarité entre collègues, a du plomb dans l’aile : on rase les murs dans les couloirs. Ce serait bien dommage que toutes ces affaires nous privent d’un autre discours de réalité.
    Vincent BOLLORE et Serge NEDJAR vont devoir remettre de l’ordre dans leur troupe et ainsi permettre d’élever le débat de certaines émissions qui dérivent (trop souvent) vers le people et/ou les informations de caniveaux et afin de se démarquer pleinement de ceux qui les attaquent.

  4. Militantisme politique , on ne pourrait en douter. En ce qui concerne l’humour, en tant que réflexions supposées être comiques, ou c’est triste à pleurer , ou tellement profond que seuls quelques intelligents initiés peuvent en rire.

  5. Nous sommes bien dans un régime totalitaire. Prononcez la moindre remarque insignifiante ou sibylline à propos de l’immigration et de ses conséquences ou sur l’impact de l’islam sur notre civilisation, vous serez conduit devant les tribunaux. Vous n’êtes pas humoriste.
    Mais vous remarquerez que les dits humoristes se gardent bien de critiquer le monde musulman tout en s’exprimant sans retenues sur les cathos et personnalités de droite. Comme quoi, riches ou pauvres, cathos ou musulmans, de gauche ou de droite, ne sont pas traités avec la même rigueur par notre Justice impartiale. C’est la Justice, juste et indépendante sous règne macronien.

    • Hélas oui et allez vous défendre contre un agresseur, un monsieur vient d’en faire les frais alors que l’agresseur avait un couteau et que le monsieur s’est défendu non avec un couteau mais avec ce qu’il a trouvé, un morceau de bois et même ça , la légitime défense pas reconnue et que l’autre a été blessé , c’est le monsieur courageux qui est condamné, c’est consternant et révoltant

      Par contre pour la magistrate séquestrée, je suppose que les procédures iront vite face aux voleurs….

  6. A quant des meeting humoristique élaborés par l’intelligence artificiel, vidéos avec applaudissement de la foule compris au moins ce serait plus honnête surtout si le spectacle serait étiqueté comme de l’I A au préalable. Là ces spectateurs on du revenir cher au contribuable.

  7. Nous connaissons la claque dans un spectacle, un métier nécessaire pour valoriser un moment qui parfois n’apporte aucune qualité au spectacle, çà peut être un rire, un applaudissement des sifflets au moment opportun et si on veux bien appréhender comme il faut il suffit de voir ce petit extrait quant les applaudissement se déchainent sur des paroles, Pascal Praud tomber sur moi dans une cathédrale, ou encore ne pas savoir ce qu’est une église désacralisé, c’est a dire qu’il ignore ce qu’est sacré !
    C’est la ou on vois la valeur de ceux qui se disent humoristes et combien d’autre du même genre.
    Encore un galvaudage de la langue Française.

    • Il est bien explicité dans cette rigolade que le sacré ne concerne pas les chrétiens. Dans une série télé, Noël est considéré comme « juste un bon moment » pour « nos fêtes », juste une fête pour certains d’entre nous, proposée pour bouffer dans les pubs des grandes surfaces ou on force à boire, ( puis en janvier, ces mêmes pubs nous mettent à l’eau, c’est pas bien de boire, une société sans alcool, tel est le but, stigmatiser, infantiliser, détruire le sens religieux pour en imposer un autre, et tout cela avec des gens qui font la claque à des émissions comme « quotidien », le pain quotidien actuel !

  8. Ils sont à vomir ces salafistes incultes et pourtant payés avec nos impôts . Imaginez un instant si sur des médias plus à droite on se prête à de telles pitreries.

  9. Il ne faut pas se leurrer deux France se font face ,c’est donc « une certaine guerre des mots » .Gare à vous ,la meilleure défense , c’est l’attaque

  10. Il faut reconnaître un mérite à France Inter, celui de nous faire toucher du doigt le véritable effondrement du pays.

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