[EDITO] France Télévisions : les appels à la démission de Delphine Ernotte se multiplient

Le militantisme clandestin, aux frais du contribuable, c’est fini !
Capture d'écran
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L’affaire Legrand-Cohen devient l’affaire France Télévisions. Et ce n'est pas le rapport très sévère de la Cour des comptes sur le groupe de télévision publique, publié ce 23 septembre, qui redorera le blason terni de la patronne Delphine Ernotte. Quelques jours après la révélation, par L’Incorrect, d'une conversation qui témoigne de la collusion entre la sphère de l’audiovisuel public et la gauche, la réaction de la présidente de France Télévisions et de ses lieutenants n’obtient pas tout à fait les résultats escomptés… Les appels à la démission de Delphine Ernotte, présidente depuis 2015, se multiplient.

Après Kévin Pfeffer, député RN de la sixième circonscription de la Moselle« Ça suffit, maintenant. Dix ans que cette dame payée 400.000 euros par an avec nos impôts pourrit le service public. Il faut qu’elle parte ! » –, Marine Le Pen tape à son tour du poing sur la table. Appuyée sur des sondages qui la donnent en tête de tous les dirigeants politiques, avec plus de 30 % des intentions de vote à la présidentielle, la patronne du groupe parlementaire RN ne mâche pas ses mots dans le JDD : « C’est un secret de Polichinelle que Mme Ernotte est une militante très marquée à gauche. Mais là, elle franchit un cap supplémentaire », estime Marine Le Pen, qui considère qu’en attaquant violemment CNews et Europe 1, « elle n’est absolument pas dans son rôle ». La direction d’une entreprise d’information qui coûte chaque année 2,5 milliards d’euros au budget de l’État, donc aux Français, implique a minima de la retenue - au moins une apparence de neutralité. On n’y est pas. Pour la première fois, le mot est lâché par un politique de droite de premier plan : « démission ». « Ce type de sortie devrait conduire à son départ, parce qu’il ne revient pas à la présidente de France Télévisions de distribuer des brevets d’honorabilité aux chaînes privées », lance Marine Le Pen, qui s’explique : « Qu’il existe des médias d’opinion ne me choque pas. Mais un service public financé par les Français doit être irréprochablement neutre, et il ne l’est pas. »

Démission et privatisation

Le RN qui propose la privatisation de tous les canaux de France Télévisions, sauf un canal d’urgence pour les crises et un canal pour l’outre-mer (sans doute France O), trouve là une occasion en or de justifier son programme. « Une grande démocratie comme la France n’a aucune raison de dépenser 4 milliards par an pour un mastodonte médiatique partisan », poursuit Marine Le Pen. C’est exactement ce que dit Marion Maréchal : « Elle doit démissionner, cela me paraît absolument évident. Elle viole de manière flagrante l’article 25 d’une loi de 1983 qui impose à tous les fonctionnaires – et encore davantage, quand ils sont à ce niveau de responsabilité – une neutralité et un devoir de réserve. » La solution : « Privatiser cet audiovisuel public. »

La mesure était déjà proposée par Reconquête dès 2022 : le parti d’Éric Zemmour programmait la privatisation de France 2, France Inter, France Info, Mouv’ et FIP, et le transfert aux collectivités locales de France 3 et France Bleu.

Une évolution à contre-courant de la société

La polémique tombe à point nommé. Delphine Ernotte est poussée par ses équipes, furieuses des coups de griffe de CNews… et de sa montée en puissance (CNews écrase en audience la coûteuse FranceInfoTV, la chaîne d’information publique voulue par François Hollande). Et elle s’inquiète, surtout, de son budget 2026 à venir : l’État pourrait bien exiger des économies drastiques. La disette budgétaire devient sévère, dans la maison aux 9.000 salariés. Or, la survie de tout « mastodonte » est délicate, en temps de disette - on le sait depuis les dinosaures. Quand le mastodonte France Télévisions vient saccager le potager de ceux-là mêmes qui le nourrissent (les contribuables), le climat se tend au point de mettre sur la table le vrai scandale. En poussant la ligne éditoriale de ses chaînes (France 2, France 5, FranceInfoTV…) de plus en plus à gauche alors que l’opinion publique glisse de plus en plus à droite, Delphine Ernotte a tendu l’arc de la légitimité du groupe qu’elle préside et de son financement jusqu’à la rupture. En voulant le protéger contre la méchante CNews, elle l’a exposé comme jamais à la colère des Français. En refusant de condamner des salariés qui piétinent la neutralité de France Télévisions, comme Thomas Legrand, elle enfonce encore le clou de ce hold-up idéologique et distribue des bâtons pour se faire battre. En militant sur fonds publics contre une chaîne privée qu'elle calomnie, la présidente de France Télévisions repousse toutes les limites. Le militantisme clandestin, aux frais du contribuable, c’est fini ! Delphine Ernotte doit remettre sa démission.

L’affaire France Télévisions est loin d’être close. Pour la première fois, une grande partie du spectre politique demande sérieusement sa démission, suivie par tout un pan de l’opinion. Les murs de cette holding aux opinions bien visibles tiennent encore, mais la terre tremble sous la maison France Télévisions.

Mise à jour ce 23 septembre sur le rapport de la Cour des comptes

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 27/09/2025 à 11:11.

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Marc Baudriller
Directeur adjoint de la rédaction de BV, éditorialiste

Vos commentaires

154 commentaires

  1. Une démission qui ne viendra pas. Delphine Ermotte, repositionnée pour la troisième fois, de façon pour le moins suspect, par l’Arcom. La complexité vient que cette Présidente bénéficie de beaucoup d’atouts pour continuer à occuper cette responsabilité. En haut lieu, et par l’ultra-présence de syndicats au sein de l’audio-visuel.

  2. Vu sa paye, c’est pas le genre a démissionner. Ce qu’il faut c’est la virer pour manque de pluralisme et une gestion plus que folklorique. Cette femme porte son incompétence sur sa tete.

    • Elle porte non seulement l’incompétence mais le mépris et la haine contre ceux qui ne pensent pas comme elle, une gauchiste quoi

  3. L’unanimité est totale sur la nécessité de privatiser ce SERVICE PUBLIC dominé par le « politiquement correct » dont l’objectif est de nous désinformer sur la réalité du monde ….

  4. Encore une fois, nous avons là les conséquences de la discrimination positive. Il y a 10ans, je me rappelle bien que Ernotte n’a eu son poste QUE parce qu’elle était une femme. Plusieurs hommes avaient pourtant, à l’époque, plus de compétences qu’elle. Les fictions policières y sont devenues des romans-photos de Nous deux où l’enquêtrice principale a obligatoirement des problèmes de coeur et tombe amoureuse de son adjoint (quand ce n’est pas du principal suspect); On regrette les Bourrel ou Maigret d’antan, que l’on regarde à la place, même si c’est pour la 20ème fois. Quant à Marleau, on est carrément chez les ama-zones. Aux USA, avec Harris, ils auraient eu la même chose. La discrimination positive nous pousse à la décadence.

    • Bien d’accord avec vous pour la discrimination positive et la parité, on met n’importe qui pour rentrer dans les cases, sauf que pour la plupart du temps, nous n’avons pas les meilleures

  5. Bigre, il va nous falloir attendre la présidentielle, car il n’est pas question de laisser le siège de notre TV a un nouvel arrivant durant cette période pré-électorale fort délicate !
    Et croyez moi, je pense que cela va être long, bien long !

  6. Assez d’accord avec le RN mais surtout avec un très grand nombre de Français. et félicitation à l’auteur pour rappeler la prise de position de Reconquête dès 2022. On pourrait garder une chaîne « La voix de son maître » et une de véritable culture peut-être en « rénovant » Arte ? + 1 radio nationale/régionale). Une chose indispensable, en finir avec ces salaires de nababs. Sans donner dans le populisme combien faut-il d’années à un salarié moyen pour gagner 400. 000 € ? A noter par ailleurs qu’on veut taxer Arnaud qui est un chef d’entreprise et que cette mesure n’a pas rencontré d’opposition parmi les salariés de Mme Ernotte…

  7. Aucune compétence à ce poste !
    La pire des gestions depuis la création !
    Un partisanisme sans limite !
    Sans parler de cette rémunération qui fait frémir jusqu’aux mieux payés d’entre nous tous !!!
    Et La République macronienne est loin d’avoir encore atteint les limites de ses outrances !
    Bientôt sans doute le droit de vote pour les immigrés, et la France passera définitivement dans l’oubli !!!

  8. Je ne m’en cache pas, je n’aurais aucune empathie en cas de licenciements , vu leur satisfaction de la fermeture de C8, avec plus de 400 personnes au chômage ! A chacun son tour, un Cohen, Legrand et autres consorts pointer au chômage …..

    • D’accord avec vous mais ces gens ne traversent pas la rue pour chercher du boulot, ils sont recasés , recyclés

  9. Mme Ernotre démissionne. Youpi! On aura eu le scalp d’une socialiste wokiste de l’Etat profond. Et puis quoi ? Rien. Le régime nommera un équivalent à sa place. L’oeuvre de propagande sera
    sauve. La gabegie,? Quelques mesurettes seront prises, mais pas trop. Il ne faut pas brusquer l’hyper-sensibilité syndicale.

  10. A l’appui de ses nominations récidivistes par le pouvoir et son bras armé l’Arcom, Madame Ernotte est une dirigeante soviétique!

  11. J’adore quand un auditeur sur Europe1 mais aussi beaucoup d’autres, déclare: Je ne vais plus du tout sur le « service public »…C’est vrai, on risquerait une contamination mentale et une transformation pédante!

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