Gabriel-Maria Nicolas : un nouveau Français parmi les bienheureux de l’Église
Le 21 février dernier, le pape Léon XIV a inscrit un nouveau nom parmi la longue liste des bienheureux de l’Église catholique : Gilbert Nicolas, connu aussi en religion sous le nom de Gabriel-Maria. Originaire de France, ce religieux franciscain a ainsi marqué son temps par sa profonde dévotion mariale, mais aussi par son rôle décisif, avec sainte Jeanne de Valois, dans la fondation de l’ordre religieux des Annonciades, officiellement appelé ordre de l’Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie.
La fondation de l’ordre de l’Annonciation
Né vers 1460 à Riom, dans le Puy-de-Dôme, Gilbert Nicolas rejoint très jeune l’ordre des Frères mineurs fondé par saint François, attiré par un sermon sur l’Immaculée Conception qui éveille en lui la vocation religieuse. Ordonné prêtre et envoyé au couvent de Notre-Dame de Lafond, il y enseigne la théologie auprès de jeunes moines. C’est en ce lieu qu’il fait également une rencontre fatidique avec l’ancienne reine de France, Jeanne de Valois, dite aussi de France. Cette duchesse de Berry et fille du roi Louis XI avait autrefois été l’épouse de Louis XII, qui décida de la répudier en 1498 en raison de son incapacité à donner une descendance au trône. Désormais libérée de ce triste mariage, Jeanne choisit ainsi de se tourner entièrement vers Dieu. Avec le père Nicolas, devenu son confesseur et son directeur spirituel, elle décida alors de fonder un nouvel ordre religieux dédié à la Vierge Marie.
Gabriel-Maria consacre toute son énergie à cette grande entreprise spirituelle naissante. Il se rend lui-même à Rome auprès du pape Borgia Alexandre VI afin d’obtenir l’approbation pontificale permettant, en 1502, la création de l’ordre de l’Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie. Jeanne de Valois rejoint alors cette nouvelle famille religieuse et porte, comme ses nombreuses sœurs, l’habit si reconnaissable de la congrégation : une robe grise, un voile noir pour l’esprit de pénitence, un scapulaire rouge en mémoire de la Passion du Christ, un manteau blanc pour évoquer la pureté de la Mère du Christ, ainsi qu’un ruban bleu portant une médaille d’argent.
À ce sujet — Léon XIV dans les pas de deux géants de la papauté
Un guide spirituel
Cependant, la santé de Jeanne de Valois demeure fragile et elle meurt en 1505 à Bourges. Gabriel-Maria prend alors pleinement en charge l’essor de l’ordre des Annonciades. Sa gouvernance permet la fondation de plusieurs monastères, notamment à Albi en 1507, à Rodez en 1515 et à Bordeaux en 1519.
Parallèlement, l’ordre franciscain lui confie de nombreuses responsabilités. Il devient ainsi vicaire provincial d’Aquitaine et de Bourgogne, puis vicaire général de l’Observance ultramontane. Lors du chapitre général de 1517, il reçoit aussi la mission de commissaire général. Cependant, épuisé par une vie entièrement donnée à la prière, à ses filles spirituelles et à ses nombreuses missions, il meurt à Rodez le 27 août 1532.
La reconnaissance de l’Église
Le procès en béatification de Gabriel-Maria avait été ouvert en France au XXe siècle, après l’examen attentif de sa vie, de ses écrits et de sa réputation. Le décret signé par le pape Léon XIV, le 21 février 2026, a mis un terme à ce long processus en reconnaissant officiellement l’exemplarité de sa vie chrétienne. Cette béatification rappelle et met aussi en lumière le rôle décisif de ce religieux dans l’histoire spirituelle de la France et bien au-delà de ses frontières. En effet, l’ordre de l’Annonciation de la Bienheureuse Vierge Marie, tout en conservant une forte implantation en France, compte aujourd’hui des monastères en Pologne, en Belgique et au Costa Rica. Son action spirituelle a également favorisé la naissance d’autres familles religieuses, comme les Pères Mariens en Pologne au XVIIe siècle ou les Annonciades apostoliques en Belgique au XVIIIe siècle.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour































6 commentaires
Cela met du baume au cœur de lire ces vies simples mais si riches. Je ne connaissais pas le Bienheureux Gabriel Maria Nicolas.
Et moi alors, je ne compte pas ? Pourtant je fais le bien tout azimut, et depuis fort longtemps,
mais personne ne veut le reconnaître … peut-être parce que je ne crois qu’en l’humain ?
Bienheureux Gabriel Maria Nicolas priez pour nous.
Comme ça fait du bien de lire dans la presse, parmi tant d’horreurs et de violences tous azimut, une si bonne nouvelle: récompenser un sage qui a consacré sa vie et la fortune princière à améliorer le monde dans le meilleur sens du terme. rassembler les bonnes volontés autour de projets pacifiques et bienveillants, au service des plus faibles d’abord, ce qui est d’ailleurs le seul vrai rôle de l’Église voulue par son fondateur. Alléluia. Ne désespérons jamais d’un avenir meilleur. A nous d’y participer à notre niveau aussi.
J’ai failli pleurer devant tant d’amour et de bénévolence !
Depuis que je l’ai découverte, j’ai toujours beaucoup aimé Sainte Jeanne de France, pour son altruisme sans faille, pour sa vie qui n’a fait que le bien des autres.