13 novembre : ce passage du discours d’une fille de victime qui dérange tant

Les propos les plus intéressants tenus par Sophie Dias n’ont manifestement pas plu à la chaîne publique.
©Jean Bexon
©Jean Bexon

Il fut la première victime des attentats du 13 novembre 2015. Il y a dix ans, presque jour pour jour, Manuel Dias mourait dans l'explosion d'un kamikaze djihadiste aux abords du Stade de France, alors qu'il accompagnait un groupe de supporters venus assister au match de football France-Allemagne. Cet assassinat avait donné le coup d’envoi d’une série d’attaques islamistes faisant au total 132 morts et des centaines de blessés.

Pour le dixième anniversaire de cette journée d’horreur, un hommage a été rendu, ce jeudi 13 novembre, à Manuel Dias sur les lieux du drame, en présence de sa famille, dont sa fille Sophie, qui a prononcé un discours émouvant. « Je prends la parole aujourd’hui avec une émotion immense, a débuté la quadragénaire. Depuis le 13 novembre, il y a un vide qui ne se comble pas, une absence qui pèse chaque matin et chaque soir depuis dix ans. » Basculées en édition spéciale, toutes les chaînes info ont retransmis les diverses cérémonies de la journée, y compris le discours de Sophie Dias. France Info, notamment, a partagé, sur le réseau social X, cette émouvante prise de parole dans laquelle la quadragénaire rendait hommage à son père défunt et rappelait l’attachement de ce dernier aux « valeurs de la République ». Mais comme l’ont noté certains internautes attentifs, la chaîne publique a tronqué le discours, laissant de côté la fin de l’allocution de Mme Dias. Les propos tenus étaient pourtant loin d’être anodins : « Dix ans après, j'aimerais savoir pourquoi, j'aimerais comprendre, j'aimerais que ces attentats cessent, y ajoutait la jeune femme, toujours aussi calme. On ne peut accepter ces agissements à répétition, cette haine envers notre pays et notre peuple. »

Pourquoi ce passage a-t-il été laissé de côté par France Info ? Maladresse ? Ou bien la haine de la France et du peuple français serait-elle un concept nauséabond ? Sophie Dias aurait-elle tenu un discours indicible sur l’audiovisuel public ? De nombreux internautes ont leur petite idée sur la question. « Tout le monde sait pourquoi vous avez coupé la fin de sa déclaration », a réagi l’un d’entre eux. « France Info, c'est comme la BBC, ça ment et manipule l'info », a estimé un autre. « Dire "notre peuple" pourrait bientôt tomber sous le coup de la loi ? », interroge un troisième.

L’analyse interdite

On savait, depuis Patrick Jardin, que la colère des victimes de l’islamisme était très mal vue par nos élites. On découvre que toute analyse à teneur identitaire du djihadisme est également proscrite. Seules semblent autorisées les bougies, peluches et autres marches blanches silencieuses. Sophie Dias n’aurait peut-être pas été coupée si elle s’en était tenue à une célébration creuse de la résilience et du « vivre ensemble ». À la place, elle a choisi des mots vrais, pleins de (bon) sens et ne cachant rien des motivations des tueurs de son père. Une candeur qui ne passe pas, sur certains médias, pourtant grands défenseurs de la « libération de la parole des femmes »…

Interdiction d’évoquer la dimension civilisationnelle des attaques du 13 novembre. La motivation religieuse du 13 novembre a d’ailleurs été revendiquée par Salah Abdeslam lui-même, lors du procès des attentats du 13 novembre 2015. « On ne vise pas les musulmans, on ne vise que les mécréants », avoua-t-il. Curieusement, un jeune homme présent au Bataclan ce soir-là a été épargné en raison de son teint halé qui le faisait passer pour un jeune d’origine maghrébine. « Ils l’ont visé, puis se sont repris, raconta une amie. Ils lui ont dit : "Toi, t’es des nôtres !", et ils ont tiré sur un autre jeune à ses côtés. » Comme si être maghrébin voulait forcément dire musulman...

L’invisibilisation de la haine islamiste n’est hélas pas l’apanage des médias bien-pensants. Ce 13 novembre 2025, les célébrations des dix ans des attentats ont donné lieu à un festival de déni et de langue de bois. À l’exception notable de François Ruffin, les personnalités de gauche ont dénoncé, dans leurs tweets, les dangers du « terrorisme », tout en prenant grand soin de ne pas nommer la religion qui lui sert de carburant. Même autocensure, sur les plaques commémoratives installées, ces derniers jours, sur les lieux des attaques djihadistes à Paris. Aucune ne mentionne l’idéologie meurtrière qui promeut la haine du kouffar (« mécréant », « infidèle ») en général et des Français en particulier. Mais comment prétendre vouloir lutter contre une maladie dont on s’interdit de faire le diagnostic ?

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

60 commentaires

  1. L’obscurantisme de la gauche est à la hauteur de celui du monde arabe. Un désastre politique et humanitaire.

  2. F. Hollande procès du 13 novembre, jour 42 :
    « Chaque jour, nous étions sous la menace. Nous savions que dans le flux des réfugiés, il y avait des individus qui étaient là pour tromper la vigilance. Mais nous ne savions pas où ni comment ils allaient nous frapper. »
    « Daech nous a fait la guerre, nous avons répondu, nous avons fait tout ce que nous pouvions »
    Faux.
    L’ex président a ordonné l’opération « Chammal » en 2014. Croire que l’EI resterait sans répondre était irréaliste, d’autant qu’il disposait de « supporters » en France.
    Mais voilà, alors que nous n’avons plus une tune, ça envoie notre porte avion. C’est ainsi, les rois de France. Ca dispose d’une armée à sa disposition et ne s’en prive pas.
    Que les médias censurent Mme Diaz ne m’étonne pas : un ex président ment devant un tribunal; tous les coups sont permis.

    • Ce qui n’a pas empêcher Hollande d’inviter Merkel – la généreuse instigatrice du million de migrants de 2015 en Allemagne – le 25 novembre à venir pleurer avec lui et Hidalgo sur les lieux des attaques survenues 12 jours plus tôt.

      • sauf que l’Allemagne de Merz fait marche arrière; poussée aux fesses par l’AFD.
        Et en France?
        rien, nichts, nada, nothing.

  3. Lors de matchs de football à Nice, à la 86ème minute le chœur Niçois crie « DAECH, DAECH, ON TEN.ULE, DAECH, DAECH ON TEN.ULE !!  » pour les 86 victimes écrasées, éventrées, désarticulées. Des banderoles sont déployées avec le slogan : « Ni pardon, ni oubli !! » ceci au grand dam de politicards serviles.

  4. Depuis toujours, le système politique préféré de la gauche, c’est la dictature. Tellement sûre de représenter le camp du bien qu’aucun autre point de vue ne peut accepter.

  5. en effet, il faut comprendre pour pouvoir faire le deuil – écoutez les explications des causes des attentats par Thierry Meyssan chez Nicolas Stocker et Eric Montana sur crowdbunker

  6. Cette capacité à taire les ayants droit à la parole est le propre de la gauche. Ils sont tellement obnubilés par leurs mantras gauchistes qu’ils oublient que des gens saignent et souffrent à cause de leur bêtise abyssale. Leur ignorance est tellement immense que le mot citoyenneté est limite indécent à leur encontre!

    • Vous appelez ignorance la volonté de la gauche d’anéantir tout ce qui a fait la grandeur de la France ? Je n’ai pas votre bienveillance

  7. L’islam est la religion de la soumission (à Dieu), des inégalités (avec les femmes , les infidèles , les esclaves ), et ou la fraternité ne concerne que les autres musulmans à travers le monde .
    L’islam est donc « incompatible avec la République française » comme il l’est avec les valeurs de tous les pays démocratiques d’occident (petite pensée pour les habitants de New York) .

  8.  » Il viendra un jour où bougies, fleurs et peluches ne suffiront plus ».

    Voici le mot que je laissai sur le parvis de l’ambassade de France à Berlin, parmi l’amoncellement de toutes celles-ci, le lendemain du 14 juillet 2016, lorsque, en vacances, j’appris l’attentat de Nice, sur un bandeau défilant, dans le métro.
    Ce même bandeau qui déroulait « Pray for Nice ».

    Voici tout ce qui nous sépare de ces barbares arriérés.

  9. Boualem Sansal l’a écrit :
    « L’islamisme se fiche de la culture du pays, il veut juste la détruire pour imposer la sienne ! « 

    • Cette commémoration était nécessaire mais hélas, rien ou si peu sera fait pour « PLUS JAMAIS ÇA ».
      Le long discours de M. Macron, c’ētait du pipeau. Il s’est fait plaisir, c’est tout.

    • Et Boualem Sansal va revenir , pour écrire à nouveau , pour le plus grand plaisir de nos islamo-gauchistes …

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