[HISTOIRE] 1797, la France fait banqueroute. Et demain ?
Le Directoire arriva au pouvoir à un moment où les finances publiques de la France étaient dans la tourmente. L'indiscipline budgétaire de la Révolution était venue détériorer une situation financière héritée d'une monarchie assez dépensière en guerres et en rentes diverses. Il en était résulté une hyperinflation et surtout un surendettement de l’État, avec une dette publique faramineuse de 4 milliards.
Conséquence inévitable : la monnaie fiduciaire de papier, l'assignat créé en 1789, avait perdu toute valeur même si ce billet était théoriquement garanti par la vente des biens du clergé. Il faut dire que la planche à billets avait multiplié le nombre de livres en circulation de 400 millions à… 45 milliards ; soit 15 fois la valeur des biens de l’Église ! Les épargnants s'étaient donc prudemment précipités sur les monnaies métalliques.
La banqueroute des deux tiers
Le ministre des Finances du Directoire, Dominique Ramel, annula les deux tiers de la dette publique (emprunts, titres obligataires et rentes) en les remboursant immédiatement. Il aurait pu les rayer d'un trait de plume ; mais il ruina les créanciers de l’État de manière infiniment plus élégante : ces derniers furent certes remboursés, mais en bons du Trésor théoriquement admis en règlement des impôts ou des biens du clergé. C'est-à-dire en monnaie de papier (bons, assignats ou son successeur le mandat territorial) dont plus personne ne voulait.
Quant au troisième tiers de la dette publique, dit tiers « consolidé » (sic), il ne fut pas mieux traité : ces créances restaient certes inscrites au Grand Livre de la dette publique. Mais les intérêts perçus par les épargnants (à 3 % ou à 5%) étaient versés… en bons du Trésor.
Après la banqueroute de Law (1720), l' État acheva donc en 1797 de gruger les épargnants porteurs des titres fiduciaires ; et ce pour le plus grand bénéfice des acquéreurs des biens nationaux (terres et immeubles confisqués à l'Église et aux émigrés) : la Révolution entraîna ainsi un bouleversement dans le répartition des patrimoines.
Des traces encore très présentes
Deux siècles et demi plus tard, les traces de ces banqueroutes sont encore très présentes chez nos concitoyens. Nous nous méfions encore de la Bourse, et préférons sécuriser notre patrimoine à travers l'or, la pierre ou la terre.
La République française elle-même a acquis depuis cette époque, et jusqu'à nos jours, la détestable habitude de gruger autant que possible les épargnants qui lui font confiance. La preuve : nos emprunts d'État ont toujours rapporté un taux d’intérêt réel négatif après impôt, c'est-à-dire inférieur à l'inflation.
C'est là une tradition française bien ancrée : l'érosion monétaire a constamment servi d'échappatoire à un État dépensier perclus de dettes. Un exemple : un épargnant qui aurait placé 100 louis d'or en obligations françaises en 1914 aurait récupéré de quoi acquérir 1 louis au lendemain de la seconde guerre mondiale.
Cependant, aujourd’hui pour les gouvernements français, l'inflation n'est plus la drogue qui permet de pallier le laxisme budgétaire ; car les leviers de notre politique économique sont partis à Bruxelles.
Quid d'une banqueroute demain matin ?
La France n'est ni la Grèce ni le Venezuela : nous sommes une puissance économique qui ne maquille pas ses comptes publics. Une insolvabilité totale n'est donc pas à l'ordre du jour ; et, pour le Cercle national des économistes, nous nous dirigeons plutôt vers un krach mou.
En effet, notre déficit budgétaire doit être réduit drastiquement ; alors que feu le plan Bayrou, pourtant voué aux gémonies, n'accomplissait au mieux que la moitié du chemin.
Rien n’empêche donc à ce jour la persistance d'un déficit budgétaire excessif et donc une croissance explosive de notre dette publique.
Or, depuis la loi du 3 janvier 1973, l'État doit, pour financer ses déficits, aller emprunter sur les marchés financiers ; lesquels n'aiment pas les emprunteurs endettés qui présentent un risque accru de défaillance. Les agences de notation risquent donc de nous dégrader une fois de plus, ce qui accroîtra encore le coût de note dette future : c'est là qu'est le vrai danger.
Or, à recettes constantes, les intérêts de la dette viennent amputer les autres chapitres de dépenses : les investissements nouveaux, mais aussi l'entretien des immobilisations existantes, et bien sûr les dépenses sociales et de santé. Voilà le nœud coulant qui risque de nous étrangler progressivement !
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20 commentaires
Ne plus être maitre de sa monnaie pour se redresser, il fallait y penser avant ; n’est-ce pas Mr Sarkozy.
Les français ne méritent que cela, ayant confirmé les tartuffes au pouvoir.
Depuis…. très longtemps, l’état français se montre incapable d’entretenir ses investissements. On l’ a vu lors de Xinthia qui a mis en évidence le manque d’entretien des berges et des digue du Lay et de la baie de l’Aiguillon. On le voit aujourd’hui avec nos ponts dont bon nombre sont malades. On le voit aussi avec nos monuments qui ont été oubliés car « on » préférait construire du neuf (pyramide, colonnes) plutôt que d’entretenir l’existant.
Merci pour cet éclairage historique sur les déviances des finances de la France. Mais depuis cinquante ans, qu’ont fait nos politiques ? Aurait-il endoctriné une bonne partie des Français, laissant croire à certaines cigales qui n’en demandaient pas tant que, quoi qu’il en coute, l’immigration de remplacement, l’assistanat de type soviétique ouvert au monde entier, la déindustrialisation, leurs choix politiques et l’incurie idéologique et sociale envers les délinquants n’auraient pas de graves conséquences sur notre pays et la vie des Français. Pire, aujourd’hui à gauche, encore eux, réfutent encore le constat pitoyable de leurs œuvres, de leurs échecs, de cette Europe qu’ils ont pourtant voulue telle qu’elle est aujourd’hui. Ce serait donc encore aux fourmis, aux « boomers », aux entrepreneurs, aux créateurs, aux épargnants, aux nantis, à ceux qui ont ou qui travaillent encore, ces « salauds d’riches », ces êtres au sang froid sans la moindre compassion qui se repaissent de la misère humaine, de devoir encore et encore payer pour leurs stratégies électoralistes et leurs infamies. Faisant mine de ne pas voir l’inéluctable échéance s’ils ne changent pas de logiciel. Un instant, monsieur le bourreau !
Et les économies, la réduction drastique du train de vie de l’Etat, la baisse vigoureuse des dépenses sociales (et donc du socialisme), on n’en parle pas? Ce serait pourtant le seul moyen d’éviter une stangulation inévitable.
Cela équilibrerait le budget, arrêterait donc l’ augmentation de la dette, mais n’est pas le moyen de rembourser la dette de 3000 milliards.
La France ne peut pas dévalué l’euro, donc pour le moment les épargnants prêteurs sont protégés, mais le contribuable trinque. Heureusement épargnants et contribuables se confondent en partie., mais pour le contribuable qui n’a pas d’épargne, l’Euro, monnaie forte, est une calamité.
Est ce vraiment une tradition française ?
En tous cas ce n’est pas une spécificité française et l’ érosion monétaire a pu permettre partout dans le monde de rembourser des dettes en monnaie de singe. La dette des USA monte aussi bien que celle de la France et de nombreux pays, et j’ y vois la cause essentielle de l’évolution des cours de l’or ces dernières années.
Les contribuables seraient soulagés du remboursement de la dette en monnaies dévaluées, au contraire des propriétaires d’obligations et d’euros ou dollars.
Pour favoriser les prêts à l’ état, sans augmenter les taux d’ intérêt que doivent payer les contribuables , l état se devrait de taxer davantage les autres placements et notamment les métaux précieux.
» l état se devrait de taxer davantage les autres placements » Que voilà une idée qu’elle est bonne! Juste ce qui nous manquait!
Soit le contribuable rembourse la dette, soit celui qui a prêté à l’état ne sera pas réellement remboursé ( remboursé en monnaie de singe comme par le passé). Or bien des français prêtent à l’état, via leur assurance vie par exemple.
Notre déficit budgétaire doit être réduit « »drastiquement » »… OUI ! ça ne se fera pas sans tronçonneuse. Les 1/2 mesures de Bayrou, insuffisantes, étaient contestées avant même que d’être mises en oeuvre, alors s’il fallait être plus sévère ça serait le 10 Sept tous les jours ! Miléi au secouuuurs !
Nos politiques sans vision, sans courage, attendent que le FMI prenne les rênes et assume les décisions difficiles. Une France affaiblie, dépendante, sans indépendance, c’est une bonne nouvelle pour les fédéralistes.
sans chef depuis 50 ans
Et quand le FMI prendra les rênes, nos politiques diront « c’est pas nous, on n’y est pour rien »…
BANQUEROUTE
« …nous sommes une puissance économique qui ne maquille pas ses comptes publics. »
L’auteur de l’article est-il prêt a donner sa main à couper si on lui dit : « Bruno Le Maire ».
Fin 2023, objectif de déficit public à 4.4% qui s’avère de 5.1% début 2024 pour terminer à 6.1% du PIB fin 2024.
Après celui déjà observé en 2023, à 5,5% du PIB contre 4,9% prévu.
Pour se tromper à ce point dans les prévisions ne faut-il pas des comptes maquillés ?
B. Le Maire s’en sort bien, pourtant, il devrait être poursuivi par le Tribunal pour banqueroute
Etonnant comment ce type a pu « sévir » en toute irresponsabilité, en mentant et toujours droit dans ses bottes, les yeux dans les yeux, en donnant des leçons péremptoires…d’économie! bien sûr avec la bénédiction de notre Mozart… de la dette ! Il a quand même aussi « écrit » 6 ou 7 livres pendant son mandat (?)
Une constante : l’Etat se plante, le peuple rembourse.
A moins qu’aujourd’hui quelques brillants (et sains) esprits n’opèrent autrement…
Il est permis de rêver en pareilles circonstances !!
une tronçonneuse vous dis-je, hors quoi point de salut !
souvent on nous compare à l’Allemagne, que les élus et gouvernement se mettent au niveau des allemands, il y aurait un peu moins de dépenses.