Il y a 40 ans, l’ouragan Stéphanie de Monaco emportait tout ! Souvenirs…

On est peut-être en droit de regretter cette insouciance qui régnait au siècle dernier.
Capture d'écran YT
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En 1986, des hordes d’adolescentes françaises se rêvent en princesse. Mais pas n’importe laquelle : une princesse qui leur ressemblerait un peu - Stéphanie de Monaco. C’est une demoiselle de la haute, mais qui paraît connaître les mêmes élans amoureux que les gisquettes de la France d’en bas. Plus qu’une mode, un véritable ouragan (titre de sa chanson), tube de l’été, qui se vendra à plus de deux millions d’exemplaires. C’était il y a quarante ans. Ce 1er février, Stéphanie est entrée pour de vrai dans la soixantaine (61 printemps). Retour sur un phénomène.

Une chanson destinée à Jeanne Mas

À l’origine, cette chanson écrite par Marie Léonor, sur une musique de Romano Musumarra, est destinée à Jeanne Mas, qui la refuse, puis à Sheila, qui en fait tout autant. Ouragan sera donc pour Stéphanie de Monaco. Son père, le prince Rainier, voit la chose d’un très mauvais œil, tant il chérit sa cadette ayant miraculeusement réchappé à l’accident de voiture ayant emporté sa mère, la princesse Grace. Il entend donc à tout prix la protéger. À en lire Point de vue, il va jusqu'à téléphoner à Michel Drucker pour lui demander conseil : « Michel, ce n’est pas le prince qui vous parle, mais le père. Faut-il qu’elle continue dans la chanson ? » L’animateur au canapé rouge le rassure, ne sachant peut-être pas que la pimprenelle a déjà enregistré cette chanson en cachette : la majorité est à 21 ans, dans la principauté, et elle n’en a que vingt. Le maître du Rocher laisse donc faire. Après tout, n’a-t-elle pas pour parrain un certain Frank Sinatra, grand ami de sa défunte épouse ? Dans la foulée sort un album, Besoin. Il s’impose en sixième position des ventes en France comme en Suède, n’atteignant que la douzième place en Allemagne. Un clip est aussitôt tourné, érotique juste ce qu’il faut, comme l’air du temps le voulait alors. Les paroles sont niaises à souhait. Tous les tics esthétiques et sonores de l’époque y sont. Monaco a inventé la princesse qui ressemble à une dactylo, mais en maillot de bain échancré. Chapeau !

Stef’ de Monac’ immortalisée par Les Inconnus…

Bref, cet Ouragan porte effectivement bien son nom, à tel point qu’au-delà du triomphe public, il entre dans la culture populaire, tel qu’en témoigne Télémagouilles, le célébrissime sketch des Inconnus.

Un autre 33-tours suit en 1991, sobrement intitulé Stéphanie. Il est entièrement chanté un anglais et doit se contenter, chez nous, d’une modeste 48e place au Top 50. Bref, une carrière musicale qui a tout d’une parenthèse, même si, la même année, elle participe à la chanson In the Closet, de Michael Jackson, pour son album Dangerous, ce, sous le pseudonyme de « Mystery Girl ».

Pour le reste, ce serait enfoncer des portes ouvertes que de rappeler que Stéphanie de Monaco a plus souvent fait la une de Voici que de Rock & Folk. Il est vrai que son carnet de bal est aussi précoce que bien rempli. Et prestigieux, tant qu’à faire, ayant un temps partagé la vie des fils Belmondo et Delon, Paul et Anthony. Pas mal, pour un début. Puis, deux figures de la jet-set, Mario Jutard et Jean-Yves Le Fur, ponte des médias, auquel on doit la résurrection du magazine Lui. Il y a encore Rob Lowe, jeune acteur qui aurait pu réussir, mais tôt empêtré dans des histoires de coucheries avec jeunes filles mineures.

Comment faire le bonheur de la presse people

Puis ce sera Daniel Ducruet, son garde du corps personnel. Elle semble enfin se fixer, lui donne deux enfants avant de se marier. Le prince Rainier cède, une fois de plus, malgré la personnalité de ce gendre pas tout à fait idéal : il n’a jamais su refuser quoi que ce soit à sa princesse adorée. En septembre 1996, la suite est un autre ouragan, Daniel Ducruet tombant dans l’un des plus beaux traquenards jamais organisés par les paparazzis, qui le filment au bord d’une piscine en compagnie d’une certaine Fily Houteman, ex-Miss Belgique, catégorie seins nus, millésime 1995. Les tourtereaux d’un jour ne jouent pas exactement au Scrabble™. Une ancienne du groupe Prisma, éditeur de Voici, témoigne : « Lorsque nous avons reçu les clichés, toute la rédaction était partagée entre gêne et fous rires devant ce kamasutra digne d’une production Marc Dorcel ! Nous n’avons publié que ce qui était publiable, c’est-à-dire pas grand-chose… »

Devant le scandale médiatique, le divorce est inévitable. De princesse adulée, Stéphanie devient épouse bafouée. Daniel Ducruet se fait tout petit, même s’il lui écrira plus tard Lettres à Stéphanie, livre en forme de plaidoyer et de demande de pardon. De cette affaire, Stef’ de Monac’ (comme on disait alors) sort plutôt grandie. Est-ce pour autant la fin de ses frasques ? Pas exactement. Décidément portée sur les gardes du corps, elle entretient une liaison avec le dernier en date, un certain Jean-Raymond Gottlieb, avec lequel elle a une fille en 1998. Laquelle sera baptisée un an plus tard en l’église Sainte-Dévote de Monaco, ce qui ne manque ni d’encens et encore moins de sel. Et après ? De quoi faire le bonheur de Laurent Gerra, bonheur dont il ne se privera d’ailleurs pas, la princesse s’affichant avec un certain Franco Knie, directeur du Cirque Knie et dresseur d’éléphants réputé, mais qu’elle délaisse tôt pour l’un de ses trapézistes, Adans Lopez Peres, à la sauvette épousé en septembre 2003, avant d’en divorcer, un an plus tard.

Comme un ouragan, on vous dit. Depuis, elle n’apparaît plus que seule, en compagnie de ses enfants et petits-enfants. C’est sûrement plus prudent. Mais, en même temps, on est peut-être en droit de regretter cette insouciance qui régnait au siècle dernier. Aujourd’hui, le puritanisme inquisitorial a tout emporté. Comme un autre ouragan, une fois encore. Pas sûr qu’on y ait gagné au change.

 

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Nicolas Gauthier
Journaliste à BV, écrivain

Vos commentaires

22 commentaires

  1. 1986 est une une année bénie pour ces chansons qui nous replongent dans notre jeunesse insouciante…
    Ouragan, boule de flipper , pull over blanc, voyage voyage , tes états d’ ame Eric etc etc…
    Nicolas, vite un papier sur ces « one shot »!

  2. Mais quelle chance j’ai eu d’être jeune dans les années 80 : on dansait, on s’amusait, la musique était bonne et surtout gaie. Quand je vois l’avenir des jeunes aujourd’hui, je me dis que j’ai une jeunesse en or.
    Aujourd’hui, ils boivent, se droguent ( pas tous bien sur ) et les garçons n’osent plus draguer les filles…et youpi !

    • Octavie nous devons avoir quasi le même âge (moi 60) , oh que oui je me dis , quelle chance j’ai eu en fait, quand je vois ce que subissent nos jeunes, je les plains sincèrement, plus rien n’est simple, nous ne sommes plus en sécurité même en revenant du travail cf Théo à Lyon, où que nous allions, nous sommes en danger et toujours en état d’alerte, c’est franchement invivable

  3. Merci Nicolas pour ce petit moment de futilité ! J’ ai 20 ans de plus que Stephanie, chante la messe en Gregorien mais il n’ empêche que ça me fait sourire, me rappelant une époque peut être pas constructive… mais désinvolte… et dont le souvenir est charmant.

  4. « Monaco a inventé la princesse qui ressemble à une dactylo mais en maillot de bain échancré … » C’est méchant pour les dactylos qui travaillent pour gagner leur vie ! Vous avez oubliez qu’elle avait aussi créé ses maillots de bain, fallait bien faire un peu de pub pour les vendre.

  5. J’adorais cette chanson, j’ai le même âge que Stéphanie, j’aimais cette époque que je regrette pour bien des raisons, j’étais libre, je pouvais aller en boite, au cinéma et rentrer par le dernier bus sans risquer de mauvaises rencontres, m’habiller féminine sans risque de me faire ennuyer, c’était vivable à l’époque

  6. On m’avait offert son disque ( Comme un ouragan) en 1986 . A l’époque on trouvait ça bien. Aujourd’hui c’est Aya Nakamuru , Maitre Gims ou Raja Meziane.

    • J’avais l’album carrément, et ne me parlez pas des autres qui ne risquent pas d’entrer dans ma discographie

  7. insouciance au siècle dernier certes mais toute la population Française en profitait et durant de longues années travaillait pour profiter des bienfaits de la vie avent que « La Démocratie a un coût » chanson mise en boucle sur tous les médias dont il en résulte la situation actuelle, des vacances, RTT et autres à volonté, moins de travail, plus d’argent, et le fric qui coule à flots dans le monde public, politique et tout ce qui y est associé, associations et syndicats y compris. Quelle est la meilleure solution ?!! On pouvait boire un p’tit coup sans systématiquement se faire verbaliser, manger ce que l’on aimait, certes la malbouffe des Mc Do et autres n’était pas aussi présente, On avait quelques libertés, les fêtes du village, les kermesses et autres petites festivités qui réunissait la population sans que cette merdasse politique et publique n’y mette son nez et ses taxes, etc. Que reste t-il ?!! RIEN tout a été détruit par ce monde mafieux de la politique de métier, de cette racaille qui sort de ces trop nombreuses grandes écoles administratives qui n’en ont que pour les leurs. Alors qu’elle chantait comme une patate, peu importe elle a quand même fait danser et se détendre bien du monde alors que de nos jours même si on se lève du bon pied très vite le moral tombe dans les godasses.

  8. Le matraquage de cette chansonnette creuse et insipide exercé par Radio Monte Carlo, les discothèques et autres clubs de la Principauté et imposé par le prince Rainier a fortement contribué à son succès totalement immérité.

    • Et aujourd’hui vous préférez sans doute « djaja » ?
      Si vous n’aimez pas « ouragan » c’est votre problème mais vos critiques franchement…..
      Et Rainier n’appréciait pas forcément que sa cadette fasse de la chanson, alors quand on ne sait pas…

  9. Un petit détail que notre ami Nicolas n’a pas précisé: Stèf’ ne savait absolument pas chanter !
    Concernant les enregistrements studio, les techniciens ont dû multiplier prouesses et prodiges pour que la voix de la princesse ne soit pas l’équivalent féminin de celle de Julien Lepers avant sa bifurcation comme présentateur. D’ailleurs, son impresario Yves Roze limitait au maximum les apparitions en public, qui relevaient à chaque fois du saut sans parachute et sans filet (de voix). Et donc, les tournées confinant au suicide alors qu’elles sont indispensables pour assurer un minimum de longévité à la carrière, celle-ci tourna court. Pour cette raison, entre autres.

    • Et alors ? Beaucoup verront comme moi les souvenirs qui y sont attachés, 1986, mes 21 ans, une belle époque quand on voit celle que nos jeunes vivent….
      Vous êtes obligés de salir nos souvenirs ? Elle ne savait pas chanter, quand on doit en subir d’autres à notre époque, je préfère Stéphanie

      Pénible les rabats joie , on a peu de plaisirs et de raisons d’être heureux, alors laissez nous nos souvenirs

    • Jachsool !
      Elle n avait pas vocation à faire carrière. Détendez vous et n enlevez pas le plaisir aux autres. En tous les cas cette période était moins dangereuse que maintenant.

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