Immigration : quand Conseil d’État et Conseil constitutionnel décident à la place des Français

Début février, le Conseil d’État a décidé d’élargir encore l’accès aux soins gratuits des réfugiés.
© Jean Bexon, BV
© Jean Bexon, BV

Une jurisprudence qui élargit encore la politique migratoire française. Ce 2 février, le Conseil d’État a donné raison à un ressortissant congolais, réfugié en Grèce, qui demandait un titre de séjour pour soins en France. Ce faisant, la plus haute juridiction administrative du pays étend désormais aux réfugiés déjà reconnus ailleurs au sein de l’Union européenne la possibilité d’accéder aux « titres de séjour pour soins » au sein de l’Hexagone. Ainsi, dès à présent « lorsqu'un réfugié qui s'est vu reconnaître cette qualité par un autre État que la France sollicite en France un titre de séjour [pour soins], il appartient à l'autorité administrative d'apprécier s'il peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé, non dans le pays dont il est originaire, mais dans celui qui lui a reconnu la qualité de réfugié à raison des craintes de persécution dans le pays d’origine ».

Avec une telle jurisprudence, la France se retrouve alors bientôt tributaire des politiques migratoires mises en œuvre par ses voisins européens. Ainsi, lorsque l’Espagne aura régularisé 500.000 clandestins, qu’est-ce qui empêchera ensuite une grande partie d’entre eux de solliciter un titre de séjour pour soins et d’arriver légalement en France ? Et ce, alors que le système de soins en France est saturé et que les Français, sondage après sondage, appellent à un durcissement de la politique migratoire.

Des juges devenus décisionnaires

Ce n’est pas la première fois - loin de là - que les juges du Conseil d’État, pourtant non élus, décident des orientations de la politique migratoire française. On se souvient, notamment, de cette décision de 2023 rendue par la plus haute juridiction administrative française qui enjoignait, par exemple, le ministre de l’Intérieur à rapatrier en France un Ouzbek radicalisé, considéré comme « dangereux », car il risquait des « traitements inhumains et dégradants » dans son pays d’origine. Le tout « aux frais de l’État ». Ou celle d'octobre 2024 dans laquelle les juges de la place du Palais-Royal validaient le maintien du statut de réfugié d'un Algérien, pourtant condamné pour agression sexuelle pédophile, arguant qu'il fallait prendre en compte « l'ensemble du comportement de l'intéressé depuis la commission des infractions »... La sécurité des Français ne semble ici pas être une priorité. En février 2024, le Conseil d'État limitait également les refoulements de migrants à la frontière italienne au nom de la libre circulation des personnes consacrée par le droit européen. À chaque fois, comme le résumait l'ancien ministre Pierre Lellouche au micro de CNews en 2024, « ceux qui sont responsables de la modification de l'immigration en France sont au Conseil d'État ».

Et cette tradition pro-immigration est loin d'être récente. Déjà en 1978, le Conseil d’État avait notamment imposé à Raymond Barre le rétablissement du regroupement familial…

Les censures du Conseil constitutionnel

Les juges du Conseil d’État ne sont pas les seuls à s’immiscer dans la politique migratoire. Le Conseil constitutionnel, également, a, à de multiples reprises, infléchi la politique migratoire mise en œuvre par l’exécutif ou les parlementaires. On se souvient, notamment, de la loi Immigration, presque intégralement désossée (34 articles retirés) par les sages de la rue Montpensier. Plus récemment, en mai 2025, le Conseil constitutionnel avait censuré la possibilité de placer en rétention des demandeurs d’asile qui ne faisaient pas l’objet d’une mesure d’éloignement. En août 2025, c’est la loi « dite Philippine » qui prévoyait l'allongement de la rétention des étrangers « présentant de forts risques de récidive », de 90 à 210 jours, qui a à nouveau été censurée par l’institution. Et la liste de toutes les censures est encore longue…

Les gouvernements successifs auront donc beau faire des promesses de fermeté sur les questions migratoires, tant que les juges auront le dernier mot, rien ne pourra changer.

Picture of Clémence de Longraye
Clémence de Longraye
Journaliste à BV

Vos commentaires

73 commentaires

  1. Ils ne sont pas élus donc qu’ils dégagent! Pour qui se prennent ils? On a déjà assez à gérer avec l’Europe et notre gouvernement complètement à côté de la plaque. On en a marre des saboteurs!

  2. Il faut supprimer le conseil d’état et le conseil constitutionnel ou les réformer complètement en limitant leurs facultés de nuisances .Il faut instaurer que toutes leurs décisions doivent être évaluées au niveau de leur coût pour les finances publiques.Ces gens prennent des décisions qui impactent le budget de la France,alors qu’ils n’ont pas été élus,tout en touchant des salaires confortables.A fuera!!!

  3. Je dois payer une mutuelle de près de 3400euros par an alors que ces gens-là abusent lourdement de l’hospitalité de la France, il faut y mettre fin en réduisant drastiquement les soins auxquels ils doivent avoir droit pour survivre, un minimum est nécessaire mais seulement un minimum.

  4. Il est grand temps de supprimer ces juridictions qui n’amènent que des décisions contraires à celles que veulent les Français. J’espère vivement que les prochains élus auront la patience, le pouvoir, la volonté et l’ambition de détricoter tout ce que le pouvoir actuel met en oeuvre pour les empêcher de gouverner comme le peuple français l’entend…

  5. quand est ce que va cesser cet abus de pouvoir de personnes idéologues de gauche ?? Ils sont tout sauf
     » sage », quand on voit l’état des services hospitaliers qui sont TOUS au bout du rouleau,une décision pareil est non seulement préjudiciable aux services de santé, mais aux Français qui sont relégués aux soins payant pour eux mêmes et pour les autres !!!

  6. Des juges qui font de la politique, ça me fait sourire jaunâtre quand on évoque les « trois pouvoirs  » qui sont indépendants. ( Enfin, indépendants, on voit ce que ça donne dans le régime actuel ).

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