Indre-et-Loire : encore un emblème religieux qu’il faudrait effacer !

SOS Calvaires se dit prête à louer ou acquérir une parcelle pour maintenir la croix menacée par la Libre Pensée.
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[MISE A JOUR DU 4 FEVRIER à 19h15]
Nous ajoutons les propos du maire que nous avons pu joindre après la parution de l'article.

Nous en parlions lors de notre colloque vendredi dernier, force est de constater qu’en France, une civilisation recule et une autre avance. D’un côté, le port du voile, des restaurants qui passent au halal, des wagons qu’il faudrait réserver aux femmes, un humoriste au goût douteux qui ricane de « faire le prêche » dans une église désacralisée, et de l’autre, des statues de saints qu’on nous somme de déboulonner, des calvaires qu’il faudrait déplacer. Tel est le combat des laïcistes, ces idiots utiles des islamistes, que l’on entend toujours militer qu’à l’encontre d’une seule et même religion.

 

Tempête idéologique et arguties juridiques

L’affaire se situe dans un petit village d’un millier d’âmes en Indre-et-Loire. A Villaines-les-Rochers, tout près d'Azay-le-Rideau et sur le chemin de randonnée des Sept Calvaires. Une croix - située sur un terrain privé, racheté par la mairie en 2006 pour y construire une école publique - arrachée par la tempête en 2009, est restituée par le maire en lieu et place sur sa stèle restée intacte. C’est alors qu’une autre tempête, idéologique cette fois, s’abat sur ce calvaire, avec la création d’un collectif au joli nom de « Déplace ta croix » et soutenu par la Libre Pensée. Dans un communiqué du 19 janvier, publié sur un blog à la présentation d’un autre temps, tenu par des laïcistes arc-boutés sur des combats d’arrière-garde et fidèles à des réflexes idéologiques datant d’avant Internet, ces militants mettent « formellement en demeure de procéder au déplacement de la croix actuellement implantée sur le terrain communal situé devant l’école publique de Villaines-les-Rochers ».

L’école a beau être construite depuis 20 ans et la croix déjà en place, puisque « Concernant ce calvaire, on ne sait pas exactement depuis quand il existe. Mais tout porte à croire qu’il est antérieur à 1905. Ce que l’on sait avec certitude, c’est qu’il a déjà été remplacé une première fois : à l’origine, il s’agissait sans doute d’une croix en fer, remplacée par une croix en bois en 1949. Mais le calvaire existait déjà avant », précise le maire Jean-Pierre Houbron, l’association a donc profité de la réinstallation du monument pour se saisir de l'affaire. « Lorsque le terrain est devenu communal pour la construction de l’école, cela n’a posé aucun souci. Toutes les autorités savaient qu’il y avait un calvaire : il figurait sur les plans. Tout le monde le voyait, à côté de l’école, et cela n’a jamais posé problème » renchérit l'édile.

Interrogée par nos soins, l'association SOS Calvaires réagit à cette nouvelle polémique. « À SOS Calvaires, nous considérons que la loi est la loi, répond Louis Guéry, directeur général de l’association qui, elle, les entretient et les remet en place. Depuis la loi de 1905, il n’est plus possible d’ériger un édifice à caractère religieux sur le domaine public. De ce point de vue, la Libre Pensée est juridiquement fondée à déposer une requête. » Sauf que dans le cas présent, il ne s’agit pas de l’édification d’un nouveau calvaire, mais bien de la remise en place d’un monument ancien. « Il est malheureux que de très petites associations, qui ne représentent quasiment personne, se posent en justiciers pour faire appliquer une loi qui, dans ce cas précis, n’intéresse pratiquement personne. Ce calvaire ne choque personne : il a toujours été là. Ceux qui s’y intéressent l’aiment à l’endroit où il se trouve et lorsqu’il est mis en valeur » poursuit Louis Guéry. Le maire pour sa part, n'est « pas certain que les militants soient bien perçus par les habitants s’ils sont identifiés comme responsables de la destruction du patrimoine communal ».

Sur les réseaux sociaux, à en lire les commentaires, les internautes ne semblent pas soutenir la requête du collectif : « Ces symboles font partie du paysage et de la vie ancestrale des campagnes, bon sang il y a des sujets beaucoup plus graves et importants » ; « Que ceux qui ne sont pas croyants comme moi passent sans en voir un symbole c’est de l’art non ??? Y a pas de chose plus grave ??? » ; « Que ce collectif s’indigne plutôt de ce qui empêche les gens de vivre correctement ; le pouvoir d’achat, la violence, le harcèlement scolaire par exemple… Je ne crois pas que l’emplacement d’une croix qui a toujours été la, soit la préoccupation principale de la population ». Un autre, bien éclairé, rappelle que ce débat n’a rien de religieux mais qu’il est juridique, prenant soin de souligner que « l’espace public appartient à tous, pas à un culte. Article 28. Point. » 

 

Président de SOS Calvaires, Julien Le Page propose une issue : « Il existe plusieurs solutions juridiques. La vente de la parcelle est possible, mais plus complexe, car elle nécessite l’accord du conseil municipal. Une autre solution est la mise en place d’un bail emphytéotique de 99 ans, qui permet une forme de privatisation temporaire du terrain. Dans ce cas précis, un terrain privé est devenu public. Il faudrait donc retransformer un petit bout de parcelle en terrain privé. » Il nous assure que l'association pourrait se mettre sur les rangs: « SOS Calvaire, comme toute autre association ou même un particulier, pourrait se porter locataire ou acquéreur. Nous sommes prêts à payer un loyer pour sauver ce calvaire. » Son directeur renchérit : « L’objectif, surtout, est de ne pas céder à ces attaques. Plus on cède, plus on leur donne de l’importance, et plus ils continueront. Ils ont déjà perdu plusieurs combats : aux Sables-d’Olonne, à La Flotte, et ailleurs. Il faut qu’ils continuent à perdre. »

Le collectif « Déplace ta croix » et la Libre Pensée iront-ils jusque devant les tribunaux pour faire effacer de la vue des écoliers cet élément du patrimoine vernaculaire ? Le maire nous confie avoir déjà pris contact avec SOS Calvaires. À suivre…

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 04/02/2026 à 19:15.
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Iris Bridier
Journaliste à BV

Vos commentaires

44 commentaires

  1. On rase tout les : Les calvaires; les églises, les abbayes… et place à l’islam ! On verra alors le destin de ces associations telles que La Libre Pensée et de leurs adhérents…

  2. Je ne croyait pas que les chrétiens pouvaient être si haineux, ce qui n’est, finalement,
    pas une attitide très chrétienne … Allez, tous à confesse dimanche prochain ! !

Commentaires fermés.

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