[INFO BV] Bordeaux : témoignage d’un jeune agressé par les antifas

Un jeune homme présent à l’hommage pour Quentin raconte à BV l’attaque violente subie après celui-ci.
Photo BV Yann Montero
Photo BV Yann Montero

Le 20 février dernier, Bordeaux pensait vivre un moment de recueillement. Plusieurs centaines de personnes s’étaient réunies pour rendre hommage à Quentin Deranque. Bougies, silence, recueillement. Rien ne laissait présager ce qui allait suivre.

Quelques minutes après la dispersion, trois jeunes hommes sont pris pour cible à proximité d’un arrêt de tramway. Le parquet de Bordeaux ouvre rapidement une enquête pour violences aggravées, évoquant notamment la possibilité d’un guet-apens. Aucune interpellation n’a, pour l’heure, été annoncée.

Boulevard Voltaire a pu rencontrer en exclusivité l’un des jeunes agressés. Étudiant en pâtisserie, sans engagement politique, il explique être venu uniquement « pour rendre hommage à Quentin. Sa mort m’avait touché. »

« Ils nous ont sauté dessus »

Après la marche, lui et deux amis prennent le tramway pour rentrer. À leur arrivée à l’arrêt de la porte de Bourgogne, la scène bascule. « À la sortie du tram, une dizaine d’individus nous attendaient. Dès que les portes se sont ouvertes, ils nous ont directement sauté dessus », décrit-il. Les agresseurs portaient des vêtements sombres, des gants coqués, leurs visages dissimulés. « Ils étaient prêts. Ils étaient là pour se battre. »

L’agression dure plusieurs minutes, dans une violence brutale et désordonnée. « Ça a duré trois à quatre minutes quand même », précise-t-il, avec des coups de poing et de pied. Au milieu des coups, il affirme avoir entendu des cris explicites : « Antifas Bordeaux ». Il n'a guère de doute sur l’identité idéologique du groupe, même si ce point devra être confirmé par l’enquête judiciaire.

Une mécanique de violence déjà vue ailleurs

Le scénario décrit rappelle celui observé dans d’autres villes françaises comme Lyon ou Strasbourg, où des groupes structurés issus de la mouvance antifasciste pratiquent l’affrontement physique comme mode d’action politique. À Lyon, les violences attribuées à des militants radicaux, notamment autour du groupe de la Jeune Garde, ont marqué durablement la vie locale et contribué à installer un climat de confrontation permanente.

C’est dans ce contexte que Quentin Deranque avait trouvé la mort après une agression, illustration tragique d’une spirale où la violence militante franchit parfois un point de non-retour.

Pour le jeune Bordelais agressé, le parallèle s’impose presque naturellement. « On l’a vu avec Quentin, ils peuvent aller jusqu’à la mort. Quand on est par terre face à un groupe, on ne sait pas comment ça peut finir », confie-t-il.

Le choc reste palpable. « Personne n’est prêt à subir une telle violence gratuite », explique-t-il à BV, évoquant désormais une « appréhension » à l’idée de croiser à nouveau ce type de groupe. Il insiste surtout sur un élément : il n’appartient à aucune organisation politique. « Je ne fais pas partie de groupes identitaires ou nationalistes », précise-t-il. Selon lui, l’attaque visait moins des individus précis qu’un symbole. « Dès qu’il y a une ressemblance, ils y vont. Ça crée une peur d’être pris à partie pour rien. »

L’organisateur évoque des méthodes connues

Nous avons également interrogé l’organisateur du rassemblement, militant identitaire de la Bastide bordelaise, qui affirme avoir anticipé les risques lors de la dispersion. « On connaît les méthodes des antifas. On avait demandé aux participants d’éviter certaines rues et de ne pas se déplacer seuls », explique-t-il.

Selon lui, l’attaque confirme un mode opératoire récurrent. « Ils ont attendu d’être une dizaine pour attaquer trois jeunes qui n’étaient même pas du groupe, seulement venus rendre hommage. » Il évoque également une « impunité » qui encouragerait la répétition de ces violences, nous précisant que l'agression des trois jeunes dans le tram n'est pas un exemple isolé lors de cette soirée. Il a reçu de nombreux messages de participants, que BV a pu consulter, ayant également eu affaire à des groupes d'antifas avec des violences légères.

Des réactions politiques immédiates

Dans un contexte pré-municipal déjà tendu, l’agression a suscité de fortes réactions. L’eurodéputée RN Julie Rechagneux, candidate aux municipales, dénonce « une violence décomplexée portée par des groupes d’extrême gauche pour qui l’usage de la force physique devient un outil politique », estimant que ces actions visent à intimider les opposants et à restreindre la liberté de rassemblement.

Candidate Reconquête à Bordeaux, Virginie Bonthoux-Tournay évoque « une spirale inquiétante », jugeant que « la diabolisation permanente des adversaires finit par légitimer certains passages à l’acte », tout en rappelant que « la violence politique n’a aucune excuse, quel que soit le camp ».

La question des violences antifas posée

L’enquête devra désormais établir les responsabilités et identifier les auteurs. Mais pour les victimes, une certitude demeure : l’issue aurait pu être bien plus grave. « Quand vous êtes encerclé par une dizaine de personnes, vous ne savez pas si vous allez vous relever », confie le jeune homme agressé à Bordeaux.

Au-delà de cette agression, c’est la montée d’une violence revendiquée par certains groupes antifascistes qui inquiète désormais. Depuis plusieurs années, ces collectifs, comme la Jeune Garde de Raphaël Arnault soutenue par LFI, assument une logique d’affrontement physique présentée comme une forme d’engagement politique, brouillant toujours davantage la frontière entre militantisme et action de rue.

À Lyon, cette mécanique a déjà conduit au pire, avec la mort de Quentin à l’issue d’une agression attribuée à cette mouvance. L’attaque survenue à Bordeaux porte les mêmes marqueurs : action collective, visages dissimulés, cible isolée.

Reste une question, désormais posée bien au-delà du fait divers : jusqu’où ces violences pourront-elles se multiplier avant de provoquer un nouveau drame ?

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 28/02/2026 à 23:27.
Picture of Yann Montero
Yann Montero
Journaliste Boulevard Voltaire I Le réél finit toujours par s'imposer I Suivez-moi sur X : @YannMontero

Vos commentaires

37 commentaires

  1. notre garde de ((sots)) se garderas bien de dissoudre les mouvement escrologistes ultra violent ou anti fa il mentira a son habitude

  2. Un mode d’action facho signée, sans aucun doute, par l’extrême gauche. Et, évidemment, comme d’habitude, signature habituelle d’actes barbares commis par des lâches décérébrés. C’est bien ce qui les caractérise, sans aucun doute.

  3. Le terrible meurtre de Quentin aura servi à rétablir la vérité que beaucoup ne voulaient pas voir :
    Oui le fascisme est bien présent en France de nos jours, et depuis longtemps. Le fascisme n’a toujours été qu’une dégénérescence de la gauche (B. Mussolini était un dirigeant socialiste) et il s’est épanoui avec la complicité des médias.
    Maintenant, tous les français le savent clairement.

  4. Et ce ne sont sûrement pas sur les « juges » du syndicat de la magistrature qui vont punir les fauteurs de troubles. Tout, en France, est noyauté par la gauche. Il va falloir un gouvernement qui en ait pour remettre de l’ordre. Malheureusement ça ne se fera pas sans plaies, bosses, voire pire, comme Quentin. Ils devraient pourtant se rappeler les vieux proverbes de nos anciens, dictés par la sagesse : « Qui sème le vent récolte la tempête » ou « Qui rit vendredi, dimanche pleurera »…

    • Personne ne bouge… soit, que faites-vous, vous? L’IPJ vous attend, pour faire « bouger », comme vous dites!

  5. Les méthodes fascistes des « antifas » (intolérance, menaces physiques envers leurs contradicteurs) sont parfaitement assumées depuis des années. L’impunité dont bénéficient ces groupuscules violents est étrange.

  6. Mais également guy1414 j’ai connus çà aussi.
    Quelques un se vantaient d’aller faire entre autre le coup de poing dans les stades alors qu’ils n’avaient rien a voir avec ce sport.

  7. Comme à Lyon, les bordelais ont élu, ou plutôt laisser élire un maire écolo et surtout gaucho … la montée de l’insécurité est une des conséquences. Les antifas sont chez eux à Bordeaux comme à Lyon et dans toutes les grandes villes de France gérées par la gauche. Espérons un renversement de situation aux prochaines municipales !

  8. est-ce que BV ne cherche pas à faire diversion? C’est quand même Némésis en envoyant des « appâts » qui cherche à tendre des guet-apens aux militants de gauche afin que des brutes d’extrême droite les tabassent. Plus sérieusement, les nervis gauchistes, que ce soit à Lyon ou à Bordeaux ont partout le même mode opératoire. A ceux qui n’auraient pas compris, j’ai évidemment fait du second degré pour me moquer d ceux qui gobent le narratif des gauchistes…

  9. Je louais la tranquillité, la qualité de vie et le charme de Bordeaux lorsque j’y arrivai en 2000.

    Tout ceci est terminé, je ne reconnais plus le quartier St-Michel, totalement phagocyté par « l’importation ». La ville s’est classée désormais dans le palmarès de celles les plus pourries de notre pays.

    Je n’y sors plus, moins par crainte de la faune que par une envie viscérale de foutre le camp de ce pays (sans le pouvoir).
    Alors, je compense par des séjours à l’étranger, dès que je le peux; ça fait toujours un mois, un mois et demi.

  10. Bordeaux. « On est squatté depuis des lustres » : le calvaire des habitants de la rue de Causserouge, située en plein centre-ville, QG des dealers et des drogués

Commentaires fermés.

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

LFI ne veut pas voir les gens sortir de la pauvreté
Gabrielle Cluzel

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois