[INFO BV] École de commerce : « lavage de cerveau » anti-Bolloré et progressisme

« Payer 16.000 euros l’année pour apprendre que Valeurs actuelles et CNews ne sont pas fiables… »
@Sincerely Media-Unsplash
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« On paie plus de 16.000 euros notre année en école de commerce, et pour notre rentrée, on a eu le droit à un séminaire totalement orienté idéologiquement ! » Quelques semaines après sa rentrée en école de commerce, Augustin*, étudiant en Licence 3, n’en revient toujours pas. Après trois années en classes préparatoires littéraires, le jeune homme a finalement intégré SKEMA Business School (fusion de l’ESC Lille et de l’école de commerce de Nice), sixième école de commerce selon le classement du Figaro. « Ce n’est pas l’école que je visais, mais SKEMA reste une école réputée, donc je me suis rendu à la rentrée sans a priori. » Mais, rapidement, Augustin déchante. Comme tous ses camarades de première année (Licence 3), l’étudiant a dû suivre une formation « à la pensée critique » dispensée par Alexis Bellas et ses équipes, à la tête des réseaux sociaux « L’Esprit critique » (Cogito) qui rassemblent près de deux millions d’abonnés. « Avec un tel dispositif, SKEMA affirme son ambition : préparer ses étudiants à naviguer dans un monde complexe, incertain et saturé d’informations, en leur donnant les outils pour analyser, débattre et décider avec méthode et éthique », explique le site Internet de l’école. Sur le papier, la formation peut paraître censée, voire utile. Dans la réalité, le séminaire s’approche plus du « lavage de cerveau », résume Augustin.

Un séminaire d’étude contre le groupe Bolloré

Boulevard Voltaire a pu avoir accès à la quasi-totalité de la formation dispensée aux élèves de première de SKEMA. Derrière un ton posé et affirmatif, ce séminaire de l’Esprit critique impose aux élèves une certaine vision des médias. D’emblée, le ton est donné : les médias fiables sont, par exemple, « Le Monde, France 2, La Croix », notent les équipes d’Alexis Bellas. Même l’AFP est classée dans les « sources les plus fiables ». Rien n’est dit sur le possible caractère parfois orienté des dépêches de l’agence de presse… Et ce séminaire va jusqu’à recommander aux étudiants de se fier « à la page Wikipédia d’un média pour connaître sa ligne éditoriale » ! Quand on connaît les orientations idéologiques de l’encyclopédie en ligne, cette affirmation a de quoi étonner, dans un cours « à la pensée critique ».

Mais au-delà de conseiller aux étudiants de se fier surtout au Monde et à l’AFP, le séminaire s’attaque également aux médias du groupe Bolloré ainsi qu'à Valeurs actuelles. « Pour valider un test, j’étais obligé de dire que Valeurs actuelles ne vérifiait pas ses informations », s’étonne Augustin. Et une fois ce test validé, un petit résumé s’affiche sur l’écran de l’étudiant : « On dirait bien qu’à Valeurs actuelles, la vérification des faits (à la base du métier de journaliste !) n’est pas toujours réalisée sérieusement », peut-on notamment lire.

© BVoltaire

CNews est également visée à plusieurs reprises. Après la diffusion de l'extrait d’une émission de Pascal Praud, les équipes d’Esprit critique résument : « On est face au pire du mauvais journalisme, avec un animateur qui fait son show, se moque de son invitée et la coupe. […] Pour l’info comme pour la déontologie, on repassera. » Cyril Hanouna, ancienne star de C8, qualifié avec mépris de « toutologue », en prend également pour son grade. Et dans le cours, un paragraphe est même consacré au groupe Bolloré : « L’expansion du groupe Bolloré inquiète le secteur du fait de méthodes brutales et interventionnistes de l’actionnaire et du défaut de pluralisme, faisant craindre le triomphe de l’opinion sur les faits. » À la suite de ce séminaire, Augustin s’est dit « dégoûté » de payer aussi cher une école de commerce pour apprendre de telles inepties.

© BVoltaire

Antiracisme et écologie

Mais SKEMA n’est pas l’unique école de commerce à proposer à ses étudiants un programme de rentrée très orienté. Ainsi, dans l’une des meilleures écoles de commerce de France, après une journée sur les enjeux de santé publique, les étudiants de première année ont commencé leur cursus par « une journée impact ». L’objectif : gagner le plus de points possible en réalisant toutes sortes d’actions comme ramasser des mégots, jouer à des quiz sur le réchauffement climatique ou encore faire des trajets à vélo. Puis, le troisième jour, avant une formation sur le consentement et « l’art de draguer en soirée », les étudiants ont eu le droit à une conférence contre les discriminations. « L’intervenant nous a montré une vidéo dans laquelle un homme blanc se moque de l’accent d’une Chinoise. Il nous a ensuite expliqué que nous avions des biais psychologiques qui nous rendaient racistes… », témoigne un étudiant, plus déçu que surpris par ces formations de rentrée. « Je suis très étonné de voir que ce sont les seuls thèmes abordés à la rentrée… », ajoute-t-il. Et pour ce qui concerne ces cours, plusieurs heures seront consacrées à l’écologie.

Dans d’autres écoles de commerce, encore, les étudiants ont dû, au cours de leur semaine de rentrée, réaliser une fresque du climat fondée sur les études du GIEC qui continuent de susciter le débat.

 

* Le prénom a été changé

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Clémence de Longraye
Journaliste à BV

Vos commentaires

43 commentaires

  1. Ces écoles ( + SciencePo etc ) sont des lieux de « luttes » ( wokisés ) et d’idéologie. Une ex ministre s’enorgueillissait d’avoir crée l’indépendance de ces lieux ( + facs, je crois ). On se rend compte du résultat. Là, où aux USA, les autorités luttent contre la politisation et le wokisme de ces lieux, nos politiques, ici, ont ouvert une boite de Pandore…

  2. Décidément tout est infiltré , les grandes écoles, magistratures et j’en passe
    Heureusement il y a des gens qui comprennent que tout cela n’est que manipulation et propagande

  3. les autres écoles ne font pas mieux. HEC est woke à un point inimaginable. Ah, copier les Universités US….

    • « inimaginable » C’est bien le mot quand on revoit sur les archives de l’INA le discours d’inauguration du campus de Jouy en Josas par le Général.

  4. « Il y a qque chose de pourri au royaume du Danemark », c’est du passé. Alors pourquoi pas nous ? Voilà que s’ouvrent des perspectives d’actions bien plus « goulaiyantes » que les chicayas internes ou externes des partis en place. Et les jeunes de la politique, vous en pensez quoi ?

    • Ce qui signifie que même les dirigeants de ces écoles sont contaminé à cette idéologie, car ce sont eux qui ont choisi leurs intervenants.

  5. Ma fille vient de rentrer dans 1 très belle école de commerce parisienne. Pendant la 1ere semaine ils ont eu des exposés nombreux sur l’idéologie ecolo et woke. Aucune explication, aucune réflexion, que des affirmations orientées. 1 aberration

  6. Souvenez-vous, c’était en 2021. HEC, la plus prestigieuse école de commerce, s’engageait à « former 100 % de ses étudiants aux violences sexuelles et sexistes, avec le groupe Egaé, fondé par Caroline De Haas ». Pour les étudiants, on ne sait pas, mais pour les profs, il y a encore du boulot.

    Le politologue belge François Gemenne, auteur pour le GIEC, directeur de l’Observatoire Hugo, qui affiche fièrement sur son compte X sa qualité de professeur à HEC – il a fait, il y a quelques jours, une conférence de rentrée sur le thème « Climat et Migrations », son sujet préféré -, a accusé, sur LCI, ce vendredi matin, Marion Maréchal d’avoir « sauté dans le premier avion pour faire sa pin-up à Lampedusa » (sic).
    Picture of Gabrielle Cluzel
    Gabrielle Cluzel 15 septembre 2023 sur BV

  7. Les écoles de commerce ont progressivement remplacé les écoles d’ingénieurs car leurs élèves n’ont pas le niveau pour suivre un cursus scientifique d’un niveau correct… Elles sont un des symptômes de la régression de la France : faute de concevoir et de produire on négocie et on vend… Mais comme on ne produit plus et qu’on ne conçoit plus on ne peut vendre que… du vent.
    Comment être surpris que ces écoles privées souvent très onéreuses soient des refuges pour un enseignement, des professeurs et des étudiants de mauvaise qualité ?

  8. Si une chaine privée comme CNews n’emporte pas l’intérêt du publique cette chaine ne vivra pas très longtemps, si elle possède 5 fréquences différentes et 7 papiers comme l’audio-visuel public plus besoins d’audience pour vivre même avec un déficit abyssal que le trésor (si faible) comblera avec notre argent.
    Par contre la liberté d’expression dans certains établissements tel l’école de commerce cité ici c’est pas un élément très important et de plus demander une fresque sur l’étude du GIEC évidement pour le climat et quant on apprend incidemment qu’elle est truquée pour la bonne cause alors circulons il y a rien a voir.

  9. Y aurait-il eu un seul Etudiant diplômé, ou membre de l’ ESC de Lille capable de créer autant d’emplois et de richesse et payer autant d’impôt en France que Vincent Bolloré, ce ne serait pas passé inaperçu. La proximité du Maire de Lille Martine Aubry figure emblématique, du PS, des 35h et de l’ ENA, ne doit pas être étranger a ce processus de pensée, même si je n’ai pas trouvé de liens pouvant le prouver.

  10. C’était autrefois, in illo tempore, en terminale nous qualifiions gentiment « d’épiciers » ceux qui s’orientaient vers des études commerciales. Maintenant il faut bien avouer qu’ils tiennent le haut du pavé. Mais est-ce un bien ?

    • C’est parce qu’ils n’ont pas le niveau pour devenir ingénieurs… Alors ils vendent… du vent !

  11. Sortie d’une école de gestion /commerce en 1979, nous apprenions à faire du commerce et gérer notre entreprise et invitions autant de personnalités de gauche (syndicats) que de droite (patrons).
    Rencontres très lucratives qui nous permettaient de penser par nous-même de la politique que nous voulions instaurer. Mais ça, c’était avant. Pauvres gosses.

  12. La faillite de la formation universitaire après celle de l’EN. L’effondrement de la France se poursuit.

    • et curieusement les pays d’Afrique du Nord envoient leurs enfants chez nous participer a l’effondrement, ou ils sont inconscients ou ils nous les envoient pas pour étudier, plutôt une évidence.

  13. Il faut savoir que l.Etat n’aime pas les écoles de commerce et leur impose des intervenants venant de l’université pour la plupart peu compétents et bien sûr gauchistes
    Alors beaucoup de jeunes préfèrent aller dans des écoles étrangères

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