[INFO BV] Municipales : la charte d’Éclats de femme à destination des candidats

L’association de Claire Geronimi interpelle les candidats aux municipales avec dix propositions que BV a consultées.
Crédit photo : Boulevard Voltaire
Crédit photo : Boulevard Voltaire

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars, l’association Éclats de femme, présidée par Claire Geronimi, s’apprête à diffuser largement une charte destinée aux candidats aux élections municipales. Un document que Boulevard Voltaire a pu consulter et qui propose une série de mesures concrètes pour améliorer la sécurité des femmes dans l’espace public.

Cette initiative s’inscrit dans un contexte où la question de l’insécurité vécue par les femmes s’impose de plus en plus dans le débat public. Le sujet avait d’ailleurs été largement évoqué, lors de la soirée organisée par Boulevard Voltaire, le 30 janvier dernier, intitulée « Urgence, Françaises en danger », consacrée à la montée des violences visant les femmes dans l’espace public.

Un sentiment d’insécurité largement partagé

Les données officielles illustrent l’ampleur du phénomène. En France, 123.000 victimes de violences sexuelles ont été enregistrées en 2024, dont 85 % sont des femmes. Mais au-delà de ces violences, c’est l’ensemble du quotidien féminin qui se trouve affecté. Plus d’une femme sur deux déclare modifier ses déplacements ou ses habitudes par peur, notamment le soir.

Les transports en commun constituent un point particulièrement sensible. Selon les données citées dans la charte, 41 % des agressions sexuelles dans les transports sont commises par des étrangers, en 2024, soit neuf points de plus qu’en 2016, tandis que les violences sexuelles dans ces espaces ont augmenté de 86 % en dix ans.

Ces dernières années, plusieurs faits divers ont également profondément marqué l’opinion publique, comme les meurtres de Lola, 12 ans, en 2022, ou plus récemment celui de Philippine, étudiante tuée à Paris en 2024.

Une charte pour interpeller les candidats aux municipales

Face à ce constat, l’association Éclats de femme souhaite interpeller directement les futurs élus locaux. La charte, dévoilée le 8 mars, rassemble une série de dix propositions destinées à améliorer concrètement la sécurité des femmes dans les communes.

Parmi les mesures avancées figurent, notamment, le renforcement de l’éclairage public dans les zones sensibles, le déploiement d’une vidéoprotection ciblée, une présence accrue de la police municipale aux horaires critiques ou encore la mise en place d’arrêts de bus à la demande, le soir.

Pour Claire Geronimi, interrogée par BV, l’objectif est avant tout de fournir aux candidats des solutions immédiatement applicables : « L’idée, c’est de donner un peu un pack clé en main, pour les candidats qui n’auraient pas eu ces idées-là, pour essayer de soutenir un maximum les femmes. »

Des mesures simples à mettre en place

L’association insiste également sur le caractère pragmatique des propositions formulées dans la charte. Selon Claire Geronimi, ces dispositifs restent accessibles pour les collectivités locales. « Ce n’est pas un budget énorme, non plus. En fait, c’est quand même assez simple à mettre en place. »

L’association indique, par ailleurs, qu’elle peut accompagner les collectivités qui souhaitent mettre en œuvre ces mesures en apportant conseils, audits et solutions opérationnelles afin d’adapter les propositions à la réalité de chaque commune.

Une démarche revendiquée comme transpartisane

Éclats de femme revendique, enfin, une démarche volontairement en dehors des partis politiques. Pour Claire Geronimi, la sécurité des femmes ne devrait pas être un sujet de clivage politique. « Nous trouvions qu'il était normal de faire des propositions qui sont totalement transpartisanes. Il n’y a pas du tout de sujets qui peuvent opposer la droite et la gauche. »

La charte doit ainsi être envoyée à l’ensemble des candidats aux municipales afin de recueillir un maximum d’engagements.

Un relais national le 8 mars

La diffusion officielle du document est prévue le 8 mars, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes. L’association entend profiter de cette date symbolique pour diffuser largement ses propositions et inciter les candidats à se positionner. La charte complète est consultable sur le site de l’association Éclats de femme, où les candidats peuvent également manifester leur soutien et s’engager à mettre en œuvre ces mesures s’ils sont élus.

Pour l’association, l’objectif est clair : replacer la sécurité des femmes au cœur du débat municipal et transformer un thème souvent cantonné aux discours du 8 mars en actions concrètes dans les communes.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 11/03/2026 à 12:24.
Picture of Yann Montero
Yann Montero
Journaliste Boulevard Voltaire I Le réél finit toujours par s'imposer I Suivez-moi sur X : @YannMontero

Vos commentaires

24 commentaires

  1. Une certaine secrétaire d’État marlene Schiappa a l’égalité homme femme suite a un viol par un kosovar d’une étudiante.
    Devait faire revenir une loi pour rétablir la double peine automatique. Affaire tombé dans les oubliettes..

  2. C’est à la façon de traiter les femmes que l’on peut voir le niveau de civilisation d’un pays!

  3. Diffuser ces informations à l’occasion des élections municipales est un bon moyen d’alerter, d’infomer et de convaincre.
    A propos de l’éclairage « urbain », je confirme que la décision de l’éteindre de 23 heures à six heures du matin pour des raisons d’économies rend tout déplacement pédestre impossible, accroît l’inquiétude et, ce faisant, diminue les chances de se défendre. Les choses sont encore plus compliquées dans des lieux inconnus.

  4. Les « chartes », les « marches »… à quoi ça sert ? Seule la LOI sert… à condition d’être appliquée. Partout, et aussi pour tous, équitablement !

  5. « 41 % des agressions sexuelles dans les transports sont commises par des étrangers ». Voici la seule mesure efficace pour la sécurité fémininé (et masculine). Tout le reste n’est que pansement sur jambe de bois.

    • Comme toujours, les idées de bon sens et faciles à mettre en œuvre viennent de toutes parts, rarement des élus. MAIS A QUOI SERVENT-ILS ?

  6. On ne rappelle jamais que les violences faites aux femmes augmentent scandaleusement dans notre pauvre France décadente. Pourquoi ce silence alors que la priorité du 1er gouvernement Macon était, paraît-il, la lutte contre les violences faites aux femmes ?

    • Comme toutes ses autres priorités : 100 % des OQTF dehors, , plus de votes RN… j’en passe et des meilleures…

  7. Espérons que la jeune Ligue de Libertés prendra rapidement ses marques pour l’application du droit non transformé par l’idéologie.

  8. Pourquoi les femmes n’utiliseraient pas l’autodefense par bombe larcymogene pour chasser un agresseur

    • parceque quand tu sorts du boulot tu ne te balade pas avec un bombe lacrymo dans la main, et si elle est dans ton sac, tu n’as pas le temps de la sortir !!!! Non ce qu’il faut c’est que les femmes apprennent quelques prises très efficace de crav maga, çà peut aider, mais en fait ce qu’il faut c’est que les hommes qui agressent soient sanctionné sévèrement par la justice, héas en France la justice est INJUSTE la plupart du temps !

    • Parce qu’une bombe lacrymogène n’a jamais empêché un coup de poignard, même les yeux fermés.

  9. Bonne idee mais pathetique constat de notre naufrage en tant que civilisation . Je pense que proposer des cours d’Aikido ou de self -defense bihebdomadaire subventionnes serait aussi urgent …

    • Il y a déjà eu des « propositions » du genre : mettre en place des cours de Self défense pour « former » les gens qui seraient susceptibles d’être des victimes potentielles » …
      S’entraîner dans une salle c’est TRES BIEN ! … SAUF que dans « la vraie VIE », ça devient très vite « problématique » ! …
      Être face à un taré ayant l’intention de « planter » POUR DE VRAI … ou subir une tentative de viol génère un tel stress que la personne qui est attaquée perd une TRES grande capacité de répondre à l’agression ! …
      « haut gradé » en sports de combats, je peux vous garantir que même si 10 mouvements ( + ou – ) de base peuvent être plus ou moins assimilés, le contexte de l’agression sera souvent aléatoire au détriment de l’agressé ! …
      LA solution : de vrais condamnations à l’encontre des agresseurs … UNE VRAIE indemnisation POUR les victimes supportée PAR l’agresseur … ET en cas de décès, l’indemnisation encore plus conséquente accordée à la famille ET là aussi supportée QUE PAR l’agresseur ! …

    • Les cours d’aïkido ne règleraient rien. La meilleure self défense c’est la prévention, après en cas d’agression il faut que la femme n’ai aucune retenue pour crever les yeux ou atteinte au organes vitaux , le tout dans le respect de la loi (j’ai été obligé de le repousser et c’est le hasard si mes doigts lui ont crevé les yeux).
      Ensuite si les peines pour agression de femmes étaient beaucoup plus et appliquées ce serait un début de solution.

  10. Déja remettre le délit d’aide aux clandestins.
    Remettre la double peine automatique pour les étrangers délinquants.

Commentaires fermés.

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

⇨ Tous les vendredis de 17h30 à 19h30
avec Marc Baudriller et Boulevard Voltaire ⇦

LFI ne veut pas voir les gens sortir de la pauvreté
Gabrielle Cluzel

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois