[INFO BV] Un ancien LR, n° 2 de la liste RN à Strasbourg

Partout les digues cèdent entre Les Républicains et l’alliance RN-UDR.
Virginie Joron, eurdodéputée et tête de liste RN à Strasbourg
Virginie Joron, eurdodéputée et tête de liste RN à Strasbourg

David Saglamer, ancien conseiller régional LR de 2017 à 2021, intègre la liste du Rassemblement national à Strasbourg menée par l’eurodéputée Virginie Joron. En décembre, les Dernières Nouvelles d’Alsace annonçaient que ce dernier quittait le parti Horizons, qu’il avait rejoint en 2022, pour devenir le nouveau référent dans le Bas-Rhin de l’UDR. Désormais, soucieuse de rassembler à droite, Virginie Joron annonce que cette figure locale de la droite, « très implantée », sera numéro 2 sur la liste qu’elle présente pour emporter la capitale alsacienne. « Cette démarche s’inscrit dans une volonté de rassembler large, explique-t-elle dans un communiqué qu’elle s’apprête à faire paraître. Notre alliance a pour objectif de rassembler les droites au-delà des étiquettes afin d’offrir une alternative crédible, responsable et enracinée face à la politique actuellement menée dans notre ville. »

Auprès de BV, la candidate mariniste se réjouit de ce ralliement et veut par ce signal fort adresser un message aux électeurs de droite « orphelins » alors que Les Républicains en Alsace se sont fondus dans le macronisme et le centrisme, à l’image de Fabienne Keller, ancien maire LR de la ville (2001-2008), devenue députée européenne Renew. « Je veux lutter contre l’écologie punitive, améliorer la sécurité et l’attractivité de notre ville », affirme avec détermination Virginie Joron, avec pour ambition de ravir Strasbourg qui est aux mains des Verts depuis 2020 et d’en finir avec une droite centriste qui n’assume pas ses convictions. « Comme si c’était un gros mot d’être de droite », confie-t-elle.

Un sénateur LR se rattache financièrement à l'UDR

La porosité entre le Rassemblement national et toutes les composantes de la droite se manifeste significativement en ce début d'année. Ainsi, au palais du Luxembourg, le sénateur LR des Alpes-Maritimes Henri Leroy a décidé que sa dotation parlementaire que l'État versait au parti Les Républicains irait désormais au parti d’Éric Ciotti. (Rappelons qu'au titre du financement de la vie politique, un sénateur reçoit une dotation annuelle de 35.000 euros qui est versée au parti de son choix.) « Je suis un ami d’Éric Ciotti depuis 30 ans, je le soutiens à Nice et dans son engagement à l’UDR, dans sa volonté de rassembler les droites », explique, auprès de BV, le parlementaire maralpin. « Je reste chez Les Républicains car Bruno Retailleau est un homme remarquable », souligne-t-il, tout en assurant « être un fervent défenseur de l’union des droites ». « Avec le RN, les sujets qui nous rapprochent sont beaucoup plus nombreux que ceux qui nous éloignent. »

À droite, l'union par la base

Aux quatre coins du territoire, les digues craquent. L’UDR apparaît comme un trait d’union entre les partis de droite. Un nombre révélateur d’élus locaux utilisent un sas qui leur est bien précieux pour rallier le RN, car rejoindre Éric Ciotti, ancien président des LR, est naturellement moins attaquable. Ils mettent ainsi en œuvre une union des droites plébiscitée par les militants des formations politiques. À Versailles, Olivier de La Faire, conseiller départemental LR et adjoint au maire divers droite François de Mazières, rejoint l’UDR et mènera une liste d’alliance avec le RN. À Colmar, Alain Kott, le responsable de la fédération LR du Haut-Rhin a annoncé rejoindre la liste RN-UDR menée par Nathalie Aubert. Au Pradet, dans le Var, la conseillère départementale LR Valérie Rialland, qui pensait partir sans étiquette dans la campagne, a rejoint le parti d'Éric Ciotti et mènera une liste d’alliances des droites. À Tours, trois anciens adjoints au maire LR de 2014 à 2020 rallient la candidature de l’eurodéputé RN Aleksandar Nikolic. En Loire-Atlantique, l’ex-maire UMP puis divers droite de Trignac a intégré la liste RN de Saint-Nazaire. En Ardèche, le maire de Boulieu-lès-Annonay et conseiller régional LR a rejoint l’UDR. À Cagnes-sur-Mer, dans les Alpes-Maritimes, le député Bryan Masson et candidat RN a été rejoint sur sa liste par trois anciens membres de la majorité municipale LR sortante.

Le RN ne rebute plus

Bien évidemment, tout n’est pas rose, au pays de l’union des droites. Si nombre d’élus locaux LR n’hésitent plus à franchir le Rubicon et rejoignent directement le RN ou son allié l’UDR, les appareils politiques ne se rangent pas pour autant derrière ces ralliements, bien au contraire. Partout où ils le peuvent, Les Républicains et le RN/UDR présenteront des listes face à face. Mais les mouvements observés d’un parti à un autre, toujours dans le sens des Républicains vers l’alliance lepéniste, démontrent primo la normalisation, à droite, de la formation de Jordan Bardella ; secundo que l’union des droites progresse par la base ; tertio, ce mercato politique rend définitivement illisible et insensé un certain front républicain anti-RN que certains, à droite, seraient tentés de maintenir sous perfusion.

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Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

76 commentaires

  1. Seulement 20 an de retard. Sarkozy 2008 celui qui rêvait d’être Président en se rasant chaque matin a trahis 6 fois depuis 2018.. France violée sans cesse, et cela n’a rien arrangé à la Planète sauf d’être confiné, rabaissé jq qu’au chaudron du Baphomet, avec woke lgbt, et Multi injecté, maintenant en guerre avec US et Russie en même temps

  2. Ces personnes qui rejoignent le RN commencent simplement à comprendre que l’étiquette « extrême-droite », générant l’amalgame (celui-ci autorisé par les faux intellectuels, pseudo journalistes et vrais militants gauchistes) avec fascisme, nazisme, racisme, j’en passe et des pires, est une arnaque et imposture sémantique, une méthode de rhétorique éristique et sophistique.

    La réalité est qu’en croissant électoralement et en se « dédiabolisant », c’est-à-dire en se transformant en parti républicain (respectueux des institutions et principes républicains), le RN est devenu LE parti de droite populaire – c’est-à-dire le parti de masse de droite des classes populaires et moyennes, rôle qui était auparavant tenu par le parti gaulliste RPF (puis UDR, RPR, UMP).

    Pour comprendre cette évolution, j’invite les lecteurs à s’informer sur le PSF (parti social français), plus grand parti français ayant jamais existé (par le nombre d’adhérents), créé par le colonel de la Roque en 1936 après la dissolution de ses Croix de Feu, et historiquement premier parti de droite de masse en France. Emporté par la guerre de 1939 avant d’avoir pu prendre le pouvoir, il s’est perpétué après 1945 dans le RPF et le MRP, ancêtres du RPR et de l’UDF, puis de l’UMP et du Modem.

    Selon moi c’est le même processus qui est à l’œuvre : la mutation d’un parti marginal à la droite de la droite en parti populaire de masse – ce qui fait terrorise une gauche décrédibilisée qui voit venir la perte de son emprise de 60 ans sur les élites du pays – et le retour du peuple qu’elle déteste et méprise.

  3. Irréductibles LR, ils sont tombés au plus bas niveau mais n’ont toujours rien compris. La désintégration est proche et c’est tant mieux.
    Quand je vois Retailleau et ses pudeurs de vieille gazelle, je constate qu’il est hasbeen et qu’il n’y a plus rien à attendre ce ce personnage en cours de fossilisation.

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