« Je ne serai jamais un maire macroniste »: Éric Ciotti lance sa campagne !

Les militants voient en lui « le seul homme de droite fidèle au général de Gaulle» et le « futur maire de Nice »
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C’est la rentrée d’Éric Ciotti, en ce 31 août. Dans la petite commune de Levens, à une petite demi-heure de Nice, un imposant podium est dressé sur un plateau aride, aux contreforts des Alpes. Au loin, en fond de toile, les magnifiques montagnes maralpines que cisaille le ciel azur. Deux immenses drapeaux se déploient en arrière-plan de la scène. La France et le comté de Nice sont réunis en cette journée politique où le député des Alpes-Maritimes doublait la mise. Rassembler et lancer la rentrée parlementaire de l'UDR (Union des droites pour la République), le parti qu’il préside et qui fête une année d’existence, et lancer officiellement sa campagne pour la mairie de Nice.

Sur les longues tables disposées en banquet à ciel ouvert, militants et sympathisants s’installent. À l’entrée, ils avaient été accueillis par les fifres et les tambourinaires. La chaleur étouffante et moite n’est plus de mise, en cette fin du mois d’août. Mais un soleil généreux accompagne les spécialités niçoises qui sont servies pour l’occasion. Socca, pissaladière, pan-bagnat : pas de doute, nous sommes dans l’arrière-pays niçois. Les supporters d’Éric Ciotti sont venus nombreux pour soutenir son combat politique et sa candidature aux municipales.

Stature nationale et locale

3.500 personnes pour applaudir celui qui, il y a un an, osait briser le cordon sanitaire en s’alliant, à l’occasion des élections législatives, avec le Rassemblement national. « Je souhaite qu’Éric Ciotti soit maire de Nice » : ce militant annonce la couleur. Fonctionnaire à la mairie de Nice, il dénonce l’insécurité qui règne dans la ville azuréenne : « Ça insulte la police, ça fume le joint, ça crie, ça parle arabe, on ne peut plus sortir le soir, on a peur. » Il y a quelques jours, une rixe dans un quartier de la ville faisait encore deux blessés au couteau.

Pour cet autre sympathisant, la même plainte qui revient systématiquement : « Pourquoi paie-t-on toujours pour les autres ? On travaille pour ceux qui ne le méritent pas. » Andrée, 85 ans, aimerait voir son héros prendre les rênes de la cinquième ville de France. « Estrosi, j’en ai ras le bol », se lamente-t-elle, avant de déplorer un pays « qui va à sa perte », pointant du doigt, elle aussi, « l’instabilité causée par l'immigration ». Tous apprécient l’union des droites plaidée et mise en œuvre par Éric Ciotti. Il y a ce supporter du FN « de l’époque » ou cet ancien militant UMP puis LR, qui suit l’ancien président du conseil général des Alpes-Maritimes « depuis le début » et qui aimerait que « les Républicains arrêtent de se positionner comme un parti centriste ». Tous se retrouvent dans le discours de « droite forte » de l’homme de 59 ans. Antoine et sa femme n’habitent pas Nice et sont touchés par « l’amour de la France » de celui qu’ils sont venus soutenir aujourd’hui. Ils voient en lui « le seul homme de droite à être resté fidèle aux idées et aux valeurs du général de Gaulle ». Alors, quand leur champion entre en scène, ils sont heureux de brandir les petits drapeaux français qui ont été placé à chaque assiette.

Nice, mère de toutes les batailles

Éric Ciotti est à domicile. Beaucoup de maires des villages alentour sont présents. Une douzaine de conseillers départementaux et les députés de son parti, bien sûr, sont assis derrière celui qui s'approche du pupitre. Une délégation d’élus RN a aussi fait le déplacement, parmi lesquels Franck Allisio, député des Bouches-du-Rhône et lui-même candidat à la mairie de Marseille. Le propos est clair et précis : l'allié de Marine Le Pen revient tout d’abord sur son refus « de voter la confiance au Premier ministre », tout en suppliant son ancienne famille politique d’en faire de même. En dénonçant « la politique du renoncement et de l’abaissement », le député des Alpes-Maritimes revient inéluctablement sur le moyen de tourner la page du macronisme : « Alors que les valeurs de droite sont majoritaires dans notre pays, qu’attendons-nous pour nous unir ? » Vint ensuite cette longue séquence à travers laquelle le Niçois est revenu en détail sur son projet pour la ville méditerranéenne. Affirmant vouloir faire campagne sur des « projets et des convictions », Éric Ciotti n’a pas pu s’empêcher d’envoyer de sévères critiques à l'égard de son meilleur ennemi, Christian Estrosi : « Chez moi, pas de cabinet noir, pas de barbouzeries. » Ses équipes avaient pris soin de disposer, sur les chaises des participants, la longue lettre de vingt pages qu’Éric Ciotti a rendu publique, il y a quelques jours, et dans laquelle il y développe programme et arguments. À la fin d’une longue série de « moi, maire de Nice… », le candidat donne le ton d’une campagne aux enjeux aussi bien locaux que nationaux : « […] je ne serai jamais un maire macroniste ».

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Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

52 commentaires

  1. Les derniers républicains qui ne sont pas encore macron-compatible devraient rejoindre L’UDR. Eric Ciotti est un homme politique qui a l’amour de son pays chevillé au corps. C’est un battant qui n’a pas hésité à quitter un parti dans lequel il avait pourtant pignon sur rue pour rejoindre un autre parti que l’on discrédite à longueur de journée. Bien joué à lui. Ledit parti est aujourd’hui le premier de France.

  2. Je ne sais pas si je l’approuve mais je salue son courage. Par contre faut arrêter d’utiliser la mesure gaulliste comme on l’a fait pour l’aune ou la lieue. Cela donnera la possibilité de proposer des mesures courageuses à des situations nouvelles.

    • Vous avez raison, cessons de galvauder la référence au Général de Gaulle car plus personne ne peut s’en prévaloir. Par contre, je pense que vous avez tort sur le fait que le gaullisme serait incapable de trouver des solutions aux problèmes d’aujourd’hui. Ce n’est pas feu le gaullisme qui est en cause, c’est bien ceux qui y font référence alors qu’ils s’en sont éloignés. Nous ne le saurons jamais mais il semble évident que le Grand Charles ne nous aurait pas emmener dans le mur ou, s’il avait pris le train en route, il aurait des solutions pour nous en sortir.

  3. Éric Ciotti a été très courageux en créant ce parti allié du RN, qui va d’ailleurs lui être utile pour conquérir la Mairie de Nice, son discours avait deux axes, en premier sur la France et son devenir et bien sûr la seconde partie concernait sa future vision de Nice, à ce sujet je le trouve assez bon orateur, je peux le dire j’y étais en invité, pour tout dire je suis d’accord en totalité sur ses propos je n’ai qu’un regret c’est qu’il n’a pas abordé la souveraineté pourtant obligatoire pour que les mesures proposées puissent voir le jour, sur ce sujet il n’est d’ailleurs pas le seul à laisser de coté la souveraineté, je m’en suis donc ouvert à une personne proche de son entourage et présent sur la liste pour les prochaines municipales, cette personne m’a laissé entendre qu’il évoquerai le sujet avec lui et peut-être qu’il abordera le sujet au cours d’autres discours.

  4. Ciotti est en réalité le dernier des Gaullistes dans notre pitoyable paysage politique. Ceux qui ont le culot méprisant de se réclamer du Général tout en pactisant avec le macronisme, alléchés par l’assiette au beurre, ne se rendent même plus compte qu’ils ont renoué avec la Quatrième République de funeste mémoire. Mais on sent que les électeurs commencent à s’en rendre compte..

  5. Arrêtez de faire référence à De Gaulle , personne ne lui arrive à la cheville et c’était avant , une autre époque .

    • Bien sûr…..mais on peut quand même le garder en référence ?…..et des valeurs qu’il a inculquées….?……et qui nous sauveront…peut-être…..

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