La gauche rebondit sur la mort de Mehdi Kessaci : récupération politique ?

Communistes, socialistes, insoumis ou encore écologistes, ils étaient tous présents pour faire face au narcotrafic.
@ CLEMENT MAHOUDEAU / AFP
@ CLEMENT MAHOUDEAU / AFP

« Pour Mehdi, pour Amine et pour toute sa famille, on était là et on le restera », écrivait, ce week-end, sur son compte X, Marine Tondelier, chef de file des écologistes. Ce samedi 22 novembre, Marseille a vu se réunir un large échantillon de la gauche et de l’extrême gauche autour de la famille de Mehdi Kessaci, assassiné le 13 novembre au cœur de la cité phocéenne. Un meurtre que les autorités soupçonnent d’être une mise en garde des narcotrafiquants contre son frère Amine Kessaci. Après avoir perdu, en 2020, dans des circonstances similaires, un autre membre de sa fratrie, Brahim, Amine Kessaci s’est affiché depuis comme une figure de lutte contre le narcobanditisme. Aujourd’hui engagé au sein du parti écologiste, le jeune homme avait appelé à une marche blanche en l’honneur de son frère cadet.

La droite, seule capable de récupération ?

C’est donc naturellement que les Verts se sont rendus au rendez-vous, représentés par leur présidente Marine Tondelier. Mais les autres partis de gauche, d’habitude difficiles à concilier, n’ont pas tardé à afficher leur unité, écharpes tricolores en bandoulière, pour témoigner de leur détermination à lutter contre le narcobanditisme. « J’ai considéré que notre présence, elle était au milieu des Marseillais et des Marseillaises », affirmait, ce lundi, Manuel Bompard, au micro d’Apolline de Malherbe, avant de préciser ne pas vouloir « faire des polémiques sur des drames ». Comme lui, Sébastien Delogu, Olivier Faure, Fabien Roussel, Raquel Garrido et bien d’autres ont été aperçus tout au long de la marche.

Une démonstration d’unité qui peine, toutefois, à masquer une contradiction flagrante. Ces mêmes responsables politiques ne cessent, à chaque drame, d’accuser la droite de récupération : l’affaire Lola, celle de Philippine, de Mathis, de Thomas à Crépol, et tant d’autres encore, avaient donné lieu à des dénonciations moralisatrices, jugées indispensables dès lors que la droite pointait la responsabilité du laxisme judiciaire, des politiques migratoires ou du soutien supposé de certains élus à une forme d’indulgence pour les délinquants. Mais – on se souvient de l’affaire Nahel - lorsque la gauche sait qu’un drame peut servir son image, il semblerait qu’elle non plus n’hésite pas à se placer en première ligne, avec une gravité toute neuve, pour dénoncer un problème qu’elle n’a pourtant jamais vraiment souhaité endiguer.

Quelle lutte contre le narcotrafic, de la part de la gauche ?

Depuis des années, la gauche explique qu’il ne faut pas « armer davantage la police ». Allan Brunon, candidat insoumis à la municipalité de Grenoble, affirmait encore, ce vendredi, que son équipe « n’aura pas vocation à faire la chasse aux dealers » et que « plus d’armes est égal à plus de drames ». Ironique, lorsque l’on sait que Mehdi Kessaci s’apprêtait lui-même à passer les concours pour devenir policier.

Et puis, il y a l’affaire, embarrassante entre toutes, du député LFI Andy Kerbrat, toujours en poste malgré son interpellation pour avoir acheté de la drogue à un mineur. Un épisode qui fragilise considérablement le sérieux moral de ceux qui, aujourd’hui, entendent donner des leçons de fermeté. Rappelons encore que, lorsqu'il avait été question, en avril, de faire adopter au Parlement la loi sur le narcotrafic, LFI et quelques écologistes et socialistes s'y étaient opposés, tandis que la plupart des communistes et des Verts s'étaient abstenus, affirmant regretter « l’option répressive privilégiée au détriment d’une logique de prévention passant notamment par la légalisation du cannabis », rapportait alors Le Monde.

La gravité de l’assassinat de Mehdi, l’assise croissante du narcotrafic à Marseille et le désarroi d’une famille frappée deux fois en quatre ans appelaient à une forme plus humble de retenue de la part de ceux qui contestent depuis longtemps le diagnostic sécuritaire : ils prétendent désormais incarner la solution...

Vos commentaires

50 commentaires

  1. La gauche ne se mobilise qu’en fonction du profil de la victime. Ici ça coche toutes les cases donc ses caciques viennent se montrer, surtout qu’il y a des élections qui approchent. Etant donné leurs positions antérieures (légalisation du cannabis…) ils ne sont pas crédibles, c’est de la récupération. Dommage que des pointures de la droite ne se soient pas invités sur la photo même si les élus locaux étaient certainement là.

  2. Ces photos sont très révélatrices quant aux personnalités politiques affichant les mines de circonstance. Je ne peux même plus pleurer je suis passé au rire. Evidemment pour les esprits mal intentionnés je n,e parle pas de la famille ni des proches.

  3. il y a pas mal d annees les gauchistes avaient distribue un petard a chaque depute et maintenant ils ressemblent a des pucelles effarouchees quel cinema !!!

  4. GRENOBLE « Les Copains d’en bas : Comment vivre au quotidien à proximité d’un point de deal ? », une pièce de théâtre audacieuse soutenue par la municipalité et le Maire Éric Piolle (ECOLOGISTES). Hou hou Madame Tondelier ! La gauche pétard c’est qui ? Mais on va mettre les pieds dans le plat. Vous dites : « Pour Mehdi, pour Amine et pour toute sa famille, on était là et on le restera » Moi, je vous pose une petite question. Pour Thomas, pour Philippine, pour Elias, pour Lola, pour tous ceux qui sont tombés sous les couteaux des racailles, vous étiez où ? Il n’y a pas de coïncidence inexplicables. Vous nous obligez à croire que vos mobilisations se font en fonction du prénom des victimes.

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