La Remaudière (44) : une salle polyvalente à 2,2 millions, inachevée mais rasée
La Remaudière est une commune de quelque 1.300 âmes située dans le département de la Loire-Atlantique. Une petite ville qui livre un merveilleux exemple de gaspillage d’argent public.
Le 16 janvier 2012, le maire de la commune, Alan Coraud, décide de construire sur ses terres une salle polyvalente. Elle doit contenir une médiathèque et une salle de spectacle ainsi que des espaces dédiés à des associations locales. Sur le papier, l’idée est séduisante ; dans les faits, elle est extravagante. La municipalité a la folie des grandeurs. Le conseil municipal approuve le projet, la commune signe des marchés pour la construction d’un bâtiment de plus de 1.000 m2 et de 14 mètres de hauteur. Pour mener à bien ce projet à 2,2 millions d’euros, la commune contracte un prêt.
Un projet démesuré
En juillet 2013, la première pierre est posée mais, très vite, La Remaudière est dépassée. En 2014, un nouveau conseil municipal est élu. Effaré par le coût du projet et le montant des emprunts levés, il met le holà à ce chantier pharaonique. Cet arrêt ne fait pas que des heureux, mais le nouveau maire, Anne Choblet, est conforté dans sa décision par le tribunal administratif qui annule, en 2015, les marchés de travaux car, comme indiqué dans un rapport de la chambre régionale des comptes daté de 2018, il estime « que le projet n’était pas en adéquation avec les capacités financières de la commune, que ses proportions n’étaient pas en rapport avec ses besoins réels, que la commune avait commis une erreur manifeste dans l’appréciation de ses besoins à l’occasion de la passation des marchés correspondants et, ainsi, méconnu les dispositions de l’article 5 du Code des marchés publics ». La salle n’est pas achevée, elle ne le sera jamais. En revanche, elle plombe les finances de la commune, d’autant plus que les entreprises retenues pour l’édifier se retournent contre la mairie et font des demandes d’indemnisation. Les contribuables de La Remaudière mettent la main à la poche via une augmentation d’impôts de 30 %.
À ce sujet — [STRICTEMENT PERSONNEL] C’est Nicolas qui paie
Petit à petit, de l’ordre est remis. Il reste néanmoins une décision à prendre : celle du sort de la salle polyvalente. Faut-il relancer le chantier ou l’abandonner ? Les élus choisissent la seconde option en février 2023. Au micro de France 3, Anne Choblet explique : « C'était soit 2 millions pour la finir, plus 300.000 euros de frais de fonctionnement, c'est-à-dire nécessairement une augmentation des impôts, ou une déconstruction pour 67.000 euros, avec revalorisation des matériaux. »
Ce retour en arrière pourrait permettre à la commune de retomber sur ses pattes puisque, comme l’a indiqué la mairie à BV, le terrain sur lequel est construite la salle polyvalente est un terrain communal « qui va être vendu à un promoteur ». Ce dernier doit y construire un lotissement de trente et un logements.
De l’argent public dilapidé
L’opération de démolition a démarré le lundi 15 décembre. Elle est présentée comme une solution du moindre mal et cela est sans doute le cas. Il n’en reste pas moins que, dans cette affaire, l’argent du contribuable part, non pas en fumée, mais en gravats. Aux coûts de la construction, des indemnités versées à droite et à gauche suite à l’arrêt du projet et aux frais engagés pour la démolition, il faut ajouter les frais de justice (tribunal administratif). Certains se demandent encore pourquoi la dette publique de la France est à hauteur de 3.482 milliards d’euros… En tout cas, cette histoire tombe à pic alors que la campagne pour les élections municipales va débuter et que les candidats vont redoubler d'imagination programmatique, avec parfois des projets d'investissements pour appâter l'électeur qui, accessoirement, est aussi un contribuable...
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51 commentaires
Les élus devraient être mis à contribution pour rembourser ce fiasco !
Sur son site, Alan Coraud persiste et signe : un commune de 1300 habitants a besoin d’une salle polyvalente (moitié médiathèque – moitié salle des fêtes), c’est juste la faute de la nouvelle municipalité qui a manqué d’ambition ! Mégalomanie ? Lui aurait bien fait de sa bibliothèque municipale la Bibliothèque nationale de Bretagne… on l’avait déjà entrevue au Loroux-Bottereau !
j habite une petite commune en bord de mer ,le maire me semble satisfait de l’augmentation de nouveaux habitants ,mais les dépenses qui vont avec ???betonnage excesif ,circulation hiver comme en été ,navette en minibus avec rarement un passager ,je crois qu’il y a 60 associations ,trop c’est trop
Comment les banques ont-elles pu accepter de financer un tel projet au vu du plan de financement ? Comment la préfecture a t-elle pu entériner des délibérations qui étaient manifestement hors de proportion avec ses finances ? Comment le conseil municipal a t-il pu accepter un tel projet qui plombait le budget pour des dizaines d’années. Qui a versé les subventions et qui va les rembourser ? Beaucoup de complices dans cette affaire !
Il me semble que dépenser de l’argent soit le seul mode d’action connu par les élus de notre pays, toutes administrations confondues – d’où aussi les milliards de dettes. C’est une culture, une manière de répondre à toutes les sollicitations ou attentes, de citoyens, d’associations, d’ongs, d’autres pays, une manière de montrer que l’on fait quelque chose. Ce maire et son conseil ne sont qu’un exemple représentatif de cet état d’esprit. Ils ne sont certainement pas les seuls.
Beaucoup de dirigeants, fonctionnaires ou élus, ne savent pas quoi faire de leurs mandats ; signer des chèques leur semble être la seule réponse qu’on attend d’eux. D’une part on ne leur a jamais appris autre chose, et d’autre part ils n’ont pas assez d’idées pour savoir que distribuer du pognon n’est pas la seule manière de satisfaire leurs administrés. Et puis bien sûr, ça flatte aussi l’égo de dépenser sans compter pour le bien de tous. De faire le généreux. Car il y a toujours de bonnes raisons.
A l’image de nos dirigeants.
Au fait le bord politique de ces deux maires ?? sinon cela ne sert à rien !!
Ce n’est pas l’appartenance politique qui détermine les capacités d’un individu, c’est même bien souvent l’inverse : leurs incapacités les réunis dans des structures de bons à rien et prêts à tout. Un/Une « sans appartenance » est souvent un signe de courage, de liberté de penser et d’agir avec le peuple. S’enfermer dans un parti c’est se lier la tête et les mains au nom d’une doctrine partisane improductive. L’histoire ne fait que de le démontrer depuis des années.
Ancien pro du logement et de la mobilité, je sais et je dis que les projets qui perdurent, les procrastinations, les révisions de projets, les atermoiements, etc. c’est pour la poche du contribuable. Dans ma ville, la mairie a acheté un immeuble pour 2-3 millions, à rénover, pour caser la police, bâtiment inoccupé depuis deux ans, on y trouve maintenant l’une ou l’autre « assoce », une troupe de theatre…et le commissariat vétuste reste en place.
Un classique de l’endoctrinement politique qui ne réfléchi qu’en nombre de voix et d’utilité publique.
Je me souviens des excellentes émissions de J P Pernaut « Combien ça coute »
On nous dit de faire des économies, les collectivités n’ont pas du entendre le message
Des dossiers de cette nature il y en a des centaines en FRANCE.
Quel mauvaise idée de construire un batiment de 1000 m2 pour un cout de 2,2 millions d’euros pour une toute petite commune de 1300 habitants.
Mefiez des Elites, ils feront couler la France, ils étrangleront les Français, ils s’en foutent. Car responsable, mais pas coupable, souvenez vous de cette Ministre Socialiste Mme…., j’ai oublié son nom. C’est vous dire leur intégrité.
Ils auront l’audace de vous dire tel thierry Breton dire sur NNews, après mon passage, je ne suis pas responsable de mon successeur. Cqfd.
Vous faites allusion à Georgina Dufoix je présume…
L’archétype du politicien actuel sans aucun sens des responsabilités !
c’est bien le problème, si la responsabilité pénal et financière des maires étaient appliquées , ils y réfléchiraient a deux fois avant de lancer de tels projets. Hélas ils sont iresponsabilisés, et c’est le peuple qui paye , comme d’habitude .C’est comme pour les permis de construire en zone inondables . . . Et bien d’autres problèmes
Dans les petites communes il y a trop de maires aux capacités intellectuelles limitées. Il s’imaginent qu’en réalisant des travaux, bien souvent inutiles, cela plaira à leurs électeurs. Fusionnons les petites communes pour obtenir des entités de bonne taille dans lesquelles on aura plus de chances de trouver un maire sensé et compétent.
En êtes vous sur ? Voyez les grandes communes: Paris, Lyon, Bordeaux, Nantes, Rennes, Strasbourg, Lille, Grenoble . Elles ont préféré se doter de billes plutôt que de cerveaux
« Fusionnons les petites communes » : pas toujours une bonne idée de fusionner des groupes d’individus aux visions pas toujours compatibles et souvent liées à un historique ou des convoitises : une gouvernance en collaboration étroite avec les administré(e)s est la meilleure solution, encore faut il que ces dernier(e)s s’intéressent à la vie de leur commune.
La France compte, dit-on, la moitié de tous les ronds-points en Europe. Tout est dit !
Et ne parlons pas des assauts de mauvais gout municipaux que permettent ces machins !
Ne vous en déplaise les rond-point sont bien plus utiles et sécurisant que des feux tricolores sans arrêt contestables en cas d’accident ou de franchissement puisque un orange équivaut un rouge, sans compter une régulation bien plus fluide du trafic avec un rond-point par rapport a un feu qui vous stop pour laisser passer des moustiques ou des fantômes en pleine nuit
Le top les rond-points avec feu tricolore,vu à Nîmes
Mhh, je dois dire qu’il faut être pragmatique, quand un rond-point n’absorbe plus l’augmentation de la circulation, il faut un carrefour à feux. En plus, les feux ont la possibilité de se régler en fonction des flux, ce qui n’est pas le cas du rond-point, où il faut parfois démarrer prestement en fonction des flux et faire gaffe aussi aux gens qui veulent quitter en roulant près du centre…) Je dis cela en tant que conseiller en mobilité. Près de chez moi, un énorme rond-point est travaillé en carrefour à feux et tunnel pour un des deux axes.
Je suis bien d’accord avec vous. Les rond point ont certainement épargné bcp de vies. Moi ça me rassure/ En revanche, je me souviens des émissions de J.L. Pernaut sur le gaspillage public, j’étais à chaque fois complètement révoltée – vraiment du n’importe quoi.