Laurent Nuñez : le masculinisme, c’est cela, le vrai danger !

Le masculinisme serait une menace « organisée et décomplexée » à l’origine d’actions violentes.
Capture d'écran
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Répondant mardi, à l’Assemblée, à Camille Lextray, porte-parole de la Fédération nationale Solidarité Femmes qui avait évoqué, fin janvier, les tentatives de saturation du 3919 – numéro dédié aux violences contre les femmes –, Laurent Nuñez a pointé la nouvelle menace qui pèse sur la société française : la montée en puissance du masculinisme.

Les masculinistes, combien de divisions ?

La méthode est vicieuse, qui consiste à saturer un numéro par des appels coordonnés. C’est ce qui touche le 3919, objet d’« appels de plus en plus virulents » et d’« attaques contre les écoutantes », rapporte Mme Lextray. Cela serait donc le fait de la mouvance masculiniste, en augmentation dans notre pays.

« Nous soutenons le 3919 qui est un pilier essentiel de la politique publique qui est menée en matière de lutte contre les violences faites aux femmes, pilotée par Aurore Bergé. Il a été conçu à l’origine pour répondre à un besoin spécifique, celui des femmes victimes de violences », a dit le ministre, rappelant que les chiffres sont faciles à retenir : « 86 % des victimes de violences conjugales sont des femmes et 86 % des auteurs sont des hommes. » Il est convaincu que les attaques contre le 3919 « ne sont pas des faits isolés » mais « s'inscrivent dans un contexte plus large de montée en puissance de la menace masculiniste, organisée, décomplexée, qui s'attaque frontalement aux politiques d'égalité, aux associations féministes et aux dispositifs de protection des femmes ».

Combien sont-ils, ces masculinistes ? On ne sait pas. Seulement que « le dernier rapport du Haut Conseil à l'égalité précisait que 39 % des hommes pensent aujourd'hui que le féminisme menace leur place », reprend Laurent Nuñez. En consultant ce rapport, on découvre que « certaines expressions de sexisme hostile ne relèvent plus seulement de pratiques individuelles isolées, mais s’inscrivent dans des logiques d’adhésion et de mobilisations idéologiques collectives ». Précisément, « le rapport identifie deux formes de sexisme, le sexisme paternaliste et le sexisme hostile ». Le premier, paternaliste donc, se définit comme « un sexisme faussement bienveillant du quotidien qui légitime une répartition hiérarchisée des hommes et des femmes » ; le second, hostile celui-là, « est un sexisme violent, se traduit par une hostilité envers les femmes et peut inclure des attitudes agressives ou dévalorisantes ».

Progression de l’islam et revers du wokisme

Ce sexisme hostile, dangereux pour la sécurité des citoyennes, rencontrerait, en France, l’adhésion de « 17 % des personnes de 15 ans et plus, soit près de 10 millions de personnes ».

D’où le ministre de l’Intérieur qui conclut : « La mouvance incel [pour involuntary celibate, « célibataire involontaire », NDLR] se développe dans notre pays, avec – on l'a vu dans d'autres pays – des actions qui ont pu être menées qui ont été des actions violentes, qui ont pu conduire et compléter des actions terroristes. » Qui ? Quoi ? Où ? Quand ? On ne sait pas. Seulement qu’a été interpellé, en juin dernier, à Saint-Étienne, un jeune homme de 18 ans « qui consultait de manière compulsive des sites masculinistes et qui voulait passer à l'action ». C’est suffisant pour mettre en branle « les services de renseignement français », dit le ministre, et envisager « les dispositifs applicables en matière de terrorisme [qui] seront appliqués, à la fois s'agissant des subventions et s'agissant des référencements de ces sites qui peuvent inciter à la haine et à la violence ».

Nous avons demandé à Julien Rochedy – les lecteurs de BV ont pu le rencontrer le 30 janvier, lors de l’événement « Urgence, Françaises en danger ! » –, auteur accusé par la gauche d’être la figure du méchant masculiniste, ce qu’il en pensait. Pour lui, « cette campagne relayée par toute la presse mainstream ne repose sur rien. C’est juste de la mousse, un contre-feu allumé pour ne pas parler des réels problèmes. Ça sert à étouffer la montée des violences et du sexisme, manifestes en effet dans certaines populations. » Selon un processus bien rodé, « on mélange tout, et plutôt que de s’en prendre aux islamistes, par exemple, on s’en prend à des gens tels que moi parce qu’ils contestent la théorie du genre ». Quant aux actes violents qui laisseraient supposer des menées terroristes, on les cherche : « À ma connaissance, il n’y a eu, en France, aucun acte violent revendiqué au nom du masculinisme. Le seul répertorié a eu lieu aux États-Unis, voilà plusieurs années. »

Il est vrai que le brassage dans le grand chaudron de la confusion évite de s’interroger sur les causes, par exemple l’incidence de pratiques religieuses rigoristes sur les rapports hommes-femmes, ou les effets pervers d’un wokisme débridé. Or, les chiffres révélés par l’enquête de l’IFOP en novembre dernier sont parlants : « La population musulmane tend à être de plus en plus pratiquante et à suivre rigoureusement les normes de l'islam », notamment « les moins de 25 ans ». Inquiétant pour les femmes, « les Frères musulmans est le mouvement le plus approuvé » et la charia jugée supérieure aux lois de la République. Comme l'écrivait Aïcha Belabid, dans Courrier international, « l'islam n’a pas libéré la femme » — au contraire.

De l’autre côté, celui du wokisme, il est intéressant d’écouter la porte-parole de la Fédération nationale Solidarité Femmes, Camille Lextray. À l’entendre, les tentatives de saturation du 3919 seraient le fait de collectifs qui réclament qu’on y écoute également les hommes, se plaignant d’une discrimination « anti-hommes ». Or, il y a à leur disposition d’autres « dispositifs existants et adaptés ». Lesquels reçoivent, à l’évidence, moins de publicité que le 3919.

Madame Lextray ne se posant pas la question, on va le faire pour elle : et si, comme les étudiants de Limoges qui prennent le congé menstruel offert « aux personnes qui ont leurs règles », les bloqueurs du 3919 voulaient démontrer par là l’absurdité d’une société qui se veut dégenrée ? En effet, pourquoi réserver un numéro aux femmes, si on leur dénie toute réalité biologique !

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 13/02/2026 à 21:01.

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Marie Delarue
Journaliste à BV, artiste

Vos commentaires

51 commentaires

  1. Le masculinisme c’est la seule réponse efficace aux féminismes (souvent saphistes). Si on veut sauver la natalité, c’est la seule solution. Le reste n’est que littérature verbeuse.

  2. Le masculinisme c’est être protecteur, défendre les plus faibles comme les femmes et les enfants, c’est faire les travaux de force ou pénibles pour soulager les femmes, c’est construire, réparer, rénover, c’est aussi faire de sport avec sa famille…pour moi le masculinisme c’est être un homme, en être fier et faire des tâches d’homme pour aider sa famille ou sa communauté. Le masculinisme toxique n’est pas du masculinisme, c’est la charia!

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