Le conseil régional de Bretagne préfère-t-il SOS Méditerranée aux agriculteurs ?

La collectivité baisse d'un million d’euros ses subventions au monde agricole.
© Sxilderik Wikipedia Creative Commons 3.0
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Étonnant sens des priorités. Pour son budget de l’année 2026, l’exécutif du conseil régional de Bretagne prévoit une baisse d’un million d’euros des subventions destinées au monde agricole.

« Avec la diminution annoncée des recettes, en particulier la dotation globale de fonctionnement et l’augmentation de nos dépenses, notamment les charges de personnel, c’est 40 millions de moins dans notre budget », justifie Arnaud Lécuyer, vice-président socialiste de la région Bretagne en charge de l’agriculture, cité par Ouest-France le lundi 26 janvier. Il arriverait même à émouvoir : « Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous avons pris cette décision. » Par exemple, ce sont les syndicats agricoles qui voient leurs subventions supprimées. La Confédération paysanne évoque une perte de 17.000 euros. La Fédération régionale des syndicats d’exploitants agricoles (FRSEA) dénonce, pour sa part, « un choix politique incompréhensible dans une région où l’agriculture est l’activité économique principale ». C’est aussi l’agriculture biologique qui trinque. Des élus écologistes s’en sont offusqués car, dans le même temps, les investissements pour l’aéroport de Quimper pleuvent. « On a du mal à comprendre ces arbitrages de gauche », expliquent-ils. Des nuances de gauche.

500.000 euros en cinq ans pour SOS Méditerranée

« Ce choix n’est pas une fatalité budgétaire : c’est un choix politique assumé », s’émeut, dans un communiqué publié ce 27 janvier, l’eurodéputé Gilles Pennelle, par ailleurs président du groupe RN au conseil régional.

« C’est purement scandaleux, s’indigne, auprès de Boulevard Voltaire, le parlementaire breton, en pleine crise agricole, ce n’est pas le moment de s’en prendre aux agriculteurs. » Le parlementaire mariniste évoque les circonstances difficiles pour un secteur durement éprouvé : mobilisation agricole durant tout ce mois de janvier, tensions autour du Mercosur, crainte des baisses de dotations de la PAC à venir. « C’est une provocation, dans le contexte actuel », accuse Gilles Pennelle. Le président du groupe RN au conseil régional ne manque pas d’évoquer la politique budgétaire de l’exécutif socialiste. « Je dénonce ce choix, d’autant que dans le même temps, le conseil régional continue à financer SOS Méditerranée à qui il aura versé plus de 500.000 euros en cinq ans. » À la liste s’ajoutent les nombreuses subventions versées aux associations du monde culturel souvent très politisées à gauche.

Le Togo plutôt que la Bretagne

Du côté de la droite, le groupe Hissons haut la Bretagne, présidé par l’eurodéputée LR Isabelle Le Callennec, est aussi opposé à cette politique budgétaire qui doit être votée en février : « En pleine crise, comment comprendre ce camouflet ? Le rôle des syndicats est pourtant crucial pour instaurer un dialogue indispensable. Faudrait-il le rappeler à la gauche ? »

« Des économies étaient possibles ailleurs », évoque Gille Pennelle, dans son communiqué. Dans lequel il n’épargne pas le président de la collectivité, Loïg Chesnais-Girard : « [Il] finance ainsi des projets éloignés des préoccupations des Bretons, allant jusqu’au financement de latrines au Togo, pendant que nos exploitations agricoles sont fragilisées. » Les Bretons apprécieront.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 01/02/2026 à 12:11.

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Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

56 commentaires

  1. On se réveille les bretons ? (dont je suis) vous voulez encore être piétinés allègrement ? pour le bien, bien sur.

  2. Les électeurs de gauche n’ont rien compris et c’est ça le pire. Quand ce pays sera enterré, ils n’auront plus rien et même pas un mouchoir. Ils regretteront leurs idées passées, leurs votes mais il sera trop tard. Plus d’école (c’est déjà le cas), plus de santé (on n’en est pas loin), plus d’aides sociales (la aussi ça commence à piquer), salaire misérable pour uniquement survivre et payer la CSG…pour les plus pauvres immigrés du monde se sera une plus value, mais pour ceux qui veulent vivre décemment en France se sera fini, ils ne vivront que pour survivre chaque jour. Si le but des gauchistes est de vivre dans la misère ainsi que toute leur descendance, alors ils font un bon travail pour y parvenir.

  3. La gauche sait pertinemment que 90% des paysans bretons ne votent las pour elle. Cela me rappelle il y a 20ans un certain maire (de droite et en instance de départ) à qui j’expliquais qu’on allait construire un atelier ferroviaire dans sa ville, qui allait créer 30 à 40 emplois, mais qui a émis un avis défavorable à la construction sous prétexte que les cheminots ne votaient pas pour lui (dixit).

  4. Les socialistes disent « nous prenons l’argent aux riches pour le donner aux pauvres « . Leurs adhérents sont pour.
    Ce qu’ils n’ont pas compris, c’est que pour leur parti, les riches ce sont eux.
    La gauche aime tellement les pauvres qu’elle les importe !

  5. Les socialistes mont toujours préféré les étrangers aux leurs.
    Il faudrait leur rappeler cette maxime « Charité bien ordonnée commence par soi-même « .
    Et les premiers idiots sont ceux qui continuent à voter socialiste.
    Pas sûr que, s’ils se tenaient un peu au courant de ce que font leurs élus avec leur argent, uls continueraient à voter pour eux.

  6. nous n’avons pas à donner de l’argent à SOS méditerranée c’est la honte de leur donner de l’argent je ne paye pad des impôts pour le distribuer à des voleurs .

  7. La Bretagne et par extension la France échoués contre un iceberg avec topgun jouant du violon accompagné par ses loosers du gouvernement, au milieu d’un océan glacial rempli de requins

  8. Il faudrait peut-être commencé par rappeler que si les Bretons votent à gauche, c’est sous la double influence de l’Eglise catholique postconciliaire et d’un quotidien régional, Ouest-Torche comme disent les journalistes. Mitterrand élu en 1981, c’est parce que la Bretagne a viré à gauche vers 1978-1980. La vieille droite usée (Yvon Bourges, Raymond Marcellin, René Pleven, Michel Cointat) étant remplacée par de jeunes élus socialistes, intello-rocardiens (Edmond Hervé, Jean-Yves Le Drian), qui à leur tour, essorés ont laissé les places à des apparatchikis sans envergure : qui connaît le nom du président du conseil régional ? qui connaîtrait les noms des maires de Brest ou de Rennes s’il n’y avait les narcotrafiquants ? Maitenant, soyons sérieux, si la Bretagne ressemble à l’image qu’en ont les honorables commentateurs de BV, il est grand temps de lui accorder son indépendance. Et mon petit doigt me dit que ce n’est pas la Bretagne qui y perdra le plus !

  9. En Espagne, 95 % des impôts des Basques ou des Catalans vont au budget régional, et 5% au budget fédéral. En France, 95 % des impôts des Bretons ou des Alsaciens vont au budget fédéral, et 5 % au budget régional. Cherchez l’erreur…

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