Le Cri, un nouveau mensuel des cathos de gauche contre Stérin et Bolloré
Vous ne le saviez peut-être pas, mais le Diable a un nom double : il s’appelle Stérin-Bolloré. Ce sont eux, les monstres à la tête des forces du mal, les Belzébuth et les Baël. Eux, les ravageurs des sacristies, les pilleurs de troncs, les détourneurs de sacralité ; eux qui dirigent les colonnes infernales de « l’extrême droite ». Mais les forces du bien sont en marche et pour mieux combattre l’ennemi, elles lancent cet automne un nouveau mensuel. Il s’appelle Le Cri.
Un nouveau média, c'est une nouvelle histoire à raconter. Je vous propose de découvrir celle du Cri, le premier média pour les chrétiennes et chrétiens engagés. https://t.co/ZJyTdv0gHb pic.twitter.com/hEOCV2aR61
— Paul Piccarreta (@PaulPiccarreta) September 2, 2025
On connaît Le Cri du peintre norvégien Edvard Munch, titre générique de plusieurs aquarelles réalisées au début du siècle dernier. Sa figure horrifique symbolise, disait Munch, « l'homme moderne emporté par une crise d'angoisse existentielle ». En cela, le titre du nouveau mensuel est sans aucun doute fort bien choisi.
Les cathos de gauche sont en effet plongés dans une profonde angoisse existentielle. Incapables de saisir la vague qui monte, particulièrement dans la jeunesse, les voilà arc-boutés sur leurs vieux clivages, tétanisés par les conversions, les nouveaux pèlerins, les catéchumènes. Il leur faut un bouc émissaire. Dans la droite ligne de leurs mentors, ils désignent l’extrême droite, incarnée disent-ils par Vincent Bolloré et Pierre-Édouard Stérin.
« Le premier média qui combat l’extrême droite sur le terrain religieux »
Consacrant un article à la création de ce nouveau mensuel, Libération n’hésite d’ailleurs pas à parler de « croisade ». Reprenant l’annonce de la sortie du Cri par l’AFP, le quotidien écrit : « Ce nouveau mensuel "chrétien, joyeux et radical" se lance à l’automne, avec l’ambition de porter un discours de gauche face à "une nouvelle extrême droite" qui "veut confisquer le christianisme". » Il s’agit de « résister à l’emprise sur les médias des cathos d’extrême droite – et milliardaires, de surcroît : Pierre-Édouard Stérin et Vincent Bolloré ».
À la tête du nouveau mensuel, Théo Moy et Paul Piccarreta. Le premier, ancien journaliste à La Croix, définit ainsi son projet : « un journal pour approfondir le désir de radicalité et la soif d’espérance. Inspiré par la joie révolutionnaire des évangiles, Le Cri explore les grands enjeux écologiques, sociaux et politiques de notre époque. » Il veut « mettre en lumière ce renouvellement d’un christianisme d’action sociale et d’émancipation ».
L’angoisse existentielle des boomers de l’Église
Plus fondamentalement, on comprend que ce nouveau titre vient accentuer un clivage qui s’est fait jour lors du décès du pape François. Voulant mêler « justice sociale et écologie », Le Cri reprend comme ligne directrice cette phrase de l’ancien pontife : « le cri de la Terre et le cri des pauvres ». Résolument à gauche, cherchant même à doubler La Croix sur ce côté de la chaussée, les fondateurs du Cri écrivent, sur leur site : « De l’Europe aux États-Unis, une nouvelle extrême droite veut confisquer (sic) le christianisme pour en faire une force de division. En France, ce courant est soutenu par les milliardaires Vincent Bolloré et Pierre-Édouard Stérin. Face à Goliath, de quoi disposons-nous ? De nos lecteurs et de leur bonne volonté. »
Ces braves gens témoigneraient donc d’une ouverture d’esprit inconnue du camp d’en face. On notera aussi, au passage, qu’ils sont infiniment moins gênés par les milliards d’un Matthieu Pigasse, actionnaire du Monde – « un banquier d’affaires très à gauche qui s’est goinfré sur la crise de la dette de la Grèce, qu’il conseillait alors », comme le rappelle Franz-Olivier Giesbert, dans Le Point –, que par ceux de Bolloré ou Stérin. Pourtant, ces grands militants de l’inclusion sont de farouches adeptes de la pensée unique, sûrs qu’ils sont de détenir LA vérité. En témoigne le sort fait à Alban du Rostu, « chrétien de droite » embauché par le nouveau patron François Morinière comme numéro 2 du groupe d’édition et de presse Bayard. Viré sous la pression des syndicats, et tout particulièrement des journalistes de La Croix avant même d’avoir commencé, rejeté pour ses convictions religieuses jugées trop tradis et surtout ses liens avec Pierre-Édouard Stérin, il confiait, dans un entretien à L’Express : « Jamais je n’aurais imaginé subir un tel sectarisme. » Comme l’analysait alors Tribune chrétienne, « cette attitude de discrimination caractérisée montre à elle seule toutes les limites d’un discours qui se veut altruiste mais qui ne l’est pas ». Et d’ajouter : « Avec un tel sectarisme affiché et revendiqué, le journal La Croix devrait se garder de donner des leçons de morale tous azimuts. » Pas suffisant, toutefois, puisque Le Cri entend maintenant concurrencer La Croix sur cette partie du terrain.
La société se fracture et les boomers de l’Église, ceux qui ont vécu les grandes années des prêtres ouvriers et de la théologie de la libération, ceux qui, pour finir, ont fait de l’immigré l’unique figure christique, réduisant la religion au militantisme social, ceux-là sont perdus. La foi et le besoin de spiritualité et de rituel qu’ils avaient remisés dans les catacombes sont de retour. Apeurés, ils l'appellent « extrême droite ». Ce n’est pas cela qui arrêtera la vague.
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98 commentaires
Le curé de mon village du midi de la France était ce qu’on appelait un prêtre ouvrier d’après les dire un communiste forcené, ses prêches dérangeaient beaucoup de monde mais on le supportait car il était un fervent supporter de l’équipe de rugby et tout les ans il prenait tout les gamins du village, croyants ou non, en vacances.
Les cathos de gauche sont-ils vraiment catholiques ou ne sont-ils que de minables politicards?
Rien que de savoir que Libération fait leur éloge, c’est plutôt la méfiance qui m’envahie. Qu’il garde leur cri, moi je suis Mrs Bolloré et Stérin.
Toutes les idéologies de gauche sont dérivées du communisme qui, je le croyais, est plutôt du genre athée, voire carrément anticlérical. Alors comment peut-on sérieusement se dire croyant, à fortiori catholique, et de gôche ?…
Ou quand Libération fait l’éloge de cathos..
Une « nouvelle extrême-droite » voudrait « confiquer le christianisme »… ? Cela n’ a pas beaucoup de sens. Il y a différents magazines ou journaux _ selon les sensibilités ( L a Croix, Monde et Vie etc ). Rien de bien neuf, donc ( puisqu’il y a déjà La Croix ).
Si ce nouveau média veut faire oeuvre utile, au lieu de rentrer dans une arène politique qui ne les regarde absolument pas, « Le Cri » ferait mieux de regarder à l’intérieur de sa chapelle et y voir et chercher ce qui ne va pas. Il serait ainsi autrement plus intéressant et permettrait d’assister le nouveau pape, Léon XIV, pour l’aider à redresser l’Eglise catholique plus que moribonde.
J’ai eu malgré moi une éducation catholique , j’ai même été pensionnaire dans un lycée privé aussi catholique ou j’ai eu un excellent enseignement ou l’on m’a surtout apprit à réfléchir , et aprés réflexions j’en ai déduit que le seul vrai communiste était Jésus ! d’ailleurs je pense qu’il était le seul et l’unique !! au sent littéral du terme !
Vous avez parfaitement vu juste Mme Delarue : » ce n’est pas çela qui va arrêter la vague » … (heureusement !!
Assurément ils préfèrent les milliardaires de gauche – qui eux, ne sont pas chrétiens du tout!
Bolloré propose deux ou trois messes par an sur une chaîne? c’est un salaud de catho et le nouveau journal le déteste tout en se réclamant du catholicisme! cherchez l’erreur!
Stérin aide les fêtes traditionnelles en France! Ils doivent préférer Pigasse qui favorise les groupes qui détestent la France, les français et leurs traditions… Pourquoi? là encore, cherchez l’erreur!
Un ramassis de faux catholiques qui détestent la France telle qu’elle reste encore un peu!
Mais qu’est ce que ça peut leur faire?
Evidemment, ce média fait référence au pape François, et à la théologie de la libération.
Pire qu’un communiste : un catho de gauche.
« Le Cri, le média chrétien, joyeux et radical » : ou comment créer un journal qui se dit chrétien, fondé sur le dénigrement de ses confrères.
Leur campagne d’abonnement semble comporter de nombreuses coquilles; il faut lire : « Le Cri : le média crétin, envieux et ombilical ».
Revue qui s’affiche comme chrétienne, mais visiblement de « goche ». Chrétiens de « goche ». J’ai toujours pensé que c’était un pléonasme. Le Chrétien, en principe, met Dieu au centre du Monde, de Tout, alors que les gens de « goche » mettent l’Homme Prométhéen au centre de tout, allant même jusqu’a nier Dieu….Cela me semble irréconciliable, un grand écart philosophique et spirituel. On ne peut servir deux maitres a la fois !
Plutôt un oxymore..
Et oui ! evidemment ! Merci de me le rappeler.
ON va s’en retourner au bon vieux temps où l’on voyait une séparation des femmes et des hommes , les bancs de droite réservés aux hommes et ceux de gauche aux dames (vu du choeur de l’église) (à rappeler aussi à nos plus jeunes générations) ; or maintenant nous allons assister à une distinction non plus genrée , les gauchistes (donc à gauche naturellement ) et le reste des fidèles dans les bancs de droite ou sur les fonds baptismaux pour les centristes ; à ne pas souhaiter que lors de la sortie de la célébration on en vienne aux mains . Hélas nombre de ces pratiquants sont dans cet état d’esprit où le diable n’est plus un esprit démoniaque mais bel et bien incarné dans cet agrégat d’extrémistes de droite.