Le duc et la duchesse de Bretagne prennent l’eau dans la cathédrale de Nantes

Cette situation est une nouvelle conséquence de l’incendie criminel de 2020, provoqué par un OQTF rwandais.
Les sculptures telles qu’elles vont être exposées à Nantes @DRAC
Les sculptures telles qu’elles vont être exposées à Nantes @DRAC

Il pleut. Il pleut tant en France que l’eau finit même par s’infiltrer jusque sous les voûtes millénaires de nos cathédrales, ruisselant alors sur des siècles d’Histoire sculptée. En effet, à Nantes, les récents épisodes pluvieux ont ainsi mis en péril l’un des plus précieux joyaux de la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul : les gisants du duc de Bretagne François II et de son épouse Marguerite de Foix. Cette situation survient alors dans un édifice encore en plein chantier de restauration, conséquence directe de l’incendie criminel provoqué, en juillet 2020, par l’OQTF rwandais Emmanuel Abayisenga, désormais condamné.

Une fuite d’eau menace les gisants

Selon nos confrères de Ouest-France, il y a environ une semaine, une fuite d’eau a sévi à l’intérieur de la cathédrale de Nantes. Les gisants de François II et son épouse Marguerite de Foix, ainsi que les sculptures du lion et du lévrier qui complètent l’ensemble funéraire, ont été exposés à ces infiltrations provenant de la toiture.

Les conservateurs de la DRAC ont rapidement rassuré sur l’état des œuvres. Toutefois, si les statues n’ont pas été altérées par l’humidité, cet incident a permis de constater que les voûtes, fragilisées par l’incendie de 2020, se seraient légèrement dilatées sous l’effet des conditions climatiques récentes, provoquant ainsi un défaut d’étanchéité. Par mesure de précaution, les sculptures ont été recouvertes de bâches, avant leur déplacement imminent vers un espace mieux protégé à l’intérieur de la cathédrale. Les amoureux du patrimoine et de l’Histoire pourront ainsi continuer à contempler ce remarquable ensemble funéraire du début de la Renaissance sans craindre d’être trempé.

Un monument historique

Le tombeau de François II de Bretagne et de Marguerite de Foix constitue un chef-d’œuvre majeur de la sculpture de la Renaissance française. Commandé par leur fille, Anne de Bretagne, alors reine de France, il est réalisé entre 1502 et 1507 par le grand sculpteur Michel Colombe. À la mort d’Anne de Bretagne, épouse de Louis XII, en 1514, sa dépouille est inhumée à la basilique de Saint-Denis, mais son cœur, symbole de son attachement profond à la Bretagne, est déposé dans le tombeau de ses parents et placé dans un précieux reliquaire en or. Installée à l’origine dans le couvent des Carmes de Nantes, la sépulture est transférée dans la cathédrale en 1817, après la destruction du couvent durant la Révolution et après avoir été sauvée du vandalisme des sans-culottes. Le tombeau est classé monument historique dès 1862.

Les gisants. @DRAC

Les gisants représentent le couple ducal allongé, les mains jointes, dans une posture de prière qui symbolise à la fois leur piété et leur condition de défunts. Autour d’eux se dressent quatre figures féminines allégoriques incarnant les vertus cardinales : la Prudence, la Tempérance, la Force et la Justice. L’ensemble est complété par un lévrier, symbole de fidélité et de loyauté, et par un lion, évocation de la puissance et du courage. Par ses nombreuses métaphores, l’œuvre devient ainsi un objet profondément politique, destiné à célébrer les qualités morales et le prestige d’une lignée devenue, par Anne de Bretagne, l’ancêtre directe des derniers souverains Valois.

Les cicatrices de l’incendie

Depuis l’incendie volontaire du 18 juillet 2020, pour lequel Emmanuel Abayisenga a été condamné, la cathédrale de Nantes porte encore de lourdes cicatrices. Un vaste programme de restauration est conduit depuis lors par la DRAC des Pays de la Loire, financé par l’État à hauteur de plusieurs dizaines de millions d’euros. Une réouverture partielle de l’édifice a eu lieu en septembre 2025, alors même que des travaux majeurs se poursuivent dans différentes parties de la cathédrale.

La restauration du tombeau des ducs de Bretagne a débuté en 2023. Elle a notamment consisté à déposer certains éléments inférieurs du monument afin de les immerger dans des bains spécifiques destinés à extraire les sels accumulés dans la pierre, menaçant de détruire certaines sculptures à terme. Cette opération, intégralement financée par l’État, a alors représenté un investissement de près de 1,12 million d’euros.

L’épisode récent de fuite d’eau rappelle ainsi brutalement que, malgré la réouverture partielle de la cathédrale, les conséquences de l’incendie criminel de 2020 continuent de fragiliser l’édifice. Ce qui arrive aujourd’hui aux gisants des ducs de Bretagne est un défi supplémentaire pour les restaurateurs et les conservateurs chargés de préserver ce patrimoine si précieux.

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Eric de Mascureau
Chroniqueur à BV, licence d'histoire-patrimoine, master d'histoire de l'art

Vos commentaires

20 commentaires

  1. Avec tous ces millions,il aurait mieux valu offrir au futur incendiaire Oqtf une villa avec piscine dans son pays d’origine ou un autre de son choix avec un billet de première classe,on y aurait très largement gagné!

  2. Dans une ville comme Nantes PS, ne pas compter sur une aide financière pour rénover ce joyau…..

    Quand on accueille n’importe qui, voilà ce qui arrive, mort d’un prêtre et dégradation de notre patrimoine, bravo la gauche

  3. Le titre du livre sur le Tombeau du Duc François II de Bretagne et de son épouse Marguerite de Foix est :
    « Le tombeau des ducs de Bretagne UN MIROIR DES PRINCES SCULPTE », publié aux Editions Beauchesne.

  4. Pour vous rendre compte de l’immense valeur artistique de ce monument, il est conseillé de lire l’ouvrage majeur écrit par Sophie de Gourcy, et couronné par l’Académie de Bretagne, publié chez Beauchesne..

  5. Ils gisent là sans voix, sans geste et sans ouïe,
    Et de leurs yeux de pierre ils regardent sans voir
    La rose du vitrail toujours épanouie.
    José-Maria de Heredia

  6. Un OQTF rwandais chouchouté pendant des années par l’Eglise et les religieux de Nantes… Si l’Eglise ne l’avait pas soutenu cela ne serait pas arrivé, alors qu’elle cesse de geindre !

    • Avec vos « SI », on mettrait Paris en bouteille. Posez-vous plutôt la question pourquoi n’a-t-il pas été expulsé ? Encore une défaillance de l’Etat Français qui nous coûte la sauvegarde de cette cathédrale, et pire encore la vie d’un prêtre devenu martyr…

      • La « générosité » des Chrétiens risque de les mener à leur perte. Il faut combattre les monstres, et ce n’est pas en leur faisant des risettes.

    • Toujours à cracher sur l’église hein BOBO ?? La charité chrétienne, même si je me dis que c’est bien inutile quand on a affaire à de telles personnes, mais ce n’est pas votre problème et on ne vous demande pas de payer pour les rénovations donc……commentaire non avenu

  7. Bien sure s’il pleuvait sur certains prophètes qu’on ne saurait représenter certaines municipalités concernées se démèneraient comme le diable dans un bénitier.

  8. Prudence, Tempérée, Force et Justice qui prennent l eau. ( origine incendie criminelle ( OQTF) 2020). une allégorie de la France..

    • Mais les Nantais n’ont que ce qu’ils méritent. Ils représentent parfaitement les Français symbolisé par le coq qui adore chanter perché sur un tas de fumier

Commentaires fermés.

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