Le feu des « barbares » frappe la maison de Louis et Zélie Martin

Une fois encore, un morceau de notre patrimoine a subi les dommages d’une soirée chaotique.
Alençon incendie L et Z Martin
capture X

Dans la nuit du samedi 31 mai au dimanche 1er juin 2025, un incendie a ravagé un immeuble de la rue du Pont-Neuf, à Alençon. Ce bâtiment n’était pas un simple ensemble de pierres coiffé d’un toit noyé dans l’anonymat urbain : il s’agissait de l’ancienne horlogerie de saint Louis Martin, le père de sainte Thérèse de Lisieux. Ce lieu chargé d’Histoire, premier foyer de la famille Martin, a ainsi été la proie des flammes lors des émeutes ayant suivi la victoire du PSG en Ligue des champions.. Si aucun mort n’est à déplorer, c’est néanmoins une part précieuse de la mémoire chrétienne et locale qui est endommagée. Une fois encore, un morceau de notre patrimoine a subi les dommages d’une soirée livrée à la violence des « barbares ».

Un foyer chaleureux

Avant d’être l’une des saintes les plus populaires du XXe siècle, Thérèse de Lisieux fut la cadette d’une famille, celle de Louis et Zélie Martin. Le couple, canonisé en 2015, vécut à Alençon pendant les premières années de leur mariage, célébré en 1858. C’est dans cette maison, acquise par Louis en 1850 et située au 17, rue du Pont-Neuf, qu’il installa son horlogerie-bijouterie. Zélie, de son côté, poursuivait son activité de dentellière autre part. Ce fut dans ce foyer chaleureux qu’eurent lieu les premières années de la vie conjugale des époux Martin et que naquirent tous leurs enfants, à l’exception de Thérèse. Parmi eux, Léonie, dont le procès de béatification est ouvert depuis 2015.

En 1870, Louis Martin céda sa demeure à son neveu Adolphe Leriche. Le bâtiment connut ensuite plusieurs propriétaires, fut progressivement transformé mais garda toujours la même forme extérieure. Restée propriété privée, cette maison ne fut jamais intégrée au sanctuaire Louis et Zélie Martin. Cependant, Grégoire Moreau, directeur du sanctuaire, souligne avec émotion, auprès de BV : « C’est un événement dommageable et profondément touchant. Ce lieu était le premier foyer de Louis et Zélie Martin, où ils vécurent ensemble pendant douze années. Même si l’aménagement intérieur ne correspondait plus exactement à l’époque des Martin, la structure du bâtiment demeurait authentique. Ce lieu portait encore la mémoire vivante de cette famille et de ce couple saint. »

Un incendie au cœur de la nuit

Le sinistre s’est déclaré aux alentours de minuit, dans un quartier déjà agité par les débordements liés à la victoire du PSG. D’après les premières constatations, une voiture aurait percuté violemment la vitrine d’une agence d’assurance située au rez-de-chaussée, déclenchant alors l’incendie dévastateur. Selon Ici (ex-France Bleu), il s’agirait d’une sortie de route causée par les nombreux rodéos urbains ayant lieu dans la ville cette nuit-là, en lien avec les festivités.

Un important dispositif, comprenant une quarantaine de pompiers, a alors été déployé pour maîtriser les flammes et éviter leur propagation aux maisons voisines. Trois personnes ont dû être évacuées, dont deux légèrement blessées.

Sur le plan politique, la réaction du maire de gauche Joaquim Pueyo, qui a déclaré que « ça aurait pu être pire », a suscité de vives critiques. Oscar Piloquet, candidat RN aux prochaines élections municipales, a dénoncé dans un communiqué la « passivité » de la municipalité face à des risques et des « dégradations prévisibles ».

Un lieu de mémoire

Bien que ce bâtiment n’appartienne pas au sanctuaire, ce lieu tient une place importante dans la mémoire locale et sa destruction constitue un événement douloureux pour la communauté catholique d’Alençon. En effet, de nombreux pèlerins s’arrêtaient parfois devant cette maison, lors de courtes haltes, afin de se recueillir. Conscient de ce lien entre cette demeure et l’histoire du couple de Louis et Zélie Martin, Grégoire Moreau a déclaré avoir, au nom du sanctuaire, « immédiatement adressé un message de soutien aux sinistrés ».

Jean-David Desforges, un historien local, rappelle également de façon plus laïque et utilitariste, dans Ouest-France, que « le patrimoine thérésien, qui est un vecteur économique d’Alençon, perd aujourd’hui un site ».

L’incendie de la maison des Martin dépasse ainsi et encore le simple fait divers. Il symbolise une blessure infligée à notre mémoire collective au patrimoine, à la foi, à l’Histoire et même à l’économie locale. Cependant, si le feu a réussi à détruire quelques murs, il n’a pas réussi à réduire en cendres la mémoire d’une famille et son héritage spirituel qui perdure encore aujourd’hui grâce, notamment, à sainte Thérèse de Lisieux, dont le centenaire de la canonisation a été célébré ce 17 mai.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 06/06/2025 à 10:55.
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Eric de Mascureau
Chroniqueur à BV, licence d'histoire-patrimoine, master d'histoire de l'art

Vos commentaires

12 commentaires

  1. J’espère qu’une collecte nationale sera organisée afin de restaurer le lieu et de lui rendre son apparence originelle. Bien évidemment, cela n’effacera jamais l’injure qui nous est faite, intentionnellement ou non, par ces barbares.

  2. J’espère que mon message demeurera: Quel que soit leurs origines nous sommes entourés d’une population de canaille, de racaille face à laquelle nous nous devons de ne faire aucuns cadeaux à ces tristes personnages et peu importe leurs âges. Les décisions scandaleuses des juges dans ce domaine, ça suffit, réveillons-nous.

  3. Juste « un sentiment de » ?
    Les autorités doivent comprendre, « voire venir », « pressentir » que cela va imploser. Nous sommes au bord de drames . Les différentes populations vont finir par se livrer mutuellement à des chasses ethniques.
    Il est minuit docteur Schweitzer, il est minuit !
    La survenue de catastrophes est imminente : le temps n’est plus à l’inertie.

  4. Rien ne nous est épargné, de toute façon ils se moquent de notre culture qu’ils trouvent décadente, ils détestent le « beau », bref, je trouve que ça devient invivable

  5. Et bien entendu ,on a d’une part une maison marquée par la religion catholique et de l’autre un maire gauchiste qui minimise la christianophobie. Et si le mot racisme devenu fourre- tout était là.

  6. De toute façon, les délinquants et criminels sont protégés par le Pouvoir actuel, notamment Judiciaire et gouvernemental.

  7. Peut on en savoir plus sur le Pedigree du chauffard ?
    L’assureur AXA qui gère la boutique va pouvoir sortir le pognon pour refaire sa boutique

    • Le chauffard doit s’appeler Kevin , ou Mattéo … Le garde des sots nous informera prochainement .

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