Le Louvre, saison 2 : trafics, inondation, la scoumoune continue
Le coût du préjudice dû à la fausse billetterie s'élève à plus de 10 millions d’euros.
Faux billets, surbooking… Au Louvre, un vaste réseau d’escroquerie impliquant des agents du musée démantelé
➡️ https://t.co/mthJ5dHme9 pic.twitter.com/b8i7gi6Jrp— Le Parisien (@le_Parisien) February 12, 2026
Il ne manquerait plus qu’on découvre une quelconque implication des huiles du Louvre dans le scandale Epstein et l’affaire serait complète. Pourquoi pas, d’ailleurs, car ce ne serait pas la première fois. On se souvient en effet du scandale de l’affaire Canson et de l’achat plus que douteux par le Louvre, en 1985, du Gentilhomme sévillan, un chef-d’œuvre de Murillo. À l’époque avaient été mis en cause le conservateur Pierre Rosenberg et le ministre de la Culture, un certain… Jack Lang.
Petits arrangements entre guides
C’est un véritable réseau de fraude à la billetterie qui a été démantelé. À sa tête, un cerveau organisateur, et des petites mains pour le business. Pour le parquet de Paris, le trafic qui touchait le Louvre et Versailles atteindrait plus de 10 millions d’euros. L’AFP précise que « les fraudeurs organisaient des visites de groupe dépassant la limite autorisée de vingt personnes et facturaient, hors billetterie officielle et à leur profit, des tarifs surévalués aux touristes excédant ce seuil ». Parmi les personnes impliquée figurent deux agents du Louvre et des guides touristiques ; c’est l’occasion de se pencher sur le statut particulier de ces derniers.
Contrairement à ce que l’on pense souvent, les guides ne sont pas salariés par les musées mais disposent d’un « droit de parole », c’est-à-dire l’autorisation de « commenter les œuvres devant du public dans les salles du musée ». Selon le règlement intérieur du Louvre, ce droit est accordé automatiquement aux conférenciers ou guides titulaires de la carte professionnelle française ; aux conservateurs des musées français ou étrangers également titulaires d’une carte professionnelle ; aux personnels enseignants de l’École du Louvre et aux enseignants français ou étrangers conduisant leurs élèves. Enfin, aux personnes autorisées par la directrice, Laurence des Cars.
Le droit de parole est accordé au guide au moment où il effectue la réservation pour son groupe et, théoriquement, l’achat des billets pour ce même groupe. Il faut donc croire qu’une faille dans le système a permis de multiplier les visiteurs au-delà du seuil autorisé de vingt personnes par groupe, cela sans doute avec la complicité de gardiens peu regardants. Toutefois, à la décharge du personnel, reconnaissons qu’il est certainement difficile d’effectuer des comptages rigoureux quand déferlent les hordes de touristes.
À qui la faute ?
Cette affaire de fraude à la billetterie n’est qu’une de plus dans la longue série des mésaventures du « plus grand musée du monde », comme on aime à se le répéter. Et comme le dit la rumeur populaire, quand la poisse colle à ce point, c’est qu’on en est responsable.
Tout le monde a en mémoire le rocambolesque cambriolage d’octobre dernier, quand des pieds nickelés ignares se sont emparés des bijoux de la Couronne au nez et à la barbe des gardiens et du public. Seule a été récupérée la couronne de l’impératrice Eugénie, pauvre joyau cabossé abandonné par les malfrats et retrouvé dans le caniveau au pied de la galerie d’Apollon. Nous avons ici évoqué abondamment les déboires du musée et le rapport de l’Inspection générale des affaires culturelles (IGAC), accablant pour la direction. Le Louvre est une grosse machinerie où « chacun fait ce qu’il peut, chacun pédale dans sa roue, et ça produit des catastrophes », concluait, en décembre, le rapporteur Noël Corbin.
Et chacun peut peu, pourrait-on dire. Ainsi, au vol des bijoux ont succédé la menace d’effondrement de la galerie Campana et l’inondation de la bibliothèque des Antiquités égyptiennes, le tout faute d’entretien des conduites d’eau. Puis les journées de grève se sont enchaînées avant qu’on n'apprenne l’arrestation de personnels responsables d’une fraude d’envergure à la billetterie et, dans la foulée... une nouvelle inondation ! Dans une salle comportant des œuvres importantes...
La gestion du Louvre est un cauchemar sans fin.
Nous apprenions hier que des agents du musée ont organisé un système de fraude à la billetterie pour plus de 10 millions d’euros de préjudice.
Et cette nuit une énième fuite a endommagé de précieuses œuvres.
Bien sûr, encore… https://t.co/uesN6lZpDQ
— N. Dupont-Aignan (@dupontaignan) February 13, 2026
Le voleur de l’Élysée était gardien au Louvre…
Mais une autre affaire est passée peu ou prou inaperçue. C’était en décembre. Entre les fêtes de fin d’année qui approchaient et le tumulte de l’Assemblée autour de l’introuvable budget, on apprenait qu’un collectionneur versaillais et l’argentier maître d’hôtel du palais de l’Élysée venaient de passer aux aveux : ils avaient dérobé et recelé plus d’une centaine de pièces de porcelaine de la manufacture de Sèvres.
Le collectionneur, un dénommé Sylvain S., exposait alors au pavillon Henri II, à Villers-Cotterêts, une partie de sa somptueuse collection privée qui, nous dit-on, est riche de 500 pièces. Des pièces de « Sèvres royal et impérial » destinées à dresser les plus grandes tables. Le site Village de la Justice vante alors son goût très sûr : « Un jeune collectionneur de 30 ans fait dialoguer histoire et élégance à travers une exposition sur la porcelaine de Sèvres. Un regard neuf sur un patrimoine d’exception et une occasion unique de découvrir un monument confidentiel. » Son salaire de gardien au Louvre ne lui permettant pas d’assouvir sa passion pour la vaisselle d’apparat, Sylvain S. faisait affaire avec le grand argentier de l’Élysée, accusé d’avoir dérobé une centaine de pièces. En tout bien tout honneur, dit l'avocat de Sylvain S. au Figaro : « Au départ, on lui a proposé des pièces qui n’étaient pas d’une grande valeur, et il ne s’est pas posé de questions. Puis, la qualité montant en gamme, il a fini par se douter de quelque chose. »
Comme les agresseurs emportés par les volutes du shit et les trips de coke, Sylvain S. « n’est pas un trafiquant, mais a été emporté par sa passion ». Pas encore jugé, il est innocent. On retiendra surtout de cette affaire que la gestion de l’Élysée et celle du Louvre, c’est bonnet blanc et blanc bonnet, puisque personne n’a pu fournir la liste des objets disparus…
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43 commentaires
Ne pas avoir un inventaire précis des trésors de l’Élysée est surprenant et dommageable, mais très commode pour quiconque veut conserver un « petit souvenir » de son passage au palais.
Quelle gabegie généralisée ! Mais je le répète, la gabegie profite à certains.
encore des chances pour la france ?ce n’est qu’une question
Vous voyez encore quelque chose qui fonctionne bien en France ?
Ce n’est pas la scoumoune! C’est le résultat de plusieurs décennies de règne d’une certaine caste soi-disant « cultivée » et pensant que le peuple était bien trop bête pour les comprendre… Alors, que de petits arrangements entre soi, ou tout simplement fermer les yeux dès l’instant que c’était lucratif! Tout est forcément lié dans toutes ces administrations.
Là aussi, il faudra un homme ou une femme à poigne pour remettre les pendules à l’heure…
Vous avez tout à fait raison
Quelle pétaudière, sous couvert du « monde de la culture » !
C’est la pétaudière partout, à la poste, dans les tribunaux dans les hôpitaux à l’Assemblée nationale, au Conseil d’état etc.
Au lieu de mettre des femmes pour la parité mettre des gens pour leurs compétences et leur cursus professionnel…
Cette parité est une imbécillité absolue.
Très vexant pour les femmes choisies afin d’être le binôme de Monsieur Untel ou Machinchose.
Et la responsable du Louvres toujours pas inquiétéee
Bah oui quand il y a des séries….mais bon quand on met n’importe qui aussi pour la billetterie
Pour l’inondation, des travaux auraient du être faits depuis longtemps mais on préfère donner l’argent pour n’importe quoi, dans les autres pays du globe…..
Exactement.
Réfection du palais de l’empereur Hailé Selassié en éthiopie en 2024 ….
Mme Dati, ci-devant ministre de la culture
s’est récemment, au bénéfice de sa campagne municipale, TikTokée en super-éboueur de la ville de Paris, imitant en cela Trump lors de la présidentielle US. Si quelqu’un de son staff pouvait aussi penser à lui suggérer d’enfiler une blouse de femme de « technicienne de surface » pour procéder à un nettoyage complet et urgent de tous ces locaux dorés du Louvre devenus les écuries d’Augias… Allez, la Clique, du balai !…
Excellent, Fuengirolo.
Il ne manque que plus que le retour de Belphégor
Pourtant dans nos rues……
Que dix millions d’euros ? pas terrible.
Il en est qui parlent de la corruption dans certains pays : la paille et la poutre!
« reconnaissons qu’il est certainement difficile d’effectuer des comptages rigoureux quand déferlent les hordes de touristes. »
Ben voyons, la faute à personne? Ah si, les hordes.
Selon l’ong corruption transparency la France est avant dernière en Europe