Le « remplacement » : souhaitable pour Podemos, inévitable pour LFI

De part et d'autre des Pyrénées, l'extrême gauche tente de retourner la théorie du « Grand Remplacement ».
Capture d'écran X
Capture d'écran X

« J’espère que la théorie du remplacement se réalisera », s’est exclamée Irene Montero, ancien ministre de l’Égalité du gouvernement espagnol, lors du meeting de son parti d’extrême gauche Podemos, samedi 31 janvier dernier à Saragosse. Difficile d’être plus explicite ! Pourtant, il n’y a pas si longtemps, le « Grand Remplacement » était une théorie fumeuse de complotistes d’extrême droite… le glissement est tel qu’il est devenu non seulement un argument électoral mais un slogan de campagne, de part et d’autre des Pyrénées.

La même extrême gauche de part et d’autre des Pyrénées

Irene Montero appartient au parti d’extrême gauche espagnol Podemos, et c’est avec lui qu’elle a connu une ascension fulgurante, sans doute parce qu’elle a embrassé avec ferveur toutes les luttes de la gauche. « Féministe radicale », grande défenseuse de la cause LGBTQIA+, soutien indéfectible de la cause palestinienne contre Israël, l’ancien ministre espagnol et députée au Parlement européen coche toutes les cases de la gauche ultra que nous connaissons aussi chez nous.

D’ailleurs, personne ne s’étonne de la voir appartenir au même groupe que Manon Aubry et Rima Hassan, le groupe de la gauche au Parlement européen - GUE/NGL. Elle aussi a profité du conflit israélo-palestinien pour capter la lumière, tentant d’intervenir au Parlement européen avec un keffieh.

Quand la gauche retourne la « théorie du remplacement »...

Samedi, encore, Irene Montero a montré une accointance certaine avec les idées du parti d’extrême gauche français. En faisant de cette « théorie du remplacement » un projet, un objectif, un but, l’élue espagnole de Podemos se rapproche un peu plus de la « tactique audacieuse de récupération » de la théorie du Grand Remplacement par Mélenchon que décrit Le Figaro. Elle pourrait bien prendre, même, le leader insoumis à son petit jeu, lui qui se targuait d’avoir tendu un piège à la droite de Zemmour et Bardella en évoquant un remplacement qui serait tout bonnement générationnel, « un mécanisme de la vie », comme il l'affirme sur X.

 

Parce qu’il devient difficile de nier le remplacement, il s’agit pour Mélenchon de le présenter comme naturel en évoquant une « nouvelle France » dans laquelle « la condition pour pouvoir être un seul peuple français, c’est d’accepter ce que nous sommes, comme nous le sommes. Avec maintenant des enfants, des petits-enfants, des tontons, des tatas, des grands-pères et des grands-mères que l’on va voir au bled une fois par an », comme le rapportait BFM TV de son meeting à Villeurbanne, le 9 janvier. En pleine campagne pour les municipales, le parti des insoumis multiplie les arguments pour séduire cette « nouvelle France » et s'opposer à l’idée d’une « identité française ». Une identité niée dans un meeting, jeudi dernier, par le candidat LFI à Grenoble Allan Brunon, rapporte le JDD. De l’autre côté des Pyrénées, Irene Montero n’en est encore qu’au souhait, au projet politique.

Un projet politique

Après la régularisation, par le gouvernement de Pedro Sánchez, de quelque 500.000 migrants, Irene Montero clarifie encore ses positions, lors de ce meeting en vue des élections aux Cortes d'Aragon, le 8 février prochain : « J'espère que la théorie du remplacement se réalisera ! J'espère que nous pourrons débarrasser ce pays des fascistes et des racistes et les remplacer par des immigrants », lance-t-elle dans une vidéo qui tourne sur X. Elle semble donner raison à Santiago Abascal, le leader de Vox, qui - comme l'écrivait en ces colonnes Samuel Martin - dénonçait de la part de Pedro Sánchez une volonté de « remplacer » « le peuple espagnol ».

D’ailleurs, c’est bien dans ce but que l’élue de Podemos a plaidé, samedi, pour une régularisation plus massive encore : « Les papiers sont des droits », explique-t-elle, avant d’ajouter que « maintenant, nous allons demander la citoyenneté ou changer la loi pour qu'ils puissent voter », puisque « bien sûr, [elle] veu[t] un remplacement. Remplacement des fascistes, remplacement des racistes, remplacement des profiteurs, et [elle] espère qu’[ils] pourron[t] le faire avec les travailleurs de ce pays. Quelle que soit la couleur de leur peau, qu'ils soient Chinois, Noirs, Métis, avec tous les travailleurs de ce pays comme camarades. »

La théorie du Grand Remplacement s’est tellement imposée dans le débat politique que l’extrême gauche ne peut plus l’ignorer ou la considérer comme un complotisme d’extrême droite. Que lui reste-t-il, alors ? Opérer une sorte de retournement et, loin d’en faire un danger à éviter, en faire un projet enviable au-delà des Pyrénées et une réalité inévitable en deçà …

Vos commentaires

29 commentaires

  1. Je ne sais pas comment cette prétentieuse de Podemos pourra faire valoir son féminisme dans une société remplacée à majorité musulmane . Elle croit peut être qu’elle fera le poids en pareilles circonstances .
    La débilité n’a décidément pas de frontières

  2. Il faut remarquer le contresens assumé et affirmé du terme « génération »…pour désigner un « peuplement »…forcé !

    • Sans doute, mais quel est le parti qui fait la pluie et le beau temps en France malgré ses scores minables?

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