Leroy Merlin va-t-il se mordre les doigts de s’être soumis à l’extrême gauche ?

En se soumettant à une organisation d’extrême gauche, l’enseigne s’est offert un bad buzz malencontreux.
@Wikimedia commons
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Leroy Merlin serait-il un magasin d’extrême gauche ? C’est la question que beaucoup se posent, depuis un incident survenu lundi 17 septembre. Ce jour-là, à 11h30, l’enseigne a été interpellée, sur X, par l’antenne française des Sleeping Giants, un groupe de pression qui œuvre à la censure des médias de droite. « Votre pub Leroy Merlin apparaît sur le site abject #FrontieresMedia.fr, obnubilé par l'immigration, qui vend du merch avec le slogan xénophobe du FN/RN et de Génération identitaire et qui est accusé de diffamer des ONG de défense des droits humains. Est-ce OK ? » Une tentative d’intimidation couronnée de succès, puisque l’entreprise a mis moins de quatre heures pour se coucher à plat ventre : « Votre alerte a bien été prise en compte. Le site mentionné a été immédiatement ajouté à notre liste de blocage publicitaire, a ainsi répondu le compte X de Leroy Merlin, dès 15h. Nous ne cautionnons en aucun cas les propos tenus sur cette plate-forme, ni les messages qu’on a pu y voir relayés. » Satisfaction immédiate du soi-disant « collectif citoyen » : « Leroy Merlin retire ses pubs Web du site toxique #Frontieremedia.fr, qui diffuse une propagande outrancière et vend des produits dérivés ornés de slogans xénophobes. » Contactée par BV, l’enseigne n’a pas répondu à nos questions.

 

 

Fort de ce lobbying fructueux, le collectif a alors interpellé d’autres grandes marques : SFR, Auchan, Indeed ou encore la régie publicitaire de Google. Sans surprise, des personnalités politiques d’extrême gauche se sont jointes au mouvement, à commencer par le député LFI Thomas Portes. « Ça va, Auchan ? Ça vous dérange pas trop que votre publicité soit diffusée par un site d’extrême droite raciste et islamophobe ? », a ainsi tweeté l’élu, dont le parti est accusé d’antisémitisme et d’accointances avec des organisations islamistes.

Un long travail de sape

Ce n’est pas la première fois que les Sleeping Giants obtiennent gain de cause. En 2020, Decathlon avait retiré ses publicités de CNews après une campagne de pression menée par le collectif d’extrême gauche. En 2019, c’est Boulevard Voltaire qui avait fait les frais de leur vindicte : la campagne d’intimidation lancée par les « géants endormis » avait suffi à effrayer l’entreprise de prêt-à-porter Cyrillus, qui avait cessé d’acheter des espaces publicitaires sur nos pages, rejoignant ainsi la longue liste des marques soumises à l’extrême gauche.

 

 

D’où vient donc ce pouvoir d’intimidation ? Il se trouve que, s’ils sont dénués autant de capacités intellectuelles que de légitimité, les Sleeping Giants peuvent compter sur le soutien d’amis puissants. Les médias mainstream, notamment, ne rechignent pas à les présenter sous un jour flatteur et à relayer leurs actions. En février 2021, France Inter leur avait ainsi offert une jolie tribune, saluant leur combat contre « les discours de haine présents dans les médias ». Il faut croire que la liberté de la presse, que l’audiovisuel public revendique pour son propre compte, est réservée aux journalistes de gauche…

Un boycott à effet boomerang

Mais depuis les années 2020-2021, le paysage audiovisuel français a évolué. De nouveaux médias ont émergé, une partie du public a ouvert les yeux et s’est réveillée. Face à un gauchisme culturel tout-puissant, la résistance s’est organisée. Plus question de laisser de quelconques « sleeping giants » dicter leur loi impunément.

Ainsi, immédiatement après l’acte de soumission de Leroy Merlin, d’innombrables voix se sont élevées pour appeler au boycott de l’enseigne. « Leroy Merlin ayant choisi de céder aux injonctions idéologiques de l’extrême gauche, l’appel au boycott, pour raison politique, est tout à fait justifié, a lancé le député RN Matthias Renault, sur X. Valoriser les enseignes qui ne cèdent pas à ce chantage le serait d’ailleurs tout autant. » « Leroy Merlin n’acceptera plus jamais des clients de droite dans ses enseignes », a également estimé Stanislas Rigault, fondateur de l’agence Nexus. « Je n’irai plus jamais chez eux ! », a averti, de son côté, le lanceur d’alerte Damien Rieu. Et voilà le boycotteur boycotté.

 

À l’heure où nous écrivons ces lignes, les appels au boycott de Leroy Merlin continuent d’affluer sur les réseaux sociaux. Il se pourrait bien que l’opération tourne, in fine, à la Bérézina, pour l’enseigne bien-pensante… De quoi inciter les autres marques à éviter un tel bad buzz et ne plus se soumettre aux groupuscules d’extrême gauche ?

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

121 commentaires

  1. Un boumerang est revenu, sans délai, dans la tête des communicants de la galaxie MULLIEZ avec une augmentation des abonnements à FRONTIERES : bravo à ces stratèges, qu’ils continuent.
    Le problème est que si il y a une baise du CA de ces magasins, c’est le salarié de base qui va en faire les frais !

  2. L’engeance de la famille MUlIEZ n’irait donc pas vers l’extrême gauche mais la privilégierait. Si on comprend bien, cette famille multi-milliardaire, exilée à l’étranger, oeuvrerait mielleusement comme bon nombre de pleutres courageux, à privilégier et aider, favoriser une démagogie d’électoralisme opportuniste pour se faire bien voir de menteurs violents.

  3. A toutes fins utiles, Groupe Mulliez:
    Auchan, Decathlon, Leroy Merlin, Cultura, Saint-Maclou, Kiabi, Boulanger, Kiloutou, Norauto, Pinkie, Jules, Simply , Alinea, Weldom, Bricoman, Electro Depot, Flunch…
    Je n’y mettrai plus les pieds.

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