« L’extrême gauche a du sang sur les mains » : à l’Assemblée, LFI dans la tourmente

Une séance aux airs de réquisitoire contre La France insoumise s'est déroulée ce mardi 17 février.
Tiffany Joncour, députée RN du Rhône, le 17 février
Tiffany Joncour, députée RN du Rhône, le 17 février

Dans l’Hémicycle, le climat est lourd et solennel. En ce début de séance, cet après-midi du 17 février, les députés observent une minute de silence à la mémoire de Quentin Deranque, ce jeune militant conservateur sauvagement et mortellement lynché par des militants d’extrême gauche à Lyon.

Cet hommage, c’est Éric Ciotti, président de l’UDR, qui en a fait la demande. Une proposition qui a obtenu le vote favorable de la conférence des présidents de la chambre parlementaire. « L’Assemblée nationale condamne unanimement et sans réserve tous les actes de violence et de haine », explique Yaël Braun-Pivet, présidente de l’institution, dans une brève allocution introductive. Les élus se lèvent alors comme un seul homme et le silence s’installe. Les mines sont graves.

Les questions d’actualité au gouvernement débutent. C’est la première fois que les députés se retrouvent en séance, depuis le drame survenu à Lyon. L’enjeu politique est majeur. Tiffany Joncour, députée RN du Rhône, est la première à prendre la parole et s’adresse au gouvernement : « Monsieur le Premier ministre, jeudi soir, sur un trottoir à Lyon, un jeune homme de 23 ans a été lynché par une horde de barbares pour ses seules idées politiques. Samedi, la vie d’un compatriote s’est arrêté, Quentin a succombé à ses blessures. » Dans un calme inhabituel, la parlementaire dresse un constat implacable : la Jeune Garde pourtant dissoute, « ses membres ont continué à sévir, encouragé jusque dans cet Hémicycle où certains ont encore crié récemment "vive la Jeune Garde" ». Soulignant les liens entre La France insoumise et les organisations violentes d’extrême gauche, Tiffany Joncour lance cette question au chef du gouvernement : « Allez-vous dissoudre les organisations antifas ? Allez-vous suivre les démocraties qui ont classé ces organisations comme terroristes, puisque leurs modes d’action le sont ? »

« Non, ce n’est pas la police qui tue »

À droite, les prises de parole sont musclées. « Cette violence ne vient pas de nulle part. Aujourd’hui, l’extrême gauche a du sang sur les mains, lance Laurent Wauquiez, chef de file des députés LR à l’Assemblée. Non, ce n’est pas la police qui tue, c’est l’extrême gauche qui tue. […] Aujourd’hui, c’est l’extrême gauche qui menace la République. » Le député de Haute-Loire enfonce le clou et demande que cesse « le laxisme dont bénéficient ces groupuscules d’extrême gauche » et « l’impunité dont bénéficie La France insoumise dans la République ».

Côté gouvernement, on n’est pas en reste. Sébastien Lecornu, très offensif, s’indigne contre les propos « ignobles et abjects » de Mathilde Panot. La patronne des députés insoumis tentait de se défendre laborieusement, quelques minutes auparavant, avec un discours victimaire. « Ceux qui instrumentalisent ce drame pour nous salir doivent cesser », expliquait-elle. « La France insoumise doit faire le ménage dans ses idées et dans ses rangs », lance alors le Premier ministre. Gérald Darmanin, déterminé, répond aux interpellations et vise La France insoumise, et particulièrement le député Raphaël Arnault. « Il y a de la brutalisation lorsqu’on justifie l’action de la Jeune Garde et qu’on investit aux législatives son dirigeant déjà condamné pour violence physique », développe le garde des Sceaux.

Raphaël Arnault absent

Du côté des bancs insoumis une étonnante discipline règne. Selon toute vraisemblance, des consignes de ne pas réagir ont été données. Tels de bons petits soldats, les parlementaires rongent leur frein, eux qui n’ont que l’invective et la vitupération aux lèvres, lors des débats. Cette discipline de non-réaction en dit long sur la gêne de La France insoumise. Cela n’a pas échappé à Hanane Mansouri, qui pointe l’absence que tout observateur a remarquée : l’absence du député insoumis Raphaël Arnault au sujet duquel Boulevard Voltaire vient de publier une enquête exclusive« Si LFI est innocent, si vous n’avez rien à voir avec ce qui s’est passé, où est Raphaël Arnault ? Où est le député fondateur de la Jeune Garde ? Pourquoi se cache-t-il, aujourd’hui ? », interroge la députée UDR de l'Isère.

À l’extérieur de l’Hémicycle, le député LFI Aurélien Le Coq tente de désamorcer l’attaque en justifiant l’absence de son collègue avignonnais par « les menaces de mort » nombreuses que celui-ci aurait reçues, ces derniers jours. Une outrance de plus à mettre à l'actif des insoumis.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 19/02/2026 à 4:42.
Picture of Yves-Marie Sévillia
Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

60 commentaires

  1. Le Arnault servira de fusible ,c’était prévu.

    Meurtre de Quentin : « On savait qu’on aurait des postes chez LFI si on faisait le sale boulot » — un ancien cadre de la Jeune Garde décrit un Jacques-Elie Favrot connu de la police , suiveur, aux ordres de Raphaël Arnault .
    Un ancien membre de la Jeune Garde, groupe d’autodéfense antifasciste dissous en juin 2025, livre un témoignage rare sur le fonctionnement interne du mouvement et sur ses figures centrales, Raphaël Arnault et Jacques-Elie Favrot, alias « Jef ». Ce dernier a été interpellé mardi soir dans le cadre de l’enquête pour « homicide volontaire. Parle de son expérience dans un interview dans « le Parisien « 

    • Qu’il parte, tant mieux, j’ai signé deux pétitions dans ce sens depuis ce matin une de Reconquête, l’autre de Marion Maréchal et j’en signerai autant qu’il le faudra
      De toute façon il n’aurait pas été élu sans le fameux barrage ….

  2. Nous sommes tous Quentin. Quand un fait le bien, on suit son bon exemple! Quand un meurt, un million de Quentin prennent la relève.

  3. Avec tous ces nouveaux votants vomissant la France ,vous retrouverez les même députés et peut être des nouveaux !! La dure loi des chiffres

Commentaires fermés.

Vidéo YouTube

Pour ne rien rater

Les plus lus du jour

⇨ Tous les vendredis de 17h30 à 19h30
avec Marc Baudriller et Boulevard Voltaire ⇦

LFI ne veut pas voir les gens sortir de la pauvreté
Gabrielle Cluzel

Les plus lus de la semaine

Les plus lus du mois