L’extrême gauche : une histoire plus violente qu’ils ne le prétendent
Selon le député LFI Paul Vannier, sur le plateau de BFM TV, « l’extrême gauche, en France, historiquement, est non violente ». Une affirmation pour le moins audacieuse, que l’examen des faits historiques dément avec prodigieuse constance. En effet, l’Histoire, cette amie fidèle, ne cesse de nous rappeler les nombreux événements documentés et meurtriers qui écornent sérieusement l’image d’innocence de la sainte gauche que certains cherchent, aujourd’hui, à imposer aux Français.
Paul Vannier (LFI) fait bondir le plateau en affirmant que Raphaël Arnault n'a « plus aucun lien avec la Jeune Garde » et que l'extrême-gauche est « non-violente »pic.twitter.com/qzxYyIT9gX
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Action directe : l'assassinat d'un général et d'un PDG
Le cas le plus emblématique des violences commises par l’extrême gauche en France demeure celui d’Action directe, cette organisation clandestine active entre 1979 et 1987. Ses membres se revendiquaient alors explicitement d’une avant-garde révolutionnaire engagée dans la lutte armée contre l’impérialisme et l’État capitaliste. Pour atteindre leurs objectifs politiques, ils firent le choix revendiqué de l’usage de la violence, mêlant braquages, attentats à l’explosif et assassinats ciblés. Action directe s’est ainsi trouvée impliquée dans 80 faits de violences très graves. L’organisation est, notamment, responsable de l’assassinat du général René Audran, conseiller au ministère de la Défense, le 25 janvier 1985, puis de celui du PDG de Renault, Georges Besse, le 17 novembre 1986. Ces crimes ont conduit à la condamnation de plusieurs membres à la réclusion criminelle pour assassinats et faits de terrorisme.
Parmi eux figure, notamment, Jean-Marc Rouillan, l’un des fondateurs du groupe. Bien que condamné à la perpétuité, ce dernier a bénéficié, en 2007, d’un régime de semi-liberté. Devenu une figure médiatique, il n’a jamais exprimé le moindre regret pour les assassinats commis et fut amnistié en 1981 par François Mitterrand. Ses prises de parole publiques lui ont alors valu d’être poursuivi pour apologie de la lutte armée. En 2015, il salua publiquement le courage des terroristes djihadistes de l’attentat contre Charlie Hebdo. Pour ces propos, il a été condamné en 2023 à une peine d’emprisonnement pour apologie du terrorisme. Dès 2017, une tribune signée par de nombreux universitaires, syndicalistes et personnalités issues du monde culturel, majoritairement classées à gauche, demandé sans aucune gêne sa relaxe. Indulgence complaisante !
La bande à Baader et les Brigades rouges
La violence de l’extrême gauche n'est pas une exclusivité française. Ainsi, dans les années 1970 et 1980, plusieurs organisations d’extrême gauche ont engagé une stratégie assumée de lutte armée, à l’image de la Fraction armée rouge en Allemagne, mieux connue sous le nom de la bande à Baader, et des Brigades rouges en Italie. Ces organisations ont conduit de véritables campagnes de terrorisme rythmées par des assassinats, des enlèvements et des attentats selon des modes opératoires comparables à ceux observés en France. Comme Action directe, elles revendiquaient l’usage de la violence comme instrument politique légitime au service d’un projet révolutionnaire.
Plusieurs membres des Brigades rouges trouvèrent même refuge en France afin d’échapper aux poursuites engagées dans leur pays. Cette situation fut rendue possible par la position adoptée par le Président François Mitterrand, qui déclara en 1985 que la France n’extraderait pas certains anciens militants italiens dès lors qu’ils avaient rompu avec la violence. Ce choix politique, désormais admis comme douteux, est resté dans l’Histoire sous le nom de « doctrine Mitterrand ». Il illustre de façon magistrale la manière dont la gauche gouvernementale a pu, à cette période, offrir une protection à d’anciens terroristes se réclamant de l’extrême gauche.
Des violences encore plus anciennes
Enfin, bien avant l’apparition d’Action directe, l’Histoire française révèle déjà l’existence d’un recours assumé à la violence au sein de courants se réclamant de l’extrême gauche. À la fin du XIXe siècle, plusieurs mouvements anarchistes commirent de nombreux attentats et assassinats. La figure de Ravachol, impliqué dans plusieurs attentats à l’explosif en 1892, et l’attentat perpétré en 1893 au sein de l’Hémicycle démontrent encore une fois la violence dont a pu faire preuve l’extrême gauche, en France. Ces événements sont loin d’être de simples accidents de l’Histoire. En effet, cette violence de la gauche ne s'est pas toujours exercée contre l’extrême droite pour s’en prémunir, argument aujourd’hui largement avancé, comme le rappelle Eugénie Bastié.
L’antifascisme est il juste une « réaction » à la violence d’extrême droite? Sur le plateau de @Ccesoir je rappelais que non, les antifascistes ne sont pas les nouveaux fascistes et qu’il existe une violence d’extrême gauche intrinsèque. La guillotine tournait à plein régime un… pic.twitter.com/mukjdNlfsW
— Eugénie Bastié (@EugenieBastie) February 17, 2026
À ce sujet — Brigades rouges : la fin d’un déni ?
Ces faits graves s’inscrivent dans une tradition révolutionnaire plus ancienne encore, héritée de la période fondatrice de la gauche radicale française, au moment de la Révolution et de la Terreur, incarnée par de nombreuses figures politiques dont le terrible et célèbre Maximilien Robespierre. Antoine Léaument a d’ailleurs exprimé publiquement son admiration pour la figure de l’Incorruptible et pour l’héritage politique de cette période, révélant la persistance, encore aujourd’hui, d’un imaginaire révolutionnaire pour l’extrême gauche dans lequel la violence est un composant inaliénable.
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26 commentaires
La violence est dans la nature de l’extrême gauche depuis son apparition dans la période prérévolutionnaire, dès la prise de la Bastille (la garnison à qui la vie sauve a été promise, se rend et est massacrée). Passons la Terreur et la guerre de Vendée. Lisons ZOLA pour avoir un tableau précis de l’action de la 1ère internationale socialiste, dans le Nord, pour détruire le patronat chrétien en luttant contre les mesures sociales dites « paternalistes ». Germinal dans ma jeunesse, m’a convaincu de la nocivité de cet extrémisme révolutionnaire.
Il est souhaitable de rappeler à Antoine Léaument que son mentor Maximilien Robespierre a terminé sur l’échafaud.
Les violences de l’ E G remontent à très très loin, on peut dire de la révolution, d’ailleurs certains lfiste se proclament de Robespierre (qui a d’ailleurs mal fini si je me souviens bien )…..
La violence d’extrême gauche est organisé, elle se fait en meute voire en armée.
Malheureusement, il n’y a qu’un dictateur pour changer leur violence en doux agneaux. Regardez le schah d’Iran fut éliminé, et remplacé par qui. Pire. Et, vous serez les premiers sacrifiés, car non conforme â leur programme. Mais il sera trop tard.
Bon article fort documenté où l’on peut voir que la violence de cette gauche ne date ni d’hier ni d’avant hier ….