Libération et L’Humanité, deux journaux (bien) financés par les Français

Pour ces journaux de gauche, l'argent des électeurs du RN, qu'ils méprisent, est toujours le bienvenu.
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Les chiffres viennent de tomber. En 2024, l’État a consacré 175,2 millions d'euros à aider la presse. Une paille, par rapport aux dépenses occasionnées par l'audiovisuel public : France Télévisions a englouti à elle seule, en 2024... 2,57 milliards d'euros ! Mais parmi les titres de presse subventionnés, certains sont particulièrement choyés ou gourmands... Ainsi, le ministère de la Culture détaille les différentes aides : au pluralisme, à la distribution, à l'exemplaire posté, au portage, l’aide spécifique aux quotidiens nationaux d’information politique et générale à faibles recettes publicitaires. En 2024, cette dernière enveloppe a profité à quatre journaux : La Croix, L’Humanité, Libération et l’Opinion, pour un montant total de 10,35 millions d’euros. Objectif officiel : éviter que leurs contenus ne soient dictés par les exigences des annonceurs.

Au total, le classement des principaux bénéficiaires place Libération et L’Humanité parmi les mieux dotés, avec respectivement 6,6 et 5,7 millions d’euros, derrière Le Parisien (12,3 millions), Le Figaro (9,9 millions), La Croix (8,8 millions) et Le Monde (7,8 millions).

L’évolution de ces chiffres illustre la dépendance croissante de certains journaux aux aides publiques. Libération, par exemple, a vu malgré les aides son chiffre d’affaires passer de 38,6 millions d’euros, en 2016, à 29,4 millions, en 2023, soit une baisse de plus de 9 millions d’euros en sept ans. Propriété, depuis 2020, d’un fonds de dotation, le quotidien ne dégage plus de bénéfices et s’appuie sur les subventions pour équilibrer ses comptes. L’Humanité, de son côté, rencontre des difficultés similaires sur le plan financier, mais développe sa présence en ligne : en octobre 2024, il s’est hissé à la 69e place du classement mensuel de l’Alliance pour les chiffres de la presse et des médias, avec 7,8 millions de visiteurs uniques sur son site et son application. Cette progression numérique ne suffit pas, à ce stade, à assurer l’autonomie financière du titre sans l’appui de l’État.

L’histoire de ces subventions remonte aux ordonnances de 1944, adoptées à la Libération par un gouvernement mêlant gaullistes et communistes. Elles sont alors destinées à libérer la presse des « puissances de l’argent » tout en garantissant la qualité de l’information. Plusieurs décennies plus tard, ces principes se traduisent par un flux annuel de subventions qui s’élevait, en 2021, à 91 millions d’euros, 390 millions sur 2015-2021 et près d’un demi-milliard si l’on inclut les aides à la distribution, la TVA réduite et la compensation postale.

L'injustice d’un financement universel

Ce système, financé par l’ensemble des contribuables, suscite des critiques. Sur les 116 millions d’euros destinés à garantir le pluralisme, trois seuls journaux ont concentré 55 % de l’enveloppe : Libération (20,7 millions), La Croix (20,6 millions) et L’Humanité (21,7 millions). Le député européen RN Philippe Olivier souligne que les électeurs du Rassemblement national, qui ont représenté 34 % des voix aux dernières élections, contribuent à hauteur équivalente au financement de journaux qui s’opposent frontalement à leurs idées. « Visiblement, Libération ou L’Humanité ne sont pas trop gênés par ces compromissions morales », écrit-il, sur X.

Cette remarque illustre un paradoxe : un financement public universel, attribué selon des critères économiques et non politiques, peut aboutir à soutenir des lignes éditoriales rejetées par une partie importante de la population. L'argent n'a pas d'odeur, paraît-il.

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Raphaelle Claisse
Journaliste stagiaire à BV. Etudiante école de journalisme.

Vos commentaires

59 commentaires

  1. Tellement de « financements » sont réalisés avec le pognon de Nicolas ( el mien aussi!) sans que nous ayons lui et moi notre « avis » à exprimer ! ( Presse; Assoss; ADI; migrants; Seine; Culture/Avignon; Ukraine…et…et…)

  2. De l’Humanité à La Croix , je suis contre le financement des médias avec l’argent des Français . Financer un journal qui n’a plus assez de lecteurs , c’est une prime à la médiocrité . A fuera !

    • Contre aussi, s’il étaient aussi bons qu’ils le prétendent ils auraient des lecteurs marre de payer

  3. Voilà la bonne nouvelle de la journée ! Pas les subventions ! C’est un scandale, un de plus, me direz-vous. Non, non, la chute du nombre de lecteurs et l’état des comptes de ces médias gauchistes. Quand les Français en auront assez en 2027 peut être, et qu’ils cesseront de devoir se saigner pour les financer, en appelleront-t-ils au capitalisme pour les renflouer ? Car c’est toujours un fin délice de voir un gauchiste devoir manger son chapeau.

  4. Scandaleux ! Comme pour le syndicalisme, seuls les lecteurs et adhérents devraient financer ces choses.

    • Entièrement d accord, d’autant que les « infos » données sont puisées dans le même réservoir officiel.

    • Je plussois à 100% !
      Il y en a marre de subventionner cette gauche infecte qui ne produit absolument rien de positif mais s’attribue indument des ressources financières de manipulation politique !

    • Aucun centime d’euro ne devrait aller à la presse, à la rigueur,une chaîne gouvernementale répercutant les lois et décrets du Journal Officiel afin d’informer les citoyens sans plus. Pour le reste les chaînes de télévision et journaux uniquement financés par la publicité,des mécènes,des donateurs et la vente de leurs journaux.Et si des chaînes ferment à cause du manque de téléspectateurs ou de financiers et les journaux faute de lecteurs suffisants,tant pis pour eux et surtout bon voyage, fini la propagande et de sacrées économies en perspective.

  5. Bien que modestes,encore quelques économies faciles.
    A ajouter à celles absorbées par les chaînes radio et télé.
    Il attend quoi le 1er ministre ?

  6. Dans les efforts demandés par le premier sinistre la suppression de ces subventions n’apparaît pas et pourtant vu l’énorme dépense il serait légitime de stopper cette gabegie envers des sites d’information qui degueulent sur le peuple.

  7. La Presse est un univers très opaque…Tributaire du syndicat CGT, centrale syndicale unique dans les imprimeries de la Presse hebdomadaire… »Faisant la pluie et le beau temps »…

  8. Le patron de l’humanité, sénateur était le président de la commission d’enquête sur l’aide public aux entreprises, certain de l’objectivité de ce monsieur.

  9. Il serait temps que les français choisissent pour quoi ils paient! Que les français par vote fassent le budget, que les français par référendum choisissent a qui ils donnent, que les français sur leurs impôts choisissent où va leur argent! La gauche qui fait des chiffres catastrophiques à chaque élections devraient donner aux médias de gauche (puisqu’ils sont subventionnés) en aide financière la proportion de ce qu’ils font aux élections! Je refuse de payer pour ces médias qui sont des traîtres à la patrie et qui sont plus soumis les uns que les autres à l’immigration et à l’ingérence étrangère ! Cnews première chaîne d’info de France veut tout dire et tenir sous perfusion tous les médias de gauche avec notre sang est immonde. Allez hop tous à France travail les traîtres !

    • « Il serait temps que les français choisissent pour quoi ils paient!  » Pas plus que pour ce qu’ils paient que pour autre chose, l’avis des Français n’a d’importance aux yeux de ceux que pourtant ils élisent. Si nos dirigeants se souciaient de ce que veulent les français, nous vivrions aujourd’hui dans une toute autre France que celle dans laquelle nous sommes.

    • Tout à fait d’accord. La presse écrite ou en ligne n’a pas à être subventionnée ou alors il ne faut oublier personne et en particulier Boulevard Voltaire. Quand je pense que Libération est sans cesse renfloué pour éviter le dépôt de bilan et est en permanence au bord de la faillite, c’est qu’il y a un problème. Quant aux syndicats, ils ne devraient vivre que des cotisations de leurs adhérents et se focaliser sur leur raison d’être et non faire de la politique.

  10. Il est plus parlant de donner les chiffres au numéro.
    Par exemple L’Humanité touche 69 centimes par numéro, tandis que Le Figaro touche 10 centimes par numéro.
    Télérama, journal de gauche du groupe Le Monde, travesti en magazine TV, touche 26 centimes au numéro et l’Obs journale de gauche du groupe Le Monde touche 19 centimes au numéro.
    La Croix, journal des catholiques très à gauche, touche 34 centimes au numéro.

    Le Monde, référence principale de la bien pensance de gauche, ne coûte que 6 centimes au numéro, mais cela dissimule une autre aide de l’état dont personne ne parle. Le Monde est acheté massivement par les services de l’Etat tous les jours, toute l’année, et distribué gratuitement à tous les cadres sup de l’administration française, ce qui est un pur scandale. Il s’agit de meubler leur ennui et évidemment d’éduquer leur cerveau.

    • oui c’est un journal sale, à cause de l’encre qui marque les doigts. Quand je travaillais, les gens que je voyais lire Le Monde portaient tous des gants pour ne pas se salir les mains.

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