[LIVRE] Des moutons menés par des ânes ?, brillante charge contre nos élites déconnectées

Sébastien Laye exhorte le peuple français à retrouver « les vertus de la liberté et de l’autonomie.
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Avec Des moutons menés par des ânes ? (Valeurs Ajoutées Éditions), Sébastien Laye ajoute une nouvelle fable au bestiaire contemporain. L’économiste et entrepreneur franco-américain livre, dans cet essai de 130 pages, le dessin d’une France en faillite où tout le monde court au naufrage, ânes et moutons ensemble, les uns bêtement soumis et les autres entêtés dans leurs erreurs. Les moutons, ce sont les Français « devenus conformistes, consensuels, apathiques, abattus » menés par « des idiots instruits, nos élites », les ânes.

Les ânes technocratiques

Ancien candidat à la présidence des Républicains, Sébastien Laye est licencié en droit, diplômé de l’IEP de Paris, d’HEC et du MIT, il est chercheur associé en économie pour le think tank libéral conservateur Institut Thomas More et président du parti Quatre Piliers, un parti libéral, souverainiste et girondin. Il est, par ailleurs, entrepreneur dans l’immobilier et les infrastructures. Il peut parler politique. Et économie. Depuis Charles Gave, il y a 22 ans, et son ouvrage Des lions menés par des ânes (Robert Laffont), autre grande page de l’imagerie économique et politique, le pays a continué de couler. Les ânes n’ont pas changé, toujours les mêmes et toujours « en marche », malgré les promesses de rupture. Ce qui a changé, selon Sébastien Laye, c’est que les Français se sont résignés : « Hédoniste consumériste, le Français moyen […] semble avoir accepté le déclin collectif de la nation. » L’auteur n’est pas tendre, mais il réserve l’essentiel de sa charge à une autre espèce : celle des « ânes technocratiques », des énarques, le plus beau spécimen étant « l’inénarrable Emmanuel Macron, un acteur de théâtre sans aucune connaissance économique ».

Dans ce procès de l’élite française, l’auteur dépose à charge le pesant dossier des trente années passées. Trente années qui succédaient aux « Piteuses » de Baverez et ont conduit inexorablement à « l’échec français » et au « déclassement économique ». Avec pour preuve la baisse de la croissance, la « désindustrialisation massive », un taux de chômage à deux points au-dessus de la moyenne européenne et une explosion de la dette. À l’origine de ce déclin en rase campagne, Sébastien Laye discerne une série d’erreurs, de choix politiques devenus récurrents : augmentation de la dépense publique, politiques fiscales poussives, entretenant les « effets d’aubaine » et le maintien d’un « capitalisme de connivence débridé à tous les étages », augmentation des normes et des impôts. Pour le financier et entrepreneur Pierre-Edouard Stérin, bête noire de la gauche, qui préface le livre, « peu importe que ces remèdes aient démontré leur inefficacité à maintes reprises », ceux qui nous dirigent continuent de les appliquer en boucle.

Faire le choix de la liberté

Pourquoi cette obstination dans l’impasse ? Pourquoi, chez Bruno Le Maire, cette fâcheuse tendance à « oublier les chiffres » et à « éluder le réel » dans ses interviews ? Pourquoi les 35 heures, cause d’un « sous-dimensionnement » économique durable de la France. Sans doute à cause de l’aveuglement et l’inexpérience de nos dirigeants, issus d’une classe d’énarques, de « crânes d’œuf » et de « forts en thème » sans expérience du monde réel, qui ont perdu le sens de l’État et du bien commun. Sébastien Laye se méfie des diplômés, des fonctionnaires, passés du stage aux cabinets ministériels, sans expérience du terrain, du risque et de l’échec.

Pour remonter la pente, l’auteur estime qu'il faut cesser de tout confier à nos « Mozart de la finance », qui ne nous sont d’ailleurs « guère jalousés au-delà de nos frontières ». Franco-américain, riche d’une longue expérience des affaires outre-Atlantique, Sébastien Laye place son espoir dans le libéralisme. Ce détracteur de l’État jacobin centralisé « tentaculaire » envie le modèle anglo-saxon fondé « sur le primat de la liberté sur l’égalité et la solidarité ». Partisan d’un sursaut populiste contre Bruxelles, séduit par l’« afuérisme » de Milei, l'auteur de Des moutons menés par des ânes appelle le peuple français à retrouver « les vertus de la liberté et de l’autonomie ». Il lui demande de cesser de se laisser mener par des ânes « à l’abattoir collectif » et de « se réveiller » ! Puissent les Français entendre cet appel... vite !

Vos commentaires

35 commentaires

  1. On parle toujours des français, qui travaillent, pas assez pas assez longtemps etc..Et si on parlait de ceux qui ne travaillent pas, jamais. De ceux qui ont un travail très biien rémunéré grace à des accointences diverses mais ne produisent rien pour la nation. Tous ces gaspillages éhontés pour l’Afrique, pour l’Ukraine..tous ces traités internationaux qui pompent lentement notre pognon tels des chasses d’eau mal règlées qui font monter la naote d’eau au somment. Notre président qui se promène en permanence au bout du monde avec une foultitude de gardes du corps, et tous ces organismes qui se superposent en millefeuille sans produire qu’un immense déficit. Passons les dépenses au crible de l’utilité publique, de l’interet général et de la rentabilité à long terme, on retrouvera une économie plus saine. Et les travailleurs pourront travailler car il y aura de l’emploi. N’inversons pas le processus!

  2. Les 35 heures ont fait autant de mal au pays que les deux dernières guerres réunies. Mais on continue…..pas question d’y toucher….la France coule, mais pas question de faire le moindre effort pour la renflouer. De Gaulle avait dit que les Français étaient des veaux…..ils se révèlent être aussi des moutons et des ânes….Quel élevage de bestiaux !

  3. Il suffit de voir les réactions. Quel politique aurait une chance d’être entendu et choisi s’il proposait de supprimer les 35 heures, de travailler davantage et plus longtemps ? La loi sur la réforme des retraites sert de sondage d’opinion à ce sujet. Les 35 heures sont chéries et chacun se bat pour sortir du travail le plus rapidement possible. Pourtant, nos voisins européens ont accepté de partir à la retraite plus tardivement. Et personne ne semble comprendre qu’en accordant la retraite plus tôt nos impôts et charges diverses seront augmentées. Il n’y a pas de miracle !

  4. Aucune chance de voir le libéralisme réintroduit par des élections. La France compte plus de gens recevant de l’argent de l’état (retraités, chômeurs, RSA, fonctionnaires, associatifs), que de gens vivant en échangeant librement leur temps ou les biens qu’ils produisent, avec un employeur ou un client. Le point de non-retour semble donc franchi si on veut inverser la vapeur par le moyen démocratique…

    • Le point de non-retour est effectivement franchi, mais ce n’est que temporaire. La véritable fin surviendra quand l’argent « public » viendra à manquer, ce qui ne saurait tarder.

    • Absolument d’accord avec vous. Les ânes sont des animaux très intelligents et qui savent où ils doivent poser leurs sabots !

  5. La différence , c’est que les vrais ânes connaissent bien les chemins et savent où ils vont !! Donc ce n’est pas flatteur pour eux d’être comparés à nos dirigeants qui vont « à l’aveuglette » !!

  6. Des sondages nous montrent que les français ont pour principal sujet d’inquiétude l’immigration et l’islam qui va avec .
    Mais par ailleurs , leur principal problème est le travail , le bac distribué désormais dans un distributeur automatique appelé Education Nationale , leur permet de retarder le plus possible leur entrée sur le marché du travail .
    Ils vont passer plusieurs années initiatiques à stagner , à l’université , pour n’obtenir aucun diplôme ou un diplôme inadapté au marché du travail .
    Ensuite commence la recherche d’un « petit plaçou » comme disait Chirac , un emploi administratif qui permet de travailler le moins possible et d’attendre le paradis convoité , la retraite , le plus tôt possible .

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