[LIVRE] Une épopée tragique entre l’Angleterre et la France : Jacques II d’Angleterre

Dans un récit littéraire sur fond historique, Bertrand de Ramondy nous emmène dans la fin de règne du dernier roi Stuart
Le futur Jacques II et son père Charles Ier. Par Peter Lely — 1. she-philosopher.com (this upload was the version at the ‚Syon House‘, Middlesex, UK)2. Source inconnue, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3859671
Le futur Jacques II et son père Charles Ier. Par Peter Lely — 1. she-philosopher.com (this upload was the version at the ‚Syon House‘, Middlesex, UK)2. Source inconnue, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3859671

1688. Le roi d’Angleterre Jacques II est renversé par la Glorieuse Révolution, menée par Guillaume d’Orange, qui prend sa place. C’est sur ce fond historique, à travers La Tragédie d’un Stuart : Jacques II d’Angleterre, que Bertrand de Ramondy livre un récit aux allures épiques entre l’Angleterre et la France. Descriptions poétiques, réflexions et dialogues s’y mêlent, dans un style tantôt littéraire, tantôt plus parlé, mais toujours dans un vocabulaire choisi avec soin. À travers Jacques II, ce sont de nombreux thèmes que l’auteur aborde sur les Stuart, la fin du XVIIe siècle et la société anglaise.

L’Histoire, au cœur du propos

Si l’ouvrage n’est pas à proprement parler historique, mais bien littéraire, le choix d’un siècle passé comme toile de fond n’est pas le fruit du hasard. Dans un chapitre intitulé « D’hier à aujourd’hui », Bertrand de Ramondy se met en scène face à des contradicteurs pour expliquer la préférence de ce sujet, au lieu de thèmes plus actuels : « La nostalgie n’a pas bonne presse, je sais. Pour aggraver mon matricule, je ne peux me défendre d’une attraction coupable pour ces époques épiques qui fusent des grandeurs âpres et batailleuses. On y respire l’air des cimes loin des charlataneries modernes qui rognent la vraie vie. »

En racontant l’histoire de Jacques II, l’auteur le présente sous un angle bien différent de celui qu’on a l’habitude de voir. « Même si son naturel affable le portait à effacer les torts et les mauvais souvenirs, Jacques II avait d’abord hérité de l’orgueil de sa race, on ne se refait pas », explique-t-il, par exemple. Un souverain courageux qui se bat pour garder son trône et défendre ses idées : voilà le personnage « romanesque » que l’auteur veut nous faire découvrir. Dans les actes de vaillance du roi qu’il nous raconte, un thème revient souvent : la question religieuse. Il dépeint en effet les tensions entre les nobles anglicans et le roi qui prend de nombreuses mesures pour remettre à l’honneur le catholicisme auquel il s’est converti. Bertrand de Ramondy s’étend particulièrement sur la situation religieuse et les décisions politiques en lien avec ce sujet, puisque leur rôle dans la chute de Jacques II et l’avènement de Guillaume d’Orange est prépondérante. C’est l’argument principal de la coalition qui se forme contre le roi.

Les relations franco-anglaises à travers Jacques II… et l’auteur

Au cœur de l’ouvrage, un autre sujet est particulièrement présent : les relations entre la France et l’Angleterre. D’une part, nous y apprenons les liens étroits entre la dynastie britannique des Stuart et la France et, d’autre part, le lecteur s’amusera des petites piques bien françaises de l’auteur sur la société britannique. Bertrand de Ramondy met en effet en relation le choix de la France comme terre d’exil et les origines françaises de Jacques II. La famille Stuart serait arrivée de Bretagne sur l’autre rive de la Manche, avec Guillaume le Conquérant, et la mère du dernier roi Stuart n’est autre qu’Henriette de Bourbon, dernière fille du roi de France Henri IV et tante de Louis XIV.

Mais à travers cette histoire, l’auteur brosse aussi un portrait détaillé de la haute société anglaise, ses coutumes et ses goûts, avec une pointe d’humour : « De prime abord, cette haute société londonienne avait pourtant tous les attributs d’une société plutôt bon chic bon genre et sûre de son bon droit. À l’anglaise, il est vrai. Mais, selon ses propres convenances, de caractère réglo et de parfait bon ton. » Son rapport à l’Angleterre et à ses habitants semble relever à la fois d’un traditionnel mépris français pour ces « ennemis » héréditaires, et de la fascination. Les descriptions des scènes et de l’ambiance rappellent souvent l’univers shakespearien, et le dramaturge britannique est cité à plusieurs reprises dans l’ouvrage.

Avis aux amateurs d'épopées et de littérature, cet ouvrage est pour vous !

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Domitille Brière
Journaliste stagiaire, étudiante en Master d'Histoire

Vos commentaires

4 commentaires

  1. Et merci à BV de ses articles à thèmes culturels. Je les lis toujours avec plaisir et ils me donnent souvent l’occasion de découvrir des oeuvres à côté desquelles, sans eux, je serais passé.

  2. Un grand merci à Domitille Brière pour sa recension éclairée de mon livre sur Jacques II d’Angleterre. Je dois dire que vous êtes la première à rendre compte de cet ouvrage en ayant saisi l’importance de sa dimension littéraire à même d’enflammer l’imagination de lecteurs au tournant de chaque page. Merci aussi à Gabrielle Cluzel, ce livre a trouvé grâce à ses yeux en s’efforçant de porter haut des vertus souveraines qui traversent le temps. Bertrand de Ramondy

  3. Un grand merci à Domitille Brière pour sa recension éclairée de mon livre sur Jacques II d’Angleterre. Je dois dire que vous êtes la première à rendre compte de cet ouvrage en ayant saisi l’importance de sa dimension littéraire à même d’enflammer l’imagination de lecteurs au tournant de chaque page. Merci aussi à Gabrielle Cluzel, ce livre a trouvé grâce à ses yeux en s’efforçant de porter haut des vertus souveraines qui traversent le temps. Bertrand de Ramondy

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