Loiret : encore une église incendiée !

Dimanche dernier, l'autel de l'église de Chécy a pris feu. Pour son curé, « ce n'est pas accidentel ! »
@Wikimedia commons
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Ce dimanche 15 février, en fin d’après-midi, la paisible commune de Chécy, dans le Loiret, a été le théâtre d’un événement d’une particulière gravité. L’église Saint-Pierre a été touchée par un incendie déclaré au sein même de son chœur, cet endroit si important de la liturgie catholique. Très vite, la thèse d’un simple accident a été écartée, tant les circonstances du sinistre ont interpellé les autorités comme les fidèles. Ce nouvel épisode dramatique vient raviver une inquiétude légitime, face à la multiplication des atteintes portées aux édifices chrétiens en France.

Un autel ravagé par les flammes

Alertés aux alentours de 16 h 30, treize sapeurs-pompiers, appuyés par quatre véhicules d’intervention, se sont rapidement rendus sur place afin de maîtriser l’incendie avant qu’il ne se propage à l’ensemble de l’édifice. Leur action a permis de contenir les flammes, évitant un embrasement généralisé de cette église presque millénaire. Une fois les braises éteintes et après avoir constaté qu’aucune victime n’était à déplorer, les services de gendarmerie ont investi les lieux vers 17 h 20 afin de procéder aux premières constatations.

Un individu se trouvait présent au moment des faits. Cette personne, occupée à jouer de l’orgue, a été prise en charge par la police des transports de la Métropole d’Orléans, selon nos confrères de La République du Centre. Les premiers éléments de l’enquête ont rapidement orienté les experts vers l’hypothèse d’un acte volontaire. Le départ de feu ayant été localisé au niveau de l’autel, il aurait été provoqué par des bougies réelles installées à la place des fausses bougies habituellement disposées à cet endroit.

Les dégâts, bien que circonscrits, n’en demeurent pas moins importants. Selon l’abbé François-Marie Blaïn du Poët, curé de la paroisse, « les chandeliers et les nappes de l’autel ont brûlé et plusieurs endroits du plancher sont abîmés, sans compter l’autel lui-même qu’il va falloir nettoyer ». Dans un message publié sur Facebook, le prêtre n’a pas mâché ses mots, affirmant avec gravité que cet incendie « n’est pas accidentel ».

Un monument de notre Histoire

L’église Saint-Pierre n’est pas seulement un lieu de prière pour les catholiques, elle est également un témoin de notre Histoire. Édifié entre le XIIe et le XVe siècle, le monument résulte de plusieurs campagnes de construction qui expliquent la diversité et la richesse de son architecture. Sa tour-clocher conserve ainsi l’empreinte de l’art roman, tandis que la nef, le chœur et le transept relèvent du gothique.

L’édifice abrite également un patrimoine mobilier remarquable, avec notamment des bas-reliefs du XVIe siècle, dont l’un représente le Christ accompagné de saint Gilles, ainsi qu’une clôture de chœur en fer forgé datant de la fin du XVIIe siècle. L’ensemble de l’église a été classé monument historique en 1908, consacrant sa valeur patrimoniale. Son histoire est aussi indissociable de celle de Chécy, commune dont les origines remontent à l’Antiquité et qui s’est développée le long de l’ancienne voie romaine reliant Genabum, l’actuelle Orléans, à Augustodunum, aujourd’hui Autun. Cette situation stratégique a longtemps fait du village un lieu de passage et d’échanges.

Des attaques répétées

L’incendie de Chécy s’inscrit dans cette longue suite de violences visant les églises en France. L’une des dernières eut lieu le 4 février à Saint‑Nicolas‑de‑Port. Sa basilique gothique a été touchée par un incendie volontaire. L’année 2025 s’était aussi conclue d’une triste façon aux Sables-d'Olonne, lorsque le reliquaire de l’église Notre-Dame de l'Assomption a été profané et le crâne de saint Vivien dérobé.

Si un effort indispensable doit être engagé pour mieux protéger nos églises, un autre travail, tout aussi essentiel, devrait être mené pour faire mieux connaître le christianisme et son héritage au sein de nos écoles, de nos lycées et de nos universités, afin que la prochaine génération, croyante ou non, devienne celle qui comprend, respecte, protège et veille sur ces lieux, plutôt que celle qui les incendie ou les profane.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 19/02/2026 à 5:15.

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Eric de Mascureau
Chroniqueur à BV, licence d'histoire-patrimoine, master d'histoire de l'art

Vos commentaires

23 commentaires

  1. Surement encore un coup de l’extrême droite, comme pour Quentin… Entre les églises et les moquées, elle a du boulot. On pourrait peut être demandé à la jeune garde d’intervenir pour que cessent ces profanations, elle qui est constituée pour « assurer la sécurité… »

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