Malgré les belles promesses, le PS toujours soumis aux Insoumis

Lors des prochaines élections municipales, LFI et PS feront alliance dans pas moins de 60 villes…
olivier faure

Souvenez-vous, c’était il y a une semaine, à peine. Dans la foulée du meurtre barbare de Quentin Deranque, à Lyon, par des militants « antifas », toute la gauche bon teint était montée au créneau pour s’indigner et conspuer la Mélenchonie. LFI avait franchi un nouveau cap dans l’horreur, toute association avec ce parti toxique devait alors être dénoncée sans la moindre réserve. « On n’a plus rien à faire avec LFI », a ainsi tonné Patrick Kanner, président du groupe PS. « La rupture avec LFI est consommée », a juré Laurence Rossignol, sénatrice socialiste de l’Oise. À quelques semaines des élections municipales, l’idée d’une quelconque alliance leur paraissait soudainement impensable. « Pour les scrutins municipaux, il ne peut pas y avoir – au premier tour, c’est déjà établi –, au deuxième tour, d’alliance entre les socialistes et LFI. C’est clair », s’est avancé François Hollande. Même refus très net de la part de Carole Delga, selon laquelle tout accord PS-LFI reviendrait à un « déshonneur », ou d’Olivier Faure, qui a promis qu’il n’existe « aucun endroit en France où il y a un accord avec La France insoumise ».

Mais comme le dit l’adage, les promesses n'engagent que ceux qui y croient. En dépit des belles déclarations, socialistes et insoumis feront liste commune dans pas moins de 60 villes, dans le cadre des municipales 2026. Le décompte effectué par nos confrères de l’Opinion indique que l’alliance comprend en général les socialistes, les écolos, les communistes et les insoumis, mais qu’elle inclut aussi, dans au moins quatre communes, le mouvement de Raphaël Glucksmann, Place publique, pourtant adversaire revendiqué de LFI…

Conscient de ses incohérences, le Parti socialiste a déjà trouvé la parade. Il a mis au point un discours expliquant que la position des chefs à plumes ne concerne que les alliances à l’échelle nationale et n’engage en aucun cas les pactes conclus localement. Ainsi, s'il « n'y a pas d'accord national entre le PS et LFI pour ces élections municipales », indique à BFM TV un cadre socialiste, ce dernier reconnaît qu'« il peut exister des particularités locales, notamment liées à l'absence d'implantation territoriale de LFI »… Et, hop ! Ni vu ni connu, j’t’embrouille.

Un sketch lassant et vain

Cela fait plusieurs années que gauche et extrême gauche mettent en scène leurs désaccords et leurs disputes. Pour, finalement, se rabibocher in extremis avant chaque nouvelle élection. « La rupture entre le PS et LFI est consommée », annonçait l’émission C dans l’air, en décembre 2024. À l’époque, Raphaël Glucksmann surjouait la mésentente et poussait ses amis socialistes à s’éloigner de Mélenchon pour se rapprocher d’Emmanuel Macron. « Le PS se libère de LFI », voulait croire Patrick Cohen, au mois de février 2025. Quelques jours plus tard, le leader insoumis en avait encore rajouté une couche, promettant lui aussi que les deux partis étaient définitivement fâchés et que le temps des « alliances toxiques » était à jamais révolu. « Ce ne sont plus nos alliés », clamait-il. On se souvient aussi des mots du député de l’Essonne Jérôme Guedj et de sa « meurtrissure terrible » à l’égard de son ancien mentor, Jean-Luc Mélenchon, l’homme qu’il a « aimé profondément » mais qui est, selon lui, « devenu un salopard antisémite ». « Ne vendons pas notre âme au nom de ces huées fanatiques », enfonçait-il, devant les militants.

Depuis le temps, les Français ont bien compris que tout ceci n’était que du vent. D'ailleurs, chers lecteurs de BV, vous ne vous y trompez pas. La semaine dernière, lorsque BV vous a demandé si, malgré le meurtre de Quentin, la gauche s’allierait à LFI, vous avez été 98 % à répondre « oui » ! Ils savent que la gauche n’existe électoralement qu’à condition d’être unie. « La survie politique des socialistes dépend de leur alliance indigne avec LFI, note Edwige Diaz, députée RN de Gironde. Quand le PS se présente seul, ses résultats sont anémiques ! » À Paris comme à Marseille, les candidats PS auront besoin du report des voix des insoumis pour l’emporter. Le député LFI Aurélien Taché ne manque d’ailleurs pas de le rappeler au JDD : « Les socialistes feraient bien de se souvenir que nous appartenons au même camp, qu’il n’y a pas si longtemps nous faisions front commun… » D’où les paroles ambiguës d’Olivier Faure, les revirements de Jérôme Guedj finalement prêt à « voter pour le candidat quel qu’il soit face au RN, même LFI » et les renoncements de Place publique dont la co-présidente assure que, face au RN, elle serait prête à voter pour n’importe qui, « même pour une chèvre ».

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

59 commentaires

  1. Quant au RN et à Sébastien Chénu, ça devient le cirage des bottes macronistes. Le désinvestissement de la liste de Adrien Nave à Dunkerque est une preuve de plus de la reculade de ce parti à la bien pensance ! Tout ça en raison de la présence d’un membre de l’Action française sur la liste… Alors que c’est un mouvement pacifiste qui a rompu clairement avec l’antisémitisme et l’idéologie maurassienne. Les royalistes ne se sont pas constitués en milice anti-républicaine. Avis aux dunkerquois sur ce forum, soutenez massivement votre candidat Adrien Nave !

  2. Attention mesdames et messieurs les socialistes, la majorité des français ne supporte plus la composition actuelle de l’AN. Assez des voyous, des drogués, des menteurs et des bonimenteurs, des profiteurs et des bons à rien, nous voulons des femmes et des hommes honnêtement élus et soucieux du bien commun (je veux croire qu’il en existe encore).

    • « Les Français sont tous des veaux » disait quelqu’un… Dans deux ans, après quelques conflits, qui se souviendra des « dérapages » de Mélenchon, qui aura peut-être été remplacé par quelqu’un de moins clivant?
      Ils n’auront qu’à tout « repeindre » en rose clair et…en voiture Simone!

  3. Dans ma commune , ville moyenne , deux listes anonymes , aucun parti politique indiqué , on est donc supposé connaitre chaque candidat pour déterminer la tendance politique de la liste .
    J’ai pu déterminer la liste de gauche et la liste de droite .
    Sachant que des extrémistes se cachent dans chaque liste , il ne me restait qu’a choisir les extrémistes les moins dangereux .
    Le choix fut vite fait , le danger c’est LFI , la secte, son gourou, ses milices, ses sections d’assaut qui sèment la terreur et cassent dans les manifestations .

    • vous avez de la chance ,au moins vous avez deux listes , on observe que les communes avec une seule liste font florès « allez savoir pourquoi…. », bien sûr aucune étiquette sur la marchandise et aucune pub ni programme, des fois que les fachos seraient tenus à l’œil,courage fuyons .

  4. Ils ont perdu leur âme et ont le déshonneur pour un plat de lentilles et leur fauteuil …. des m i n a b l e s !

  5. Comme toujours les socialistes pour exister sont obligés de faire alliance avec toutes les forces de gauche que ce soit les écologistes verts luisants , les communistes ou la LFI. Ils ne sont bons que lorsque ils s’enquiquinent avec la droite parlementaire comme ce fut le cas lors de leur passage au gouvernement sous Chirac ils auraient pu être meilleurs s’ils n’avaient pas imposés les 35 heures ,la fonction publique ne serait dans le merdier qu’elle est aujourd’hui. Pour assouvir cette fonction publique toujours prête a branler ils l’ont tuée. Avec toutes les conséquences que nous voyons aujourd’hui ( moins d’heures de présence de nos enfants en cour, augmentation des effectifs dans la fonction publique ,dans les sociétés ou l’état est majoritaire et dans tout les services que ce soit dans les mairies ,dans les départements ,métropoles ou régions.

  6. Tout est mascarade, leurs buts sont tout simplement de garder leurs fauteuils et l’opinion des français ils s’en foutent éperdument

  7. Le contraire eut été étonnant. En tous cas, cela prouve bien que ce n’est pas pour la France que ces gens là gesticulent mais pour leurs gamelles et ils comptent bien sur les bas du front pour atteindre le pouvoir.

  8. A gauche c’est bien connu lorsqu’ils disent non c’est qu’ils pensent oui.

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