Marguerite Stern face à SOS Racisme : la féministe risque deux mois de prison

« J’ai perdu beaucoup de choses, dans ma vie, et tout ce qu’il me reste, c’est ma liberté d’expression », dit M. Stern.
© BV
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Ce mercredi 9 juillet, une audience s’est tenue à la 17e chambre correctionnelle de Paris contre Marguerite Stern et le média Frontières. Le 6 mars 2024, la militante féministe était auditionnée à la direction de la police judiciaire en raison d’une plainte formulée par SOS Racisme. Cette plainte visait des propos tenus lors d’un entretien accordé au média Frontières en 2023. Selon l’association, auraient été prononcées lors de cette interview des « injures publiques en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la religion ou la race ». Le parquet requiert donc une peine de prison de deux mois avec sursis contre Marguerite Stern et le média qui a diffusé ses propos. Le tribunal rendra son délibéré jeudi 9 octobre 2025.

Les propos mis en cause

Quels sont les propos tenus par Marguerite Stern, qualifiés par SOS racisme d’« injures publiques » ? Cette dernière révèle, sur X, les trois citations qui ont fait l’objet de l’audience : « Proportionnellement, les personnes issues de l’immigration africaine et moyen-orientale agressent plus les femmes que les Français de culture française. » Autre citation incriminée : « On se sent en insécurité à Barbès, dans les quartiers où il y a une surreprésentation des hommes d’origine africaine. » Et, enfin, « Pourquoi les hommes de culture et issus de l’immigration africaine et moyen-orientale sont-ils plus violents avec les femmes ? Est-ce une question de nature ? Houlala, si on dit ça… Est-ce une question de culture ? Pour moi, aucune question génétique n’est interdite. On peut se poser la question mais, par contre, je n’ai pas la réponse. » Verdict : « Le procureur a demandé la relaxe concernant les deux premières citations et deux mois de prison avec sursis concernant la dernière », écrit Marguerite Stern.

Louis Cailliez, avocat de la féministe mise en cause, répond à BV : « J'estime avoir démontré par ma plaidoirie et mes écritures qu'il n'y a absolument aucune injure, a fortiori raciste, dans les propos poursuivis, au sens de la loi. J'ai été satisfait de voir le procureur valider mon argumentation en défense et abandonner ses poursuites pour les deux premiers propos. J'ai, en revanche, été consterné par la peine démesurée demandée pour le troisième propos : comment un questionnement resté sans réponse peut-il être qualifié d'injure ? » L'avocat ne désarme pas. « Toute autre décision qu'une relaxe totale serait un signal catastrophique envoyé aux défenseurs de la liberté d'expression en France. »

Les réactions de la militante féministe et de Frontières

Marguerite Stern, comme son avocat, n'acceptera qu'une relaxe totale : « Néanmoins, s’il arrivait que Erik Tegnér et moi soyons condamnés sur une ou plusieurs citations, j’annonce tout de suite qu’il y aura appel », dit-elle. Elle affirme ne pas regretter ses paroles : « Je suis toujours alignée avec les propos que j’ai tenus. » Le journaliste de Frontières Jordan Florentin exprime sa stupéfaction, sur X : « Hallucinant : la juge face à Marguerite Stern insinue qu’en parlant simplement de différences ethniques et de rapport culturel à la violence au sujet du lien entre immigration et insécurité, la militante féministe s’en référerait "à la Shoah et autres horreurs de l’Histoire". »

L’intervieweur de Frontières, en s’adressant à l’ex-Femen Marguerite Stern au début de cet entretien, en 2023, avait évoqué « un entretien qui risque de faire couler beaucoup d’encre ». Il a donc aussi mobilisé les magistrats, preuve que la liberté de la presse s'entend dans un couloir... étroit.

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Marie Vallette
Etudiante en philosophie, stagiaire à la rédaction

Vos commentaires

43 commentaires

  1. Et vous n’avez encore rien vu : une loi se prépare pour réprimer les propos contestant « les valeurs de la république »…

  2. Non mais, a-t-on idée de dure des choses pareilles.
    Jamais au grand jamais, des hommes issus de l’immigration n’ont agressé des femmes , même pas des nonagenaires dans des hepads .Ce sont des menteries…
    Vive la France créolisée de Mélanchon…le prochain Président de la République en France…
    Merci Boulevard Voltaire…pour votre bienveillance à l’égard des anti France.

    • Bravo Breizh votre traitement de PADALGAM 500 fait vraiment effet (humour surtout sachant les commentaires habituels de votre part, que je plussoie la plupart du temps)
      Et pour la dernière phrase, je suis plus que d’accord sans en dire plus

  3. Il serait donc interdit de poser une question en regardant la réalité du terrain ? Mais, que ces personnes qui parlent d’insulte aillent se promener seules, non voilées, dans ces quartiers de référence le soir. A condition, que ce ne soit pas des déchets humains, et même là, des femme âgées voire très âgées n’ont-elles pas été violées ? Avec décès consécutif pour l’une d’entre elles au moins !

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