[MÉDIAS] Radio France engagée à gauche ? Laurence Bloch vend la mèche

Bien malgré elle, l’ancienne dirigeante d'Inter a confirmé tout le mal que les Français pensent de l’audiovisuel public.
Capture d'écran X
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C’est ce qu’on appelle un but contre son camp. Samedi soir, Laurence Bloch, ex-directrice des antennes de Radio France, était l’invitée de Léa Salamé dans Quelle époque !, sur France 2. L’ancienne patronne venait présenter son ouvrage Radioactive (Stock), mais aussi réagir aux nombreuses critiques faites ces derniers temps à l’audiovisuel public. « Je crois qu’il est attaqué par un groupe politique, médiatique, idéologique qui fait beaucoup de vacarme, qui a assez peu de scrupules, qui a beaucoup de ressources, a-t-elle expliqué. Je pense qu’en face, on a un audiovisuel public qui est plus scrupuleux, qui essaye de donner la complexité du monde, la restituer, mais qui ne sait pas communiquer, qui ne sait pas dire aux citoyens de ce pays combien il prend soin d’eux. » À la question de savoir si certaines antennes publiques ne seraient pas - qui sait ? - un peu militantes, l’ex-directrice de la stratégie éditoriale de Radio France a eu une réponse confondante de sincérité : « France Inter n’a jamais eu autant d’auditeurs et, si la gauche avait autant d’auditeurs que d’électeurs, on serait contents. » Assis à côté d’elle, l’influenceur Hugo Clément a immédiatement tiqué, notant un « coming out de gauche » manifeste. On ne saurait mieux dire.

 

En une seule phrase, Laurence Bloch a ainsi confirmé tout ce que nombre de Français reprochent à l’audiovisuel public : non seulement France Inter s’adresse à des « auditeurs » de gauche, mais en plus, ses dirigeants souhaitent la victoire électorale de ce camp politique. « L’aveu », a ainsi commenté, sur X, Gilles-William Goldnadel, toujours à l’affût des dérives idéologiques des médias d’État. Une critique également portée, dimanche, par l’eurodéputée Sarah Knafo. « Ce qu'ils font, à mon sens, c'est du détournement d'argent public parce qu'ils utilisent notre argent, ils utilisent nos impôts non pas pour du service public, non pas pour une information non partisane, mais pour un service militant », a-t-elle souligné, sur RTL.

Ajoutons que si Laurence Bloch ne sévit plus sur Radio France depuis juin 2024, elle n’a pas quitté le monde des médias pour autant. En effet, au mois de mars dernier, Rachida Dati lui a confié une « mission d’accompagnement sur la réforme de gouvernance de l’audiovisuel public », maintes fois repoussée mais toujours dans les tuyaux. « Je suis très heureuse que Laurence Bloch ait accepté le principe d’une telle mission, déclarait alors le ministre. Nous partageons ensemble un attachement profond à l’audiovisuel public. » Mais au vu des propos tenus, samedi soir, sur France 2, il paraît peu probable que la dépolitisation nécessaire de Radio France et de France Télévisions soit une priorité pour l’ex-directrice... Pour un vrai nettoyage de fond des écuries d’Augias, il faudra manifestement encore attendre.

Le dénigrement tous azimuts de CNews

Également présente sur le plateau de Léa Salamé, la journaliste Christine Ockrent a tenu à revenir sur la guerre qui fait rage entre les deux groupes médiatiques. Mais au lieu de corriger les propos de sa voisine, elle en a profité pour s’en prendre violemment au « groupe Bolloré ». « J’estime que les attaques dont l’audiovisuel public est la cible sont d’autant plus absurdes qu’elles sont faites par des gens qui sont la négation même de nos métiers, à mon avis, a-t-elle déclaré. Il suffirait, plutôt que de les accabler, de faire la liste quotidienne de toutes les erreurs, de toutes les falsifications des faits, de toute la désinformation qu’ils déversent. »

Seul contre tous, Bernard de La Villardière a courageusement tenu à faire entendre une opinion différente. Le présentateur d’Enquête exclusive a d’abord rappelé qu’il avait lui-même commencé sa carrière au sein du service public et que certains de ces médias, Radio France en particulier, étaient à ses yeux nettement « orientés à gauche ». « Je suis ravi que le groupe Bolloré puisse lancer le JDNews, CNews, etc., qui ont des qualités et des défauts, mais tout comme France Inter, Radio France ou la télévision publique, a-t-il balancé, tel un chien dans un jeu de quilles. Quand on dit que CNews attaque Radio France ou France Télé, France Télé fait des sujets sur CNews et dénonce le groupe Bolloré comme un groupe fasciste, d’extrême droite, etc. Moi, je déteste l’excommunication et je crois que l’esprit partisan est aussi beaucoup à gauche et dans l’audiovisuel public… »

Sur X, Pascal Praud a lui aussi réagi aux accusations de Mme Ockrent. « "Falsifications des faits" ? À quoi fait-elle référence ? À quels reportages ? À quels témoignages ? "Falsifications des faits" est une accusation grave. Si Mme Ockrent a des éléments, qu'elle le dise. Dans le cas contraire, qu'elle se taise. » Mais, au-delà de l’inexactitude des propos tenus par l’ancienne présentatrice du 20 Heures d’Antenne 2, c’est surtout le timing choisi qui laisse songeur. Est-il bien judicieux d’agonir d’injures une chaîne, quelques jours à peine après l’avoir assignée en Justice pour « dénigrement » de ses concurrents ?

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

94 commentaires

  1. Quand on pense que pendant de très nombreuses années madame Ockrent a présenté le journal de 20hoo sur Antenne 2 et que l’on a également eu droit à Noël Mamère dans le même genre d’exercice, connaissant la mentalité de ces deux personnages, on imagine avec quelle objectivité les « informations » ont été rapportées aux téléspectateurs pendant ces périodes ! Cela continue de plus belle avec ceux ou celles qui leur ont succédé. Entre Lapix et Salamé pour les plus récents, on est toujours bien servis.
    Quand à Ockrent, au lieu de continuer à déverser son venin, elle ferait mieux d’acheter deux tabliers de cuisine,,un pour elle et l’autre pour Kouchner et de passer leur temps à préparer des confitures pour leurs petits enfants ( s’ils en ont). On pourrait lire sur les étiquettes des pots « confectionné avec amour par le couple diabolique ».

  2. Je suis surpris que personne n’ait relev que Mme Ockrent, lorsqu’elle présentait un journal télévisé à l’époque de la chute du régime impérial en Iran, faisait l’éloge chaque soir de l’ayatollah Khomeiny, l’avenir démocratique de l’Iran, en accablant en même temps le Sha Palavi .
    Je me souviens que ça me révoltait profondément.
    Et quand on connaît la suite, Mme Ockrent devrait se cacher 10 pieds sous terre.
    J’aimerais qu’un chroniqueur de BV se penche sur les archives de l’INA

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