Méga feu : et si on écoutait les paysans ?
Depuis mardi, le massif des Corbières (Aude et Pyrénées-Orientales) est ravagé par le plus gros incendie qu’ait connu la France depuis près de vingt ans : plus de 17.000 hectares de végétation et de pinède partis en fumée, une habitante tuée, treize blessés, dont plusieurs pompiers, et des centaines de sinistrés. Le vent marin a remplacé la tramontane, offrant un répit relatif, mais les soldats du feu restent mobilisés pour fixer les lisières et éviter un retour des flammes. Dans ce paysage calciné, une zone a pourtant résisté : un couloir de garrigue entretenu par… des chèvres. Jean, chevrier à Roquefort-des-Corbières, raconte : « Un commandant des Bouches-du-Rhône m’a dit : vous nous avez bien aidés. Le feu n’a pas traversé la route là où passent vos bêtes. » En broutant, le troupeau nettoie la végétation basse et crée un coupe-feu naturel.
Interview de Jean, chevrier dans les Corbières : « contre le feu, il faut remettre des animaux dans les garrigues et en finir avec les interdictions débiles de l’ONF. C’est si simple !» Stop l’écologie de bureau ! Pour protéger les gens, écouter le terrain méprisé ! Les #gueux .… pic.twitter.com/OxvFaNBiqr
— Alexandre Jardin (@AlexandreJardin) August 7, 2025
Cette méthode ancestrale n’a pourtant rien d’une évidence, pour l’Office national des forêts. Jean évoque l’interdiction faite par l’ONF du pâturage des garrigues afin de protéger les pins d’Alep, au risque de laisser s’accumuler broussailles et herbes sèches. Jean ne décolère pas car, selon lui, l’ONF et le gouvernement ne protègent pas les forêts, ils les livrent aux flammes : « Si, partout, on avait fait comme ici, le feu n’aurait pas pris cette ampleur. Il faut remettre des animaux partout, comme avant. » Dans un territoire où l’élevage a reculé, ses chèvres incarnent une solution à la fois écologique, économique et préventive — mais étouffée par des réglementations hors-sol.
« L’écologie de bureau », cible d’Alexandre Jardin
Présent dans la région, l’écrivain Alexandre Jardin, fondateur du mouvement Les #Gueux, voit dans le témoignage de Jean un symbole. Après avoir mené bataille contre les zones à faibles émissions et les diagnostics de performance énergétique, il dénonce de nouveau une « écologie punitive » qui impose des normes depuis Paris sans consulter ceux qui vivent et travaillent au contact de la nature. « On empile les décrets et on oublie que la prévention passe aussi par le terrain », martèle-t-il. Pour lui, ces incendies géants sont aussi le fruit d’une gestion forestière aveugle aux réalités locales.
Les chiffres lui donnent matière à frapper fort : alors que l’État prévoit de dépenser des milliards pour développer les énergies renouvelables, rien n’est engagé pour soutenir les méthodes naturelles d’entretien des massifs. Le pâturage, pourtant reconnu par des experts en prévention des feux, reste marginal, car jugé incompatible avec certaines doctrines environnementales. Résultat : les habitants, déjà fragilisés par les contraintes économiques et administratives, se retrouvent seuls face aux flammes.
Et si on écoutait enfin le terrain ?
À Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse (Aude), village le plus touché, le Premier ministre François Bayrou a promis un « plan de sauvegarde et d’avenir » pour les Corbières, qualifiant la catastrophe d’« inédite ». Mais pour Jean, la solution est déjà connue, simple et peu coûteuse : il suffit de mettre des animaux dans les garrigues. C’est efficace et ça ne coûte pas un sou de plus au contribuable. Alexandre Jardin relaie ce message comme une évidence : protéger les populations commence par faire confiance aux savoir-faire locaux.
La tragédie de l’Aude rappelle cruellement que la nature ne se plie pas aux décisions de bureau. Dans les Corbières, ce n’est pas une réglementation qui a empêché le feu de progresser, mais un troupeau. Là où l’écologie urbaine se perd dans les plans et les subventions, la prévention passe par le retour de pratiques paysannes qui ont fait leurs preuves. « Écouter le terrain méprisé », répète Jardin. Dans un pays qui brûle chaque été un peu plus, ce n’est plus une option, c’est une urgence.
Pour ne rien rater
Les plus lus du jour


































103 commentaires
Nos paysans savent de quoi ils parlent…….mais ils ont raison…..ils n’ont aucune chance d’être écouté dans le wokistant écolo
Les écolos sont essentiellement des citadins qui ne connaissent pas grand chose à l’écologie!
Exactement ils n’ y connaissent rien mais croient tout savoir , pire encore !!!
Ils sont inutiles et dangereux
Les incendies auraient pu être évités, mais les écolos avaient refusé qu’on ramasse du bois sec je crois et bien d’autres, il faut débroussailler, éviter les arbres autour des propriétés, c’est du bon sens mais le bon sens et ces gens là ça fait deux choses bien différentes
La bêtise des écolo-bobos les rend responsables en partie des catastrophes naturelles, les variations météorologiques et un mégot aussi…Quant au sujet des incendies volontaires, inutiles de les évoquer tellement ils sont rares, n’est ce pas?
Pas de pâturages pour protéger les pins d’Alep : ben pas de problème, la ils sont super protégés, ils sont cramés
Ancien agriculteur je suis effaré de voir comment la campagne change de visage. Les agriculteurs sont maintenant incité à laisser des jachères, bonne intention certainement, seulement ces jachères ne sont pas tournantes, elles restent des années sur les même parcelles et ne sont souvent pas ou peu entretenues ce qui induit la pousse de broussailles. Des chasseurs vont même jusqu’à acheter et laisser volontairement en friches des fermes entières, allant jusqu’à semer des ajoncs et des genêts. Les haies ne sont plus taillées, en bordure de routes elles se développent en hauteur et en largeur côté champs, nous ne circulons maintenant plus qu’entre deux immense murs de broussailles avec en plus l’interdiction de faucher les accotements sur de longues périodes. Voilà donc déjà quatre belles occasions pour le feu de progresser allègrement et je pourrais en citer beaucoup d’autres. Les règlementations en matière d’écologie dans les campagnes, favoriser les embroussaillements « pour protéger flores et faunes se retournent contre non pas les décideurs hors sol mais sur les rares habitants restant dans les campagnes et tous de se focaliser sur un réchauffement climatique dont la cause n’est qu’une évolution naturelle du climat avec ses périodes de réchauffement et refroidissement sur lesquels l’homme n’a que bien peu d’influence.
Les agriculteurs ne sont pas INCITES mais OBLIGES de laisser ces jachères comme ils ont INTERDICTION de curer les fossés et bien d’autres interdictions et obligations toutes aussi ubuesques les unes que les autres, et tout venant de personnes derrière leur bureau payées à pondre des normes !!!
Comment peut on confier la protection de la nature à des écolos bobos complètement hors sol et qui ne connaissent absolument rien à l’écologie si ce n’est manger bio et rouler en trottinette pour sauver la planète mais partir en week-end en gros SUV …..
sandrine rousseau va peut être être sur le terrain….sur le mez hom, en bretagne…., haut lieu….entretenu par des chèvres et des moutons…..
au fait son voisin agriculteur, ilpourrat nous dire dans quel véhicule elle arrive ? ce ne serait pas un SUV?….histoire qu’on rigole…
Pas d’info pour le véhicule mais je m’étonne qu’elle aie une résidence secondaire pourtant honnie par les gauchistes
Ils ont fait un BBQ à son honneur, très sympa parait il , bon je pense que la prochaine étape sera bien plus odorante……
Ceux qui sont au gouvernement et ne jurent que par les tableaux excel , qui ne savent pas reconnaitre une carotte d’un panais, un concombre d’un cornichon …feraient mieux d’écouter le bon sens paysan qui a fait ses preuves depuis des millénaires
Depuis les débuts de l’agro-pastoralisme , tout le monde sait que les troupeaux sont le meilleur rempart au feu : c’est la création de l’ENA et la « formation » de ces cohortes « d’insachants » , idiots utiles du pouvoir », qui nous ruine ici comme ailleurs.
Ne pas oublier le travail de nettoyage de nos forêts par les …. chêvres mais aussi les Ânes …. c’est du bon sens que nos technocratres ont tout simplement oublié ! QUELLE ERREUR !
Pas meilleures débrouilleuses que les chèvres, les agriculteurs le savent fort bien et leur bon sens n’est pas écouté comme d’habitude
Comme supprimer toute végétation autour des maisons mais bon ceux qui « pensent » ne sont pas compétents, on voit les résultats
RAPPEL IMPLACABLE de l’évidence : « la nature ne se plie pas aux décisions de bureau ».
BRAVO.
Il semble qu’il y ait quelques lacunes dans l’enseignement à sciences Po, à l’ex ENA et sans doute aussi dans la formation des ingénieurs agronomes.
« Le Bon Sens Populaire »,c’est la RÉALITÉ face á la FICTION des élites intello .Si les chèvres mangent l’écorce,c’est quand il n’y a plus de broussailles à « bouffer »et je n’ai jamais vu une forêt entière détruite par un troupeau de chèvres…Il faut ajouter ajouter à l’article que cet embroussaillement est aussi intervenu là où les paysans ont arraché leurs vignes car plus du tout rentables avec les nouvelles normes imposées par les Pastèques…Autour de Marseille combien de proprios entretenaient leurs jardins et oubliaient(?) de débroussailler autour de chez eux:(dans les environs de Plan de Cuques il était m^me impossible d’emprunter un trottoir car envahi par les broussailles qui sortaient des jardins(année 2010). »C’est pas chez moi alors je m’en fous » )Quant à nos élites qui nous parlent de DÉRÈGLEMENT climatique ,comment expliquent-ils que des routes romaines se trouvent encore sous les glaciers ?DÉRÈGLEMENT ou CHANGEMENT ?Nos ´´elites » dirigeantes ont accordé des droits de construire là où les rivières n’avaient plus débordé depuis trente ans,la même chose dans des regions proches de l’Alantique comme des endroits où les avalanches ne se produisaient plus: car bétonner ou bitumer rapportent du fric (impôts)au lieu de payer un entretien avec les conséquences terribles que nos élites CITADINES et VERTES attribuent au DÉRÈGLEMENT climatique,en oubliant le Bon Sens populaire.
D’accord avec vous…….je crois que le dérèglement n’est pas que climatique……..et qu’on a une surproduction de pastèques……
les « bouseux » sont écoutés lorsqu’ils sont en tracteur dans les rues ; alors le siège de la rue ST HONORE c’est pour quand ?
Ici encore certains (parisiens forcément) pointent du doigt le réchauffement climatique. Réchauffement dont les principaux responsables sont…les gens des villes et en premier lieu les parisiens qui ne connaissent rien de la campagne, même quand ils s’octroient une…résidence secondaire. Pour en critiquer les animaux de la ferme…Venez dans nos campagnes, observer les sous bois qui ne sont même plus entretenus par les agents de l’ONF dont c’était autrefois la principale missions. Aujourd’hui vous voulez traverser un bois? Une certitude, il vaut mieux en faire plus prudemment le tour ! Jean et ses chèvres ne se contente pas de protéger notre nature, il sauvent aussi les habitants des campagnes abandonnées, et surtout les…combattants du feu ! La faute à un mégot, peut-être. Mais peut-être pas seulement aussi…Peut-être des chèvres qui ont mal éteint leur barbecue…