Menaces de mort contre Viktor Orbán : pourquoi Zelensky a perdu ses nerfs
« Nous espérons qu'une seule personne au sein de l'UE ne bloquera pas les 90 milliards. Sinon, nous donnerons l'adresse de cette personne à nos forces armées, à nos gars. Qu’ils l’appellent et qu'ils lui parlent dans leur propre langage. » Ces mots qui auraient pu être la réplique d’une suite du film Le Parrain ont été prononcés par Volodymyr Zelensky, qui s’adressait, le 6 mars dernier, à Viktor Orbán. La Commission européenne elle-même, pourtant peu encline à prendre le parti du Premier ministre hongrois contre le chef de l’État ukrainien, s’est vue contrainte de... le défendre ! « Ce type de langage est inacceptable », a déclaré son porte-parole, Olof Gill, pour qui il « ne doit y avoir aucune menace à l'encontre des États membres de l'UE ».
"Nous donnerons son adresse à nos gars" : l'UE déplore des menaces "inacceptables" de Zelensky contre Orban qui bloque le prêt à l'Ukraine
➡️ https://t.co/3jA72hcCBD pic.twitter.com/oiWNqsfCBF— TF1Info (@TF1Info) March 6, 2026
Euros contre pétrole
Comment Volodymyr Zelensky a-t-il pu partir ainsi en vrille et se laisser aller à un propos d’une telle violence à l’encontre de Viktor Orbán, rappelant les menaces entre chefs mafieux aux grandes heures des guerres de gangs ? Les relations entre les deux hommes n’ont certes jamais relevé de la franche camaraderie. Mais, comme toujours, les sentiments n’interviennent qu’à la marge dans les relations entre États. Ils sont déterminés avant tout par les intérêts de chacun. Viktor Orbán est connu pour défendre toujours les intérêts hongrois. Et au cœur de l’affaire, c’est de pétrole qu'il s’agit. Un petit retour en arrière s’impose.
Survivance de l’époque soviétique, plusieurs anciens satellites de Moscou et pays d’Europe centrale ou de l’Est continuent de s’approvisionner en pétrole auprès de l’ancien grand frère. La Russie alimente ainsi en or noir la Hongrie et la Slovaquie, mais aussi la Biélorussie, la Pologne, la République tchèque, l'Autriche et l'Allemagne, via l’oléoduc Droujba (qui signifie « amitié »). Une partie du parcours de l'oléoduc passe par l’Ukraine. Ce cordon ombilical, vital pour eux, explique les bonnes relations qu’entretiennent Budapest et Bratislava avec Moscou, bien plus qu’une hypothétique convergence idéologique entre Viktor Orbán et Vladimir Poutine. Il explique, de même, les fortes tensions entre Kiev et Budapest depuis le début de l’offensive russe en Ukraine en 2022. Les motifs d’énervement n’ont pas manqué, depuis.
Droujba, l'oléoduc à la source de la brouille
En mai 2023, la compagnie pétrolière russe Transneft, exploitant de l'oléoduc Droujba, confirmait l'attaque de celui-ci par les Ukrainiens à hauteur de la station de recharge de Briansk. Courant août 2025, trois nouvelles attaques ont endommagé l’oléoduc à plusieurs endroits, conduisant à une rupture de l’alimentation en pétrole de la Hongrie et de la Slovaquie. En janvier 2026, une nouvelle frappe a à nouveau touché l’oléoduc Droujba.
Alors que la Hongrie soupçonnait l’Ukraine de faire traîner le rétablissement du flux de pétrole, Volodymyr Zelensky s’est, dans un premier temps, montré rassurant. « Selon les informations actuelles, d'ici un mois à un mois et demi, cet oléoduc pourra être remis en service », a-t-il déclaré, le 5 mars, avant de tenir un tout autre discours : « Pour être honnête, je ne le rétablirai pas. C’est ma position. » Pourquoi ce revirement soudain ? « Parce que c’est du pétrole russe. Il y a certains principes qui n’ont pas de prix. Ils sont en train de nous tuer, et nous, nous serions censés fournir du pétrole à Orbán parce que le pauvre Orbán ne peut pas gagner les élections sans ce pétrole. » Zelensky fait allusion aux élections législatives hongroise du 12 avril prochain, pour lesquelles Viktor Orbán n’est pas, pour l’instant, le favori dans les sondages. La réponse de ce dernier a été aussi nette que rapide. La Hongrie opposera donc son veto au prêt de 90 milliards d’euros de l’UE à l’Ukraine.
Des paroles « inacceptables »
C’est à ces 90 milliards que la menace de mort de Volodymyr Zelensky faisait allusion, le 6 mars. Et c’est cette menace que, après Bruxelles, Guillaume Bigot a condamnée, en sa qualité de président du groupe d'amitié franco-hongroise de l'Assemblée nationale. « J’exprime le soutien de l'Assemblée nationale à Viktor Orbán », a-t-il déclaré, sur son compte X. « Les menaces envers un dirigeant européen sont totalement inacceptables ! », a rappelé le député RN de Belfort, qui a bien voulu revenir pour BV sur ce grave incident. « Je pense qu'il s'agit d'une mesure de représailles, une riposte de l'Ukraine à l'égard de la Hongrie. » Mais le veto hongrois était lui-même une mesure de représailles. « Nous, Français, devrions donc prendre un peu de recul par rapport à cet enchaînement, estime Guillaume Bigot, pour qui, d’un côté, il est compréhensible que la Hongrie soit angoissée à l'idée de ne plus avoir cette alimentation en hydrocarbure qui arrive sur son territoire. Cela va être très problématique pour elle et lui coûter cher. » Mais en retour, « on peut aussi se mettre à la place du gouvernement ukrainien, qui a besoin de ces 90 milliards d'euros pour ne pas plonger ». Il est donc logique qu'il y ait « un bras de fer, parce que les deux acteurs sont angoissés ». Et, explique le député de Belfort, « si j'ai réagi en tant que président du groupe d'amitié franco-hongroise, c'est que ce qu’a déclaré Volodymyr Zelensky n'est pas acceptable, alors que les deux pays ne sont pas en guerre ». Et « d'ailleurs, autant que je puisse en témoigner, les relations entre les ambassadeurs d'Ukraine et de Hongrie en France sont plutôt bonnes et cordiales », note-t-il.
🔴 En tant que président du groupe d’amitié France-Hongrie, j’exprime le soutien de l'Assemblée nationale à Viktor Orbán. Les menaces envers un dirigeant européen sont totalement inacceptables ! https://t.co/wKbRD2qhHD
— Guillaume Bigot (@Guillaume_Bigot) March 7, 2026
Reste la question : pourquoi Volodymyr Zelensky fait-il monter la tension jusqu’à menacer de mort Viktor Orbán ? Pour Guillaume Bigot, le Hongrois a sans doute vu dans « les interventions américaines contre le Venezuela et contre l'Iran, l’arrestation de Maduro et la mort de Khamenei, une façon de calmer les Russes et les Chinois et, donc, une promesse de désencerclement ». Cette situation nouvelle n’aurait pas été sans effet. « Volodymyr Zelensky se sent un peu pousser des ailes, poursuit Guillaume Bigot, et je pense qu'il y a une forme de fébrilité chez lui, car il est remis en cause, ces derniers temps, par les Ukrainiens. Ils sont nombreux à réclamer des élections qu’il ne serait pas sûr de gagner.... »
S’il ne faut sans doute pas attendre que la situation évolue beaucoup entre Kiev et Budapest d’ici aux élections hongroises en avril, il n’est dans l’intérêt d’aucune des deux parties qu’elle dégénère.
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106 commentaires
Zelenski égal à ce qu’il est réellement : un voyou. Où en est l’enquête sur les 13 milliards d’aides versés a l’Ukraine et qui ont mystérieusement disparu ? Comment se fait-il qu’on retrouve sur des théâtres d’opérations ailleurs des matériels livrées pour « soutenir l’Ukraine » ? Et comment se fait-il que certaines armes se retrouvent jusque dans les caves de cités en France ? A combien se montait la fortune de Zelenski quand il a été élu… A combien se monte-t-elle aujourd’hui ? Pourquoi veut-il a tout prix continuer cette guerre alors que malgré leur courage, ses troupes reculent et perdent chaque jour un peu plus de terrain. Ce n’ est pas avec la guerre au Moyen Orient que l’Europe va lui augmenter son aide, alors que les ruptures d’approvisionnement en énergie de l’Iran rend le pétrole et le gaz Russe très attractifs pour les entreprises Européennes… Poutine se frotte les mains. Voilà qui va lui permettre de financer son effort de guerre. Et Zelenski s’autorise à menacer un dirigeant Européen ?…
J’espère que l’Ukraine ne rentrera jamais dans l’Europe. On assez de mafia et de corruption à gérer. C’est une honte de tenir des propos comme ça, pour qui il se prend le comique? Sans nous il serait déjà en Sibérie alors qu’il mange aux plus belles tables avec l’argent des européens! Quand on mord la main qui nous nourrit, on perd mon respect.
Plutôt que de se soucier de qui va ou ne va pas entrer dans l’UE, nous pourrions nous occuper à SORTIR DE L’UE.
Un petit clin d’œil à ce que devient l’Europe et où va cet argent ?
le mec a « besoin » de ces 90 milliards d’euros ???!!! Et les autres, les centaines de milliards que l’Ukraine a déjà récupéré de nos propres poches, il en a fait quoi, exactement ?
Zelinsky veut faire renter l’Ukraine dans la communauté Européenne et il menace pratiquement physiquement un des dirigeants européen, voudrait-il commencer en mettant la guerre entre les pays européens? Qu’il soit à cran car il ne peut gagner cette guerre contre la Russie, qu’il a lui même déclenchée en 2014 au Dombas, c’est certain il compte, après le retrait de l’aide américaine, sur l’aide massive de l’Europe et il en voudra à tous ceux qui s’opposeront à l’arrivée, indispensable pour lui, de cette manne. S’il s’emporte ainsi il provoquera la guerre au sein même de l’Union Européenne quand l’Ukraine y sera intégrée. Il a perdu 20% du territoire Ukrainien il est aux abois car sa propre tête est en jeu.
Orban ne defend pas “les intérêts hongrois” , il defend Poutine.
Une veritable honte qu’on l’oublie trop facilement.
Vous faites quoi des « projets » de zelensky depuis 2014 ? …
La Hongrie n’aurait jamais du être admise dans l’U.E.
Pourquoi, Il est interdit d’avoir un avis différent, avec vous ?
Cette bonne UE (que nous devrions quitter au plus vite) a donné à Zelensky, marionnette américaine, 194,9 MILLIARDS d’euros depuis le début de la guerre et veut encore lui en filer 90 MILLIARDS !!
On continue ou on arrête ?
Faudrai envoyer Zelensky, refaire un petit tour chez Trump !!!
En effet,Viktor Orban se doit d’être haï par l’Union Européenne,l’impératrice sans couronne Ursula la dernière et surtout le virtuel Président de l’Ukraine qui ne peut admettre que le chef d’état hongrois n’accepte pas de se faire corrompre.
Il n’est vraiment pas digne de faire partie de l’UE ce brave Viktor!!!
Il a « touché les fils » le zeze… sait plus où est la lumière !
que pense nos dirigeants Européens nous donnons à un pays corrompu des milliard que nous ne savons pas dans quel poches elle arrive
Une petite partie vient d’être retrouvée en Hongrie, afin de corrompre les élections. Encore un sujet sur lequel la bonne presse française ne s’appesantie pas.
Zelenski voit les moyens et l’argent partir vers le Moyen-Orient, il perd ses nerfs en même temps que la source de ses revenus ! Sans doute estime-t-il qu’il ne nous a pas assez arnaqué…
Zelinski est un voyou pleurnicheur. Il a peur de perdre son poste sinon il aurait déjà négocié pour arrêter cette guerre.
C’est surtout un mafieux…
V. Zelensky montre sans ambiguïté qu’il est du parti de la dictature brutale, comme on en a trouvé parmi les dirigeants de l’Ukraine depuis l’avènement des dictatures d’extrême gauche il y a un siècle (communisme, fascisme, nazisme).
Allez donc vivre en Russie…pour comparer.
Votre argument est faible, Toto.
Si « z » se souciait de son peuple, il y a longtemps qu’il aurait trouvé un accord avec Poutine.
Oui