Lynchage de Quentin : une certaine gauche entre inversion accusatoire et joie macabre
Tout semble accuser l’extrême gauche. Dans la soirée du jeudi 12 février, Quentin, jeune homme de 23 ans, a été passé à tabac à Lyon par plusieurs individus susceptibles d'appartenir à la mouvance dite « antifasciste ». Il serait actuellement en état de mort cérébrale.
Selon les premiers éléments, le drame a eu lieu en marge d'une conférence donnée par la militante pro-palestinienne Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Quentin y aurait été présent afin d’assurer la sécurité du collectif féministe Némésis, qui s’était rassemblé aux alentours de l’IEP afin de protester contre la venue de l’activiste « insoumise ». Selon Alice Cordier, présidente de Némésis, le jeune homme a été la victime d’une « extrême violence » : « Les antifascistes l'ont fait tomber à terre et l'ont tabassé, le laissant pour mort dans la rue. Quentin a été balayé au sol, son crâne a tapé, puis il a été lynché à coups de pied. » Le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour « violences aggravées ».
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— Mathilda Nemesis (@mathildaNemesis) February 13, 2026
Dans un communiqué, le collectif Némésis dit avoir reconnu parmi les agresseurs du jeune patriote Jacques-Élie Favrot, un collaborateur parlementaire du député LFI - et délinquant - Raphaël Arnault, « membre actif de la Jeune Garde ». L'enquête en dira plus. Cette « Jeune Garde », co-fondée par Raphaël Arnault, a été dissoute en 2025 par le ministère de l'Intérieur qui lui reprochait « des agissements violents ». Une décision qui a fait l'objet d'un appel devant le Conseil d'État.
Mais malgré ces éléments a priori accablants, une partie de la gauche a décidé de faire front avec les agresseurs de Quentin. Sur X, le coordinateur de LFI Manuel Bompard a ainsi semblé rejeter la responsabilité du drame sur « les groupuscules fascistes » qui auraient tenté de « perturber » la conférence de Rima Hassan. Éric Coquerel, sur France Info, s’est attelé à la même inversion accusatoire et a pointé du doigt les « ratonnades » et autres « actions de l'extrême droite » sans en donner le moindre exemple : « Peut-être que certains groupes ont considéré que la police n'agissait pas assez contre ces groupuscules identitaires, et qui ont dû penser qu'il fallait recourir eux-mêmes à se défendre », a-t-il estimé, à deux doigts de justifier le recours à la violence contre ses adversaires politiques. Mise en cause dans cette affaire, Rima Hassan, tout en ayant fait part de son « effroi », a présenté le lynchage de Quentin comme la suite d’un vieil « affrontement entre néonazis et antifascistes ». En clair, le jeune homme en état de mort cérébrale serait un suppôt d’Hitler.
L’inversion accusatoire
Au-delà des rangs mélenchonistes, de nombreuses figures de gauche ont adopté cette stratégie de l’inversion accusatoire. L'eurodéputée socialiste Chloé Ridel, tout en déclarant que « le lynchage à mort du jeune Quentin est insupportable », a tenu à rappeler qu'« on ne répond pas aux provocations de l’extrême droite par la violence physique. Sinon, on reproduit le fascisme que l’on prétend combattre. » Faut-il comprendre que cette « extrême droite » qu'elle évoque est « fasciste » ? Il est vrai que, pour beaucoup de gens de gauche, quand on est de droite, on est vite « d'extrême droite » et, par conséquent, « fasciste »... « Ne soyez pas nazi, et jamais vous ne rencontrerez de militants prêt (sic) à se défendre face au serpent fasciste », a lancé le militant Gabin Plantet. Journaliste chez Blast et Arrêt sur images, Camille Stineau est très clair : « Les partis de gauche institutionnels, vous êtes bien contents quand il y a des antifas autour de vos événements pour vous protéger des fachos. Mais le jour où la bagarre est un peu trop violente et qu’un nazi meurt, vous jetez les antifas sous le bus ? Faut aller se faire foutre. »
Un journaliste de @blast_france et @arretsurimages qualifie Quentin de « nazi » et justifie à mi-mot son meurtre. pic.twitter.com/fW6x2Fxijx
— Pierre Sautarel (@FrDesouche) February 13, 2026
À ce sujet — Quentin en état de mort cérébrale : l’extrême gauche tue, leurs complices passifs aussi !
Exactement sur la même ligne, Marie Coquille-Chambel, chroniqueuse au média d’extrême gauche Politis, a ouvertement dédouané les agresseurs de Quentin. « Des années que le collectif Némésis joue sa carte politique en attaquant des événements de gauche afin de créer des images d’agressivité envers elles. La mort du militant nationaliste Quentin est de leur fait, leur méthodologie ne pouvait que mener à la violence extrême, a-t-elle vomi, sur X. La violence de l’extrême droite peut se redoubler davantage envers les personnes identifiées comme antifascistes. Tenons la ligne. »
L’apologie du meurtre
Sur les réseaux sociaux, de nombreux jeunes individus - dont une bonne part arborent des drapeaux étrangers dans leur bio - se sont réjouis du lynchage de Quentin : « Le nazi de Lyon est mort », « Hitler dead », « 20 ans qu’il aurait dû être avorté », « Ce qui est une tragédie, c’est qu’il n’y a pas de vidéo pour en faire un mème », etc. Quand Némesis observe que « l’extrême gauche tue », une certaine Lisa lui répond « pas assez ! ». Quand un pro-palestinien suggère qu’il n’est « pas malin de tuer un faf à une petite année des élections », son collègue Yanis lui répond : « On s’en branle vraiment. Rigolons un bon coup et passons à autre chose, l’opinion public (sic) aura oublié dans deux jours. »
Alors que Quentin vient de décéder après s'être fait lyncher, Yanis @volvicpapi affirme qu'il s'en branle et propose de "rigoler un bon coup". pic.twitter.com/9lrVOJUjW1
— X Gauchiste (@xgauchiste_) February 13, 2026
Cette joie macabre, abjecte, n’est pas nouvelle. On se souvient de ces jeunes progressistes qui avaient débouché le champagne à l’annonce de la mort de Jean-Marie Le Pen, de ceux qui avaient regretté que l’accident de voiture de Marion Maréchal ne lui ait pas été fatal, de ceux qui avaient applaudi l'assassinat de Charlie Kirk par un militant antifa. Ce sont exactement les mêmes qui, aujourd’hui, rient de la mort de Quentin. Certains d’entre eux souffrent probablement d’une névrose paranoïaque et croient sincèrement avoir affaire à des « fascistes », mais beaucoup d’autres sont parfaitement conscients de leur procédé retors. Ceux-là nazifient des innocents dans le seul but de légitimer leurs pulsions criminelles et de s’auto-attribuer un permis de tuer.
Il y a quelques mois, Elon Musk avait choqué la bulle médiatique lorsqu’il avait déclaré que « la gauche est le parti du meurtre ». Difficile, désormais, de lui donner tort.
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112 commentaires
Il est malhonnête de taxer Quentin d’activiste violent. Il est malhonnête de dire qu’il s’agit d’un affrontement entre deux groupes, quand les antifas pourchassent leurs opposants (déjà le cas lors du décès de C. Méric). Les antifas agissent en toute impunité depuis trop longtemps. Ils considèrent que leur combat est justifié, les partis d’extrême gauche comme LFI les encouragent (les vidéos le prouvent).
Cette fois ci c’est allé trop loin. Ils ne se sont pas contentés d’attaquer un groupe de droite, avec des gens qui savent se battre. Ils ont lynchés, avec des gants coqués, en les frappant à la tête à terre, des jeunes venus faire présente au côté des Némesis. Des jeunes probablement pas habitués à se battre. Que la gauche reconnaisse au moins les circonstances des faits.
Le pire, je crois, ce sont les gens qui » défendent » ces assassins, ou qui leur trouvent des excuses. Ce sont eux qui devraient être en prison
Ils sont hors sol et ne pensent qu’à leurs réélections c’est une honte!
Je suis consternée par ces propos et la joie devant la mort…il n’y a pas de mot assez fort pour qualifier ce genre d’individus.
Je ne comprend pas comment des gens qui s’imaginent d’une intelligence suffisante pour embrasser une carrière politique, peuvent se compromettent dans des manipulations encourageant des meurtres. certes au regard de mon âge, ce sont des gamins, néanmoins, ayant connu la guerre, l’occupation, le renouveau avec le Grand Homme, j’ai un regard affligé à voir ces têtes d’imbéciles se rendre compte de leurs actes !