Moulins : ne pouvant interdire Murmures de la Cité, le maire s’en prend… aux chevaux !

Afin d’empêcher une parade faisant la promotion d’un spectacle historique, la ville a pris un arrêté « lunaire ».
MDLC

Dimanche 1er février, une parade dans les rues de la ville de Moulins (Allier), dûment déclarée en préfecture, devait permettre de promouvoir la seconde édition du spectacle historique local les Murmures de la Cité, programmée du 10 au 12 juillet prochain.

Mais le 30 janvier, la mairie produisait un arrêté stipulant que « la circulation des chevaux, poneys et de tous équidés, montés ou attelés, est interdite sur le territoire de la commune de Moulins la journée du dimanche 1er février 2026 ». Une mesure qui aurait été prise du fait des « risques pour la sécurité publique » qu’occasionnerait la présence de quelques chevaux prévue dans le cortège de la parade. Il y aurait donc « nécessité de prévenir les accidents et de garantir la tranquillité publique ». Risque aggravant, « les déjections équines sur la voie publique constituent une gêne pour la salubrité publique ». De graves menaces, on le voit, justifient cette mesure de salut public.

Un gag bureaucratique digne d’un sketch

Réagissant à cette décision, l’association Murmures de la Cité a produit, dès le 31 janvier, un communiqué pour signaler que le « maire interdit… tous les chevaux sur la voie publique […], un geste qui pourrait passer pour un gag bureaucratique digne d’un sketch, et qui relève sans doute d’une première en matière de réglementation municipale ». Et considérant qu’au-delà « du ridicule administratif, cette décision soulève une atteinte grave et manifeste aux libertés fondamentales, au premier rang desquelles la liberté d’aller et venir », l’association indique avoir « saisi le tribunal administratif de Clermont-Ferrand en référé-liberté afin d’obtenir la suspension immédiate de l’arrêté ». Démarche de pure forme, en réalité, et d’ailleurs logiquement rejetée par le tribunal, conformément à l’article L2213-4 du Code général des collectivités territoriales qui prévoit que dans un certain nombre de circonstances pouvant provoquer de la gêne ou du danger, « le maire peut, par arrêté motivé, interdire l'accès de certaines voies ou de certaines portions de voies ou de certains secteurs de la commune aux véhicules », le cheval étant considéré comme tel.

Silence municipal

Si la légalité de l’arrêté municipal ne fait aucun doute, il laisse penser à une manœuvre peu bienveillante de la municipalité à l’égard de Murmures de la Cité. C’est en tout cas ce qu’ont tenu à faire savoir des internautes, à la suite du communiqué sur cette interdiction.

 

Contacté par BV afin de faire la lumière sur les raisons de cette étrange décision, le maire de Moulins n’a pas donné suite à nos sollicitations. De son côté, Guillaume Senet, président de Murmures de la Cité, rappelle à BV qu’il avait déjà organisé, quelques semaines plus tôt, « une parade sur le marché de Noël de Moulins. La ville de Moulins ne souhaitait pas qu’elle ait lieu, et elle l'avait clairement dit aux responsables de la préfecture. » Un peu plus d’un mois plus tard, cette « première » ayant été une réussite, « on a voulu faire la même chose, mais en ajoutant la dimension équestre, avec des chevaliers en armure. Et la mairie a alors utilisé cet ajout pour faire interdire la parade », regrette Guillaume Senet. Alertée par le contenu du projet de parade déclaré en préfecture, « la mairie nous a alors fait savoir qu’elle ne nous voulait pas que les chevaux passent sur le marché », poursuit-il. « Pas de soucis, les chevaux n'iront pas sur le marché, nous les ferons circuler dans les rues du marché, comme des usagers normaux et conformément au Code de la route. » Mais le vendredi, après cet échange, « la mairie prenait à 18h31 un arrêté pour interdire les chevaux ».

Pourquoi tant de haine ?

La première édition de Murmures de la Cité avait pu se tenir en juillet 2025, rencontrant un grand succès avec trois représentations à guichets fermés. Pourtant, le spectacle avait été (et reste depuis) très attaqué par la gauche locale, syndicats, partis et médias se liguant contre ce petit « Puy du Fou » en devenir.

À l’époque, déjà, la mairie avait été peu conciliante à l’égard des organisateurs. L’arrêté d’interdiction des chevaux en ville le 1er février dernier tend à confirmer une « raideur » municipale dont on cherche les raisons. Inimitié personnelle ? Consignes venues d'obscurs groupes de pression ? Comptes à régler avec l’Histoire de France ? Au risque de décevoir les milliers de spectateurs que ce spectacle fait rêver et les dizaines de Moulinois qui se font une joie d’en être les acteurs bénévoles.

Un jour, peut-être, saurons-nous pourquoi le maire centriste de Moulins et ancien ministre Pierre-André Périssol s’évertue, sans l’expliquer, à mettre des bâtons dans les roues de ce spectacle. En attendant, Murmures de la Cité a déjà prévendu plusieurs centaines de places pour ses représentations de juillet prochain.

Vos commentaires

63 commentaires

  1. Comme les agriculteurs, j’irais cavalièrement déposer un puant petit tas de crottins et fumier d’équidés sur l’entrée privée de la belle maison de ce politicien, qui fait cavalier seul responsable d’une telle erreur de décision. Histoire de lui signifier à hue et à dia que « l’homme qui murmurait aux chevaux  » de telles âneries » a été entendu des intéressés privés de ruée dans Moulins, mais prêts à prendre le maire aux dents. « Hennis » soient qui mal y pense.

  2. Moi j’aimerais que l’on interdise le défilé du 14 juillet, trop de chevaux qui vont faire une crotte sur les Champs-Élysées et je ne parle même pas de la pollution que les véhicules militaire produise dans une ville a ZFE, je ne suis pas écolo je fais de l’ironie mais le défilé c’est bien la république non ?

    • Ah petit fripon, on a failli vous croire, que nenni !!!

      Moi mon rêve c’est qu’au lieu d’interdire les chevaux, c’est qu’on interdise la présence des gauchistes dans les institutions où ils sont infiltrés voire incrustés, CC D ETAT ARCOM ADEME et tant d’autres , ce serait nettement plus profitable pour notre démocratie et pour nos vie quotidienne, à rappeler qu’ils font toujours si peu aux présidentielles…

  3. Ce genre de manifestation est généralement très appréciée en particulier par les enfants. Ce maire a décidé de priver arbitrairement ses administrés d’un petit plaisir qui rend la vie plus joyeuse. J’espère qu’ils sauront le remercier lors des prochaines élections. Pauvre type.

  4. Les Français voulaient une mesure ferme contre les rodéos urbains ? Eh bien, c’est chose faite ! Mais les Gaulois râleurs ne sont jamais contents, c’est bien connu.
    Plus sérieusement, cet arrêté « anti-équidés » c’est le coup de pied de l’âne (si j’ose dire), c’est petit, c’est mesquin, c’est ce que les élus peuvent faire de pire et de vil envers leurs administrés. Espérons que les électeurs s’en souviendront dans un mois et demi. La vengeance est un plat qui se mange froid, dit-on, mais il peut tout à fait se déguster tiède … il n’en est que meilleur !

    • En espérant que ses administrés auront compris. Il ne vaut pas mieux que les gauchos qui veulent effacer notre histoire.

      • ce qui a entraîné les retard d’aménagement de la RCEA réputée pour sa dangerosité maximale sur plusieurs décennies, simplement parce que les départements de Saône et Loire et de l’Allier n’avaient pas la même couleur politique et que les communistes étaient contre tout. D’où de nombreuses victimes sur cette route maudite.

  5. quand on est petit, c’est difficile de s’élever visiblement ce maire est ce  » petit » bonhomme sans envergure qui monte sur ses ergots pour contrevenir à un spectacle sur l’histoire de France, mais  » ké misèèère » !

  6. Pour cet ancien « poulain » de J Chirac , le bruit et les odeurs ont un petit air de déjà vu ou déjà entendu ou déjà senti , c’est vous qui voyez ! Moulins , ville d’art , de culture et d’histoire , assume-toi !

  7. C’est un centriste ça explique tout. Quand on sait qu’il a été ministre ça fait peur pour la démocratie.

    • Heureusement dès le lundi 2 février les équidés ne présentent plus de risques pour la sécurité publique.
      Ce qui restent très inquiétant, quand même, c’est que la Préfecture ne s’était pas rendu compte, elle, que la situation présentait des risques le 1er février. Quelle négligence !

  8. Avec ces maires de gauche nous n’avons plus le droit de faire revivre la France d’antan ce maire n’aime pas le cheval.

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