[MUNICIPALES] À gauche, pas de cordon sanitaire vis-à-vis de LFI. Étonnant ?

Rupture entre la gauche dite sociale-démocrate et LFI ? Pas pour les élections et les postes !
Capture d'écran LCP
Capture d'écran LCP

Il y avait des électeurs de droite orphelins, mais qui retrouvent l'espoir avec la perspective d'une grande alternance sous l'égide du RN et de ses alliés. Il risque d'y avoir de plus en plus d'électeurs de gauche orphelins quand ils vont découvrir la duplicité de leurs chefs qui nous avaient affirmé, les yeux dans les yeux, que les alliances avec Mélenchon, c'était fini. Et les électeurs de gauche sincères devraient faire leur le constat d'Alain Finkielkraut : « C'est parce que je suis de gauche que je ne suis plus de gauche ! »

 

Un nouveau cap dans la duplicité

Mais, pour ces élections municipales, la gauche franchit un nouveau cap dans la duplicité, montrant son vrai visage : prête à toutes les compromissions, tous les reniements pour conserver ses mairies dans six semaines ! En effet, la gauche - et notamment la gauche écolo rouge-verte - joue gros, dans ces élections : elle avait réussi, il y a six ans, profitant de la faible participation historique due au Covid-19, à faire un rapt démocratique sur les mairies de Bordeaux, Marseille, Lyon, tout en conservant Paris. Cette année, tout devait être clair : la bonne gauche PS-EELV, propre comme Raphaël Glucksmann, ne partirait pas avec LFI. D'où des listes séparées à Paris, Marseille et dans les autres villes. Mais voilà que depuis dimanche dernier, sans doute devant la perspective de défaites, les discours ont commencé à s'infléchir, quand le ministre Panifous a ressorti le vieux cordon sanitaire contre le RN, encourageant de fait les rapprochements PS-LFI. Jusque-là, il était question de se retrouver pour le second tour.

Mais ce jeudi 29 janvier, un nouveau palier a été franchi, dès le premier tour ! Des cadres écologistes ont décidé de claquer la porte du parti pour rejoindre les listes portées par La France insoumise (LFI) autour de Sophia Chikirou à Paris, de William Aucant à Nantes, de Sébastien Delogu à Marseille, de Mathilde Louvain à Avignon ou encore de Nathalie Oziol à Montpellier. Tout en dénonçant le choix de nombreux de leurs camarades de préférer porter des listes d’alliance avec le Parti socialiste (PS) dans la très grande majorité des municipalités : « Aux élections municipales […], la direction nationale du parti Les Écologistes a essentiellement privilégié l’alliance avec le Parti socialiste, faisant ainsi des Écologistes la béquille d’une social-démocratie qui entend exclure La France insoumise et choisit de tourner le dos au programme comme à la logique unitaire du Nouveau Front populaire », selon la tribune signée par plus de 400 de ces écolos que les excès et prises de position outrancières, visiblement, ne dérangent pas.

« Une opération de déstabilisation de l’extérieur »

En tout cas, ce petit coup d'État interne chez EELV montre la puissance intacte de Mélenchon, en tant que source d'attraction et de déstabilisation. C'est d'ailleurs ainsi que la direction écologiste a qualifié cette fronde : « une opération de déstabilisation de l’extérieur » menée par les « insoumis ». Le parti a convoqué un bureau national d’urgence. En fait, la scission couvait, car l’accord de premier tour avec les socialistes, les communistes et Place publique, fin décembre 2025, avait été rejeté par un quart des militants verts. Les écolos ont en fait négocié des deux côtés, les Verts pro-LFI obtenant des places enviables sur les listes Chikirou à Paris. Ce double jeu d'EELV est en fait national et a éclaté au grand jour lors de la non-censure du gouvernement Lecornu par le PS. Beaucoup d'écolos, plus LFI que PS, ont sauté le pas sur ce prétexte.

La division est réelle, à gauche, et c'est plutôt une bonne nouvelle pour la droite qui va tenter, lors de ces municipales, de chasser de ses mairies cette gauche rose-rouge-verte, et pour la présidentielle, où la pression du cordon sanitaire devrait désormais jouer systématiquement à front renversé, contre LFI. Néanmoins, ne jamais oublier que la gauche, in fine, elle, sait se rassembler en laissant ses pudeurs au vestiaire, surtout face à la menace de « l'extrême droite »...

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Frédéric Sirgant
Chroniqueur à BV, professeur d'Histoire

Vos commentaires

23 commentaires

  1. Compromissions étant la somme de la gamelle et de l’épouvantail « essetrême-drouate »… Rien d’étonnant en fait…

  2. Je peux le dire aussi c’est parce-que je suis de gauche que je ne suis plus de gauche : ça infusait et en 2017 ça s’est concrétisé!!

  3. La gauche n’en est pas à une compromission près. Son but est de détruire le pays pour l’ouvrir à l’envahisseur.

  4. Avec ces cordons sanitaires qui se baladent de la droite vers la gauche, ce n’est pas demain que la France sera redressée.

    Sarah Knafo a tout compris. Elle n’agite surtout pas des flammes rouges vers tel ou tel parti. Elle développe son programme en toute sagesse, trace son chemin en négligeant rumeurs et attaques latérales. Ainsi peut naître un consensus constructif autour de potentialités réellement impliquées dans le redressement de Paris voire de la France par effet dynamique. Le reste n’est que magouilles qui donnent un aperçu de ce que serait la future gestion de la France. D’éternels atermoiements autours de compromis véreux.

  5. Les résultats des municipales vont faire mal. En 2020 les électeurs de Droite sont restés chez eux par peur du Covid. Résultat : de nombreuses et grandes villes sont passées à gauche, écoles, LFIstes. Ces maires ont fait venir leurs électeurs. Ce sont maintenant des bastions imprenables et nous allons avoir les premiers maires de la Diversité. Pas forcément heureuse. RV le 22 mars pour une gueule de bois assurée. Fallait mettre un masque et venir voter courageusement en 2020.

  6. Cette génération de politiques inconsistants, incompétents, ne représentant que la médiocrité. Lorsque des médiocres parviennent à conquérir une « bonne place », ils sont prêts à tous les renoncements, toutes les compromissions pour garder leur poste. Voilà par quoi nous sommes gouvernés.

    • Non pas : « Voilà par quoi nous sommes gouvernés ». Mais voilà ce que NOUS AVONS ÉLUS… Car la où ils sont, ils n’y sont pas venus tous seuls… Parce que beaucoup de ceux qui ralent aujourd’hui avaient bowling ou piscine le jour de l’élection en 2020…

  7. La plupart des écolos sont en réalité des extrémistes de gauche qui se moquent de l’écologie comme de leur première chemise : comme la pastèque, vert à l’extérieur, rouge à l’intérieur. Rien d’étonnant qu’ils rallient LFI.

  8. L’avantage des gauchistes, un seul chef se distingue Mélenchon, sans lui, ils sont tous des « riens »
    Quant à la diabolisation du RN , cela ne marche plus « grâce » aux réseaux sociaux, internet, les Français sont censés ne plus avaler leurs couleuvres, leurs propagandes mensongères
    Hollande , était même surpris qu’un Trump puisse tenir ses promesses, donc pour Hollande le promesses n’engagent que ceux qui les écoutent ! A bon entendeur !
    Quant à Finkielkraut, ce bobo de gauche, a refusé l’installation d’un petit supermarché dans son quartier de peur d’attirer les gueux (sic)

  9. Et si l’ Europe qu’ils nous vendent n’était qu’une simple escroquerie ? Quand je vois TOUS ceux qui nous la vendent j’ai comme l’impression qu’ils me vendent du vent !

  10. Les Maastrichtiens, qu’ils soient de l’Extrême Centre avec ses métastases UMPS, ou de la Gauche, vieille prostituée ouverte au plus offrant, des écolos, ils partagent tous la même idéologie que l’Extrême Gauche, qu’LFI, ils ne constituent tous que la partie émergée de l’Iceberg qui refroidit depuis 40 ans toute pensée de bon sens en France et transi toute velléité de changement…en fait tous ces tartufes ne sont que de l’Extrême Gauche en version Soft….préparant tous le grand soir !

  11. La gauche de l’extrême aux écolos sont des menteurs patentés qui s’unissent toujours pour aller à la gamelle mettant toutes les droites comme partis à battre pour conserver leurs gamelles les électeurs ils s’en fichent la preuve en est ils ont perdus les classes populaires, ils se rabattent sur les français de papiers comme on dit

    • Et FAURE ? … Et HOLLANDE ? …
      AH ! … PARDON, ces clowns sont des « dirigeants » d’un parti de gouvernance ! … DONC ils sont « fréquentables » ! ? …
      NON ! … ILS sont « fréquents à table » ! …

  12. « Mais, pour ces élections municipales, la gauche franchit un nouveau cap dans la duplicité, montrant son vrai visage : prête à toutes les compromissions, tous les reniements pour conserver ses mairies dans six semaines !  »
    C’est vrai de tous les partis. C’est la raison qui motive mon absence des urnes.

  13. La crypto alliance PS LFI montre ce pour quoi ont voté LR en permettant au minable PS de définir le budget du pays. Encore merci !

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