[MUNICIPALES] À J-20, faites vos jeux, rien ne va plus !
Cette semaine est une étape décisive dans la campagne des élections municipales des 15 et 22 mars prochains. En effet, jeudi 26 février à 18 heures au plus tard, les listes devront avoir été déposées dans les sous-préfectures. La campagne officielle débutera alors le lundi 2 mars à zéro heure. Ces listes doivent être composées de 7 personnes (pour les communes de moins de cent habitants) à 69 personnes (pour les communes de plus de trois cent mille habitants).
Depuis la loi du 21 mai 2025, la parité « chabadabada » (un homme-une femme, ou inversement) va s’imposer, quelle que soit la taille de la commune. Parité à 100 % ? Pas tout à fait, si l’on veut être puriste, puisque ces listes comptent un nombre impair de candidats. La tête de liste est une femme, la liste comptera alors une femme de plus que d’hommes, et inversement. On chipote, mais bon…
Après le trou noir démocratique de 2020, retour aux urnes ?
Posé ce cadre quelque peu administratif, quels sont les enjeux nationaux de cette élection à un an de l’élection présidentielle et alors que l’hypothèse d’une dissolution de l’Assemblée nationale semble de plus en plus improbable ?
D’abord, assisterons-nous à un retour des électeurs aux urnes pour cette élection qu’on disait jadis la préférée des Français, mais qui avait subi de plein fouet, en 2020, la crise du Covid-19. Le taux de participation du second tour, reporté au 28 juin 2020, fut particulièrement bas : 41,6 %. Un trou noir démocratique. Songez qu’en 1983, le taux de participation avait été de 79,68 %... Retrouverons-nous au moins le taux de participation de 2014, qui avait été de 62,13 % ? Quoi qu’il en soit, on ne peut que noter un effritement régulier de la participation aux élections municipales, depuis une trentaine d’années. Inquiétant pour un scrutin de proximité, la commune étant réputée être le cœur battant de notre démocratie représentative.
Le macronisme municipal n'existe pas
Ce scrutin n’aura sans doute pas de conséquences majeures, en tout cas immédiatement et directement, au plan national, comme cela avait pu être le cas en 1977, lorsque la gauche avait fait une percée importante, trois ans après l’élection de Valéry Giscard d’Estaing et à un an des législatives, ou comme en 1984 lorsque cette même gauche avait connu un revers au mi-mandat de François Mitterrand. Rappelons que Pierre Mauroy, alors Premier ministre, après cette défaite, avait tout de même remis sa démission au président de la République, qui l’avait refusée mais lui avait cependant demandé de former un nouveau gouvernement. Pierre Mauroy sera finalement remplacé en juillet de la même année par Laurent Fabius pour d’autres raisons.
Le 23 mars prochain, au lendemain du second tour des municipales, Sébastien Lecornu ne présentera pas sa démission. Pour la simple et bonne raison que le macronisme municipal n’existe quasiment pas ou, tout du moins, il se cache, joue au coucou ou au suceur de roue. Les élections municipales de 2020 n’avaient d'ailleurs pas permis à Emmanuel Macron de transformer sa victoire de 2017 au plan local. Une preuve supplémentaire que le macronisme est l’antithèse de l’enracinement.
Pour le RN, « double effet Kiss Cool » en vue ?
A contrario, le Rassemblement national réussira-t-il à étendre son implantation locale en s’appuyant sur son maillage désormais serré de députés ? C’est là, sans doute, l’un des enjeux majeurs du scrutin. Mais il en est un dont on parle moins, en deuxième rideau : celui des élections sénatoriales. La moitié du Sénat sera renouvelée à l’automne. Or, sont notamment grands électeurs tous les conseillers municipaux (minorités comme majorités municipales) des communes de plus de neuf mille habitants : des communes où le RN concentre ses forces. Par ailleurs, quand on sait, par exemple, qu’un Stéphane Ravier, alors RN, avait pu être élu sénateur en 2014 et réélu en 2020, alors que les Bouches-du-Rhône ne comptaient aucune municipalité RN, on imagine ce qu’il pourrait en être, cet automne, dans une situation politique plus que jamais favorable au RN. À la clef, un groupe RN au Sénat ? Ce serait une première, une sorte de « double effet Kiss Cool ».
Nice : symbole de la tragédie grecque de LR
Plus précisément, des grandes villes du sud de la France, on le sait, on l’a dit ici, peuvent basculer : Toulon, Marseille et, indirectement, Nice. Indirectement, Nice, puisque le RN n’est pas en première ligne et s’est rangé discrètement derrière Éric Ciotti (sur les 71 colistiers, on ne trouve que huit cadres du RN, dont six susceptibles de faire partie de l'exécutif en cas de victoire), avec pour chef de file l’ancien colonel de gendarmerie Benoît Kandel, premier adjoint de Christian Estrosi de 2008 à 2013 et désormais patron du RN niçois. Nice, justement. Au-delà du combat local et de la vendetta personnelle entre deux anciens amis, ce duel résume, dans une unité de lieu et de temps qui tient de la tragédie grecque, le drame existentiel de LR. D’un côté, l’ancien LR Estrosi a pris le chemin d’Horizons, ce « macronisme 2.0 » sans Macron ou avec Macron - ça dépend des jours et des circonstances, mais disons sans, puisqu’on est déjà dans l’après-Macron. Dans la liste de Christian Estrosi, c’est la sénatrice Dominique Estrosi-Sassone, ancienne épouse d’Estrosi, qui a été désignée chef de file des LR.
De l’autre côté, l’ancien LR Ciotti qui a fait le choix de l’alliance avec le Rassemblement national. Ces anciens camarades LR lui ont prédit qu’il serait absorbé, dilué, laminé par le RN. Les interventions dans l’Hémicycle du talentueux commando ciottiste n’ont pas apporté la preuve scientifique de ce phénomène ; l’élection triomphale d’Antoine Valentin lors de la législative partielle en Haute-Savoie non plus. La semaine dernière, un sondage réalisé par Cluster 17 a même donné le patron de l'UDR à 41 % au premier tour, dix points devant Estrosi (31 %). Les jeux ne sont pas faits mais on a vu pire, comme laminage… Une victoire de Ciotti, après dix-huit années d’estrosisme à Nice, serait la preuve par neuf que l'ancien président de LR a fait le bon choix. Une victoire qui aurait, sans nul doute, une portée nationale, au minimum emblématique, voire annonciatrice pour 2027.
Vers de petits « grands remplacements » municipaux ?
Par ailleurs, dans ce scrutin des municipales 2026, il faudra regarder de près certaines communes de gauche, minées par le communautarisme, notamment en Île-de-France, comme par exemple Montreuil, ville de plus 100.000 habitants, détenue par le PCF depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale (si l’on excepte la parenthèse Dominique Voynet de 2008 à 2014). La LFIste Sayna Shahryari, qui surfe sur les 55,22 % de Mélenchon dans la ville au premier tour de la présidentielle de 2022 (le communiste Fabien Roussel ne fit que 3,05 %...), se présente contre le maire sortant communiste Patrick Bessac. Quarante-deux ans après le début du grand reflux du communisme municipal (en 1984, le PCF avait perdu 15 des 72 communes qu’il détenait), assisterons-nous à de petits « grands remplacements » municipaux au profit de LFI ? Pas certain, d'ailleurs, que le meurtre de Quentin Deranque entrave ce mouvement. Enfin, nous n'avons pas évoqué Paris. Parce que Paris est un roman à elle toute seule...
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16 commentaires
Ecouté Estrosi ce matin… il « mouline » des éléments de langage. Discourt avec un disgracieux hemmage permanent et pénible. Il aligne pompeusement des évidences avec un débit faiblard, qui signe son altération intellectuelle. Ciotti va l’enfoncer au premier débat !
ESTROSI tremble de perdre sa mairie…..attendons le débat public sur une chaîne d’info CIOTTI va le terrasser..Malgré (soit disant ) les 6500 caméras dans la ville , ce qui n’a pas empêcher l’agressionde la pauvre mamie de 90 ans par 3 racailles de 15 et 16 ans pour lui voler 10 EUROS!!!! rappelez vous , c’était à NICE…super la sécurité des niçois…
Je vais , pour ma part, regretter fortement mon maire LR, qui a plus que dépassé l’âge de la retraite, car il aura apuré la ville des emprunts dit toxiques, et ma ville s’autofinance et pas mal de belles choses ont été accomplies depuis 1988….
J’espère que son successeur fera aussi bien !
Sinon je vais scruter attentivement les votes des villes de gauche notamment et croise fortement les doigts pour que les élus de grandes villes soit virés !!
Ah il y a des élections dans 3 semaines ? Au local, il ne se passe rien. Au national, la question brulante est de savoir quand Mme Dati va quitter la culture. Le reste est dominé par l’Ukraine, les chutes de neige à New York et les inondations grâce auxquelles on voit les maires à l’oeuvre. Et on s’aperçoit que c’est un sacré sacerdoce.
Alors dans 3 semaines allons tous voter pour dire aux maires combien nous les apprécions.
Non,je n’apprécie pas les maires qui ont détruit les centres villes, qui ont augmenté les taxe foncières et autres. Non je n’apprécie pas les maires de Pradines et Cahors qui n’ont qu’une idée, dépensé.
Malheureusement il n’y a rien en face,ni LR, ni RN. Les gueux du Lot ne les intéressent pas et pourtant ! Nous n’irons pas voter.
Je croise les doigts , j’espère et je souhaite que ERIC CIOTTI va battre dans les urnes cet hypocrite d’ESTROSI qui est pire qu’une girouette en changeant de parti comme de chemise , en espérant avoir la faveur du plus opportuniste , à lui proposer un ministère . mais hélas !!!! le vent ne vient pas du bon côté….et la place de Maire s’éloigne de jours en jours , d’après les sondages…
Merci de mettre sur le tapis cette question brûlante en ces moments cruciaux présents et à venir. Même les petites communes sont importantes puisqu’elles sont appelées à donner leur parrainage et à élire des présidents de communautés, des communes, etc.
Le totalitarisme s’installe en France et tant pis si nous n’aimons pas la liste souverainiste LR Cheminade, Phillipot ou autres de notre cité, faisons bloc et votons pour ces derniers !
Oh la grossière erreur, je voulais écrire RN et non pas LR ces derniers étant des mondialistes européistes Ce sont eux qui ont appuyé les premiers sur le bouton de l’émigration massive afin d’avoir une main d’œuvre bon marché. Il fallait lire le totalitarisme s’installe en France et tant pis si nous n’aimons pas la liste souverainiste RN, Cheminade , Phillipot ou autres de notre cité, faisons bloc et votons pour ces derniers !!
Un groupe RN au Sénat… que ça ferait du bien. Il y en a marre des Larcher, Retailleau, et compagnie, cette droite molle ( compatible macron) qui a tant fait de mal au pays. Mais ces gens ne vont pas lâcher leurs petits privilèges aussi facilement. Ils savent » embourber » les électeurs naïfs qui vont à nouveau voter pour cette caste.
Dans ma commune de 140 habitants (environ ) , un ancien conseiller a dû démissionner pour assurer la parité et une conseillère a dû rester sur la liste alors qu’ elle ne voulait pas se représenter ; si nos dirigeants veulent vraiment la parité , ils devraient l’ imposer dans tous les domaines professionnels : autant d’ éboueuses que d’ éboueurs , autant de couvreuses que de couvreurs…
Vous n’avez rien compris : c’est pour assurer l’avenir des bourgeoises.
Vous avez déjà vu une bourgeoise éboueuse, couvreuse? Non, c’est pour tenir les « bons » boulots : peu de fatigue et beaucoup d’honneur!
A Champigny-sur-Marne (94) ancien fief coco de G Marchais passé lr tendance Pecresse aux précédente municipales. Le maire va t-il garder son siège ? Ou le rendre a la gauche.
Sinon a la ville voisine a Joinville le pont, le maire LR prend sa retraite englué dans des scandales immobiliers en vue ..
La droite part divisée et le centre écolo bobo risque de remporter la mise .
Ce qui sera intéressant aussi, c’est de voir si les bordelais, les lyonnais, les grenoblois finissent par se réveiller de leur sommeil bercé d’écologisme
Mais AUSSI Nantes … Rennes … Marseille et Paris ! …
Et Strasbourg ,montpeiier ou Nantes..
je pense que non ils dorment bien !!