[ÉDITO] Mélenchon, technicien à la petite semaine du chaos
Nos lecteurs, qui sont aussi des électeurs, ne sont pas dupes. À la question « Malgré le meurtre de Quentin, la gauche s’alliera-t-elle à LFI ? », une écrasante majorité a répondu « oui ». Les déclarations et circonlocutions de plusieurs hiérarques du Parti socialiste, notamment de François Hollande et, bien sûr, de Jérôme Guedj, après le séisme causé par le meurtre de Quentin par les nervis d’extrême gauche de la Jeune Garde, laissaient peu de doute sur le sujet. Mais il faudrait poser la question dans l’autre sens : « LFI s’alliera-elle avec le reste de la gauche ? » Malgré les insultes, les imprécations, les excommunications réciproques plus ou moins de façade ? Bien sûr que oui.
« Des fusions techniques » : qu'èsaco ?
D’ailleurs, Jean-Luc Mélenchon, dans sa dernière conférence de presse, plus que jamais stratosphérique, n’exclut pas, bien au contraire, des alliances (on va appeler ça comme ça, pour faire court) avec le reste de la gauche, dite « sociale-démocrate », pour le second tour des élections municipales. Son idée, son truc, sa martingale ? Des « fusions techniques » ! L’homme aux grandes envolées révolutionnaires à portée universelle, finalement, verse dans la cantine électorale digne des plus belles années du radical-socialisme d’avant la Ve République. « Fusions techniques » : qu'èsaco ? Rappel des règles. Primo : pour qu'une liste se qualifie au second tour des élections municipales, il faut qu'elle ait obtenu au moins 10 % des suffrages exprimés au premier tour. Secundo : pour qu'une liste puisse fusionner, il faut qu'elle ait obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés. Ces règles posées, quelle est la donne ?
Conditions du PS : vaste blague !
La semaine dernière, le PS a posé des conditions claires (on va dire ça comme ça, là aussi) : pour qu’il y ait éventuellement un accord avec LFI (donc, pour la fusion de listes) dans telle ou telle commune, le candidat LFI devra prendre une position nette sur la question de la violence politique. Parce que vous connaissez des responsables LFI qui vont dire qu’ils sont pour la violence politique ? Les actions de Raphaël Arnault, jusqu’au drame de Lyon, c’était de « l’autodéfense populaire », pas de la violence… Bref, des conditions qui relèvent de la vaste blague. LFI, de son côté, menace de maintenir ses listes qui feront plus de 10 %, sauf accord. On pense évidemment très fort à Marseille. Dans les derniers sondages, Sébastien Delogu est à environ 14 %, quasiment à touche-touche avec la candidate LR-Macronie Martine Vassal, et le candidat RN, Franck Allisio est, lui aussi, à égalité avec le maire socialiste sortant Benoît Payan, mais pas dans la même catégorie, puisqu'il tourne autour des 34 % d’intentions de vote.
S'il te plaît, Machin, laisse ta place...
Le rêve d’un Payan – et des socialistes, de façon générale – serait évidemment d’avoir les voix des électeurs LFI sans les élus LFI. Ce serait quand même plus pratique que Delogu se retire pour « faire barrage ». Sauf que Mélenchon ne l’entend pas comme ça. Et l’on peut le comprendre. Alors, le gourou de LFI propose des « fusions techniques ». En clair – restons sur l’exemple de Marseille -, la liste de Payan devrait faire de la place aux Insoumis – et, on imagine, de la place éligible et pas en queue de liste, s'il vous plaît – à un certain nombre de candidats de la liste Delogu. Déjà, pas facile de dire à Machin ou Machine, qui ont fait campagne loyalement, espéraient être élus, peut-être même avoir une délégation : « Écoute, mon cher Machin, ma chère Machine, vous comprenez, je suis désolé, mais voilà »... et toutes ces sortes de choses. Là, on n'est pas dans la « technique », comme dit Mélenchon, mais bien dans l’humain. Mais ça, encore, ce n’est que le côté face du problème.
Une longue nuit des longs couteaux ?
Et le côté pile ? Pas de problème, nous explique Mélenchon : « Dans le passé, on a déjà fait ça. Ça veut dire On vote ensemble, on est sur la même liste mais nous, on reste nous : on a un groupe autonome. Et vous, vous restez vous : vous dirigez mais on ne s’engage à rien dans votre direction. » Pour faire court, faites-nous de la place pour qu'on vous pourrisse bien le mandat. Le pire, c'est que les socialistes sont assez maso pour dire oui. Déjà, il faudrait creuser pour voir si, dans le passé, on a déjà fait ça et si ça a fonctionné. Ensuite, sauf à ce que d’ores et déjà – ou, en tout cas, dans les jours qui viennent -, on se soit déjà entendu en coulisses, c'est-à-dire dans le dos des électeurs, entre listes, sur ces éventuelles fusions, on imagine la foire d’empoigne qui se jouera alors entre l’annonce des résultats, le dimanche soir 15 mars, et le dépôt des listes, au plus tard le mardi 17 mars à 18 heures. Comme disait le commissaire Maigret, il va falloir faire monter des sandwiches et des bières, car la nuit (des longs couteaux ?) risque d’être longue ! Par ailleurs, comment peut-on imaginer transformer en arrangement purement « technique » un acte éminemment politique (au sens noble du terme) que constitue la présentation d’une liste devant les suffrages des électeurs et son éventuelle fusion avec une autre ? Enfin, une question : la bordélisation de la vie politique relève-t-elle aussi de la simple technique ? Mélenchon, technicien du chaos à la petite semaine ou technicien à la petite semaine du chaos ? À vous de voir.
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43 commentaires
Jean Luc Mélenchon, François Hollande, Emmanuel Macron, Edouard Philippe, Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse, Olivier Faure, Marine Tondelier, Xavier Bertrand, Sébastien Lecornu, faites la liste comme dirait Bock Côté… Sans oublier les cas carrément scandaleux ou grotesques, Sébastien Delogu, Sandrine Rousseau, Danièle Obono, Raphaël Arnault, et tant d’autres..
Dans un pays de 67 millions d’habitants c’est ce qu’on a pu trouver de mieux comme hommes et femmes politiques ? Apparemment, en France, les plus talentueux ne choisissent pas de faire de la politique.
Très bonne question et très bonnes hypothèses avec Marseille.
Dans toutes les communes conséquentes, les socialistes se rallieront avec LFI, opportunément et réciproquement. Lecornu, à l’Assemblée, a montré la voie en renvoyant dos à dos les extrêmes, à haute et très intelligible voie afin que l’extrême gauche comprenne bien le message à lire entre les lignes. Autrement dit, la Gauche, pas plus irresponsable que la Droite en matière d’actes répréhensibles. Autrement dit, dans l’esprit de Lecornu, l’épisode Quentin, le détail qui trouble mais qui n’aura aucun impact sur les élections et ses magouilles préparatoires. Ainsi croit-il les français. Faut-il lui donner raison ? Qui vivra verra. Mais il est à craindre qu’il en sera ainsi.
Au sein de NFP, tout est donc possible. D’autant que la macronie a déjà fait preuve de conciliations avec l’extrême gauche. Ne pas négliger que Macron et Lecornu sont socialistes dans l’âme et que dans cette gauche, contrairement à la Droite, il y a solidarité même dans les pires contradictions.
Enfin, prenons de la hauteur. Si toutes ces magouilles malsaines ne sont perçues que par une minorité d’électeurs, elles ont une répercussion sur le comportement social de notre société. Les jeunes perçoivent ces tempéraments équivoques, sans colonne vertébrale, où toutes les compromissions sont possibles, autrement dit tous les actes répréhensibles. La jeunesse n’est que le reflet émergeant de ces adultes dévoyés. Ne pas s’étonner qu’elle tombe dans l’exagération propre à son tempérament en formation.
Payan a le choix entre un cheval aveugle (ne pas être élu du tout) ou un cheval borgne (avoir à la mairie, avec lui, des élus LFI qui vont bien lui pourrir la vie) MAIS… Mais il restera maire… Que croyez vous qu’il va choisir ?
Ah ! L’union de la gauche … que de souvenirs ! Et dire que ça existe encore, tandis qu’à droite …
Attention tout de même, l’arithmétique électorale n’est pas une science exacte, parfois 1+1 peuvent faire 3 comme ils peuvent faire …1/2.
Je ne comprends pas la mansuétude à l’égard de Mélenchon : le RN aurait fait le quart du dixième de ce que fait Mélenchon on parlerait de dissoudre ou interdire son parti.
Bien d’accord avec vous, il est clair que macron et ses sbires cautionnent ce que font les LFISTes, on le voit à l’ AN pivet ronchonne mollement sur aux débordements de lfistes, mais sans plus , si c’était le RN en effet
Hollande a permis le début accéléré de la baisse de niveau de l’enseignement et de 70% des enseignants eux mêmes, le gauchisme quant il n’est pas islamo d’ailleurs gangrène notre école et donc arrive le tyran Mélenchon qui manipule ces populations benêtes ,souvent complètement assistées ,attise la jalousie contre le patronat et la haine !! Maintenant est ce que Bercy joue le jeu au niveau fiscal et ses dérives je n’en suis pas tout à fait certaine non plus ! Certains amis de Macron seraient ils des privilégiés à Bercy vu le labyrinthe des exonérations et des échapattoires fiscaux on peut tout supposer !! Comme me le disait ma grand mère les fonctionnaires c’est comme les livres de bibiothèque les plus hauts placés sont les moins utiles !!!
Beaucoup de français politiquement incultes et de droite vont enfin comprendre que la gauche est scientifiquement organisée pour gagner et cela depuis des lustres. La droite ce sont des poètes et à gauche des scientifiques. Rien de nouveau.
Beaucoup de français ,sont,politiquement incultes..ce qui explique les elections depuis 50 ans..on vote sir des promesses irréalisables les mamies » parcequ’il a une bonne tête, » les mamans » parcequ’il est beau… » les papys pour que surtout rien ne change..pour eux..les nostalgiques parceque son papa etait visionnaire,les » gros agri » pour la pac.les rêveurs pour l’europe..bref la nation ca n’intéresse que quelques uns d’entre nous …
Certains sont étonnés, mais moi pas , les alliances (devenues fusions du 2ème tour ont toujours existé) et quelle que soit l’élection. La place, la gamelle avant tout. La gauche reste la gauche qu’elle soit LFI, socialiste, PC, EELV, DVG …. au 2ème tour ils font ami ami et on pourrait rajouter le centre gauche modem, renaissance, LR qui contrairement à ce qu’ils voudraient laisser croire ne sont pas à droite feront comme ils l’ont déjà fait lors des législatives, barrage
Monstrueux
Je sais pas vous mais perso je fais une pause télé jusqu’aux municipales avec un petit espoir de redressement car en ce moment trop de pourriture passe et repasse notamment sur l’odieux sévice publique
Mélenchon c’est Robespierre 2.0 !
La virulence est la même, la haine aussi. Mais autant Robespierre fut éliminé car la Terreur a fini par lasser, que Mélenchon aura toujours des électeurs. Et si par malheur il arrivait au pouvoir, la Terreur de Robespierre ne serait qu’un gentil hors d’oeuvre. Et en regardant sin entourage on voit la haine suinter par tous leurs pores. Gare à 2027 car il y aura de toute façon reconduction du NFP.
LFI ça suffit.
Parler de leur folie, évoquer leur dangerosité, écouter les délires de leur chef, voir gigoter ses perroquets sur le petit écran, stop : c’est leur accorder trop de place désormais quand on sait ce dont ils sont capables.
Une seule vraie décision : interdire LFI, dissoudre cette partie malade de l’hémicycle.
Je suis bien d’accord, marre d’avoir des nausées dès le matin en voyant leur tronche pendant mon petit dej, qui est sacré pour moi le matin !!!
Et quand à leurs idées n’en parlons même pas
Nous avons les « politocards » que nous méritons.
Lui, c’est comme l’autre, à « écarter » urgemment.
Robespierre aussi avait la haine chevillée au corps ,il a quand même fini sur l’échafaud!
Entendez- vous le bruit des gamelles ? La »roulante » arrive avec les lentilles… Les saucisses sont déjà là ! Elles tiennent les gamelles ! Et l’honneur, dans tout ça ? Il a piscine, l’honneur…
Mélenchon a oublié depuis longtemps comment on dit honneur en arabe maghrébin…
Ce sont les électeurs qui ont la main..certes le leader nous qualifie de moutons…mais personne ne me donne de » consignes de vote » et surtout pas un parti politique même le mien ..je suis assez grand pour me faire une idee…et les alliances entre les gamelleurs de mes impots m’importent peu..
L’honneur? C’est du vieux français!