[MUNICIPALES] Retailleau à la rescousse des LR nîmois

L'enjeu est de taille pour le parti, qui pourrait perdre un de ses derniers bastions à cause de sa division.
Bruno Retailleau en visite à Nîmes. Capture écran Objectif Gard.
Bruno Retailleau en visite à Nîmes. Capture écran Objectif Gard.

À Nîmes, l’heure est grave, pour les LR : avec le départ de Jean-Paul Fournier, qui l’a administrée pendant 25 ans, et avec les divisions de la droite, la dernière grande ville que tenaient les LR pourrait bien leur échapper, en mars prochain. Elle est si grave, d’ailleurs, que Bruno Retailleau était, hier, au chevet de son candidat Franck Proust pour lui apporter son soutien.

Guerre de succession et luttes intestines

Dans la cité des Antonins se joue une véritable guerre de succession entre Julien Plantier, l’ancien premier adjoint de Jean-Paul Fournier qui a fait dissidence, et Franck Proust, président de l'agglomération de Nîmes Métropole. Une division qui pourrait bien faire perdre aux LR « son plus gros bastion national », comme la qualifie Les Échos. Si Franck Proust est le candidat soutenu par le parti, Julien Plantier, lui, a décidé de jouer la carte de l’alliance macroniste avec Valérie Rouverand. Des stratégies payantes ? Rien n’est moins sûr puisque, comme le rapporte France 3 : « Divisée, la droite est menacée par une gauche rassemblée et un Rassemblement national à l’offensive. »

Une division qui inquiète les LR parce que l’enjeu est de taille : Bruno Retailleau est même venu « mouille[r] le maillot », comme le dit la vidéo d’Objectif Gard, sur Instagram : « La capitale gardoise est l'une des dernières villes de plus de 150.000 habitants gérée par la droite. » Pour LR, le risque n'est pas seulement local, et d'ailleurs, Le Réveil du Midi explique que « la bataille des municipales à Nîmes fait les grandes pages des médias nationaux ». « À Nîmes, défaite interdite pour LR », titrait le JDD, et Le Point consacrait 16 pages à la succession de Jean-Paul Fournier, c’est dire à quel point une défaite LR, en mars, ne serait pas qu’une déconfiture nîmoise pour le parti de Retailleau.

Retailleau à la rescousse de son candidat

Alors, il est venu jouer Cassandre et tente d’avertir les Nîmois : « Nîmes est un enjeu très particulier, puisque chaque voix qui se dispersera ira à la gauche radicale », « la sécurité est mieux assurée par la droite et le centre. Vous imaginez Nîmes gouvernée par la gauche radicale et LFI ? Ça serait le déclassement », a-t-il argué, selon l'AFP, omettant sans doute qu’en l’occurrence, c’est bien la droite et le centre qui sont aux manettes et que la cité gardoise s’est notamment illustrée par son narcotrafic meurtrier, ces dernières années. Et puis, ce n’est pas si simple : agiter l’épouvantail de la gauche radicale pourrait bien être une fausse bonne idée, puisqu’elle est loin d’être la seule menace pour les LR. En effet, le déplacement du chef de parti « […] intervient dans le contexte de déroute de LR, dimanche, lors d'une partielle en Haute-Savoie face à un candidat ciottiste allié au Rassemblement national », analyse judicieusement France 3.

D’autant que si Jean-Paul Fournier a beaucoup œuvré pour le patrimoine nîmois, avec notamment le classement de la Maison carrée au patrimoine mondial de l’UNESCO et un centre-ville qui a bénéficié de nombreux et efficaces travaux de rénovation, il se pourrait bien qu’en termes de sécurité, le discours de Julien Sanchez, ancien maire de Beaucaire, actuel député européen et vice-président du RN, soit plus audible pour des Nîmois lassés de voir leur ville faire la une des journaux à cause de son insécurité.

LR pris en étau entre la gauche et le RN

Pourtant, rapporte BFM, Franck Proust ne veut pas y croire : « Le match à Nîmes, c'est entre le communiste, LFI et moi. Le RN ne peut pas gagner », affirme-t-il avec assurance. Mais le candidat de la gauche, le communiste Vincent Bougé, ne s’y trompe pas et si, pour lui, la visite de Retailleau « est le signe d'une fébrilité réelle dans le camp » LR, il l’accuse de « chercher à marquer sa campagne très à droite » pour attirer, justement, les électeurs RN. C’est vrai que Retailleau n’a pas hésité à mettre en avant son passage au ministère de l’Intérieur comme argument électoral, toujours selon l'AFP : « Quand j'étais au ministère de l'Intérieur [...] j'ai assumé de dire que l'immigration, ça n'était plus une chance, parce que nos capacités d'accueil étaient totalement dépassées. ». Des arguments étonnants, quand on affirme que le seul danger électoral se situe à gauche…

Julien Sanchez l’a affirmé lors de l’annonce de sa candidature, si Nîmes tombe aux mains de la gauche, c’est bien parce que la droite est incapable de s’entendre : « Nous sommes aujourd'hui dans une situation grave puisque l'extrême gauche peut légitimement gagner la ville de Nîmes en raison de la bêtise et des ego de la droite sortante. » Difficile de lui donner tort, d'autant que Manuel Bompard, rapporte Libération, n'a pas caché ses intentions pendant son meeting nîmois, le 17 janvier dernier : « Face au RN, comme on l’a toujours fait, on organisera le rassemblement. » Si le candidat LFI Pascal Dupretz décidait de s’allier avec Vincent Bouget, Nîmes pourrait bien ajouter un clou sur le cercueil LR, un an avant la présidentielle.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 07/02/2026 à 18:49.

Vos commentaires

59 commentaires

  1. Bruno Retailleau , paroles, paroles, paroles, et puis les LR il suffit de suivre leurs votes et cela suffit pour se rendre compte de leur imposture patriote

  2. NIMES est en voie de devenir une enclave étrangère tant l’immigration y est massive. Tous ceux qui l’ont gérée en sont responsables. Si les Nîmois veulent changer cette situation cela passe par écarter d’abord LR. S’ILS préfèrent LFI c’est leur problème. Ce parti qui fait honte à la France par le comportement de ses membres et ses positions indignes sur à peu près tout les sujets à le droit de se présenter aux élections. Ils payeront le prix de ce choix et au fond on s’en fout.

  3. Tant que les dirigeants de LR refusera de s’allier avec les autres mouvement politiques rien ne changera en France et la gauche et LFI à encore des beaux jours malheureusement devant eux

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