New York : « Je suis musulman. Je suis socialiste démocrate. Je refuse de m’en excuser »
Dans un scrutin à haut enjeu, Zohran Mamdani, jeune démocrate et socialiste déclaré, a remporté l’élection municipale de New York, le 4 novembre 2025, devenant le premier maire musulman d’origine sud-asiatique. New York n’avait pas connu un maire immigré depuis 1974 avec Abraham Beame, Juif d’origine polonaise né à Londres. Avec 50,4 % des voix, contre 42 % pour le démocrate indépendant Andrew Cuomo, le candidat très à gauche remporte l’élection sur fond de participation record de deux millions d’électeurs, la plus élevée depuis 1969. Membre assumé des Democratic Socialists of America (DSA), Mamdani avait déjà surpris en remportant la primaire démocrate en juin face à Cuomo, figure établie de la dynastie politique new-yorkaise. Malgré le soutien explicite de Donald Trump, qui avait adoubé Cuomo la veille du vote et menacé de couper les fonds fédéraux en cas de victoire adverse, les New-Yorkais ont plébiscité ce candidat ultra-progressiste, focalisé sur l’« affordability » (« accessibilité », en français) : taxation des riches pour financer bus gratuits, crèches universelles, gel des loyers et supermarchés municipaux. Cette élection incarne un basculement idéologique profond, pour la Grosse Pomme, ville symbole du capitalisme américain où Mamdani incarne un virage woke et anti-système dont il a conscience, tonnant : « Je suis musulman. Je suis socialiste démocrate. Je refuse de m’en excuser. »
Un discours victorieux qui nargue la Maison-Blanche
Dès son allocution triomphale à Brooklyn, peu après 23 heures, Mamdani n’a pas caché son hostilité viscérale envers Donald Trump. « Donald Trump, puisque je sais que tu regardes, j’ai quatre mots pour toi : monte le son », a-t-il lancé à la foule en liesse, provoquant des hourras et un tweet du président : « …ET VOILÀ ÇA COMMENCE ! » Ce clin d’œil provocateur, sur fond de guerre ouverte avec Washington, souligne la posture anti-Trump assumée du nouveau maire, qui voit dans sa victoire un « mandat pour une nouvelle politique » et un moyen de « renverser une dynastie politique ». Né en Ouganda et immigré aux États-Unis, Mamdani, fier de ses racines sud-asiatiques et musulmanes, s’inscrit dans une lignée de progressistes radicaux, il est critiqué pour son inexpérience, ses positions passées anti-police et ses attaques virulentes contre Israël, qualifiées d’antisémites par certains.
Les réactions n’ont pas tardé, entre célébrations et alertes. Andrew Cuomo, qui a investi 12 millions de dollars personnels et bénéficié de 55 millions via des super-PAC (comités d'action politique), a concédé la défaite en notant que « près de la moitié des New-Yorkais ont voté contre l’agenda de Mamdani ». Le républicain Curtis Sliwa, troisième avec 7,1 %, a averti, les larmes aux yeux, contre un « socialisme qui affaiblirait la police ».
Les risques d’une gouvernance woke pour la ville
Au-delà de la rhétorique, l’agenda de Mamdani, c'est 10 milliards de dollars de mesures fiscales pour « taxer les riches », incluant des services publics gratuits qui pourraient alourdir le budget déjà tendu de New York. Pro-immigration farouche, il s’oppose au « génocide à Gaza » et est proche des communautés musulmanes new-yorkaises très liées aux Frères musulmans, qui saluent un « tournant historique pour l’engagement politique musulman américain ».
Côté démocrate, on ne semble pas rougir du personnage. Sur X, Barack Obama célèbre cette « victoire démocrate » comme un appel à des leaders « tournés vers l’avenir », prolongeant son « expérience de diversité ». Bernie Sanders, lui, exulte : « Parti de 1 %, Zohran Mamdani a réussi l’un des plus grands bouleversements politiques de l’histoire moderne des États-Unis. » New York, en péril woke, entre donc dans une ère incertaine où socialisme et multiculturalisme défient l’Amérique trumpienne.
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77 commentaires
C’est le choix des new yorkais. Il faudra qu’ils vivent avec.
Heureusement que ce personnage ne pourra jamais être président des USA! New York va décliner à grande vitesse. Tous les bourgeois de gauche et de droite, les LGBT et compagnie, les personnes de confession juive ( ont voté à près de 40% pour cette personne!), mais aussi les chrétiens, vont amèrement le regretter. Tant pis pour eux. On ne peut pas revenir en arrière!
Trump n’a pas dit son dernier mot.
Londre, New York, Paris ?
Cette élection est un vrai signe d’espoir pour la démocratie américaine face à la dictature populiste d’extrême droite de Donald Trump.
Enfin un élu qui s’intéresse aux préoccupations des plus faibles et des plus démunis et non aux désidératas des milliardaires du Pays.
L’islam, un espoir pour la démocratie? Vous devriez arrêter la drogue!
Il fait semblant de s’intéresser aux plus démunis parce qu’une voix est une voix et qu’il y a plus de « modestes » que de milliardaires, c’est tout!
Et il en est fier,quel affront des bobos new-yorkais , pour les attentats du 11 septembre.
Dans la vie certain joue avec le feu mais c’est leur vie .