Nicolas Dupont-Aignan, l’infatigable pourfendeur de Bruxelles

« Cette Europe-là est en train de nous tuer », dénonce le député, qui plaide pour une sortie de l’UE.
Paris, le 14 janvier 2026
Paris, le 14 janvier 2026

« Nous ne retrouverons notre indépendance qu’en assumant la sortie de l’Union européenne. » Il est à la pointe de l’opposition contre le régime de Bruxelles. À droite, Nicolas Dupont-Aignan est même devenu l’un des derniers hommes politiques à prôner une telle mesure radicale.

L’ancien député de l’Essonne (un siège perdu en 2024 après vingt années de présence à l’Assemblée nationale) a défendu, lors de ses vœux à la presse, ce mercredi 14 janvier, son projet politique « d’indépendance du pays ». Celui qui confesse avoir cru un temps que l’on pouvait « changer l’UE de l’intérieur » est désormais catégorique : « L’Union européenne est en train de broyer nos démocraties et s’attaque à nos libertés individuelles. » Pour preuve de ce « totalitarisme en marche » : le Mercosur et la volonté de labelliser les médias. L’ancien édile de Yerres, qui sera candidat en mars pour reprendre son fauteuil de maire, est revenu sur le tristement fameux accord de libre-échange en fustigeant une Union européenne allant « profondément à l’encontre de nos intérêts vitaux ».

Le traité de Lisbonne, ce fléau

En cette affaire, Nicolas Dupont-Aignan souhaite rappeler l’importance du traité de Lisbonne, trop souvent occulté dans les débats sur la crise agricole. « Cette forfaiture, dénonce-t-il, adoptée par l’UMPS, qui violait le référendum de 2005, a permis la mise en œuvre de la majorité qualifiée pour la ratification des accords commerciaux internationaux. S’il n’y avait pas eu Lisbonne, la France aurait conservé son droit de veto et aurait pu bloquer le Mercosur. » La reprise en main de notre souveraineté, de notre destin, voici la clé de l’année 2026, estime l’ancien parlementaire, qui constate que « les partis politiques braillent contre le Mercosur mais se couchent devant la supranationalité ».

Le président de Debout la France est fier de porter aujourd’hui cette voix souverainiste singulière au sein de la droite nationale. Lorsqu’il rejoignait Marine Le Pen au second tour de la présidentielle en 2017, les rôles étaient inversés, puisque c’était le RN qui militait pour la sortie de l’Union européenne - ce qui n’était pas sa position. Aujourd’hui, Nicolas Dupont-Aignan l’assume, le démantèlement de l’UE est « une nécessité publique ». « Il faut démanteler, dissoudre ce qui ne fonctionne pas pour repartir sur des bases saines. » Il ne plaide pas pour un Frexit, et critique en cela le jusqu’au-boutisme de Florian Philippot. Sa vision est celle d'« une sortie raisonnable, intelligente » pour, ensuite, « reconstruire une Europe des nations », car il « reste favorable à une coopération européenne ».

« Renverser la logique supranationale »

Influencer le système bruxellois de l’intérieur serait une utopie, analyse celui qui est d’ores et déjà en lice pour une quatrième campagne présidentielle. Dans la configuration actuelle, en cas de majorité patriote au sein de l’hémicycle à Bruxelles, l’Europe pourrait-elle changer de visage ? C’est la position du RN, qui fonde de surcroît ses espérances sur une présidence française qui, lorsqu’elle sera sienne, aura les capacités de taper du poing sur la table en faisant entendre la voix de la France. Nicolas Dupont-Aignan n’y croit pas. S’il serait possible « d’infléchir quelques orientations », il serait illusoire d’imaginer ainsi « renverser la logique supranationale ». « Cette Europe-là est en train de nous tuer », affirme-t-il. Cette sortie de l’UE est désormais sa boussole. Il veut croire que si sa « vision souverainiste, claire, précise » est plébiscitée dans les urnes, cela aura un impact sur l’échiquier politique.

En reprenant à son compte la fable de La Fontaine du Chien et du Loup, Nicolas Dupont-Aignan illustre sa détermination : « Je veux retirer la laisse au cou des Français. »

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 17/01/2026 à 10:56.

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Yves-Marie Sévillia
Journaliste chez Boulevard Voltaire

Vos commentaires

99 commentaires

  1. En réaction à un hyper-nationalisme, de commande, orchestré par les « éclairés » de l’époque, qui a fait beaucoup de dégâts en Europe au 20è siècle, la CEE, Bruxelles, est une entreprise, tout aussi « éclairée » de destruction des nations. Son idéologie, Mondialiste, c’est l’Homme en paix. Sa réalité c’est les hommes en guerre.
    La CEE, conduite par des technocrates, qui n’ont aucune légitimité populaire, est exemplaire de l’affrontement entre les « Bobos-Eclairés » contemporains et les peuples. Les peuples ne sont absolument pas universalistes. Ils ne sont pas nationalistes non plus. Les peuples sont nationaux. Il n’est peut être pas nécessaire de sortir de la CEE mais certainement de la réduire à une organisation de concertation, sans aucun pouvoir de décision politique et économique.

  2. Dommage que les « frexiteurs » se détestent entre eux. Ils ont pourtant raison. Il faut sortir de cet enfer Bruxellois qui va finir par nous anéantir. Cependant, il faut y aller progressivement et non partir « bille en tête »!

  3. NDA navigue depuis plusieurs années entre tendances politiques et changements de stratégie concernant l’UE en essayant de trouver le courant qui lui sera la plus favorable.
    Florian Philippot partisan du Frexit lui a tendu la main en 2020 pour faire une union des Patriotes, main qu’il a acceptée pour encore une fois s’en détourner afin de de trouver plus rentable.
    Après l’UE à tout prix, le « Bruxit », le voilà maintenant dans le courant qui porte : le Frexit.
    Comment faire confiance à une telle girouette ?

    • En effet. Florian Philippot aussi est une girouette, s’alliant à chaque élection avec quelqu’un qui ne propose pas le Frexit (NDA, Jean-Frédéric Poisson aux dernières législatives). Lui non plus n’a pas accepté, en 2017, la main tendue de François Asselineau (Union Populaire Républicaine, parti d’union nationale pour le FREXIT) qui lui proposait d’entre à l’UPR, préférant créer son propre parti ce qui a contribué à diviser les voix du FREXIT d’autant qu’il se dit pour le FREXIT, mais cherche « l’union des droites » et non une alliance entre frexiteurs. Or, le Frexit ne peut se faire qu’avec un parti au-delà du clivage droite-gauche, comme l’UPR, créé à l’image du Conseil National de la Résistance. Quand De Gaulle a lancé un appel à la résistance le 18 juin, il n’y a pas eu ensuite un autre général qui a voulu créé un deuxième mouvement pour la France libre. De même, je pense qu’il ne faut qu’un leader pou le FREXIT et le plus légitime pour moi est François Asselineau. Il est, pour cette raison, censuré des médias, contrairement à Philippot. Il n’apparait pas non plus dans les articles de Boulevard Voltaire, c’est dommage.

    • Non, Lucinde, je ne pense pas que Monsieur Dupont-Aignan est une girouette. Il est dommage qu’une personnalité comme lui qui a des compétences gouvernementales certaines, qui est capable de faire des propositions constructives (et non pas répéter ce que l’expert « souffleur » lui dicte comme ce fut le cas de certains candidats aux présidentielles, fussent-ils autoproclamés respectueux des valeurs nationales), ait parfois du mal à s’en tenir à une stratégie à long terme. Cependant, je ferai remarquer que c’est un homme qui a eu le courage, à l’instar de MM. de Villiers, Philippot et Poisson, de dénoncer cette dictature sanitaire qui a été expérimentée par un président de la République et ses experts incompétents en 2020-2022. Espérons qu’il se raffermisse, mais n’oublions pas que le mouvement souverainiste souffre à la fois de ses propres divisions, préjudiciable à sa crédibilité, a du mal à retenir des électeurs parce que depuis 2005, après le référendum, nous, concitoyens avons abandonné notre rôle politique pour être rabaissés à celui de consommateurs, vivant de l’instant et des « chèques de fin de mois ».

  4. Ce qui est étonnant c’est que sans avoir fait grand chose il soit toujours là depuis des années et des années même si certaines de ses idées ne sont pas dénuées de bon sens.

    • comment, il n’a rien fait ? Avez-vous lu au moins ses programmes pour les présidentielles, qui montrent que c’est un homme de propositions constructives ? Savez-vous qu’il fut longtemps maire d’une commune, montrant que d’autres candidats souverainistes, qu’il sait être compétents. Le bon sens que vous lui reconnaissez vient de cette expérience d’élu local. C’est déjà cela lorsque l’on voit toutes ces personnalités manifestement incompétentes, y compris dans le camp national, faute d’avoir prouvé leur capacité à développer leur expérience de la chose publique?.

  5. L’Europe est une abstraction — un concept imaginé par des gens qui n’ont aucune légitimité électorale — Van der Ursula, Bruxelles, qui gouvernent sans les peuples et contre les peuples (référendum 2025) — une volonté d’éliminer les nations alors que celles-ci sont la base, le pivot, les racines de toute civilisation. Un président comme Macron ne jouant plus que le rôle de subalterne obéissant, appliquant sagement comme un écolier appliqué les règlementations européennes : Mercosur, immigration, ouvertures de frontières. financement de l’Europe, nombre de prises électriques dans une maison, etc.
    Sans l’accord des peuples, cette organisation conceptuelle, cette mathématique de l’abstraction, hors du réel (qu’est devenue l’Europe) ne peut tout simplement pas fonctionner.
    Elle ne comprend pas que le monde extérieur est de plus en plus basé sur la force, la défense des nationalités façon Trump, Poutine, Chine et Inde… et non plus sur « sa » morale (moraline), sur des lois internationales périmées, des organisations obsolètes comme l’ONU, l’OTAN.

    • « L’Europe est une abstraction — un concept imaginé par des gens qui n’ont aucune légitimité électorale » Oh que si, mais en Amérique. N’oublions pas que Jean Monnet créa l’Europe sur ordre des USA, son employeur de l’époque. Cerise sur le gateau : trafiquant d’armes et d’alcool durant la prohibition, son meilleur complice se nommait Al Capone. Baptisé par de telles fées, le rejeton Europe ne pouvait avoir que sa nature actuelle.

      • Ne chargeons pas excessivement la barque de M. Monnet qui eut des qualités politiques en leur temps ; certes, ses relations avec les Etats-Unis qui ne datent pas de la prohibition, mais d’avant la guerre de 1914 lorsqu’il représentait dans ce pays les maisons de cognac et ce sont ses relations qui lui ont permis de découvrir avant tout le monde la manière dont les tribunaux traitaient les questions économiques. Mettons bien les choses à leur place, ni plus, ni moins, sans critiques ni éloges excessives.

  6. Ah! DPA a encore changé d’avis, après le bruxit, le frexit semble t il dire!! Sauf que s’il est élu il fera un référendum pour savoir si les Français veulent le Frexit. Non, ce qu’il veut c’est une autre Europe, la même que celle que nous avons aujourd’hui et qui est proposée par tous les autres candidats à l’élection présidentielle. J’ai voté pour lui en 2012, je ne revoterai plus jamais pour lui: trop instable dans sa politique. Oui il fait une bonne analyse de l’origine de nos maux, mais il n’a pas la bonne solution. Depuis 2007 F. Asselineau Président de l’UPR fait cette analyse de l’Europe destructrice de notre nation et prône le FREXIT: sortir de l’UE, de l’euro, de l’OTAN, il n’a jamais changé d’avis. Écoutez la chaîne UPR TV.

    • Je suis d’accord avec vous. François Asselineau est le seul politique légitime pour conduire le FREXIT. Pourquoi Boulevard Voltaire ne lui donne jamais la parole ? …

    • Je comprends la critique envers NDA mais je pense qu’il sera mieux que les souverainistes, les vrais se concertent et cessent d’agir en cavalier seul pour ne pas nuire à leur crédibilité face des électeurs qui ne savent plus où il en sont, tant ils ont perdu leur statut de citoyen.

  7. Je ne vois pas bien la différence entre le Frexit, et le « démantèlement de l’UE, … « une nécessité publique ». » ?

    • Cela partie de la technique habituelle d’enfumage de NDA. Il ne dit jamais clairement les choses, faisant croire qu’il veut sortir de l’UE sans jamais proposer le FREXIT. Là, surfant sur la vague du mécontentement des agriculteurs envers l’UE, il n’ose plus dire qu’il veut « changer l’Europe » de l’intérieur, car cela fait des années qu’on voit que c’est impossible, mais il veut « démanteler l’UE » sans FREXIT, qu’il appelle une solution « jusqu’au boutiste » avec « une sortie raisonnable et intelligente ». Or, faire sortir la France de l’UE, ça s’appelle le FREXIT, c’est légal et prévu par l’article 50 du TFUE. Il n’y a pas d’autre solution pour sortir de l’UE.

      • Et comment va t’il « démanteler l’UE », ce qu’il prétend vouloir faire, puisqu’il dit lui-même que ce n’est pas possible de changer l’Europe de l’intérieur et qu’il refuse le FREXIT ? … Quelle est sa proposition concrète ? …

  8. MLP devrait l’écouter et le rallier en lui proposant un poste de relations avec l’UE. Ils gagneraient sans problème. Il faut rompre avec l’UE actuelle.

    • NDA veut sortir de l’UE … sans FREXIT. Ce qui est totalement contradictoire, comme la plupart de ses discours.

    • à devez josé ; Je doute que Mme Le Pen se décide à écouter NDA. Rappelons nous l’échec cuisant de cette alliance entre les deux tours des présidentielles en 2017. En outre, je crois que Mme Le Pen n’écoute que ce que disent les sondages qui vont dans le sens, sans se poser la question du caractère sérieux des opinions exprimées. Elle vit sur une « rente », celle de « la méchante » désignée comme telle par les médias, et cela lui suffit. Cela lui évite de réfléchir à des propositions de politiques publiques qui intéressent toutes les couches de la société.

  9. Monsieur Dupont-Aignan est sans doute le seul politique actuellement, à avoir une vision claire sur le machin europe et ses méfaits.

    • C’est le contraire ! Sa vision est totalement confuse et pleine de contradictions. Il dit qu’on ne peut changer l’UE de l’intérieur (ce qui est vrai) et il ne veut pourtant pas en sortir par le FREXIT, ce qui serait selon lui « jusqu’au-boutiste » (alors que c’est la seule voie pourtant légale pour le faire). Il préfère formuler le vœu pieux de « démanteler ce qui ne fonctionne plus » au sein de l’UE : comment va-t’il faire si on ne peut changer l’UE de l’intérieur et si on ne sort pas de l’UE par le FREXIT ? Il ne donne pas le mode d’emploi … car il n’y en a pas. Et il feint de faire croire que demander le FREXIT c’est refuser la coopération européenne : pas du tout ! Le Frexit, c’est retrouver notre indépendance nationale, ce qui ne nous empêchera pas ensuite de créer de nouveaux partenariats ensuite, sur des bases saines, avec tels ou tels pays d’Europe et du monde.

      • Non, Mariecs, vous ne pouvez pas dire que sa vision est « totalement confuse ». Je pense qu’à force de nuancer, il s’interdit parfois d’indiquer aux électeurs les choix fondamentaux qu’il leur recommande de prendre. C’est sans doute cela. Il n’est pas opposé au Frexit ; il faudrait que je prenne le temps de vous l’expliquer.

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