Non-Blanc = « banlieue » ? L’amalgame douteux de Clémence Guetté

Dans un tweet qui a suscité la polémique, la députée LFI a dévoilé malgré elle un inconscient riche d'amalgames.
Capture écran La France Insoumise
Capture écran La France Insoumise

Dans le milieu footballistique, c’est ce qu’on appelle un but contre son camp. Le 31 mai, la députée LFI Clémence Guetté s’est pris une volée de bois vert après avoir publié un tweet saluant la victoire du PSG. « La banlieue influence Paname, Paname influence le monde », a-t-elle inscrit en commentaire d’une photo montrant plusieurs membres de l’équipe gagnante. Problème : aucun de ces footballeurs n’est issu de la « banlieue » parisienne.

Sur X, une note corrective a rapidement été ajoutée au tweet de l’insoumise, rappelant l’origine des quatre champions : Marquinhos est brésilien, Fabián Ruiz est espagnol, João Neves est portugais et Désiré Doué est né à Angers. Aucun banlieusard, donc. Clémence Guetté a bien tenté de se justifier en indiquant que son texte s’inspirait en fait d’une chanson du rappeur Médine, mais ses explications n’ont guère convaincu. En quelques heures, des centaines d'internautes se sont indignés, soulignant l’ignorance teintée d’idéologie de la députée d’extrême gauche. « Cette fascination des petites bourges en mal d'aventure pour les racailles, c'est quand même très intriguant », a dénoncé un twittos, tandis que d’autres ont critiqué « l’essentialisation » et « l’électoralisme » propres à LFI. Ex-journaliste de France Culture, Hubert Huertas a quant à lui raillé une grossière tentative d’annexion « post-coloniale ».

Un amalgame inconscient

Encore accessible à l’heure où nous écrivons ces lignes, ce tweet en dit long sur l’inconscient de Mme Guetté. Non, contrairement à ce qu’elle semble penser, toute personne au teint vaguement hâlé n’est pas obligatoirement un représentant de la « banlieue ». À l’inverse, « Paname » n’est pas exactement un bastion de Blancs. Stop aux amalgames ! Si les associations antiracistes voulaient réellement se rendre utiles, elles poursuivraient cette gauche qui pratique l’assignation identitaire et attribue à chacun une origine, une religion, voire une opinion politique en fonction de sa couleur de peau.

L’élue mélenchoniste a néanmoins raison sur un point : la « banlieue » s’est effectivement illustrée à Paris, samedi soir. C’est à elle qu’on doit l’essentiel des violences et des pillages qui ont émaillé la nuit suivant la victoire du PSG. Tandis que nos médias nationaux ont tout fait pour occulter ces exactions, la presse internationale, elle, n’a pas eu tant de pudeur et n’a rien caché à son public du « chaos » sécuritaire - pour reprendre le terme du New York Times - qui sévit dans notre pays. Merci à la « banlieue », donc, d’avoir une nouvelle fois fait briller la France à travers le monde.

L’éloge des banlieues

À visée électoraliste, l’éloge fait par la gauche de la « banlieue » est une longue tradition. LFI ne s’adresse d’ailleurs plus qu’à elle, assimilant le reste du pays à un vestige putride dont il faudrait se débarrasser d’urgence. « Il faut mobiliser la jeunesse et les quartiers populaires. Tout le reste, laissez tomber, on perd notre temps », avait ainsi lancé, publiquement, Jean-Luc Mélenchon, en septembre 2024. Emmanuel Macron lui-même ne cesse de tresser des lauriers à ces zones géographiques qu’il tient pour hautement admirables. On ne compte plus ses tirades enamourées : « Les habitants de nos quartiers populaires sont une chance pour notre République », « J’aime beaucoup la Seine-Saint-Denis, il ne manque que la mer pour faire la Californie », « Les quartiers nord de Marseille sont une chance »

Relayée abondamment dans la presse, cette ode aux « quartiers » a de quoi laisser sceptique. Les banlieues « réinventent la France » ? Pas vraiment. À tout prendre, elles font plutôt honte à notre pays, tant les échecs économiques et sécuritaires s’y multiplient malgré les milliards d’argent public investis. À l’image du 93, « Californie » sans la mer mais avec bien d’autres atouts, comme le taux de pauvreté le plus élevé de la métropole et le trophée du département le plus criminogène de France.

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Jean Kast
Journaliste indépendant, culture et société

Vos commentaires

37 commentaires

  1. Absurdité sur absurdité ! Entre les députés LFI censés être en prison et les idiots du village qui se concentrent chez eux, il n’y a rien à sauver. Faut faire des livres drôles sur eux, des bêtisiers mais hélas ce sont juste des clowns dangereux.

    • La banlieue n’a pas toujours été là cours des miracles , si vous connaissez l’histoire , j’y suis né et vécu une bonne partie de ma vie . Les rapports entre cités et quartiers ont toujours été compliqué depuis les années 50 , y compris paris Intra muros , le quartier de la roquette n’avait rien à envier aux banlieues en matière de voyous . La différence avec aujourd’hui , c’est la réponse de la société aux débordements délits et bagarres .Que ce soit la réponse policière ou judiciaire
      Cela fait toute la différence entre une banlieue vivable et un enfer où les enfants ne peuvent plus jouer dans un environnement malsain où les plus grands insultent les forces de l’ordre , et font du trafic de drogue sous leurs yeux quand ils n’utilisent pas les plus jeunes pour faire le chouf’
      De mon temps ,quand on était dans un pays normal, pas un asile à ciel ouvert , le temps que les délinquants étaient en prison le quartier était tranquille , et les jeunes savaient qu’il y avait une réponse et craignaient la police .
      J’ai passé des moments normaux d’un enfant normal et même des moments sympas dans ma banlieue . Je ne regrette pas , cela s’est gâté avec l’immigration de masse , la gestion idéologique de la société par une gauche déconnectée. , et tout ce qui a suivi avec l’achat des voix par les édiles de gauche socialiste , et les grands frères , tous ces trucs pour ne pas prendre ses responsabilité et cela va de mal en pis avec le communautarisme qui donne l’impressions.que des communautés religieuses ont carrément racheté les quartiers et amené clé en main boutiques , barbiers et mosquées .Le trafic de drogue c’est la cerise sur le gâteau si je puis dire !.

  2. Certains députés LFI en mal de reconnaissance électorale vont-ils franchir le pas et intensifier les séances de rayons ultraviolets ou multiplier les couches de fond de teint .

  3. avant j’étais comme vous, arrière petit fils d’émigré espagnole et ouvrier, délégué CGT en 68, j’ai 78 ans et je suis né en région Parisienne j’ai du mal a comprendre votre point de vue

    • Et bien moi ,j’ai du mal à comprendre le votre ou vous avez de sérieux problèmes de mémoire .
      Le fait d’être fils d’immigré ne doit pas nécessairement vous rendre solidaire de la voyoucratie
      Je suis né à Villejuif cela doit vous parler avec une vraie diversité , espagnols , italiens , algériens , juifs , rapatriés, arméniens etc Et bien moi je ne suis pas du tout heureux de voir ce qu’est devenue ma banlieue .
      Je pense qu’il y a longtemps que vous l’avez quitté votre banlieue parce que ce n’est plus çà
      Je déteste ce qu’est devenue la banlieue des quartiers .

  4. LFI s’illustre une fois de plus par ses rêves de ségrégation raciale. Ce qu’on a vu dans la rue, ces barbares qui ont encore fait parler de notre « belle France » dans le monde entier, ressemblait bien à la France créolisée de Melanchon, ou peut-être à la population venue de la Silicone vallée tant admirée par Macron ? D’ailleurs, on n’entend pas du tout Melanchon et si peu Macron suite à cette belle fête post match qatari.

  5. Il est étonnant que les associations gauchistes habituées aux plaintes déposées pour racisme ne ce soient pas manifestées … Où sont les SOS racisme et autre Reporters sans Frontières si prompts à attaquer les gens de « droite » ? Bizarre, vous avez dit bizarre ?

  6. Clémence Guetté s’inspire des paroles de medine pour se justifier, et bien tout est dit sur la position des LFIstes vis à vis des français et de la France.

  7. Tout cela donne le niveau de nos depoutés lfi… entre l’élève sous doué, le dealer, le drogué voici la mythomane…

  8. A chaque fois qu’ils ouvrent ce qui leur sert de bouche, c’est pour dire n’importe quoi, aucune connaissance , aucune culture mais faut qu’ils l’ouvrent !!! Ces gens eux par contre, ne sont rien et ont besoin d’exister , et nous on s’en passerait bien

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