Nos anciens Premiers ministres coûtent de plus en plus cher à Nicolas

Ce système « est aberrant et insupportable pour les Français à qui on demande plus d’efforts », pour N. Dupont-Aignan
Dominique de Villepin est l'ancien Premier ministre qui a coûté le plus cher en 2024. Capture écran TF1
Dominique de Villepin est l'ancien Premier ministre qui a coûté le plus cher en 2024. Capture écran TF1

Si c’était un jeu, nous aurions pu l’intituler « Qui a coûté des millions ? » Mais ce n'est pas un jeu, plutôt une maladie ; laquelle s'aggrave. L’ancien Premier ministre est une espèce en pleine croissance et dont l’entretien est donc logiquement de plus en plus coûteux. L’an passé, BV relayait les informations contenues dans le rapport de Marie-Christine Dalloz, député Les Républicains (LR), qui faisait état, pour l’exercice 2023, d’un budget de dépenses pour les frais des anciens Premiers ministres de 1,42 million d’euros. Ce chiffre, qui n’inclut que les frais de personnel et les dépenses automobiles, était déjà en augmentation de 11 % par rapport aux dépenses de 2022, qui s’élevaient à 1,28 million d’euros.

La valse de Matignon

Mais depuis, la valse des locataires de Matignon s’est accélérée et, avec elle, le coût pour le contribuable. Car à l’arrivée, c’est toujours Nicolas qui paie. En janvier 2025, Matthieu Marchio, député Rassemblement national (RN) du Nord, par une question écrite au ministère de l’Économie, s’enquérait des chiffres pour 2024. La réponse, publiée en mai au Journal officiel, a été donnée par les services du Premier ministre (précisons qu’il s’agissait alors de François Bayrou, car on s’y perd) et elle fait état d’une nouvelle hausse - ce qui n’a rien d’étonnant,- du fait des passages plus ou moins brefs de Gabriel Attal, Élisabeth Borne et Michel Barnier à Matignon. Le budget total était passé à 1,58 million d’euros, soit une hausse de 20 % depuis le début du second quinquennat d’Emmanuel Macron !

Intéressons-nous un instant aux bénéficiaires des largesses imposées « à l’insu de son plein gré » à Nicolas pour constater que le vainqueur de 2023, Bernard Cazeneuve (201.387 euros), a été coiffé au poteau en 2024 (198.290 euros) par Dominique de Villepin (207.072 euros). Suivent, dans ce dernier classement, Jean-Pierre Raffarin (158.208 euros), Lionel Jospin (157.657 euros), Édith Cresson (157.223 euros) et François Fillon (149.089 euros). N’y figurent en revanche pas, du fait des avantages dont leur statut les faisait bénéficier en 2024 : Laurent Fabius (qui était encore président du Conseil constitutionnel), Édouard Philippe (maire du Havre), Jean Castex (président de la RATP), Élisabeth Borne et Gabriel Attal (députés).

Insupportable pour les Français

Interrogé par BV sur un sujet qui fait polémique depuis que François Bayrou a notamment envisagé de supprimer deux jours fériés afin de boucler un budget faisant 44 milliards d’économie, Nicolas Dupont-Aignan fait remarquer que « ce n’est pas tant le montant que cela représente que le signal que cela envoie qui choque ». Et avec trois Premiers ministres sur la seule année 2024, cela commence à se voir. « Ce qui pouvait se concevoir à une époque quand il y avait peu de Premiers ministres ne se conçoit plus quand ils tournent tous les six mois », estime le président de Debout la France, pour qui ce système « est aberrant et insupportable pour les Français à qui on demande toujours plus d’efforts et qui n'en peuvent plus ».

Alors que Michel Barnier avait demandé (en vain) aux anciens Premiers ministres de faire un geste lors de la discussion du budget 2025, le cabinet de François Bayrou a ensuite émis un refus catégorique sur le sujet, indiquant qu’« il n’est pas envisagé de nouvelle réduction des dispositifs » au prétexte qu’en 2024, cette dépense « correspond à moins de 0,2 % de celles exécutées en 2024 sur le programme de coordination du travail gouvernemental ». L’argument n'est-il finalement pas hors sujet ? « On ne peut pas demander des efforts aux Français si, au sommet, les anciens Premiers ministres gardent des privilèges complètement induits », fait remarquer Nicolas Dupont-Aignan, car pour que la demande d’un effort soit comprise et acceptée de tous, « l'exemple doit venir d'en haut, c'est tout. C'est pour ça que je demande aussi un peu de diminution des indemnités parlementaires. Il faut qu'on fasse tous un effort. C'est, pour moi, une affaire symbolique. »

Et « c'est la même chose dans les grandes entreprises. Je trouve scandaleux les salaires et les stock-options que se distribuent certains grands patrons. J'ai vu que Luca de Meo a pris 22 millions d'euros, à son départ de chez Renault. On est chez les fous. » Mais la position de Nicolas Dupont-Aignan est-elle soutenue par des responsables politiques ? « Pas du tout, et je me souviens qu’un jour, lors d’une discussion budgétaire, j'avais demandé une diminution des indemnités parlementaires de 10 %, et un haut responsable politique, que je ne citerai pas, m'a dit "c'est lamentable". Tout est dit. » Les Gueux et Nicolas ont dû capter le message, en effet.

Vos commentaires

92 commentaires

  1. Ils ont été désavoués car incompétents. Il n’y a donc aucune raison qu’on les soutienne financièrement. Qu’ils aillent travailler pour une fois comme tout un chacun. Ils comprendront alors par où ils ont péché.

    • Bayrou a été contacté pour jouer le rôle de Louis de Funes dans la folie des grandeurs. Il répète la fameuse réplique :  » Qu’est-ce que je vais devenir ? Je suis ministre, je ne sais rien faire .” …

  2. Un retraité qui perçoit plus de 4000€ net par mois est considéré par ces gens comme très riche , les parlementaires de tout bord devrait avoir le courage de s’aligner et voter les lois adéquat pour supprimer tout ce qui dépasse pour l’ensemble des hommes politiques y compris qui vous savez .Tout le reste n’est que mensonge .

  3. la gabegie financiere de la france ,ils ont ruinés la france a cause de leur incapacité a geré le budget de l etat et ce sont gavés
    tous responsable politique depuis 40 ans devront payés leur erreurs , saisie des avoirs et biens mal acquis reductions drastique de leurs retraites et suppression de tous leurs privilèges , un patron qui a mis son entreprise en faillite doit payer ses erreurs les politique ne doivent pas etre exemptés
    les coupables doivent payés

  4. Il conviendrait de financer ces « privilèges » exclusivement sur le budget de l’Elysée bien sur sans que ce dernier n’augmente

  5. L’abolition des privilèges par la constitution française n’est qu’une illusion. En France nous avons pléthore de ministres, de sénateurs, de députés et autres présidents de région qui cumulent des titres leur permettant de remplir à foison leurs portefeuilles. Et malgré cette manne sortie des impôts et taxes des contribuables ils trouvent le moyen de ne pas faire leur travail comme il se devrait. Toute cette dépense publique, sans compter la distribution de millions et milliards aux étrangers en guerre ou pas creuse la dette pour laquelle l’ahuri Bayrou accuse le peuple. Tous ces privilèges doivent être abolis. Un élu raté doit être un élu non payé.

  6. Les cantons
    Les communautés de communes
    Le département
    La région
    Le conseil général
    Et l’armée de copains/copines placés pour n’y rien faire.

    • J’ai l’exemple d’une personne dans mon canton :
      – Maire + « Vice-présidente dans la « Com Com » + Vice quelque chose au Conseil Dépt = plus de 10.000 € par mois ! …

  7. de quel droit devons- nous encore les payer une fois leur ministère achevé ? et qui paie sinon nous les citoyens de plus en plus ponctionnés , nous les boomers que monsieur Bayrou insulte , vous qui travaillez pour entretenir ces inutiles!

    • Parler des tabous c’est bien! Les attaquer c’est mieux…Sahra knafo a proposé 63 milliards d’économie par an.
      Quant aux ministres,si on peut comprendre que temps de les oublier on leur fournisseur une protection policière il n’y a aucune raison de les payer a rien faire..comme quand ils étaient en poste..Enfin si la presse nous aidait a les oublier au lieu de nous imposer leurs « avis  » peu éclaires sur kes plateaux tv,ce serait pas mal…

  8. On doit payer alors qu’ils ont tous échoué à tenir la barque ! Après on s’étonne que la France est le pays du grand n’importe quoi ? Cherchez pas la haut dans leurs tours d’ivoire ils montrent l’exemple!

  9. Chapeau BV ! Etre parvenu à trouver la seule photo où Bornée sourit. J’imagine que cela vous a demandé des mois de recherches pendant des journées de 14 H par jour ! ;)

    • Réflexion faite, je me demande si en définitive vous n’avez pas fait appel à l’Intelligence Artificielle ! ;

      • Mais non elle sourit parce qu’elle vient d’apprendre le montant de son golden parachute et que son avenir financier est assuré jusqu’à la fin de ses jours .

  10. Pendant ce temps les retraites du régime général n’ a augmenté que de 2,1 % et pour cette année 2025 ils annoncent entre 0,5 et 1,1 %

  11. Quand cette caste médiatico-politique ose « qualifier » macron de « Mosart de la Finance », il ne faut pas s’étonner que les « finances » de la FRANCE sont en faillite ! …
    Les mecs sont capables de dire « notre méthode est efficace car il y a une « diminution de la hausse des dépenses » alors qu’il faut stopper les dépenses ! …

  12. Il semblerait que ces avantages ne correpondent à aucun texte légal, mais juste une correspondance « sur mesure » à l’époque de giscard (à vérifier) !

    • Tout à fait , une correspondance signée par un certain Fabius qui ne s’est pas oublié au passage, donc aucun texte officiel, ces privilèges devraient être supprimés purement et simplement !

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