Notre-Dame : les vitraux confiés à une artiste inspirée par les migrants…

Claire Tabouret revendique une vision « ancrée dans notre temps » mais en adopte surtout les conformismes.
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Fin novembre, le tribunal administratif a rejeté la requête de l’association Sites & Monuments qui demandait l’annulation du marché public de création des vitraux contemporains à Notre-Dame. Et, ce 10 décembre, ouvre au Grand Palais l’exposition des maquettes de Claire Tabouret, l’artiste sélectionnée pour cette opération de substitution : mettre au rebut des vitraux anciens que l’incendie a laissés intacts, les remplacer par une création « moderne ».

Une Pentecôte de la « diversité »

Les six baies se déclinent sur le thème de la Pentecôte. Que représente-t-elle, cette Pentecôte, pour Claire Tabouret ? Elle en aime « la beauté, la poésie », explique-t-elle dans le dossier de presse. Elle goûte particulièrement « ce moment d’harmonie, de paix, de respect dans la diversité ». Cela sonne creux comme un sermon d’évêque progressiste ou un discours de candidate à Miss France. L’artiste a-t-elle conscience que cette fête signifie la promesse du salut universel et la fondation de l’Église ? S’est-elle demandé à quoi cela l’obligeait, en tant qu’artiste ?

L’ensemble des personnages est multi-ethnique, et pourquoi pas, dès lors qu’il s’agit de l’évangélisation du monde. Mais Claire Tabouret, véritable coqueluche de Libération, n’est pas dans ce registre. Par « respect dans la diversité », elle entend vivre ensemble dans un monde sans frontières. Logique : elle veut sa version « profondément ancrée dans notre temps », et elle-même l’est tellement, ancrée dans notre temps, qu’elle en reflète tous les conformismes. À commencer par le tropisme pro-clandestins. Au début des années 2010, son travail sur les migrants est remarqué par François Pinault. Elle en devient « la protégée et un peu la créature », écrit le journaliste suisse Étienne Dumont. Sa carrière est faite, dans les galeries internationales, les foires d’art contemporain et — si tout continue d’aller de l’avant — bientôt à Notre-Dame. Notre-Dame pour la restauration de laquelle François Pinault a fait un don de 100 millions d’euros. La cote de Claire Tabouret va monter : petit retour sur investissement.

À la Seine, la Charte de Venise !

Le conformisme de l’artiste est tel qu’il atteint le militantisme. En 2019, elle rendait hommage à Assa Traoré comme « gardienne de la loi » qui invite à « une réflexion sur un système qui dysfonctionne ». Or, s’il y a un système qui dysfonctionne en France, c’est celui de la protection du patrimoine et des œuvres d’un artiste — celles de Viollet-le-Duc, dans le cas présent. Le projet épiscopo-présidentiel s’assoit sur la Charte de Venise, sur l’avis de la commission du patrimoine et de l’architecture, sur la piété filiale, sur la bonne gestion — ce sont quatre millions que vont coûter le démontage des vitraux XIXe, la fabrication et la pose des nouveaux. Toute personne qui regimbe est taxée de fixisme et traitée de réactionnaire. « Ce serait une catastrophe de congeler un monument dans son histoire », explique Claire Tabouret, au Parisien — comme si c'était cela, le problème.

Que disent les critiques ? Certains s’extasient — puisque c’est nouveau ! D’autres osent critiquer. Pour Sites & Monuments, on hérite « du sous-Bonnard ou du Vuillard naïf. Étonnant de voir comment les vitraux de Viollet-le-Duc sont singés en partie haute » — ce que l’artiste elle-même appelle « une transition douce avec les vitraux de Viollet-le-Duc ». Un internaute signale que « les drapés sont suspects, le personnage en vert donne l’impression de dissimuler une érection, seule chose qui pourrait expliquer ce très curieux pli, de même qu’est tout à fait impossible le drapé en forme de V sous le bas-ventre de la "vestale" ». Car la Vierge — on imagine que c’est elle — ressemble en effet davantage à une prêtresse païenne.

La pétition a toujours cours

Les vitraux de Claire Tabouret sont faibles. La tentation est de se consoler en se disant qu’on a échappé à Daniel Buren, Di Rosa ou Castelbajac, dont les ornements sacerdotaux donnent le niveau de l’esthétique diocésaine. Mais le problème de fond demeure inchangé : il n’y a aucune raison de remplacer les vitraux que Viollet-le-Duc a dessinés pour être précisément placés à cet endroit de la cathédrale. Si cela vous choque, signez la pétition de La Tribune de l’Art. Elle en est à 298.000 signataires. Il faut lui faire passer la barre des 300.000 pour Noël. C’est un soutien aux actions judiciaires à venir !

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Samuel Martin
Journaliste

Vos commentaires

74 commentaires

  1. NUL NUL NUL. On ne remplace pas une oeuvre d’Art par n’importe quoi et qui n’est pas de l’Art mais plutôt du lard.

  2. Il manque parait-il 140 millions pour finir la restauration de Notre-Dame… Si c’est pour satisfaire le caprice de macron de changer les vitraux, ne comptez pas sur moi pour donner encore !

  3. Il faudra facturer à Macron la re migration de ces vitraux de trop en 2027, et aussi la pose appropriée de vitraux dignes de Notre Dame et du roman Français, la charité chrétienne n’étant pas un fond de commerce politico médiatique de la gauche moribonde.

  4. il Y a fait plein de vitraux blanc. Là c’est possible mais ne pas réutiliser l’existant pour favoriser les copqins est une dépense ridicule quand on prétend qu’il faut encore de l’&argent pour restaurer. De plus 11 millions de visiteurs s’il payaient entre 2 ou 5 euros pour visiter on pourrait même restaurer d’autres monuments emblématique ou moins

  5. Les caisses sont vides , mais il faudrait remplacer ces vitraux par d’autres très moches !! La Macronie dans toute sa splendeur !!!

  6. Je pense, que pour ce changement de vitraux, il y a « la soit disant première dame  » qui nous fait son caprice avec l’argent de Nicolas.

  7. Dans le respect de la « charte de venise », le conseil d’état devrait annuler cette infraction au traité internationaux !

    • C est une honte ! Les anciens vitraux sont intacts . L argent des dons n ont pas vocation à installer ce genre de vitraux. J espère qu il n y aura plus de dons . Je rappelle que nous n avons pas les moyens de jeter l argent par les fenêtres. Notre Président pourra dire que tout ça est grâce à lui. J espère qu on parlera de Monsieur Bolloré qui a fait un don très conséquent.

  8. « Ce serait une catastrophe de congeler un monument dans son histoire. ÇA C’EST TOIKIDI MAFI… On a le droit de ne pas approuver. MAIS nos politocards décident. Et après, on aura les vitraux … bien profonds !

    • Je ne sais pas si seuls les « gooochos » aiment le laid, mais il est vrai que ces vitraux sont laids. Maintenant, « les goûts et les couleurs, ne se discutent pas ». Hélas!

  9. Encore une gabegie d’argent voulue par macron. Viollet le duc et votre protégée, c’est le jour et la nuit. Cessez d’effacer notre histoire et notre patrimoine.

  10. … et le pire est à craindre ! Je ne vais rien ajouter ici car les mots nécessaires pour exprimer ma pensée dépasseraient certainement ce que la bienséance me permet de dire et écrire.

    • Je crois comprendre ce que vous pensez, à savoir des vitraux reprenant les scènes des J.O.
      J’ose espéré que nous avons donc évité le pire (encore que), car ces vitraux sont laids mais pas indécents.

  11. Le Christ n’a-t-il pas dit : « Heureux les migrants car je les réchaufferai dans mon Royaume des Cieux et je leur donnerai les meilleurs place dans les pays d’accueil » ?
    Eh bien non, Jésus n’a jamais dit cela mais il est clair que s’il pouvait parler il le dirait…
    Alors, les Chrétiens, vous savez ce qu’il vous reste à faire, n’est-ce pas ?

    • Non Jésus n’a pas dit cela, vous avez raison.
      Mais le dirais t-il aujourd’hui? peut être oui, peut être non. Un migrant, genre enfant palestinien orphelin et malade, oui il le dirait. Mais un migrant tueur d’enfants , voire meurtrier de tout être vivant, je ne sais pas.
      Il dirait peut être, comme il l’a dit sur la croix en parlant de ceux qui avaient demandé aux romains (leurs proxys de l’époque) de le crucifier = « Père, pardonnez leur, ils ne savent pas ce qu’ils font ». (sous entendu peut être de = « je ne peux pas pardonner, mais vous, Père, vous pouvez le faire si vous le voulez »)

  12.  » il n’y a aucune raison de remplacer les vitraux que Viollet-le-Duc a dessinés pour être précisément placés à cet endroit de la cathédrale. » Tout est dit. On ne dépense pas de l’argent (vu les finances de la France) pour remplacer des choses qui sont encore en état.

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